Chéniers fête les 60 ans du moulin de Charles Chareille
Le samedi 23 juin 2012 va être un jour EXCEPTIONNEL !
En effet, l'Association des Amis du Moulin de Piot (à Cheniers) organise, à l'occasion des 60 ans de la création du Moulin des Apprentis de Charles Chareille, la première journée de rencontre où se retrouveront des Anciens Apprentis, de ceux qui ont connu l'époque du "Tonton" (lien vers l'historique), ont donné de leur temps, de leur savoir et de leur sueur en participant à la reconstruction du moulin.
Depuis plusieurs années, patiemment, cette association a dressé une liste des anciens et a pu ainsi les contacter pour leur demander de participer, avec famille et amis, à cette journée de rencontre. MARCHOUCREUSE 23 demande (trés humblement) à ses lecteurs de communiquer, s'ils en connaissent, les adresses d'anciens apprentis aux Amis du Moulin de Piot : moulin-de-piot@orange.fr 05 55 62 80 90 www.moulindepiot.com
Ce samedi 23 juin 2012 démarrera dés 10 heures dans la salle d'animation du Moulin de Piot où vous sera présenté le programme. Ensuite, vous pourrez (re)vivre les 60 ans de l'épopée du Moulin des Apprentis grâce à la projection de films tournés à l'époque du "Tonton". Vous sortirez ensuite du cinéma et, jeunes et anciens mêlés, prendrez le pot de l'amitié. Sur le coup de 13 h., le restaurant "Chez Tonton" vous servira un repas gastronomique. Le forfait de 25€ inclus les animations de la journée et le repas du midi.
La digestion se fera au son de la musique et des chansons d'un groupe d'anciens du moulin. D'autres de ces apprentis d'il y a 60 ans, en compagnie des organismes qui ont tenus leurs rôles dans les années d'aprés-guerre, raconteront leurs souvenirs.
La soirée se terminera "Chez Tonton" (repas du soir à 12€), et juste en face de la scène où se déroulera le concert gratuit de la Fête de la Musique.
Les Amis du Moulin de Piot vous conseillent vivement de réserver (bon de réservation téléchargeable ci-dessus, à retourner avant le 9 juin à l'adresse qui y est inscrite).
Cette journée, destinée à fêter les 60 ans du Moulin des Apprentis de Charles Chareille, est une initiative de Gilles Gaudon (le Maire de Cheniers) et de l'Association des Amis du Moulin de Piot. Tous, en rassemblant ainsi les anciens d'hier et les jeunes d'aujourd'hui, espèrent faire perdurer le souvenir du "Tonton", retrouver un peu de l'esprit qui l'anima et faire connaître toujours plus l'histoire extraordinaire du Moulin de Piot !
Guéret élue à la plus Haute-Marche
Pour changer, nous vous emmenons faire une promenade en ville... Mais pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit de la capitale de la Creuse : Guéret !
Vous trouverez, en temps normal, de quoi garer vos chevaux-vapeur sur un des parkings qui se trouvent en contrebas de la place Bonnyaud. A présent, sortez votre plan (ou allez en chercher un à l'Office de Tourisme, sur la place) !
La ville de Guéret se distingue par sa forte concentration de services administratifs. A partir de la place Bonnyaud, vous pouvez admirer l'architecture de la Mairie, du Tribunal et de la Cité Administrative.
En traversant cette dernière, vous atteignez un immense jardin public au milieu duquel trône le Musée départemental de la Sénatorerie qui contient de vrais trésors.
Toute l'histoire a commencé, en fait, à Waractus (qui signifie "terre en friche"), là où, en l'an 700, est fondé un monastère. Le patron en est un aveugle qui à pour nom Pardulphus, plus connu aujourd'hui sous le nom de Saint Pardoux.
La légende veut qu'il ait repoussé en 732, à l'aide de sa seule parole, des sarrasins qui s'apprétaient à piller le monastère... Au 9ème siècle, ce lieu de recueillement est "visité" par des Normands... et complètement détruit. L'église de Guéret a été construite sur les ruines.
En haut de la place Bonnyaud, une rue étroite mène à la Préfecture, à l'ancien Hôtel des Moneyroux (où s'est installé le Conseil Général) et ses délicieux jardins, ainsi qu'aux ruelles pavés de la vieille ville piétonne qui descendent vers la place du Marché.
Guéret cache jalousement, derrière sa porte et au pied des collines du Maupuy (685 m.) et du puy de Gaudy (621 m.), un véritable joyau : l'immense étang de Courtille, lui même entouré d'un extraordinaire parc paysager, avec plages et pataugeoires, des jeux pour jeunes enfants, des activités nautiques, un camping 3 étoiles et un très long sentier de promenade.
Et, puisque vous êtes là, montez-donc en haut du Maupuy : la vue panoramique est garantie et la fôret impressionnante de majesté ! A quelques kilomètres au sud-est de Guéret, nous vous recommandons également la visite (silencieuse, s'il vous plait) des parc et étang du sanatorium de Sainte-Feyre.
Maintenant, si l'envie vous prend (sait-on jamais) de vouloir vous débarrasser de vos chères petites têtes blondes mais-insuportables-parce-qu'ils-veulent-toujours-le-dernier-gadjet-électronique-à-la-mode-qui-coûte-un-bras-et-un-mois-de-salaire, sachez que la ville de Guéret propose aux plus romantiques d'entre vous de les perdre dans le labyrinthe géant des Monts de Guéret ou, pour ceux qui aiment les bêtes, de les oublier dans le parc des loups de Chabrières...
Rhôôô ! Si on peut plus plaisanter maintenant !
La Creuse sera-elle envahie par de gloutonnes étrangères ?
Pulpeuses scandinaves, beautés fatales de l'est, africaines enflammées ou fougueuses américaines ? Vous n'y êtes pas du tout ! Il s'agit de plantes ! De superbes plantes exotiques, certes, mais qui s'installent et éliminent toutes les autres autour d'elles. Et certaines provoquent des allergies ou sont urticantes ! Vendues en magasin, nous les avons installées dans nos jardins. Elles s'y sont acclimatées et se sont ensuite répandues dans la nature...
(comme d'hab', cliquez sur les photos pour les aggrandir)
L'Ambroisie, dont le pollen peut provoquer en automne une allergie, une rhinite, une conjonctivite ou une trachéite, aime les champs cultivés, les terrains nus et les terres remuées. Si l'eau et les oiseaux dispersent ses graines, c'est surtout le transport de terre "contaminée" et le déplacement des engins agricoles qui lui permet de gagner du terrain. Heureusement pour nous, elle ne supporte pas la concurrence des autres plantes.
La Balsamine de l'Himalaya peut atteindre plus de 3 mètres de haut. Elle fait de belles grappes de fleurs roses qui deviennent des capsules. La capsule explose à maturité et projette les graines jusqu'à 7 mètres d'elle. Chaque pied produit des milliers de graines dont la longévité est de plusieurs années. Elle se reproduit également par bouturage d'un morceau de tige ou par les racines. En sous-bois, elle empêche la régénération des arbres.Voilà, voilà !
La Berce du Caucase est une plante toxique qui provoque des brûlures au second degré par simple contact. Elle mesure entre 3 et 4 mètres de hauteur et, après 2 ans de croissance, produit 10.000 graines (capables de germer au cours des 7 années suivantes) grâce auxquelles elle se reproduit rapidement. En outre, sa haute taille et son feuillage dense lui permettent d'éliminer tout ce qui pousse sous elle. Sympathique tout ça !
La renouée asiatique peut se reproduire par le moindre fragment de tige ou de rhizome et ainsi envahir les bords de cours d'eau et les fossés le long des routes. Cette espèce exotique, classée parmi les plus nuisibles, libère des toxines dans le sol qui empêchent la venue de plantes concurrentes. Elle forme de denses massifs qui montent jusqu'à 5 mètres. Il faut, pour s'en débarrasser, la faucher et brûler les coupes tous les 15 jours !
L'Herbe de la pampa, vous savez bien ? Cette grosse touffe dans le jardin de votre voisin ? Et bien, elle provoque des allergies et son feuillage inflammable peut causer des incendies. Telle une vacancière, elle aime le soleil et l'eau mais, une fois en place, est capable de supporter de terribles sécheresses grace à des racines qui descendent chercher l'eau en profondeur... Donc, ses voisines mourront de soif avant elle !
