Les druides et druidesses de la Société des Sciences de la Creuse
La Ssnahc n'est ni une boutique qui vend des livres et des disques, ni une gargote où l'on ingurgite des saucisses-frites, OK ? C'est la
Société des Sciences Naturelles, Archéologiques et Historiques de la Creuse
Née en 1832, cette vieille dame édite chaque année les Mémoires des travaux de ses adhérents. Les recherches sont présentées au cours de réunions bimensuelles, par les auteurs eux-mêmes, directement aux 650 membres. Ces présentations étant ouvertes au public, nous (MARCHOUCREUSE) nous sommes permis de nous y inviter...
Nous pensions nous rendre à une réunion d'érudits à longues barbes (des professeurs Tournesol et autres druides Panoramix) mais, lorsque nous pénétrons dans l'amphi de la Bibliothèque Multimédia, à Guéret, nous découvrons un public où se mêlent jeunes et moins jeunes, femmes et hommes. Les différents intervenants et la grande diversité des sujets abordés par la suite détruiront définitivement le cliché poussiéreux que nous nous étions fait de la Société des Sciences de la Creuse.
Une très jeune archéologue, tout d'abord, nous fait le compte-rendu des travaux de fouilles effectués en 2010 sur le chantier de Pisseratte (à Guéret). Cet endroit a été, entre le 7ème et le 9ème siècle, un vaste centre artisanal de fabrication de céramiques, ustensiles de cuisine ou agricole, cruches ou jattes. Ensuite, un barbu sérieux nous parle d'un moule de hache, également trouvé à Guéret et datant de la même époque. D'importantes mines de cuivre ont fait de la Creuse, en ce temps là, un haut lieu de la fonderie des outils en bronze.
Histoire de changer de sujet, une savante dame nous dévoile qu'un registre de catholicité des habitants de Corse a été retrouvé à... Dun-le-Palestel. Ecrit en italien, il date de la période où la France a achetée cette île à l'Italie. La métropole, se méfiant des corses, y exerça une surveillance militaire jusqu'en 1792. Pourquoi ce "fichier" de catholiques corses se retrouve-il aujourd'hui en Creuse ? Nous le saurons (sans doute) prochainement !
Le sujet suivant nous est présenté par un timide jeune homme. Il poursuit fièvreusement ses recherches sur la dernière maison close de Guéret. Nous apprenons que, avant sa fermeture en 1946, elle était dirigée par Mme Henri (?). A l'époque, on parlait de "pensionnat de demoiselles". L'expression "maison close" vient du fait que les volets étaient fermés en permanence.
Le président de la Société des Sciences nous expose ensuite les résultats de l'enquète qu'il a mené sur le roman policier "A longue échéance" (éditions Fleuve Noir). Il a découvert que l'auteur, José Michel, se nomme en réalité Lucienne Michel. Ainsi, donc, José Michel était une femme ! Mais, de plus, elle était creusoise ! Ce n'est pas tout : son fils, André Capousis, sous le pseudonyme de Caroff, a écrit plus de 200 romans au Fleuve Noir (dont la série "Madame Atomos") quand, dans le même temps, sa mère en produit une douzaine.
Voilà. Plutôt amusant, non ? C'est la Société des Sciences que nous avons découvert ce jour là ! A propos : vous pouvez franchir le pas et en devenir membre. La cotisation annuelle est de 27 €. Elle permet de recevoir le fascicule (ou le CD-Rom) des publications de l'année, de participer aux sorties et d'être tenu au courant de toutes les activités... Mais allez sur leur site : tout y est expliqué !
Quelques creusois de renom sont aussi passé par là... Henri Auguste Delannoy (1833-1915) est un polytechnicien, passionné par les calculs de probabilité et les carrés magiques (sorte d'ancètres du Sudoku) qui existent depuis 2600 ans en Chine. En 1896, devenu président de la Société des Sciences, il se consacre à fond à l'histoire de la Creuse. Citons aussi, pour finir, Louis Lacrocq (1868-1940) qui publia une quantité phénoménale d'articles dans les Mémoires de la Société des Sciences de la Creuse dont, notamment, une description très bien documentée de la vie à travers les siècles dans la commune de La Celle Dunoise.
L'avant avant avant avant dernière séance du cinéma d'Aigurande
Whaou ! Ce soir, séance cinéma dans la minuscule ville d'Aigurande ! Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, Aigurande possède toujours UNE VRAIE salle de cinéma (cette phrase surprendra sûrement ceux de nos lecteurs qui habitent dans de gigantesques mégapoles et n'ont que l'embarras du choix quand ils veulent se "payer une toile") ! Pour l'heure, c'est une séance spéciale qui nous attend : projection du film "Tous au Larzac" (de Christian Rouaud) suivi d'une rencontre-débat et, ensuite, d'un verre de l'amitié et buffet (avec les quiches, cakes et autres tartes que l'on nous a invité à apporter).
Auparavant, quelques mots sur l'histoire du Cinéma Moderne d'Aigurande... Il a été construit en 1950. Plusieurs fois renové, plusieurs fois fermé, il est aujourd'hui toujours héroïquement en activité ! Dans le hall trône l'ancien projecteur des débuts. La cabine en bois où sont vendus les billets est, elle, toujours en service. Le Cinéma Moderne poursuit aujourd'hui sa chaotique carrière grâce à la volonté farouche de bénévoles et du professionnel indépendant qui a repris l'exploitation de ce cinéma municipal de 350 places.
Ah, le film démarre ! Nous sommes en 1971. L'armée veut expulser les agriculteurs du plateau du Larzac pour en faire un camp. Les agriculteurs refusent et découvrent la solidarité. La bataille se déroule sur le terrain juridique et foncier mais le collectif paysan tient bon. Année après année, les combats pacifiques, les manifestations de tracteurs, les rassemblements monstres de sympathisants et les envahissement de Mairies à l'aide de moutons se succèdent. Hélas, les militaires prennent peu à peu l'avantage...
Arrive alors le mois de mai 1981 : François Mitterand est élu président de la République Française... Comme il l'a promis, il annule l'extension du camp militaire ! Après 10 ans de luttes, c'est la victoire ! Celles des agriculteurs nés sur le plateau et "catholiques qui votaient à droite", celle des maoistes, celle des bergers, celle des objecteurs de conscience, celle enfin de toutes celles et de tous ceux qui, par centaines de milliers, se sont mobilisés dans toute la France pour le Larzac.
