Aurore Dupin (1804-1876), descendante des Dupin de Francueil et des de Saxe, passe son enfance dans le domaine familial de Nohant (où elle voit mourir son trés jeune frère et son père 8 jours plus tard). Elle est alors séparée de sa mère par son aristocratique grand-mère Marie-Aurore de Saxe, qui la place dans un couvent (oui, nous parlons bien ici de la future George Sand).

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Aurore Dupin en sort à 16 ans et revient à Nohant. Sa grand-mère décède en 1821 et elle hérite alors du domaine : il lui va donc falloir trouver un époux pour gérer cette propriété (les femmes étant alors considérées comme des enfants). Le baron Casimir Dudevant accepte bravement cette tâche (oui, avec un accent sur le A) et épouse (en 1823) cette jeunette de 19 ans (il en a 28).

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Le baron Dudevant gère bien le domaine mais a tendance à délaisser son innocente épouse au profit d'aguichantes jeunes servantes avec qui il nourrit de fugaces (mais nombreuses) liaisons : Aurore réalise soudain que Casimir et elle ne forment pas vraiment un couple. Puis, le 27 juillet 1830, l'insurrection républicaine enflamme Paris et les barricades s'y multiplient...

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A Nohant et à La Chatre, le drapeau tricolore flotte sur les clochers. Aurore renoue (pendant les vacances) avec ses amis d'enfance (Alfred Fleury, Gustave Papet, Alfred et Ernest Périgois) et découvre parmi eux un inconnu de 19 ans (elle en a alors 27)... un Creusois nommé Jules Sandeau : le coup de foudre est immédiat et ils s'isolent souvent, à Nohant, dans le pavillon du parc.

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A La Chatre, la bourgeoisie bien pensante désapprouve. Quelques-uns reprochent même sa conduite à la baronne. Puis, les vacances se terminant, Jules Sandeau et les autres retournent à Paris pour y reprendre leurs études. Aurore, qui commence à déprimer fortement, négocie avec son baron de mari de pouvoir vivre en alternance à Paris et à Nohant.

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Le 4 janvier 1831, elle quitte Nohant. Elle y laisse Maurice (son fils adoré) mais emporte Solange (sa fille) et Aimée (un manuscrit qu'elle a écrit). Dans la capitale, Aurore habite chez son frère Hippolyte. Mais, assez vite, elle s'installe avec Jules Sandeau. Les 2 amants se mettent à fréquenter le milieu littéraire parisien et participent au bouillonnement politique du moment.

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Pour subvenir à leurs besoins, Aurore soumet son manuscrit à l'influent directeur du Figaro... Ce dernier lui conseille alors, avec rudesse, de retourner voir son mari, à Nohant. Mais elle ne se décourage pas et contacte un député, trés familier du monde littéraire... qui lui conseille de retourner auprés de son époux "pour y faire des enfants plutôt que des livres".

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Le directeur du journal Le Figaro (qui est, lui aussi, originaire du Berry) est soudain pris de remord : il propose alors à Aurore d'écrire de trés courts articles dans son journal et, sous sa conduite, la baronne apprend à raccourcir ses textes. Un jour, secrètement, elle s'amuse à signer un article écrit par Jules Sandeau. Il est publié le 5 mars 1831 et rencontre un beau succès...

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Aurore dévoile au directeur que l'article est en réalité de Jules Sandeau et elle obtient ainsi que ce dernier soit embauché avec elle au journal. Le directeur du Figaro suggère alors aux 2 tourtereaux de prendre un pseudonyme commun. A partir de là, Aurore et Jules signent donc leurs papiers d'un seul nom : Jules Sand (et, par jeu, Aurore s'habille désormais en homme).

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En avril, comme elle l'a promis à son mari, Aurore revient à Nohant. Mais, comme elle s'ennuie loin de Jules Sandeau, elle repart à Paris en juillet. Puis elle revient à Nohant en septembre, cette fois avec son Jules (qui demeure à La Chatre mais qui, discrètement, la retrouve ici et là). Cependant, en décembre, la parution d'un roman qu'ils ont écrit ensemble va les séparer brutalement...

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En effet, sans le dire à Aurore, Jules y a ajouté des pages fortement teintées d'érotisme... Aurore est furieuse et ne veut plus entendre parler de Jules ! En 1832, le hasard fait entrer la célèbre comédienne Marie Dorval dans la vie d'Aurore. L'une comme l'autre sont résolument féministes et l'une comme l'autre... s'éprennent l'une de l'autre !

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Les 2 femmes deviennent inséparables. Puis Aurore décide de prendre du recul. Elle retourne (de nouveau) à Nohant, se consacre désormais à ses enfants et à l'écriture d'un roman. En avril, Aurore va à Paris pour y faire éditer son manuscrit. Le 19 mai, son éditeur annonce la publication d'Indiana : Jules Sandeau est stupéfait par la beauté de ce roman !

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Il annonce alors à la jeune femme qu'il lui laisse l'entière notoriété du pseudonyme Sand. Il ne reste plus à la baronne Aurore Dudevant qu'à remplacer le prénom Jules par un autre. Elle choisit Georges, un prénom masculin qu'elle trouve très... Berrichon. Le nom de l'auteur du roman Indiana sera donc Georges (avec un S) Sand et il connait ainsi un remarquable succès...

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La trés littéraire Revue des Deux Mondes affirme même qu'Indiana a permis à Georges Sand d'éclipser Honoré de Balzac et Prosper Mérimée. Aurore Dudevant (qui, dans cette société phallocrate, a dû choisir un prénom masculin pour être reconnue comme écrivain) décide de féminiser désormais son nom d'auteure et Georges Sand devient enfin... George (sans S) Sand !

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