Tient, en parlant d'eau... la Jussie à grandes fleurs adore les milieux aquatiques. Elle se reproduit par la fragmentation de ses tiges qui, voguant au fil de l'eau, vont se bouturer ailleurs et colonisent ainsi les pièces d'eau à faible courant et les eaux stagnantes (et même les prairies humides). Comme elle vient d'Amérique du nord, elle n'a pas de prédateur naturel. Grâce à sa croissance très rapide, elle est capable de couvrir une pièce d'eau en quelques semaines et d'y rester tant qu'il y a de l'eau.
Vous pensez que nous exagérons ? Et bien sachez que, en revenant d'une réunion d'information du Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement, nous avons vu pas moins de 6 endroits infestés par des Renouées asiatiques, le long de la route, sur une distance de 25 km ! Bon, depuis cette réunion, nous avons lu sur le net que cette vigoureuse japonaise serait comestible (?)... Vous nous raconterez si vous y goûtez ? A consommer sur place en tout cas !
Sachez encore que les 5 belles que nous vous présentons ci-dessus font partie d'un harem de 41 espèces de plantes exotiques envahissantes répertoriées dans nos contrées. Mais, vous dites-vous,
"Que pouvons nous faire contre ces fléaux ?"
Et bien, vous pouvez faire comme nous déja : contactez le CPIE des Pays Creusois pour participer, "à pied, à cheval ou en vélo", à l'inventaire de tous les endroits de Creuse où poussent ces terribles tueuses de biodiversité !
Le dispositif de lutte contre les plantes exotiques envahissantes est financé par le Conseil Général de la Creuse
Pour info : Etablissement Public Territorial du Bassin de la Vienne
Une mine d'or et un buste en argent à Chambon-sur-Voueize
Au confluent des 2 rivières Voueize et Tardes, en l'an 857, des moines de l'abbaye Saint Martial de Limoges viennent fonder un prieuré à Chambon-sur-Voueize. Au fil des siècles suivant, le bourg grandit autour de ce prieuré... Bon, comme nous sommes aujourd'hui quelques 12 siècles plus tard, nous allons essayer de vous la faire courte (l'histoire) !
En 965, le prieuré devient abbaye et reçoit les reliques de sainte Valérie*. Pendant la guerre de cent ans, en 1440, Xaintrailles (compagnon de Jeanne d'Arc et maréchal de France) assiège la ville de Chambon-sur-Voueize : elle a eut la mauvaise idée de prendre le parti du dauphin contre celui du roi Charles VII !
Bien, la visite continue... Les protestants pillent l'église en 1574 et, l'année suivante, les catholiques dévastent carrément la ville (match nul donc).
Trois châteaux défendaient l'ancienne capitale de la Combraille mais, désolé, il n'en reste rien. Par contre, au nord, sur la route qui va à Lépaud, vous pourrez voir les ruines de l'authentique château du richissime Barbe-Bleue.
L'église de Chambon-sur-Voueize mesure 88 mètres de long pour 16 de haut, mais c'est dans l'abbaye que vous verrez (dans une petite chapelle) le buste reliquaire de sainte Valérie*. En argent doré, il est orné d'un collier fait d'écus aux armes des donateurs : Charles V, Louis II et Jean I, entre autres.
Sinon, entre Chambon-sur-Voueize et Evaux-les-Bains, se trouve Le Châtelet. Cette mine d'or, fermée en 1953, en contient encore mais...
Entrée interdite !
Vous pouvez toujours essayer de tamiser les graviers de la Tardes, sait-on jamais !
Si vous trouvez un petit caillou fluorescent, c'est de l'uranium : jetez-le... loin ! Mais non, on rigole !
Vous pouvez également, belle jeunesse matérialiste, visiter les gorges pleines de promesses de la vallée de la Tardes et admirez l'impudique viaduc métallique qui, tel le soudard Xaintrailles le bien nommé, l'enjambe.
*Il existe 2 légendes au sujet de Valérie (Sainte autrefois trés populaire en Creuse) mais il est difficile de savoir laquelle est la vraie tant les 2 sont crédibles...
1) Une jeune fille (Valérie) s'était promise à un gouverneur romain de Limoges (Silianus). Soudain, Valérie renonce au mariage et décide de consacrer sa vie au monde du spirituel. De rage, Silianus l'a fait décapiter... Valérie est ensuite sanctifiée.
2) Une noble et riche dame (Valérie), au temps des derniers rois mérovingiens, obtient la faveur d'être enterrée auprès du saint évèque Martial, en échange de donations conséquentes à l'église... Dame Valérie est ensuite sanctifiée.
(Rappel : cliquez sur les photos permet de les aggrandir)
Le génocide prémédité d'Oradour-sur-Glane
Nous sommes en juin 1944. Les 15.300 S.S. de la panzerdivision "Das Reich" stationnent à Montauban. Ils reçoivent l'ordre de rejoindre la Normandie pour combattre les alliés qui viennent d'y débarquer, mais également de nettoyer de leur "vermine" les régions traversées et de terroriser les populations afin qu'elles n'osent plus soutenir ces "bandes de bandits" (les partisans).
Les résistants de Dordogne et du Limousin (A.S., F.T.P. et F.F.I), ignorent que les S.S. et leurs blindés sont encore dans le sud de la France. Ils lancent des attaques contre les garnisons de la Wehrmacht et s'emparent de Tulle et de Guéret. Des renforts allemands, venus de Montluçon, reprennent Guéret. La division "Das Reich" s'empare aisément de Tulle. Pour faire un exemple, les S.S. déportent 150 habitants et en pendent 99 autres dans les rues de la ville (le colonel F.T.P. Georges Guingoin, pour sa part, annule l'attaque de Limoges afin d'éviter d'autres représailles sur des civils innocents).
Les S.S., arrivés à Saint-Junien, se préparent à incendier la ville quand ils apprennent qu'un de leurs officiers a été kidnappé dans la région d'Oradour-sur-Glane. Le général S.S. Heinz Bernard Lammerding envoie le commandant Otto Dickmann et ses hommes à Oradour-sur-Glane... Dickmann a "carte blanche" de la part du général Lammerding... Le bourg doit être rayé de la carte !
Les hommes de Dickmann (des S.S. allemands et alsaciens), cernent Oradour-sur-Glane. Prétextant un contrôle d'identité, ils rassemblent les 700 personnes qui s'y trouvent (parmi elles, des habitants de Limoges venus en visiteurs). Ils vont ensuite chercher en camions tous les habitants des villages alentours et les ajoutent à la foule.
Puis, les nazis séparent les habitants par sexe. Le groupe des femmes et enfants est enfermé dans l'église. Les hommes sont entassés dans 4 granges où, à la mitrailleuse et au pistolet-mitrailleur, ils sont froidement exterminés. Ensuite, les S.S. abattent les rares survivants avant d'incendier tous les cadavres.
Dans l'église, les femmes et les enfants sont gazés. Les S.S. (allemands et alsaciens) mitraillent les survivantes avant de jeter des grenades incendiaires sur les corps empilés. Ils entassent des fagots dans l'église et brûlent les cadavres. D'autres, à l'aide de lance-flammes, incendient les maisons une par une. Ensuite, ayant trouvé des bouteilles et un accordéon, ils font la fête au milieu du bourg en flammes.
Otto Dickmann meurt, quelques jours plus tard, sur le front de Normandie. En 1953, le général Lammerding est comdamné 2 fois à la peine de mort par contumace. Il demeurera impuni, faute d'accord d'extradition entre la France et l'Allemagne. La plupart des autres coupables resteront introuvables.
Pour en savoir plus sur ce génocide, nous vous engageons vivement à visiter le musée et le site du bourg sinistré d'Oradour-sur-Glane qui a été conservé dans l'état où il se trouvait après sa destruction, en 1944. Nous vous recommandons également la lecture du livre "La division maudite" de Michel Peyramaure, aux Editions Souny.