La lumière se rallume dans la salle. Ni José Bové, ni François Hollande ne sont arrivés : le débat commence donc sans attendre. Un agriculteur affirme que son actualité est la lutte contre la disparition des terres agricoles. Le micro circule... Un autre intervenant regrette le manque de solidarité de nos contemporains. Le micro circule encore... Lui est un ancien maoiste qui a été manifester contre la suppression de la retraite à 60 ans. Un autre affirme (trop) fièrement qu'il est faucheur d'OGM. Une femme parle de l'espoir que fait naître en elle le mouvement mondial des indignés...
L'animateur propose ensuite que nous buvions le verre de l'amitié. Ah ! Enfin ! Il est tard, il fait faim ! Nous dégustons les quiches, les cakes et les gâteaux que nous avons apporté et mis en commun. Le cidre, le jus de raisin, la bière et le vin arrosent les discussions qui s'instaurent. Des parents nous racontent l'angoisse qui les tenaille : leurs enfants sont partis loin, à l'aventure, à la découverte du vaste monde... Si ça se trouve, ils n'ont jamais mis les pieds au Larzac ?
Moralité : longue vie au cinéma rural ! Quiche et pinard, même combat !
Ciném'A.J. tel : 02 54 06 47 63 mail : cinemaj@wanadoo.fr
Consommer biologique et local ? Un bel exemple...
Notre première rencontre avec Georges Devaux a lieu sur un marché biologique à Saint-Léger-Bridereix, entre La Souterraine et Dun-le-Palestel. Là, cet homme souriant et d'apparence tranquille nous explique qu'il est agriculteur et qu'il vend de la viande bovine d'élevage traditionnel directement aux consommateurs. Les animaux paissent dans des prairies "conduites en culture biologique depuis 1984" et toute la nourriture animale est produite à la ferme. Nous décidons de faire un essai...
Le jour venu, nous nous rendons à la Ferme des Rateries. Nous y parvenons après avoir trouvé l'école maternelle de Dun-le-Palestel et la discrète route qui descend ensuite jusque là. Des voitures s'y succèdent en un ballet incessant de clients. Mr Devaux nous donne notre assortiment de 5 kilos. Nous le réglons et partons. Dés notre retour, nous mettons à cuire de beaux et appétissants steaks. Quelques minutes plus tard, c'est l'heure fatidique de les goûter... Et là ! Mais alors là, les amis ! Une tendreté ! Un fumet ! Une rondeur en bouche ! Comment vous dire ? Essayez d'imaginer la saveur que vous connaissiez il y a si longtemps ! Oui, celle-là ! Exactement !
Cependant, une question vous brûle les lèvres (nous le sentons bien) : "Et le prix ?" Et bien, monsieur Devaux vend ses caissettes de (plus ou moins) 5 kg au prix unique de 11 € le kilo. Et, en général, ce que nous avons acheté se composait de : 25% de saucisses de boeuf ou pot au feu (selon la saison), 20% de bourguignon, 25% de roast-beef, 20% d'un assortiment de steaks, 10% de faux-filets et pièce à fondue. Qu'est-ce que vous en pensez ? Nous, pour de la viande limousine de cette qualité, nous trouvons cela plus qu'honnête !
Et beaucoup d'autres que nous pensent de même... Certains sont fidèles à la Ferme des Rateries depuis de nombreuses années maintenant. Des clients de Guéret se sont même organisés en groupe et viennent à tour de rôle, n'utilisant qu'une seule voiture à chaque livraison. Georges Devaux a également des clients, possesseurs de résidences secondaires en Creuse, qui emportent régulièrement leur viande à... Paris ! Quel succès !
La ferme Qualité France de monsieur Devaux, modeste exploitation de 52 hectares, est à cheval entre Saint-Sulpice-le-Dunois et Dun-le-Palestel. Ce battant de 58 ans affirme être un farouche défenseur de la qualité (avant la quantité). Il affirme avoir atteint l'autosuffisance alimentaire pour ses bêtes, lesquelles sont exclusivement nourries à l'herbe biologique, au foin biologique, et avec des compléments végétaux qu'il produit lui-même (épeautre, millet, sorgho, luzerne...).
Ces ventes à la ferme se déroulent 1 à 2 fois par mois mais UNIQUEMENT sur réservation. La bête est abattue (à la Châtre) une dizaine de jours avant. La viande est préparée par un boucher, avant de "mûrir" ensuite en chambre froide. La soixantaine de caissettes que fournit cet abattage est attribué au fur et à mesure des réservations. Nous vous conseillons donc, petits insouciants, de ne pas vous y prendre au dernier moment (les dates de livraisons figurent sur le site de la ferme où vous pouvez également réserver).
Tel : 05 55 89 08 65 ou 06 50 73 87 89
Carmantran, une fête pour petits et grands !
Depuis longtemps, pour Carnaval (Carmentran), les enfants se déguisent. Jadis, ils se glissaient dans des vêtements empruntés aux parents, vieilles robes ou pantalons largement trop grands, et se masquaient entièrement le visage derrière un voile, afin de ne pas être reconnus. Parfois, ils s'enduisaient également le visage de suie ou (pour les plus raffinés) se le badigeonnaient de miel et de plumes... si, si !
Ainsi accoutrés et méconnaissables, les Mascaras partaient en groupes pour aller de porte en porte et hurlaient des moqueries, jusqu'à ce que l'habitant du lieu dépose des cadeaux dans leurs paniers : des sous, des pommes, des oeufs ou du lard... Ça ne vous rappelle pas vaguement quelque chose tout cela ?
Pendant ce temps, leurs mères mettaient au four quantité de pâtés de pommes de terre, de riz, de pâtes, de pommes ou de prunes (lou pastis) qu'elles avaient commencé à l'aube, ensemble, dans la salle commune. Elles continuaient ainsi à cuisiner jusqu'au soir, préparant légumes et fruits, faisant mijoter les viandes, ragoûts, rotis, saucisses et autres lapins farcis, sans oublier tous les desserts ! Vous vous demandez (certainement) à qui tout ces plats de fête étaient destinés ?
Et bien, le soir venu, de retour des champs, les hommes s'attablaient. Ils se goinfraient alors des bonnes choses préparées avec amour par ces dames. Aprés le bouillon gras, ils engouffraient en masse les cochonnailles, boudins et pieds de porc (trotilhs de gaghnou), les gigots d'agneau à l'ail et aux haricots, les poules ou les dindes au riz, ou encore (plus rarement) la viande de boeuf du boucher. Ils avalaient ensuite de larges rasades de piquettes, pour faire passer, avant d'attaquer les patisseries, clafoutis, flognardes, tartes aux fruits et beignets qu'ils arrosaient de gnole. Pour finir : café et goutte... Burp !