La vraie recette de la Cramaillotte
A l'heure où nous écrivons ces lignes, un généreux soleil de printemps éclabousse les prairies de nos contrées. Éclabousse est le mot... Voyez ces millions d'éclats jaune vif que le soleil y a dispersé et qui se nomment, en réalité, fleurs de pissenlits ! Et bien, aujourd'hui, nous vous proposons d'en faire une délicieuse confiture : la fameuse Cramaillotte !
Tout commence quand Barbara (une de nos connaissances) nous parle de confiture de pissenlits. Alors, après nous être renseignés, nous partons en cueillir les fleurs (sans les tiges) et en remplir un petit tiers de notre panier. Ensuite, nous prenons des ciseaux et n'en gardons QUE les chatoyants pétales jaunes. Nous les étalons sur le fond d'un modeste cageot et les laissons sécher au soleil...
Une sieste plus tard, nous reprenons nos pétales séchés et, accompagné d'1 litre d'eau, les versons dans un faitout. Nous y ajoutons 2 citrons et une et demie orange (bio, évidemment) coupés en rondelles. Nous portons à ébullition, puis laissons cuire à feu doux pendant 1 heure (une surprenante odeur de chou nous fait un peu douter). Nous laissons refroidir.
Bravement, nous persévérons. Nous filtrons alors le jus et le mettons dans un faitout propre. Nous y ajoutons 1 kilo de sucre en poudre et le jus de la demie orange qui restait. Nous chauffons et maintenons à ébullition pendant 20 minutes chrono. Ensuite, feu éteint, nous versons la gelée non refroidie dans nos 4 bocaux (préalablement stérilisés à l'eau bouillante).
Par la suite, bien évidemment, nous avons goûté à NOTRE Cramaillotte. Ce que nous pouvons en dire, très brièvement, outre que sa lumineuse transparence ambrée flatta nos pupilles humides, est que ses puissantes notes sucrées et fleuries ont délicatement caressées nos papilles alanguies et, après s'être effacées pour laisser la place aux brefs titillements acides des agrumes, ont inondées d'un suave et coquin plaisir notre palais... conquis !
Certifiée par le ministère mondial de la gastronomie française comme étant l'authentique recette de la cramaillotte.
Malgré les rumeurs persistantes, les propriétés aphrodisiaques de la confiture de fleurs de pissenlits demeurent non avérées et de nombreux scientifiques universitaires poursuivent actuellement leurs recherches.
Le bon goût du SEL de Creuse (Système d'Echange Local)
Il y a quelques années, en ces temps ou MARCHOUCREUSE 23 n'existait pas encore, un film surprenant occupa peut-être votre soirée...
Nature contre nature (de Lucas Belvaux).
Ce téléfilm, qui fut diffusé en juin 2006 sur France 3, raconte l'histoire d'un psychanalyste qui installe son cabinet à Royère-de-Vassivière, en Creuse. Au début, tout va bien. Les premiers clients affluent, mais...
Ils veulent tous le payer en nature : poules, oeufs, cours de violon, lapins... tout, sauf de l'argent ! Ils lui expliquent qu'ils font partie de "Troc en Creuse", un système ou l'on peut échanger tout contre n'importe quoi. Bon gré, mal gré, il finit par accepter ce mode de paiement. Arrive alors la contrôleuse des impôts et le conseil de l'ordre des psychanalystes : c'est le début d'un affrontement entre le système du troc et le capitalisme sauvage, avec manif et tout et tout !
Cette fable jubilatoire existe désormais en DVD (FNAC.com, Amazon, etc...), profitez-en !
Et voilà-y pas que, 6 ans plus tard, nous découvrons l'existence du SEL de Creuse (Système d'Echange Local) ! Cette association loi 1901, à la différence de "Troc en Creuse", ne pratique pas l'échange de personne à personne : lorsque vous en êtes adhérent, vous échangez avec le collectif. Exemple : vous donnez 5 plants de tomates à Florence et, en échange, vous recevez une leçon de piano de Chantal. Les échanges sont donc MULTILATERAUX.
Après avoir réglé votre adhésion, vous recevez une feuille de tenue de compte et un crédit de 50 Nèfles (la Nèfle étant l'unité d'échange du SEL de Creuse). Vous voilà donc prêt à participer aux différents moyens d'échange mis à votre disposition, sachant que vous échangerez au sein d'un réseau à but non lucratif, (ben oui, tout de même) sans utiliser, vous l'avez compris, la "monnaie conventionnelle".
Vous pourrez régulièrement participer à une BLE (Bourse Locale d'Echange) où vous offrirez, par exemple, un vieux CD contre une coupe de cheveux, irez discuter le bout de gras et siroterez un café ou un thé avec le groupe. Vous pourrez aussi participer à LA ROUTE DES SELS et héberger (ou être hébergé par) d'autres adhérents. Vous pourrez encore participer à LA ROUTE DES STAGES et aller en stage (ou en organiser un ?). Sans oublier les très sérieux collectifs Chantiers d'Autoconstructeurs (de maisons) !
L'idée de "l'échange local" est née dans le cerveau d'un écossais (Michael Linton) qui, dans les années 80, réside à Vancouver. C'est la crise, et le chômage provoque inactivité et manque d'argent. Michael décide donc de remettre au goût du jour le troc. Il invente alors les LETS (Local Exchange Trading System). L'idée se répand dans tout le Canada, puis en Australie, en Europe, en Asie et en Afrique. Le premier SEL de France est créé en 1994 et, aujourd'hui, notre pays en compte 450.
L'unité d'échange du WAT SYSTEM japonais (bien avant la catastrophe de Fukushima) est le kilowatt/heure !
Pour LE CARROUSEL (SEL de Creuse)...
Tel : 09 61 49 93 87 ou 05 55 67 97 80 ou 05 55 52 21 08
Chez la courageuse Chloe Dequeker
Aujourd'hui, nous allons (tenter de) vous épater ! Alors, en route pour le village de Peyreladas, sur la commune d'Ars (entre Ahun et Saint-Sulpice-les-Champs) ! C'est en ce lieu perdu (Oooh combien !) que Chloe Dequeker, après avoir bien parcouru le monde, est revenu poser son balluchon en 1992.
(Sa vie remplirait aisément un livre mais acceptez que nous fassions un peu plus court).
A Peyreladas, elle commence (pratiquement) seule à reconstruire une maison de granite en ruine. Ah, un détail : elle est alors âgée de 19 ans ! Sa volonté et son courage lui permettent de finir la construction de cette magnifique bâtisse (qui se révèlera hélas inhabitable). Les tuiles et l'épi en céramique bleue sont faits maison !
Ses parents (d'origine flamande, polonaise et anglaise) s'installent en Creuse en 1979. Ils y créent un style particulier de poteries et en vivent. Ils y font aussi plusieurs enfants et leurs inculquent de solides valeurs (notamment un profond respect de la nature). Pour se chercher, tous partent courir la planète. Plusieurs en ramèneront l'âme soeur.
Mais revenons à Chloé : elle a 5 ans quand elle tourne ses premières poteries dans l'atelier glacial de ses parents. Et aujourd'hui, quand elle fait jaillir un objet entre ses mains, l'instant devient pure magie. Elle entrepose côte à côte ses poteries dans une petite boutique octogonale et, bien qu'elles soient toutes du fameux bleu Dequeker, il est ici visible qu'aucune ne ressemble à l'autre.
Un des autres exploits de Chloé Dequeker est la réalisation de sa seconde maison. Elle est semi-enterrée, en "bois cordé" et avec un toit végétalisé. Pour cette éco-construction, elle bénéficie d'une aide internationale d'amis. Le résultat est remarquable. "Qu'est-ce que le bois cordé ?" demandez-vous... Ce sont des rondins de châtaigniers et douglas, d'une trentaine de centimètres de long, empilés et jointoyés à l'aide d'un mélange de chaux et de sciure.
Le pilier central est un respectable tronc de chêne sur lequel reposent 14 grosses poutres rondes (troncs de résineux abattus par la tempête de 99) qui dessinent les rayons d'un polygone géant. La lumineuse façade a été fermée à l'aide de porte-fenêtres de récupération. Le toit végétalisé est fait de bois ronds, de voliges, d'un épais isolant en laine et d'une bache plastique sur laquelle viennent reposer terre et plantes. Facile à écrire tout ça... moins facile à réaliser !
En 2003, sa maison écologique étant terminée, Chloé a enfin un endroit chaud et sec où elle peut emménager... Mais, attendez : parmi les mésaventures qui entourent cette belle demeure, sachez qu'un malentendu administratif a bien failli conduire à la faire raser. Quant à aujourd'hui, son étanchéité est menacée par des rats-taupiers qui rongent le plastique de la toiture (elle devrait être refaite cet été). Sinon, en tout et pour tout, sa construction a coûté 1500 €. Etonnant non ?
Trois ans plus tard, de graves problèmes de dos empêchent Chloé Dequeker de porter de lourdes charges. Elle s'en remet et, aujourd'hui, elle occupe ses trop courtes journées avec sa petite pépinière, la création d'un verger conservatoire de variétés anciennes et locales, les journées portes-ouvertes à Peyreladas, la vente de végétaux sur les marchés des environs, la fabrication et la vente de ses poteries... Et elle trouve même un peu de temps pour parler à ses chères abeilles !
Les variétés anciennes de la pépinière de Peyreladas, ce sont 130 pommiers (Canada blanc de Creuse, Reinette Marbrés de Creuse, Vernajaux...), 84 poiriers (Duchesse du Berry d'été, Rivailles, Belle Epine de Limoges...), 47 pruniers (Sainte Catherine, Amar blanc, Mariolet...), 13 arbustes fruitiers oubliés (Jujubier, Néflier, Aronia...) et 200 arbustes d'ornement (hibiscus, cornus, cedrus...).
Pour en savoir plus sur Chloé Dequeker, cliquez sur ce lien
(garanti en fibres végétales creusoises).
Grosse affluence à "L'Atelier" de Royère-de-Vassivière
Nous étant fort intelligemment abonné à la "news-letter" de l'association EMILE A UNE VACHE, nous étions au courant que le groupe OPATSUPA (from Poitiers) allait se produire à L'ATELIER de Royère-de-Vassivière...
Comment ça, vous ne connaissez pas L'ATELIER ? Bon, vous voyez le lac de Vassivière ? Vous voyez le lac de La Vaud Gelade ? Et bien, Royère-de-Vassivière se situe juste entre les 2. Dans le bourg, il y a une grande place où se trouve L'ATELIER. Voilà, c'est pas compliqué à trouver, sacré nom de nom de nom !
L'ATELIER, "c'est quoi ? Je vais vous le dire..." C'est d'abord un bar, un restaurant et une boutique. Mais ce sont surtout 3 femmes (Amélie, Catherine et Julie) qui vous proposent de vous désaltérer, de goûter à leur cuisine "bourgeoise" (composée avec des produits frais, de saison et, tant que possible, venant de producteurs locaux et bio).
Quant à la boutique, vous y trouverez un bel assortiment de produits biologiques de ces mêmes producteurs locaux, quelques babioles pour les enfants, quelques vêtements pour les dames, mais également des produits de pays lointains vendus en commerce équitables.
Le vaste premier étage héberge un billard, un coin avec des ordinateurs, une salle d'activités multimédia et 2 bureaux réservés à des associations. Non, vous ne rêvez pas : vous êtes toujours au fin fond de la Creuse... Un vrai petit coin de paradis en plein milieu du plateau de MILLE VACHES ! Bon, le petit défaut, c'est la décoration : il n'y en a pas !
La dernière facette de ce lieu unique (et ce n'est pas la moindre) dépend de l'association EMILE A UNE VACHE (Ca y est, vous avez compris !). Ils ne sont, parait-il, que 2 (Ann-Julien et Alex) qui s'occupent de la programmation culturelle de L'ATELIER : expositions, ciné-club, concerts et même... défilés de mode ! Découvrez leur programme en cliquant ici...
Pélerinage, foire ou... hypermarché ?
A l'époque gallo-romaine, personne n'habite là. Une voie romaine, construite 484 jours plus tôt (environ), passe à proximité de la fontaine du Pin. Son eau doit posséder quelques vertus magiques car, depuis longtemps, les voyageurs viennent de loin pour la boire. Et puis, voilà y pas que le christianisme déboule et que, pour récupérer le "business" du miraculeux, il y construit une chapelle qu'il dédie à Saint-Jean-Baptiste !
"Où sommes-nous ?" vous demandez vous fiévreusement... A la frontière du Berry, du Poitou et de la Marche. Plus précisément à Les Hérolles (commune de Coulonges, au croisement de ce qui deviendra la D123 et la D10). En 1484, les pèlerins sont de plus en plus nombreux à venir (le 24 de chaque mois) aux rassemblements du Pin Trémoulhois, seigneurie du château du Pin. Cela attire de nombreux marchands et 2 ou 3 bâtisses se sont même construites là.
Au fil des siècles, le spirituel cède peu à peu la place au temporel. En 1868, le rendez-vous devient officiellement mensuel. Une bonne grosse foire et un bon gros marché se tiennent désormais le 29 de chaque mois. Le succès aidant, Les Hérolles ne comptent pas moins de 22 hôtels en ce début de 20ème siècle. Un vrai Monopoly ! Mais attendez, ce n'est pas fini...
EN CLIQUANT SUR LES PHOTOS, NON SEULEMENT VOUS LES AGGRANDISSEZ MAIS, EN PLUS, VOUS EN DECOUVREZ LES TITRES HAUTEMENT POETIQUES !
Nous voici désormais parvenu au siècle des fonds de pensions et autres joyeusetés (le 21ème au compteur) : la Foire et LES Marchés des Hérolles s'étalent désormais sur 11 hectares. 400 exposants proposent chaque mois de l'utile, du farfelu et du superflu à quelques 2000 visiteurs, acheteurs ou touristes (plus un Marché à la volaille de Noël, le 18 décembre).
Nous, MARCHOUCREUSE 23, nous sommes dit "Bon, c'est à l'étranger mais... une visite s'impose !". Et nous y avons été en chantonnant, la,la,la ! Nous dédions d'ailleurs notre visite parmi ce grouillement de plusieurs centaines de petits producteurs, marchands de tout, de rien et même de chinoiseries, à... Valérie (du jardin de La Sagne).
Comme nous sommes à l'étranger, le parking est payant... A quelques mètres, se tient le marché volailler, bouillonnant de diversité. " -Vous me vendez pas des poulets qui crèvent tout de suite, hein ? -Ah ben non, pas à vous, pensez donc ma p'tite dame !"
Nous cherchons ensuite la Foire au bestiaux... Oh ! Des gaufres hollandaises faites par des hollandais ! Et là, un jeune homme fait des démonstrations de nettoyage avec un balai magique. Un marchand de faitout repère les appareils photos : "Vous êtes de France 3 ?" Nous lui répondons finement : "Non, de France 0 !" (son regard reste perplexe : il ne doit pas connaître cette chaîne).
Soudain, gargouillis de ventre : il fait faim. Ce ne sont pas les snacks ni les gargotes qui manquent, oh que non ! Nous commandons des andouilles aux oignons et des frites. Le grand beau et la douceur de l'air nous invitent à nous asseoir sur des chaises étrangement mouchetées. En face, les vendeurs de pinard s'expliquent à coups de gros mots.
Nous repartons gaillardement. Des chevaux et des poneys prient en attendant la fin du calvaire. Les moutons, dans leur camion, croient déja sentir l'odeur de la pâture. Soudain, re-gargouillis de ventre... le pélerin, lui, se demanderait si l'huile (de cuisson des andouilles) était mal sainte ? Nous, nous noyons ce mystère sous un salvateur café noir.
Un marchand de tee-shirts nous interdit de les prendre en photo (?). Des gamins s'amusent à passer à travers les pneus de tracteurs. Les exposants commencent à remettre le stock dans la camionnette. Les pyjamas couleur camouflage et les pièges à rats ne se sont pas vendus... Bon, et si on rentrait en Creuse ?
La sauvage vallée du Taurion, de Bourganeuf à Châtelus-le-Marcheix
Comme vous êtes de grands amateurs de nature sauvage, nous vous emmenons (ci-dessous) à la découverte des vastes espaces du grand ouest creusois. Vous pourrez y enchaîner de nombreuses ballades, à pied, en vélo ou à cheval, voire (à défaut) en voiture (avec l'essence à bientôt 2 €uros le litre...).