Ironiquement, cette fête était placé sous la protection de saint Goulart, saint Babinart et saint Soulard. La grande majorité des enfants, pour l'occasion, avaient le droit de prendre un canard (sucre + goutte), voire plusieurs, hips ! Les adultes, encore en état de le faire, se mettaient à chanter. La nuit enfin tombée, ceux qui pouvaient marcher allaient brûler le pauvre monsieur Carnaval (paulvre Carnavau), représenté sous la forme d'un gigantesque mannequin en paille.
Et les femmes dans tout cela ? Rassurez-vous : jeunes ou moins jeunes, elles mangeaient aussi, buvaient, dansaient et riaient comme leurs hommes... Nous pouvons même dire qu'elles n'étaient pas en reste !
Voilà, c'est ainsi que Carmentran était célébré autrefois.
Quant à aujourd'hui...
L'air de la Norvège souffle sur Toulx-Sainte-Croix
Comme vous êtes grands amateurs d'étrangetés et de bizarreries, nous vous emmenons à Toulx-Sainte-Croix. Cette joyeuse commune, ancien sanctuaire gallo-romain, se situe à 655m. d'altitude, entre Gouzon et Boussac.
(Quittez la plaine et la D 997 pour montez par la D14 qui vous y conduira tranquillement).
Vous y êtes ? Bien. Voilà, c'est parti...
Vous garez votre Destructor 15 (pour les connaisseurs : 895 chevaux et 15 cylindres en V) sur le parking, en contrebas de l'église. Pour plusieurs raisons, elle est unique au monde (l'église) ! Sa construction, antérieure aux croisades, est datée du 11ème siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens monuments de Creuse. Le clocher est séparé du reste de l'église par un espace vide de 10 bons mètres : c'était là que se trouvait la nef... qui s'est écroulée au 16ème siècle (et n'a donc pas été reconstruite).
A l'intérieur du clocher, sorte de gros pâté surmonté d'un petit chapeau en bois, sont entreposés des sarcophages mérovingiens en pierre. Dans l'autre partie, là où la croisée du transept est restée debout, vous demeurerez muets d'admiration devant la polychromie des colonnes et l'architecture très largement inspirée par l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Entre les 2 "morceaux" d'église, trônent 3 lions sculptés. Protecteurs symboliques des vivants et des morts ou... héritages de l'occupation anglaise ? Le mystère demeure !
Dans le bourg de Toulx-Sainte-Croix, il faut aussi voir "la tour". Cette tour d'observation, en pierre de taille, est unique ! Un chemin d'une centaine de mètres, et parfaitement plat, vous y conduit. Même si vous ne grimpez pas en haut, le panorama reste exceptionnel ! Si la météo vous est favorable, vous y verrez la plaine du Berry, Bourges, le puy des Trois-Cornes et le puy de Dôme.
En théorie, sachant que plein nord, il n'y a aucun sommet qui vous en sépare, vous devriez aussi voir la Norvège... En tout cas, vous avez plus de chance d'en avoir le vent glacial ! Mais ce vent saura aussi vous charmer : en soufflant dans les tubes creux de la rambarde, au pied de la tour, il vous chantera une mélopée étrange ! Ceci est absolument véridique : nous l'avons entendue à chacune de nos visites !
Cette tour a été érigée entre 1932 et 1947 sous l'impulsion de 2 hommes : l'abbé Aguillaume, ancien curé de Toulx-Sainte-Croix, et le docteur Maurice Gaumet, ancien conseiller général de Boussac, ancien sénateur radical et franc-maçon de la Creuse... La cohabitation avant l'heure donc ! Récemment réhabilitée (la tour), elle a fait peau neuve grâce à la commune de Toulx, au Conseil Général de la Creuse, à la région Limousin, à l'Union Européenne et aux sous prêtés par le Crédit Agricole.
Sachez encore que cette tour, point géodésique de l'Institut Géographique National, a pour voisine une station sismique qui fait partie du réseau national d'alerte. En retournant dans le bourg, ne manquez pas d'admirer le bâtiment de la Poste qui date de 1912 et fait, lui aussi, partie de notre patrimoine. Ensuite, si vous avez un peu de temps à perdre, faites un saut aux toutes proches Roches Jaumâtres (elles auront toujours au moins le mérite d'être plus prés que la lointaine mais surprenante Rigole du Diable). Voilà, c'est tout pour Toulx !
"C'est tout pour Toulx... Non ! Ils ont osé le faire !"
Malval : 1 prieuré, 1 église et au moins 4 châteaux !
Imaginez : nous sommes en 799, vous vous trouvez dans une carriole et vous allez dans le Berry. Vous êtes arrêté par la Petite Creuse. Un gué vous permet de passer (quand les eaux et le courant le permettent)... Courageusement, vous traversez. Sur la rive nord, un chemin monte vers un éperon rocheux. Il est couvert de fortifications, faites de grossiers blocs de pierre. Cette barrière défensive protège l'accés au bourg de Alpo. Entre les fortifications et Alpo, un vallon abrupte porte le surnom que lui ont donné des voyageurs : Malla Vallis.
(Rappel : un clic sur une photo permet de l'aggrandir)
Quelques siècles se sont écoulés. En l'an de grâce 1038, Alpo se nomme désormais Malavallis. Le 13 février, Albert De Chambon, seigneur en son château de Malavallis, décide de la fondation d'un prieuré. Il sera construit dans le bourg, sera de forme rectangulaire et renforcé par 2 tours. Il sera placé sous le patronage de Saint Pierre-ès-Liens.
Le prieuré, par la suite, changera de patron et c'est Sainte Valérie qui prendra la relève. Les moines et leur prieur (jusqu'à la Révolution Française) reçoivent des offrandes et collectent des impôts auprès des paysans. Ils en isolent une petite partie, sous la forme de 200 boisseaux de blés, qu'ils donnent aux pauvres de Malavallis.
Une église a été commencée dans le bourg de Malval au 12ème siècle. Sa nef n'a jamais été construite et, sur le côté nord, une abside mal (re)bâtie s'est écroulé vers la fin du 18ème siècle. Dans cette église, classée monument historique depuis 1912, vous pourrez admirer un coffre funéraire. Il y est inscrit qu'il contient le coeur d'un savant du nom de B. De Salignacq, mort le 16 mars 1557... Il n'y est plus, inutile de vérifier ! A droite de ce coffre en pierre, vous constaterez qu'une colonne a été montée à l'envers. Etonnant, non ?
Aux alentours de 1223, le château de Malam Vallem est construit sur l'emplacement de l'ancienne motte féodale. Malmené pendant les guerres, il sera reconstruit et renforcé au cours du 14ème siècle. Des fossés, tout autour du château, sont creusés à même la roche. Une tour de guet et de défense, haute de 4 étages, renforce le point faible. Deux herses complètent les 2 ponts-levis (entrée et sortie), lesquels permettent le passage (obligatoire) des voyageurs... moyennant péage !