Votre première randonnée démarre à l'extérieur de Bourganeuf (tout en bas). Un rond-point y dessert 3 routes qui partent vers Limoges, Bourganeuf et Châtelus-le-Marcheix. Celle qui vous intéresse est la minuscule D8 que, en vélo, à cheval ou en voiture (...), vous devez ne pas perdre jusqu'à Châtelus-le-Marcheix (environ 15 km).
Après quelques ruraux méandres bitumeux, vous traversez la forêt domaniale de Mérignat puis descendez vers le manoir de Villemontheix que borde un petit lac de montagne aux eaux vertes ou bleues, selon l'humeur du ciel et du soleil. La D8 vous ménera ensuite à le Mastonnin, avant de plonger vers le lac de l'Etroit et Châtelus-le-Marcheix.
Le pont rond qui enjambe le lac étant traversé, plusieurs randonnées pédestres s'offrent à vous, sur la droite, en direction des gorges du Taurion et, en amont, du barrage et du lac de Roche Talamie. Si vous êtes avec votre petite voiture (...), laissez-la refroidir sur le petit parking de la petite plage, après le pont rond.
La D5 remonte dans Châtelus-le-Marcheix où elle tourne et vous conduit, sur votre droite, en direction de Mourioux-Vieilleville. Deux kilomètres plus loin, n'hésitez pas à vous engager dans cette improbable route que vous quittez dés que possible pour prendre une fois encore à droite. Vous atterrissez au hameau de Saint-Alaix.
Si vous êtes avec votre petite voiture (...), il y a de quoi en garer 3 ou 4 et, pour les chevaux, il y a de l'herbe. Laissez également les vélos car la suite, le circuit du Pic Noir, se fait exclusivement à pied. Ce sentier qui est, lui aussi, dans la ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intéret Écologique et Faunistique de France) de la vallée du Taurion, ne peut se pratiquer qu'à pied.
Cette confortable piste descend en zigzaguant jusqu'à la rive du lac, avec un dénivelé d'une bonne quarantaine de mètres. Tel un chemin de croix écologique, des panneaux pédagogiques le ponctuent, lesquels pourront également servir de prétextes à des haltes réparatrices lorsque vous remonterez.
Cette sainte lecture vous propose de rencontrer le pic noir, l'engoulevent, le lézard vert, la chouette hulotte, la vipère aspic, l'épervier, le sittelle torchepot et le pinson. Mais, ce qu'elle ne vous dit pas, c'est que les feuilles mortes sur lesquelles vous marchez sont terriblement bruyantes ! Et comme les animaux sauvages sont loin d'être sourds...
(Rappel : cliquez sur les photos pour les aggrandir)
La cité médiévale de Saint-Benoit-du-Sault
En ce jour pétillant de soleil, nous vous emmenons aux portes du Parc Naturel de la Brenne. Après Azerables, vous passez bravement par dessus l'autoroute A 20 et, par la D 10, parvenez tranquillement à Saint-Benoit-du-Sault. (Laaa ! Calmez-vous ! Tout va bien ! On vous ramènera en Creuse, c'est promis !) Au point culminant de ce bourg, vous trouvez un vaste parking et l'Office de Tourisme Cantonal où vous pourrez demander un plan (bien utile).
De minuscules et moyen-âgeuses ruelles (dont certaines sont pavées de calades en galets) vous permettent de circuler, à flanc de colline, au milieu de demeures médiévales souvent imbriquées les unes dans les autres. Vos pas vous conduisent ensuite, immanquablement, vers l'église du 14ème siècle, blottie contre le massif prieuré.
Perché sur son promontoire, Saint-Benoit-du-Sault domine la paisible vallée du Portefeuille. Ce ruisseau alimente un vert étang, lequel baigne le pied de l'ancien prieuré (devenu, depuis 1934, colonie de vacances pour petits parigots puis, aujourd'hui, lieu culturel).
Au 10ème siècle, des moines bénédictins abandonnent Sacierges-Saint-Martin et s'installent à Salis (Saint-Benoit-du-Sault) qui, grace à son relief, permet de se défendre plus facilement contre les attaques des barbares. Quelques siècles plus tard, les vicomtes de Brosse, eux aussi, apprécient Saint-Benoit-du-Sault (probablement pour sa vue imprenable).
Pendant la révolution française, les 1200 habitants sont chaudement invités à changer le nom du bourg et, surtout, à retirer celui du saint. Docilement, la commune devient (provisoirement) Mont-du-Sault. Aujourd'hui, la population de Saint-Benoit-du-Sault avoisine péniblement les 700 âmes... avec une majorité de vieilles dames dont la principale activité semble être la promenade du chien dans les ruelles médiévales. Bref, un conseil : regardez où vous mettez les pieds !
Carmantran, une fête pour petits et grands !
Depuis longtemps, pour Carnaval (Carmentran), les enfants se déguisent. Jadis, ils se glissaient dans des vêtements empruntés aux parents, vieilles robes ou pantalons largement trop grands, et se masquaient entièrement le visage derrière un voile, afin de ne pas être reconnus. Parfois, ils s'enduisaient également le visage de suie ou (pour les plus raffinés) se le badigeonnaient de miel et de plumes... si, si !
Ainsi accoutrés et méconnaissables, les Mascaras partaient en groupes pour aller de porte en porte et hurlaient des moqueries, jusqu'à ce que l'habitant du lieu dépose des cadeaux dans leurs paniers : des sous, des pommes, des oeufs ou du lard... Ça ne vous rappelle pas vaguement quelque chose tout cela ?
Pendant ce temps, leurs mères mettaient au four quantité de pâtés de pommes de terre, de riz, de pâtes, de pommes ou de prunes (lou pastis) qu'elles avaient commencé à l'aube, ensemble, dans la salle commune. Elles continuaient ainsi à cuisiner jusqu'au soir, préparant légumes et fruits, faisant mijoter les viandes, ragoûts, rotis, saucisses et autres lapins farcis, sans oublier tous les desserts ! Vous vous demandez (certainement) à qui tout ces plats de fête étaient destinés ?
Et bien, le soir venu, de retour des champs, les hommes s'attablaient. Ils se goinfraient alors des bonnes choses préparées avec amour par ces dames. Aprés le bouillon gras, ils engouffraient en masse les cochonnailles, boudins et pieds de porc (trotilhs de gaghnou), les gigots d'agneau à l'ail et aux haricots, les poules ou les dindes au riz, ou encore (plus rarement) la viande de boeuf du boucher. Ils avalaient ensuite de larges rasades de piquettes, pour faire passer, avant d'attaquer les patisseries, clafoutis, flognardes, tartes aux fruits et beignets qu'ils arrosaient de gnole. Pour finir : café et goutte... Burp !
Ironiquement, cette fête était placé sous la protection de saint Goulart, saint Babinart et saint Soulard. La grande majorité des enfants, pour l'occasion, avaient le droit de prendre un canard (sucre + goutte), voire plusieurs, hips ! Les adultes, encore en état de le faire, se mettaient à chanter. La nuit enfin tombée, ceux qui pouvaient marcher allaient brûler le pauvre monsieur Carnaval (paulvre Carnavau), représenté sous la forme d'un gigantesque mannequin en paille.
Et les femmes dans tout cela ? Rassurez-vous : jeunes ou moins jeunes, elles mangeaient aussi, buvaient, dansaient et riaient comme leurs hommes... Nous pouvons même dire qu'elles n'étaient pas en reste !
Voilà, c'est ainsi que Carmentran était célébré autrefois.
Quant à aujourd'hui...
La bête de la Creuse égorge les enfants !
En cette année 1698, les récoltes sont particulièrement médiocres : peu de fruits, peu de blé et, comble de malheur, peu de châtaignes ! Cela nous promet une famine et des paysans en colère ! Là dessus, dans les campagnes, apparaît soudain une mystérieuse et terrifiante bête. Elle blesse, tue et dévore. Elle a déjà fait une centaine de victimes autour de Saint-Vaury.
Les coups de feu qui l'atteignent ne la tue pas... Aussi, plutôt superstitieux, une partie des paroissiens parle de sorcellerie. D'autres, plus censés, disent qu'il s'agit d'une panthère ou d'un loup-garou. Ce qui est certain, c'est que cette bête, plus grande qu'un loup, a une très grosse tête, des oreilles courtes et une collerette blanche. Son pelage est roux, sa queue longue et touffue, et ses grosses pattes ont de grands ongles.
A Sauviat, une trentaine de personnes a été tué par cette bête... ou une qui lui ressemble. Très souvent, elle se cache derrière une haie qui borde un chemin et, de là, bondit sur sa proie humaine, l'étouffe en l'enserrant et l'égorge. Certains affirme l'avoir aperçu à proximité de leur maison. D'autres disent qu'elle a déjà bondit sur un homme à cheval. Cette bête est également capable de parcourir 10 lieues en une journée (une quarantaine de km.).
Sa présence a été signalée autour de Guéret mais aussi dans la paroisse d'Aubusson où elle est présente l'année suivante. En règle générale, la bête s'attaque plutôt à des jeunes filles ou, à la rigueur, à des femmes. A Vallière, c'est une adolescente de 13 ans qui a été atrocement mutilée. Une battue est immédiatement organisée. Mille hommes armés ratissent la région. Ils causent de nombreux dégats aux cultures mais ne trouvent pas la bête. Toujours est-il que, à la suite de cette battue, les attaques cessent subitement.
Soixante-huit ans plus tard, une bête similaire (mais beaucoup plus célèbre) apparaît dans le Gévaudan. En 3 ans, elle fera 99 victimes qui sont, en très grande partie, des enfants. L'un d'entre eux est tué en Corrèze.
Une bonne adresse pour les gourmets mélomanes...
Dés que les premières lueurs du soleil commencent à colorer le ciel et avant même que ses rayons ne prennent en enfilade la vallée de la Creuse, les clients arrivent, fidèles à leur rendez-vous quotidien. Ils y achètent LE journal... c'est à dire La Montagne !
Certains repartent avec, d'autres s'installent sur les tabourets hauts du bar et le feuillettent en sirotant un express ou un café au lait. La journée démarre ainsi à La Bergerie*, un établissement pas tout à fait comme les autres...
*commune de La Celle Dunoise
Christelle et Laurent sont arrivés en 2007 et, rapidement, ont donné à ce bar-restaurant rural une personnalité basée sur une convivialité sans faille. Ajoutons à ce beau tableau que la cuisine de Laurent (et de son second) nous a régalé les papilles à chaque fois. Les plats vont au delà de cette cuisine traditionnelle que le patron de La Bergerie revendique. Dailleurs, les associations qui font appel à lui pour leurs soirées ne s'y sont pas trompés !
La carte est intégralement traduite en anglais* et propose, en été, un menu creusois maison (salade creusoise, du pâté de pommes de terre, du clafoutis pour le dessert). Christelle, Mélanie et Françoise courent entre la salle et la terrasse qui surplombe la Creuse pour satisfaire entre 50 et 60 clients (leur record estival est de 115).
*the fixed price menu is totally translate in english
Une des particularités de La Celle Dunoise est qu'elle possède 2 restaurants (le second étant l'Auberge des Pêcheurs) et que les animations qui s'y déroulent en alternance créent une ambiance festive quasiment... permanente. L'hiver, des soirées spéciales se déroulent à La Bergerie le dernier week-end du mois (plus 1 ou 2 en semaine l'été). Au menu (en vrac...) : soirée fruits de mer, karaoké, LE pot au feu, concerts Jazz ou Rock, soirée cassoulet ou paella, soirée moules-frites (en papillotes), etc... Et le samedi (soir) de la Course de Côte, Christelle et Laurent préparent une surprise ! Pour les soirée spéciales, la réservation est obligatoire.
18 rue des Pradelles
23800 La Celle Dunoise
Tel : 05 55 89 67 16
Les druides et druidesses de la Société des Sciences de la Creuse
La Ssnahc n'est ni une boutique qui vend des livres et des disques, ni une gargote où l'on ingurgite des saucisses-frites, OK ? C'est la
Société des Sciences Naturelles, Archéologiques et Historiques de la Creuse
Née en 1832, cette vieille dame édite chaque année les Mémoires des travaux de ses adhérents. Les recherches sont présentées au cours de réunions bimensuelles, par les auteurs eux-mêmes, directement aux 650 membres. Ces présentations étant ouvertes au public, nous (MARCHOUCREUSE) nous sommes permis de nous y inviter...
Nous pensions nous rendre à une réunion d'érudits à longues barbes (des professeurs Tournesol et autres druides Panoramix) mais, lorsque nous pénétrons dans l'amphi de la Bibliothèque Multimédia, à Guéret, nous découvrons un public où se mêlent jeunes et moins jeunes, femmes et hommes. Les différents intervenants et la grande diversité des sujets abordés par la suite détruiront définitivement le cliché poussiéreux que nous nous étions fait de la Société des Sciences de la Creuse.
Une très jeune archéologue, tout d'abord, nous fait le compte-rendu des travaux de fouilles effectués en 2010 sur le chantier de Pisseratte (à Guéret). Cet endroit a été, entre le 7ème et le 9ème siècle, un vaste centre artisanal de fabrication de céramiques, ustensiles de cuisine ou agricole, cruches ou jattes. Ensuite, un barbu sérieux nous parle d'un moule de hache, également trouvé à Guéret et datant de la même époque. D'importantes mines de cuivre ont fait de la Creuse, en ce temps là, un haut lieu de la fonderie des outils en bronze.
Histoire de changer de sujet, une savante dame nous dévoile qu'un registre de catholicité des habitants de Corse a été retrouvé à... Dun-le-Palestel. Ecrit en italien, il date de la période où la France a achetée cette île à l'Italie. La métropole, se méfiant des corses, y exerça une surveillance militaire jusqu'en 1792. Pourquoi ce "fichier" de catholiques corses se retrouve-il aujourd'hui en Creuse ? Nous le saurons (sans doute) prochainement !
Le sujet suivant nous est présenté par un timide jeune homme. Il poursuit fièvreusement ses recherches sur la dernière maison close de Guéret. Nous apprenons que, avant sa fermeture en 1946, elle était dirigée par Mme Henri (?). A l'époque, on parlait de "pensionnat de demoiselles". L'expression "maison close" vient du fait que les volets étaient fermés en permanence.
Le président de la Société des Sciences nous expose ensuite les résultats de l'enquète qu'il a mené sur le roman policier "A longue échéance" (éditions Fleuve Noir). Il a découvert que l'auteur, José Michel, se nomme en réalité Lucienne Michel. Ainsi, donc, José Michel était une femme ! Mais, de plus, elle était creusoise ! Ce n'est pas tout : son fils, André Capousis, sous le pseudonyme de Caroff, a écrit plus de 200 romans au Fleuve Noir (dont la série "Madame Atomos") quand, dans le même temps, sa mère en produit une douzaine.
Voilà. Plutôt amusant, non ? C'est la Société des Sciences que nous avons découvert ce jour là ! A propos : vous pouvez franchir le pas et en devenir membre. La cotisation annuelle est de 27 €. Elle permet de recevoir le fascicule (ou le CD-Rom) des publications de l'année, de participer aux sorties et d'être tenu au courant de toutes les activités... Mais allez sur leur site : tout y est expliqué !
Quelques creusois de renom sont aussi passé par là... Henri Auguste Delannoy (1833-1915) est un polytechnicien, passionné par les calculs de probabilité et les carrés magiques (sorte d'ancètres du Sudoku) qui existent depuis 2600 ans en Chine. En 1896, devenu président de la Société des Sciences, il se consacre à fond à l'histoire de la Creuse. Citons aussi, pour finir, Louis Lacrocq (1868-1940) qui publia une quantité phénoménale d'articles dans les Mémoires de la Société des Sciences de la Creuse dont, notamment, une description très bien documentée de la vie à travers les siècles dans la commune de La Celle Dunoise.