1370 : Louis De Malval fait allégeance à Charles V et rallie ses terres au royaume de France. Le chevalier Du Guesclin peut donc y séjourner, avec son armée, avant d'aller prendre Limoges et combattre les anglais en Poitou, entraînant du coup Louis De Malval à ses côtés.
"Si se bouta és châteaux du signeur de Malval qui estoit tourné François "
A la mort du Maréchal de France Jean De Brosse (1433), Marguerite De Malval installe ses petits-enfants dans le château. Elle entend ainsi récupérer le bien familial en les soustrayant au tuteurât de Louis De Culant. Ce dernier devra faire le siège de la forteresse pour obtenir la restitution des enfants.
Photographie A. De Nussac, prise dans les années 1910 (Archives Départementales de la Creuse).
Une querelle d'héritage éclate entre les membres de la famille De Bertrand, propriétaires du château. Nous sommes en 1679. Il s'en suit des combats et une occupation du château par des soldats (qui y causent quelques dégâts). Le château est, une nouvelle fois, réparé.
Au 19ème siècle, Mr Leyraud, qui en est le propriétaire, ne s'y intéresse guère. Il en vend même les plus belles pierres aux habitants de Malval, avant de le délaisser complètement. C'est pourquoi, aujourd'hui, vous pouvez admirer de vieilles maisons du bourg dont les façades possèdent de splendides sculptures ornées de visages ou de blasons. Il est même très probable que, depuis l'abandon du château, certaines bâtisses aient été en grandes parties construites avec les pierres du château et du prieuré.
Aujourd'hui, en ce merveilleux 21ème siècle, Malval est devenue une des plus petites communes de France. Malgré les faibles moyens de la Communauté de communes, l'église est soigneusement maintenue dans son état actuel, les ruines du prieuré sont en plein chantier de stabilisation, et des pupitres pédagogiques informent les visiteurs. Et le château nous direz-vous ? Et bien... Comment dire ? Heu... les chèvres contiennent la végétation autour des ruines. Voilà !
Le site de Malval est occupé depuis l'antiquité par l'homme. Son sol et son sous-sol regorgent de précieux témoignages des différentes périodes de l'histoire de France. Pourtant, chaque jour qui passe, le château médiéval de Malval se dégrade un peu plus encore.
"Hey ! C'est le patrimoine historique de la Creuse qui fout le camp, m'sieur-dame ! Faudrait p't'ête bin réagir, non ?"
Ci-dessus, une des urnes funéraires gallo-romaine de l'antique bourg de Alpo.
Nous tenons à saluer l'enthousiasme communicatif de Jean-Philippe Benoist, érudit habitant de Malval. Nous le remercions de nous avoir éclairé sur la si riche histoire de ce site où, nous en sommes certains, tant de secrets restent à découvrir !
La petite Creuse vers le moulin, rénové il y a une soixantaine d'années par des jeunes venus du monde entier à l'appel de Charles Chareille (voir moulin de Piot).
Une aventure qui commence dans la gare SNCF de La Souterraine
C'est l'histoire d'une jeune femme qui se rend à un entretien d'embauche. Elle s'endort dans le train et, évidemment, manque son arrêt. Dés que le train s'arrête, elle descend en catastrophe du wagon . Elle est en gare de
La Souterraine.
C'est là que tout dérape ! Et c'est là aussi que sa vie va changer !
Regardez donc...
"Limousin, un rêve, une réalité"
Ce court métrage de 8 minutes, "Limousin, un rêve, une réalité", a été réalisé par un "petit jeune" qui deviendra vite GRAND, parole de MARCHOUCREUSE 23 !
Il se nomme Carlos Chapman. Vous vous en souviendrez ?
Les Creusois possèdent des super pouvoirs !
Vous vous êtes toujours imaginé que vous meniez une petite vie tranquille, comme n'importe quel humain de base ? Vous pensiez que vous n'étiez qu'un être ordinaire, une femme ou un homme ne possédant aucun don surnaturel ? Et bien, vous vous trompiez lourdement ! En tant qu'habitant(e) de la Creuse, vous possédez de MEGA GEANTS HYPER DEMENTIELS POUVOIRS ! A côté de vous, Super Woman et Batman, c'est du pipi de chat !
Présentoir de vieilles cartes postales d'URSS
Vous vous dites : "Fichtre diantre ! Je ne m'étais pas rendu(e) compte que je possédais de MEGA GEANTS HYPER DEMENTIELS POUVOIRS !" Ne craignez rien : MARCHOUCREUSE 23, dans son incommensurable bonté, va vous les révéler...
Vos premiers super pouvoirs, vous pouvez les exercer en vous rendant dans un des 4 vestiaires-brocantes du Secours Populaire de la Fédération de la Creuse. Là, parmi des milliers d'objets d'occasion à des prix ridiculement bas, vous découvrez soudain que vous possédez un super pouvoir d'achat ! Vous pouvez aussi y apporter les objets, vêtements, vaisselles, livres, etc... (en bon état) dont vous vouliez vous débarrasser. Ainsi, au lieu de les jeter, en les donnant au Secours Populaire, vous acquérez l'hyper pouvoir de faire une bonne action et le super pouvoir de donner une deuxième vie aux objets que vous donnez.
Le principe est simple et vous le connaissez : le Secours Populaire vend les objets reçus et, avec l'argent récolté par ses bénévoles, peut aider ceux de nos concitoyens (de plus en plus nombreux) que les difficultés ou la dureté de l'impitoyable système actuel mettent dans le besoin... En pensant à eux, au moment de régler vos emplettes, vous serez surement tenté d'arrondir la somme au cran supérieur. Et là, vous décrocherez le méga pouvoir de faire une bonne action. (Les bénévoles sont aussi les bienvenus !)
17 rue de Maindigour 23000 GUERET tel 05 55 51 08 26
39 rue Vieille 23200 AUBUSSON mardi de 14h à 16h
Rue Jules Ferry 23300 LA SOUTERRAINE tel 05 55 63 96 68
Route de Clermont 23700 AUZANCES mardi de 10h à 12h
(Libre-services alimentaires à Guéret, La Souterraine et Auzances).
Nous parlions de donner une deuxième vie aux objets... Et bien, il se trouve que c'est la spécialité de l'Association Recyclabulle, à Guéret ! Cette ressourcerie trie et répare les objets mis en déchetterie et les sauve de l'enfouissement. Ensuite, elle nous les vend et, avec l'argent ainsi récolté, peut payer un salaire à 3 employés. Donc, en achetant à Recyclabulle, vous avez l'ultra pouvoir de sortir 3 creusois du chômage !
En réemployant ces objets réparés, sans le savoir vraiment, vous vous doter d'encore tout un paquet de giga pouvoirs : vous réduisez les déchets à la source, préservez les ressources de la planète, réduisez la pollution, créez du lien social, aidez au développement durable, et... le souffle nous manque pour tout citer.
Outre les 3 salariés, plusieurs bénévoles tiennent la boutique Recyclabulle de Guéret, dans la Zone Industrielle Cher du Prat (entre le stade, le fenestrier Tomas et le concessionnaire Fiat). Elle est ouverte le mercredi, le vendredi et le samedi, de 12h à 18h. Leur téléphone est le 05 55 41 49 83. Nous devons cette ressourcerie à une belle action du SIERS. Mais si, mais si !
Dans la boutique, les objets vendus sont pesés. Ainsi, vous pouvez acquérir à peu de frais le méga pouvoir de réduire le poids des déchets. Lors de notre passage, par exemple, il a été vendu 748 kg d'objets de toutes sortes en 4 jours : toujours ça de moins à enfouir !
Le coup de gueule de MARCHOUCREUSE 23 : "Et si les industriels aussi se décidaient à faire un MEGA GEANT HYPER DEMENTIEL effort en amont ? Parce que lorsqu'il s'agit de faire des produits... non durables, ils en connaissent un rayon, non ?"
La pomme en Creuse : un antique drame d'amour !
Avant d'être envahis par les romains, les membres de la tribu des Lémovices, comme tous les autres gaulois, n'ont jamais vu de pommiers ! Non, jamais ! Car ce sont les romains qui introduisent en Gaule le raisin (et le vin), la châtaigne et la pomme (entre autres) ! Ils rapportent les pommiers, alors inconnus en Europe, d'Iran ou de Turquie. Ils en répandent alors la culture dans tout l'empire romain, y compris en Creuse où ils s'adaptent très bien.
Les siècles passent et, au moyen-âge, des pommiers sauvages greffés se retrouvent dans les jardins des monastères et dans ceux des châteaux. Les paysans, quant à eux, les plantent dans les haies (pour ne pas perdre de place) ou tout prés de la maison (dans le Couder). Ainsi, de nos jours, nous voyons toujours des poiriers et des pommiers enrichir les haies des campagnes creusoises... L'habitude moyenâgeuse aura perduré !
Autour du 19ème siècle, le paysan se heurte, face aux mauvais état des chemins et des (rares) routes, à des difficultés insurmontables pour exporter ses pommes. Il se résigne et en fait du cidre. L'avantage du cidre est qu'il se conserve sans peine jusqu'à la fin de l'hiver, contrairement aux "pommes de table" (sauf la remarquable "Sainte Germaine", ou "Lestre", qui se garde jusqu'au mois d'avril/mai)... A l'époque, le Limousin est encore riche d'une cinquantaine de variétés de pommes. Elles ont pratiquement toutes disparues de nos jours.
Jusqu'à la première guerre mondiale, les habitants des campagnes se contentent de stocker les pommes, avec les châtaignes et les noix, au grenier. Parfois à la cave, avec les pommes de terre, pour la consommation familiale. Puis, le chemin de fer se développe et permet de vendre la "Lestre", la "Reinette Grise", la "Blandurette", la "Vigneronne", la "Court Pendu" et la "Belle fille de la Creuse" aux 4 coins de France. Dans les wagons, les pommes voyagent en vrac, protégées par de la paille...
Et soudain... tout s'écroule ! Dans le sillage des GI's américains, une "Pin Up" débarque en France : la "Golden" ! Elle arrive en Limousin dans les années 1950. Sa fine robe jaune, ses rondeurs appétissantes et sa chair dénué d'acidité séduisent les français. Les pommiculteurs du Limousin, eux aussi, tombent amoureux de la belle américaine. Ils délaissent les vieilles variétés locales et offrent leurs terres à la jeunette, à l'étrangère ! Mais la "Golden" s'avère de santé fragile : ils doivent la gaver d'engrais et de pesticides pour qu'elle reste désirable...
Pauvre consommateur !
A propos de pommes... "Adam avait-il un nombril ?" (Jacques Dutronc)
Association Les Croqueurs de Pommes du Limousin
Une recette d'Estouffade rurale :
Mettez, s'il vous plaît, 400 g. de lardons dans un wok, à feu doux, pendant quelques 2 minutes. Vous y ajoutez 4 pommes de terre (préalablement cuite à l'eau) découpées en cubes. Vous remontez légèrement le feu de cuisson. Remuez pour graisser les pommes de terre et laissez rissoler 5 minutes. Ajoutez y 4 belles échalotes coupées en deux et 4 pommes que vous découpez en quartier. Remuez et laissez cuire 2 minutes encore. Vous ajoutez à tout cela 24 châtaignes (blanchies à l'autocuiseur) et laissez cuire pour 2 minutes supplémentaires. Salez et poivrez avec parcimonie puis éteignez la cuisson. Vous versez le tout dans votre cocotte préférée, mouillez le fond avec du jus de pommes et couvrez. Ensuite, vous mettez à cuire à feu doux pendant 36 minutes.
Cette Estouffade, bien que copieuse, a longtemps constitué, en tout et pour tout, le repas automnale des paysans creusois... Pas celui des Lémovices qui n'avaient pas de pommes de terre, pas de pommes ni de châtaignes... On vient de vous le dire !
Amie lectrice, ami lecteur, si vous n'avez pas épluché les pommes de terre, les oignons, les pommes et les châtaignes parce que nous ne l'avons pas écrit, vous risquez d'être plutôt déçus par cette recette.
(Il y a quelques temps, des fossiles de pommiers sauvages ont été trouvés dans la région frontalière entre le Kazakhstan et la Chine. Les datations effectués sur ces fossiles ont permis de définir qu'ils étaient âgés de 65 millions d'années. Les pommiers existaient donc déjà à l'époque des dinosaures !).
L'inauguration d'un square des Justes... pour que les enfants se souviennent.
En ce matin de Novembre, une inhabituelle effervescence agite le modeste bourg creusois de La Celle Dunoise. De sombres limousines, ornées de cocardes aux couleurs de la République Française, déversent leur lot de personnages officiels. Ils viennent grossir la foule déjà présente sur ce carré d'environ 10 mètres par 10, sorte de balcon surplombant une Creuse somptueusement rehaussée par les couleurs de l'automne. Certains Maires, ceints de leur écharpe, ont traversé tout le département pour être présent.