L'avant avant avant avant dernière séance du cinéma d'Aigurande
Whaou ! Ce soir, séance cinéma dans la minuscule ville d'Aigurande ! Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, Aigurande possède toujours UNE VRAIE salle de cinéma (cette phrase surprendra sûrement ceux de nos lecteurs qui habitent dans de gigantesques mégapoles et n'ont que l'embarras du choix quand ils veulent se "payer une toile") ! Pour l'heure, c'est une séance spéciale qui nous attend : projection du film "Tous au Larzac" (de Christian Rouaud) suivi d'une rencontre-débat et, ensuite, d'un verre de l'amitié et buffet (avec les quiches, cakes et autres tartes que l'on nous a invité à apporter).
Auparavant, quelques mots sur l'histoire du Cinéma Moderne d'Aigurande... Il a été construit en 1950. Plusieurs fois renové, plusieurs fois fermé, il est aujourd'hui toujours héroïquement en activité ! Dans le hall trône l'ancien projecteur des débuts. La cabine en bois où sont vendus les billets est, elle, toujours en service. Le Cinéma Moderne poursuit aujourd'hui sa chaotique carrière grâce à la volonté farouche de bénévoles et du professionnel indépendant qui a repris l'exploitation de ce cinéma municipal de 350 places.
Ah, le film démarre ! Nous sommes en 1971. L'armée veut expulser les agriculteurs du plateau du Larzac pour en faire un camp. Les agriculteurs refusent et découvrent la solidarité. La bataille se déroule sur le terrain juridique et foncier mais le collectif paysan tient bon. Année après année, les combats pacifiques, les manifestations de tracteurs, les rassemblements monstres de sympathisants et les envahissement de Mairies à l'aide de moutons se succèdent. Hélas, les militaires prennent peu à peu l'avantage...
Arrive alors le mois de mai 1981 : François Mitterand est élu président de la République Française... Comme il l'a promis, il annule l'extension du camp militaire ! Après 10 ans de luttes, c'est la victoire ! Celles des agriculteurs nés sur le plateau et "catholiques qui votaient à droite", celle des maoistes, celle des bergers, celle des objecteurs de conscience, celle enfin de toutes celles et de tous ceux qui, par centaines de milliers, se sont mobilisés dans toute la France pour le Larzac.
La lumière se rallume dans la salle. Ni José Bové, ni François Hollande ne sont arrivés : le débat commence donc sans attendre. Un agriculteur affirme que son actualité est la lutte contre la disparition des terres agricoles. Le micro circule... Un autre intervenant regrette le manque de solidarité de nos contemporains. Le micro circule encore... Lui est un ancien maoiste qui a été manifester contre la suppression de la retraite à 60 ans. Un autre affirme (trop) fièrement qu'il est faucheur d'OGM. Une femme parle de l'espoir que fait naître en elle le mouvement mondial des indignés...
L'animateur propose ensuite que nous buvions le verre de l'amitié. Ah ! Enfin ! Il est tard, il fait faim ! Nous dégustons les quiches, les cakes et les gâteaux que nous avons apporté et mis en commun. Le cidre, le jus de raisin, la bière et le vin arrosent les discussions qui s'instaurent. Des parents nous racontent l'angoisse qui les tenaille : leurs enfants sont partis loin, à l'aventure, à la découverte du vaste monde... Si ça se trouve, ils n'ont jamais mis les pieds au Larzac ?
Moralité : longue vie au cinéma rural ! Quiche et pinard, même combat !
Ciném'A.J. tel : 02 54 06 47 63 mail : cinemaj@wanadoo.fr
Consommer biologique et local ? Un bel exemple...
Notre première rencontre avec Georges Devaux a lieu sur un marché biologique à Saint-Léger-Bridereix, entre La Souterraine et Dun-le-Palestel. Là, cet homme souriant et d'apparence tranquille nous explique qu'il est agriculteur et qu'il vend de la viande bovine d'élevage traditionnel directement aux consommateurs. Les animaux paissent dans des prairies "conduites en culture biologique depuis 1984" et toute la nourriture animale est produite à la ferme. Nous décidons de faire un essai...
Le jour venu, nous nous rendons à la Ferme des Rateries. Nous y parvenons après avoir trouvé l'école maternelle de Dun-le-Palestel et la discrète route qui descend ensuite jusque là. Des voitures s'y succèdent en un ballet incessant de clients. Mr Devaux nous donne notre assortiment de 5 kilos. Nous le réglons et partons. Dés notre retour, nous mettons à cuire de beaux et appétissants steaks. Quelques minutes plus tard, c'est l'heure fatidique de les goûter... Et là ! Mais alors là, les amis ! Une tendreté ! Un fumet ! Une rondeur en bouche ! Comment vous dire ? Essayez d'imaginer la saveur que vous connaissiez il y a si longtemps ! Oui, celle-là ! Exactement !
Cependant, une question vous brûle les lèvres (nous le sentons bien) : "Et le prix ?" Et bien, monsieur Devaux vend ses caissettes de (plus ou moins) 5 kg au prix unique de 11 € le kilo. Et, en général, ce que nous avons acheté se composait de : 25% de saucisses de boeuf ou pot au feu (selon la saison), 20% de bourguignon, 25% de roast-beef, 20% d'un assortiment de steaks, 10% de faux-filets et pièce à fondue. Qu'est-ce que vous en pensez ? Nous, pour de la viande limousine de cette qualité, nous trouvons cela plus qu'honnête !
Et beaucoup d'autres que nous pensent de même... Certains sont fidèles à la Ferme des Rateries depuis de nombreuses années maintenant. Des clients de Guéret se sont même organisés en groupe et viennent à tour de rôle, n'utilisant qu'une seule voiture à chaque livraison. Georges Devaux a également des clients, possesseurs de résidences secondaires en Creuse, qui emportent régulièrement leur viande à... Paris ! Quel succès !
La ferme Qualité France de monsieur Devaux, modeste exploitation de 52 hectares, est à cheval entre Saint-Sulpice-le-Dunois et Dun-le-Palestel. Ce battant de 58 ans affirme être un farouche défenseur de la qualité (avant la quantité). Il affirme avoir atteint l'autosuffisance alimentaire pour ses bêtes, lesquelles sont exclusivement nourries à l'herbe biologique, au foin biologique, et avec des compléments végétaux qu'il produit lui-même (épeautre, millet, sorgho, luzerne...).
Ces ventes à la ferme se déroulent 1 à 2 fois par mois mais UNIQUEMENT sur réservation. La bête est abattue (à la Châtre) une dizaine de jours avant. La carcasse "mûrit" ensuite en chambre froide, avant d'être préparée par un boucher. La soixantaine de caissettes que fournit cet abattage est attribuée au fur et à mesure des réservations. Nous vous conseillons donc, petits insouciants, de ne pas vous y prendre au dernier moment (les dates de livraisons figurent sur le site de la ferme où vous pouvez également réserver).
Tel : 05 55 89 08 65 ou 06 50 73 87 89
L'air de la Norvège souffle sur Toulx-Sainte-Croix
Comme vous êtes grands amateurs d'étrangetés et de bizarreries, nous vous emmenons à Toulx-Sainte-Croix. Cette joyeuse commune, ancien sanctuaire gallo-romain, se situe à 655m. d'altitude, entre Gouzon et Boussac.
(Quittez la plaine et la D 997 pour montez par la D14 qui vous y conduira tranquillement).
Vous y êtes ? Bien. Voilà, c'est parti...
Vous garez votre Destructor 15 (pour les connaisseurs : 895 chevaux et 15 cylindres en V) sur le parking, en contrebas de l'église. Pour plusieurs raisons, elle est unique au monde (l'église) ! Sa construction, antérieure aux croisades, est datée du 11ème siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens monuments de Creuse. Le clocher est séparé du reste de l'église par un espace vide de 10 bons mètres : c'était là que se trouvait la nef... qui s'est écroulée au 16ème siècle (et n'a donc pas été reconstruite).
A l'intérieur du clocher, sorte de gros pâté surmonté d'un petit chapeau en bois, sont entreposés des sarcophages mérovingiens en pierre. Dans l'autre partie, là où la croisée du transept est restée debout, vous demeurerez muets d'admiration devant la polychromie des colonnes et l'architecture très largement inspirée par l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Entre les 2 "morceaux" d'église, trônent 3 lions sculptés. Protecteurs symboliques des vivants et des morts ou... héritages de l'occupation anglaise ? Le mystère demeure !