De Guéret, sont venus des élus du Conseil Général et le préfet de la Creuse en personne. De Paris, se sont des représentants de l'état d'Israël et du Comité Français de l'association juive Yad Vashem qui ont fait le déplacement. Tous sont venus ici, à La Celle Dunoise, pour l'inauguration d'une stèle à la mémoire de cette cinquantaine de creusois qui, au cours des sombres années 1940 et au péril de leur vie, ont caché et donc sauvé 2800 enfants, femmes et hommes, tous juifs et, sinon,... promis aux fours crématoires des nazis.
Le badge
On m'a donné un badge quand j'étais enfant. On m'a donné un badge, ce que j'étais content !
Il était beau ce badge, jaune et bordé de noir. Il était beau ce badge, comme un astre vraiment.
La forme d'une étoile, à six branches de surcroît. La forme d'une étoile, un mot écrit dedans.
On avait marqué JUIF au centre lisiblement. On avait marqué JUIF sur mon coeur de sept ans.
C'est un drôle de cadeau qu'on m'avait offert là. C'est un drôle de cadeau, un passeport étranger.
J'ai failli aller loin là où d'autres sont allés. J'ai failli aller loin, et partir en fumée.
(...) Albert Pesses
Les paroles de "Nuit et brouillard", la chanson de Jean Ferrat, imprègnent doucement le tout nouveau Square des Justes. Puis, le Maire de La Celle Dunoise, le représentant d'Israël, celui de Yad Vashem, celui du Conseil Général et, pour finir, le préfet de la Creuse, lisent leurs discours. Ils rappellent combien peu nombreux furent les français, résistants ou non, qui ont eu le courage de sauver des juifs dans la France collaboratrice de Pétain et Laval.
Il rappellent aussi qu'il fallut attendre 1995 pour que la République Française (par la voix de son président Jacques Chirac) accepte de faire son "Mea Culpa" en présentant ses excuses pour la part de responsabilité de la France dans le génocide des 6 millions de juifs de la Shoah. Ils rappellent encore combien la nature républicaine, radicale, tolérante et solidaire des creusois a fait de la Creuse une terre favorable à l'éclosion de "Justes parmi les Nations". Ils rappellent... pour que l'on se souvienne.
Ensuite, les enfants des Ecoles de Saint-Sulpice-le-Dunois et La Celle Dunoise se succèdent et récitent 2 poèmes : l'un de Serge Rosenberg, et l'autre d'Albert Pesses. Tous les adultes, tous les élus, tous les officiels, écoutent en silence les petites voix qui prononcent les vers de "Les Justes" et de "Le badge"... pour que l'on se souvienne... et pour qu'eux, les adultes de demain, n'oublient pas, n'oublient rien !
Pour clore cette cérémonie, les nuages de ce ciel de novembre ont pleuré quelques larmes. Oh, pas beaucoup ! Juste assez pour signer le livre d'or de cette inauguration de leurs trois ou quatre fines gouttelettes... pour que l'on se souvienne.
Et, comme en Gaule tout finit par un banquet, nous sommes allés ensemble à la Salle des Loisirs de La Celle Dunoise pour partager un (copieux) apéritif dinatoire !
L'antre discret de l'herboriste de Nouziers
A l'extrême nord de la Creuse se trouve la modeste commune de Nouziers. Les indications de Yann Zimmermann sont très précises et nous trouvons facilement la petite maison aux volets blancs. La porte s'ouvre et un chien nous bondit dessus. "Il est gentil, ne vous inquiétez-pas ! C'est sa façon de dire bonjour !" Nous visitons ensuite le jardin où poussent les plantes médicinales que Yann récolte, sèche et ensache pour les vendre sous sa marque "Les Herbes Folles". Un chat gentil, lui aussi, nous bondit dessus pour nous dire bonjour.
Yann est un des 80 producteurs-cueilleurs de plantes médicinales, aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales du syndicat des S.I.M.P.L.E.S. (créé en 1982). Installés en montagne ou en zones préservées de la pollution, les "simples" suivent des règles strictes de production. De plus, ils aident au maintien des agriculteurs qui produisent bio et commercialisent des plantes médicinales de qualité. Ils forment également des stagiaires, lesquels se perfectionnent chez les producteurs adhérents.
En entrant dans le séchoir, Yann, l'herboriste de Nouziers nous confie que la stagiaire qu'il a accueilli cet été lui a donné un salutaire coup de main (et permis de pouvoir parler à quelqu'un) ! Des fruits de Physalis sont en cours de déshydratation. Il nous fait goûter ce qui est un surprenant et délicieux bonbon... sans sucre ! Il a construit ce séchoir lui-même. Il est modeste mais efficace. En bois de sapin Douglas du sud de la Creuse !
Si les herboristes existent depuis la préhistoire, c'est Charlemagne qui, à la fin du 8ème siècle, leur donne un statut officiel en ordonnant aux moines-gouverneurs de ses domaines de cultiver une centaine de plantes, arbres, arbustes et herbes, dans 3 jardins distincts (dont l'herbalarius ou jardin des... simples). Sur cette liste (nommé le Capitulaire De Villis) figurent les célèbres Doliques, Seilles, Ammis, Chervis, Nasitorts, Macerons, Aches, Livèches, Sabines, Dictames, Tanaisies, Cataires, Asarets, Arrioches, Epurges, Joubarbes et autres Sclarées, si, si !
Le "moine" Zimmermann nous propose une tisane. Nous acquiesçons de bon coeur. Le poële chauffe bien, il fait bon. Il revient avec une théière dans laquelle infuse de la Monarde, une plante aux propriétés calmantes et digestives. Il marche nu-pieds sur le pavé de la pièce douillette. Sur la table, il pose un pot de miel en guise de sucre : le miel de ses abeilles ! Dans l'angle opposé, un drapeau du Tibet est accroché au mur. Au dessus de nos têtes, gravée dans le bois de la poutre, une phrase de Gandhi :
"Vivons simplement afin que d'autres, simplement, puissent vivre".
Nous sirotons notre succulent et goûteux thé rouge, alias tisane de Monarde, en refaisant le monde... oui, celui qui se défait en ce moment, sous nos yeux cathodiques, celui là, oui... Nous papotons tant et si bien que nous n'avons pas vu que la nuit était tombé sur le jardin des simples de Nouziers. Il est temps de prendre congé. Nous passons devant la combinaison d'apiculteur de Yann, négligemment jeté sur un canapé. Dehors, il pleut... Enfin !
Amis berrichons ou creusois, demain, s'il vous plaît, quand votre chemin croisera celui des plantes médicinales "Les Herbes Folles", gardez un peu en mémoire combien elles sont chargées des savoirs traditionnels et ancestraux transmis par les moyenâgeux herboristes de l'Europe de Charlemagne !