Dans le bourg de Toulx-Sainte-Croix, il faut aussi voir "la tour". Cette tour d'observation, en pierre de taille, est unique ! Un chemin d'une centaine de mètres, et parfaitement plat, vous y conduit. Même si vous ne grimpez pas en haut, le panorama reste exceptionnel ! Si la météo vous est favorable, vous y verrez la plaine du Berry, Bourges, le puy des Trois-Cornes et le puy de Dôme.
En théorie, sachant que plein nord, il n'y a aucun sommet qui vous en sépare, vous devriez aussi voir la Norvège... En tout cas, vous avez plus de chance d'en avoir le vent glacial ! Mais ce vent saura aussi vous charmer : en soufflant dans les tubes creux de la rambarde, au pied de la tour, il vous chantera une mélopée étrange ! Ceci est absolument véridique : nous l'avons entendue à chacune de nos visites !
Cette tour a été érigée entre 1932 et 1947 sous l'impulsion de 2 hommes : l'abbé Aguillaume, ancien curé de Toulx-Sainte-Croix, et le docteur Maurice Gaumet, ancien conseiller général de Boussac, ancien sénateur radical et franc-maçon de la Creuse... La cohabitation avant l'heure donc ! Récemment réhabilitée (la tour), elle a fait peau neuve grâce à la commune de Toulx, au Conseil Général de la Creuse, à la région Limousin, à l'Union Européenne et aux sous prêtés par le Crédit Agricole.
Sachez encore que cette tour, point géodésique de l'Institut Géographique National, a pour voisine une station sismique qui fait partie du réseau national d'alerte. En retournant dans le bourg, ne manquez pas d'admirer le bâtiment de la Poste qui date de 1912 et fait, lui aussi, partie de notre patrimoine. Ensuite, si vous avez un peu de temps à perdre, faites un saut aux toutes proches Roches Jaumâtres (elles auront toujours au moins le mérite d'être plus prés que la lointaine mais surprenante Rigole du Diable). Voilà, c'est tout pour Toulx !
"C'est tout pour Toulx... Non ! Ils ont osé le faire !"
Malval : 1 prieuré, 1 église et au moins 4 châteaux !
Imaginez : nous sommes en 799, vous vous trouvez dans une carriole et vous allez dans le Berry. Vous êtes arrêté par la Petite Creuse. Un gué vous permet de passer (quand les eaux et le courant le permettent)... Courageusement, vous traversez. Sur la rive nord, un chemin monte vers un éperon rocheux. Il est couvert de fortifications, faites de grossiers blocs de pierre. Cette barrière défensive protège l'accés au bourg de Alpo. Entre les fortifications et Alpo, un vallon abrupte porte le surnom que lui ont donné des voyageurs : Malla Vallis.
(Rappel : un clic sur une photo permet de l'aggrandir)
Quelques siècles se sont écoulés. En l'an de grâce 1038, Alpo se nomme désormais Malavallis. Le 13 février, Albert De Chambon, seigneur en son château de Malavallis, décide de la fondation d'un prieuré. Il sera construit dans le bourg, sera de forme rectangulaire et renforcé par 2 tours. Il sera placé sous le patronage de Saint Pierre-ès-Liens.
Le prieuré, par la suite, changera de patron et c'est Sainte Valérie qui prendra la relève. Les moines et leur prieur (jusqu'à la Révolution Française) reçoivent des offrandes et collectent des impôts auprès des paysans. Ils en isolent une petite partie, sous la forme de 200 boisseaux de blés, qu'ils donnent aux pauvres de Malavallis.
Une église a été commencée dans le bourg de Malval au 12ème siècle. Sa nef n'a jamais été construite et, sur le côté nord, une abside mal (re)bâtie s'est écroulé vers la fin du 18ème siècle. Dans cette église, classée monument historique depuis 1912, vous pourrez admirer un coffre funéraire. Il y est inscrit qu'il contient le coeur d'un savant du nom de B. De Salignacq, mort le 16 mars 1557... Il n'y est plus, inutile de vérifier ! A droite de ce coffre en pierre, vous constaterez qu'une colonne a été montée à l'envers. Etonnant, non ?
Aux alentours de 1223, le château de Malam Vallem est construit sur l'emplacement de l'ancienne motte féodale. Malmené pendant les guerres, il sera reconstruit et renforcé au cours du 14ème siècle. Des fossés, tout autour du château, sont creusés à même la roche. Une tour de guet et de défense, haute de 4 étages, renforce le point faible. Deux herses complètent les 2 ponts-levis (entrée et sortie), lesquels permettent le passage (obligatoire) des voyageurs... moyennant péage !
1370 : Louis De Malval fait allégeance à Charles V et rallie ses terres au royaume de France. Le chevalier Du Guesclin peut donc y séjourner, avec son armée, avant d'aller prendre Limoges et combattre les anglais en Poitou, entraînant du coup Louis De Malval à ses côtés.
"Si se bouta és châteaux du signeur de Malval qui estoit tourné François "
A la mort du Maréchal de France Jean De Brosse (1433), Marguerite De Malval installe ses petits-enfants dans le château. Elle entend ainsi récupérer le bien familial en les soustrayant au tuteurât de Louis De Culant. Ce dernier devra faire le siège de la forteresse pour obtenir la restitution des enfants.
Photographie A. De Nussac, prise dans les années 1910 (Archives Départementales de la Creuse).
Une querelle d'héritage éclate entre les membres de la famille De Bertrand, propriétaires du château. Nous sommes en 1679. Il s'en suit des combats et une occupation du château par des soldats (qui y causent quelques dégâts). Le château est, une nouvelle fois, réparé.
Au 19ème siècle, Mr Leyraud, qui en est le propriétaire, ne s'y intéresse guère. Il en vend même les plus belles pierres aux habitants de Malval, avant de le délaisser complètement. C'est pourquoi, aujourd'hui, vous pouvez admirer de vieilles maisons du bourg dont les façades possèdent de splendides sculptures ornées de visages ou de blasons. Il est même très probable que, depuis l'abandon du château, certaines bâtisses aient été en grandes parties construites avec les pierres du château et du prieuré.
Aujourd'hui, en ce merveilleux 21ème siècle, Malval est devenue une des plus petites communes de France. Malgré les faibles moyens de la Communauté de communes, l'église est soigneusement maintenue dans son état actuel, les ruines du prieuré sont en plein chantier de stabilisation, et des pupitres pédagogiques informent les visiteurs. Et le château nous direz-vous ? Et bien... Comment dire ? Heu... les chèvres contiennent la végétation autour des ruines. Voilà !
Le site de Malval est occupé depuis l'antiquité par l'homme. Son sol et son sous-sol regorgent de précieux témoignages des différentes périodes de l'histoire de France. Pourtant, chaque jour qui passe, le château médiéval de Malval se dégrade un peu plus encore.
"Hey ! C'est le patrimoine historique de la Creuse qui fout le camp, m'sieur-dame ! Faudrait p't'ête bin réagir, non ?"
Ci-dessus, une des urnes funéraires gallo-romaine de l'antique bourg de Alpo.
Nous tenons à saluer l'enthousiasme communicatif de Jean-Philippe Benoist, érudit habitant de Malval. Nous le remercions de nous avoir éclairé sur la si riche histoire de ce site où, nous en sommes certains, tant de secrets restent à découvrir !
La petite Creuse vers le moulin, rénové il y a une soixantaine d'années par des jeunes venus du monde entier à l'appel de Charles Chareille (voir moulin de Piot).











































































































































































































































































