YANN NOUS RECOMMANDE LE SITE :
POUR LE CONTACTER : YANN ZIMMERMANN
Les Mazeaux 23350 NOUZIERS
téléphone 05 55 62 46 15
lesherbesfolles.23@gmail.com
Eguzon fête calmement la châtaigne
Aujourd'hui, nous voguons pour Eguzon et sa "Fête de la châtaigne". Une étonnante chaleur fait vibrer le bleu ciel de ces derniers jours d'octobre. Les feuillages ont enfin fait crépiter les couleurs du feu. Les ors tintent, les fauves rugissent, les roux pètent et les oranges pelurent...
(MARCHOUCREUSE 23, c'est de la poésie avec de vrais morceaux à l'intérieur !).
Les berrichons d'Eguzon ont soigné la présentation : pancartes en châtaignier au dessus des "échoppes", bérets couleur châtaigne pour les organisateurs, affichettes châtaigne, etc... Tout est châtaigne ! Les tentes blanches des artisans de la châtaigne entoure l'église tandis que, plus loin, celles du salon de la rando s'étalent dans le parc de la Mairie.
Ici et là, de gros poêles sont chargés de griller 1 tonne de châtaignes en 2 jours. Une rumeur insidieuse se répand : cette année, elles sont plutôt véreuses. "Rapport à la chaleur climatique". L'animateur de Radio France Berry monologue sur son grand podium où il parait bien seul. Les enfants s'émerveillent du travail du tourneur sur bois (de châtaignier). Une autre magicienne, la maquilleuse, trace des arabesques sur les joues des petites filles et fait des têtes d'Halloween aux garçons... Même pas peur !
Sous leurs bérets châtaignes, les dames du jury du prix de l'inventivité notent les exposants. Ailleurs se déroule un concours de gâteaux et confitures à la... châtaigne, ouuui ! Quinze tonnes de pommes ont été pressées sur place et ont fourni quelques 5000 litres de cidre bien sucré. De quoi (attention) prendre de la bouteille ! Les Fruits de la Sédelle discutent avec Marie, de Crozant. Ensemble, nous nous étonnons de récolter des framboises en cette saison.
La banda "La châ...telaine" ouvre le salon de la rando en fanfare ! Les notables, après leurs discours, vont pouvoir boire un vin d'honneur. Village Vacances Famille nous affirme que la crise frappe déjà durement le tourisme et, notamment, la clientèle populaire des VVF. L'animateur de Bénévent-l'Abbaye et de son scénovision 3D gesticule et capte l'attention de tout un public fasciné. Face à lui, une impressionnante brochette de 6 animatrices de la Haute-Vienne mijote à l'étouffé.
Une belle salle d'exposition accueille les oeuvres du juif allemand Jacques Riby (1920-1970), ses radeaux aux pierres claires et ses esquisses poétiques. La veille, la randonnée nocturne (qui a drainée plusieurs centaines de personnes) s'est achevée par l'embrasement (volontaire) d'un de ses radeaux, sur un étang proche d'Eguzon.
Il est 12h.05... L'église sonne midi. Une foule très patiente fait la queue devant les grilles de La Marmite à Paulot. A côté, la boulangerie fait office de fast-food (en français dans le texte) et ne désemplit pas. Les vieux remparts cernent la Mairie. Une belle, enlunettée de noir, prend position pour faire le plein de cette douce chaleur. Hummm...
Là-bas, un si gentil pépère peste et râle parce qu'il ne trouve pas de place pour garer sa voiture. C'est bête de s'énerver par une si belle journée ! Si ça se trouve, dans quelques jours, il pleuvra, il fera froid et, comme le dit Jo : "le lac aura pris feu !"
MARCHOUCREUSE 23 A BEAUCOUP AIME :
CREATIONS LA BUENA ONDA 23160 SAINT SEBASTIEN
CERAMIQUES ORTEGA 36200 ARGENTON SUR CREUSE
MUSEE DE LA VALLEE DE LA CREUSE, PARC DE LA MAIRIE 36270 EGUZON
Un limougeaud prédit scientifiquement des risques de famine en France
Emmanuel Bailly est diplomé de l'École Nationale Supérieure des Ingénieurs de Limoges. Il développe en 2005 une théorie choc qui devrait, à terme, ébranler les belles certitudes des français. En effet, son concept d'écorégion calcule l'indice de souveraineté alimentaire d'un territoire et, donc, "permet d'en évaluer l'état de dépendance" ! Quézako (râlez-vous) ? Et bien, nous allons tenter de vous l'expliquer, impatiente jeunesse...
Emmanuel Bailly a calculé la consommation annuelle de nourriture d'un habitant du Limousin : 100 kg de viande, 115 kg de légumes et 60 kg de pain. Il a ensuite comparé ces chiffres à ceux de la production des agriculteurs du Limousin : des bovins, rien que des bovins ! Les 7400 hectares de pommes de terre sont devenus 300, ainsi que les 1300 de légumes frais ! Le Limousin ne répond plus qu'à 8% à la demande alimentaire de ses habitants. Et il y a pire...
La Franche-Comté produit 1% de sa nourriture ! La Corse, qui accueille des millions de touristes l'été, moins de 1% ! La région parisienne, avec ses 12 millions d'habitants, s'autoalimente à seulement 1% (environ). Pour satisfaire le pouvoir économique, les politiques ont spécialisé chaque région et, par conséquence, les ont rendues dépendantes les unes des autres. "La souveraineté alimentaire, en France, est devenue inexistante" affirme Emmanuel Bailly.
Il ajoute ensuite cette inquiétante prédiction : "En cas de catastrophe climatique, sanitaire ou énergétique, nous sommes incapables d'approvisionner notre pays". Il préconise de restaurer au plus vite "l'agro-immunité" des régions avec des "périmètres de souveraineté alimentaire". E. Bailly pense que ceci est un des outils qui nous préservera de la famine probable le jour où, par exemple, le pétrole viendrait à manquer pour "X" raisons (climatique, sanitaire ou autre).
Il pense également que les citadins ré-apprendront à cultiver la terre, créeront des jardins-potagers dans les villes, sur leurs balcons, dans les ruines ou les terrains vagues. C'est déjà le cas, ici et là, à travers toute la planète. Par ailleurs, dans les banlieues pavillonnaires, l'interdiction de cultiver des légumes est une aberration quand les AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne), submergées par les demandes, ont des listes d'attente délirantes.
A l'instar de Nicolas Hulot, Emmanuel Bailly pense que, pour se préserver de cette pénurie généralisée de nourriture et d'eau, les solutions résident dans le collectif. "L'alimentation est le combat du siècle". L'un comme l'autre, ils préconisent de donner prioritairement les subventions aux collectivités locales plutôt qu'à quelques privilégiés...
Actuellement 80% des aides agricoles sont distribuées à 15% seulement des agriculteurs (les plus grands). E. Bailly pense qu'il convient d'obliger ces grands domaines, en contre-partie des subventions reçues, à affecter 10 à 15% de leurs terres aux cultures vivrières. Pour nourrir la population locale !
En 2007, il écrit "Terres d'avenir : pour un mode de vie durable" aux éditions Alphée. A la fin de la même année, Emmanuel Bailly crée la société Ecorégion Concept Territoire. Cette entreprise, agréée par le ministère de la Recherche, propose ses services et conseils aux collectivités territoriales, aux élus et aux décideurs. En 2010, E. Bailly participe (avec d'autres) à la réalisation du percutant film de Coline Serreau "Solutions locales pour un désordre global".
Maintenant, que diriez-vous de regarder gratuitement et légalement ce film ? Vous êtes partant ? Alors, cliquez et découvrez (ou re-découvrez) "Solutions locales pour un désordre global" !
Quelqu'un veut un esquimau ?
à saint-laurent, les gourmands fêtent les citrouilles
A une petite poignée de kilomètres à l'est de Guéret, la commune de Saint-Laurent a pris l'habitude d'organiser une fête annuelle des citrouilles, potirons, et autres cucurbitacés. Le très vaste parking ne suffit plus et les voitures stationnent partout le long des 3 routes d'accès. La manifestation, désormais trés célèbre, sert aussi de prétexte à la tenue d'une respectable foire commerciale.
Sur la place qui jouxte l'église s'étale une marée orange. La foule, joyeuse et familiale, consacre l'avénement populaire de la photo numérique en mitraillant les légumes. D'aguichantes adolescentes posent à côté des citrouilles géantes, des enfants turbulents et rieurs préfèrent les chevaucher. Les anciens discutent entre eux, ça et là, tout autour.
La foule n'inspire pas que les marchands de tee-shirts, de courges ou de saucissons : un autre vendeur, le député Jean Auclair, a quitté son fief d'Aubusson pour envahir traitreusement celui du député Michel Vergnier. Peut-être tente-il d'inventer une variante à la célèbre "méthode Chirac" (qui "tâtait le cul des vaches") en rendant visite aux citrouilles ? Le public, visiblement, reste indifférent devant la tentative.
Il faut dire qu'il y a des choses vraiment intéressantes à voir ici... De l'océan de potirons qui couvre les pelouses émerge une fontaine de citrouilles de 2 bons mètres de haut... Plus loin, de gracieux jets d'eau anime un bassin emplis de coloquintes... Mais les véritables "stars" de cette concentration sont les monstrueux potirons qui, tels des Sumos avant le combat, alignent fièrement leurs quelques 200 kilos de chairs végétales !
En face, des vendeurs de courges Butternut et de potirons galeux sont assaillis par les connaisseurs qui achètent en masse (le mot est tellement vrai qu'un va-et-vient de brouettes pleines sillonnent la fête jusqu'aux véhicules des acheteurs). La fanfare patrouille aussi, et les notes chaudes des cuivres éclaboussent musicalement les badauds.
Là-bas, une vaste tente abrite une armada d'artistans et de producteurs locaux. Le sculpteur de coloquintes avoisine le producteur-récoltant de miel, les maquilleuses (expertes et minutieuses) décorent de doux visages juvéniles, le jury du concours de confiture aux potirons dégustent et se concentrent. Dans l'église, convertie pour l'occasion en atelier, Françoise Vernaudon fait une démonstration de tissage de tapisserie d'art. Un forgeron et un tailleur de pierre, quant à eux, reste devant la porte.
Une seconde tente abrite, entre autres, une artisane qui propose déja des décorations de Noël en tissus. Elle cohabite avec la forte délégation des piégeurs de la Creuse qui étalent fièrement leur collection d'animaux sauvages empaillés... Dehors, des bénévoles de Les Journées Saint-Laurentaises se dépêchent de gonfler des ballons oranges : l'animateur de la fête a promis un lâcher de ballons dans un quart d'heure !
Alors, lorsqu'elle lèvera les yeux au ciel, la foule en profitera certainement pour admirer, en plus des ballons, le splendide clocher en châtaignier de l'église de Saint-Laurent... Amen.
Pour ce qui nous concerne, nous avons testé le pain au potiron : sa mie est jaune-orangée et il a le goût du... potiron. En tartines, nous l'avons marié avec de la gelée de pommes aux épices... Re-Amen.
"l'occitan roucouleur, de dunkerque à tamanrasset"
FRANCOIS, JEAN, GEORGES, ET CHARLIE...
"Sinistre bête de guerre, la fesse hérissée de furoncles, la verge dévorée de chancres, gueux comme un cadet de famille, méchant comme un âne rouge, con comme un militaire et pieu comme un qui sait où se trouve le côté du manche, si Simon de Monfort, avec ses hordes de voyous de sac et de corde, ses moines pouilleux, ses évêques enferraillés, ses nobliaux rapaces, ne s'était jeté, au nom du Christ recrucifié et du pape inquiet pour son argent de poche, sur les doux pays d'au delà de la Loire"...
"ou bien si, s'y étant jeté et tous ses sacripants avec lui, ils s'y fussent fait proprement fesser et raccompagner dare dare, la lance aux reins, jusqu'en leurs tristes marécages nordiques couleur de suie et de rave, si tout ça au lieu du contraire, alors, mes enfants, il en irait aujourd'hui tout autrement qu'il en va"...
"Les pays d'oc n'eussent pas défleuri, les peuples d'oc ne se fussent pas rabougris, les parlers d'oc eussent bourgeonné et fructifié, peut-être même l'occitan roucouleur eût-il partout en terre de France supplanté les molles chuintantes picardes aux oïls beurrés comme suppositoires, et voilà, la francophonie serait partout d'oc, jusqu'aux confins brumeux où Flamands lourds du cul et Alsacos prussiens plus qu'à demi marquent les bornes extrêmes de la latinité"...
"Et nous parlerions d'oc, nous chanterions nos phrases sur des airs de Pagnol, nous dirions "Té, lou pitchoun!", ce serait l'Occitanie de Dunkerque à Tamanraset, que dis-je, à Mururoa, ça vaudrait le coup d'être vu. Hélas, l'oïl vainquit. Le sacripant bardé d'acier étripa le troubadour. Purée. L'occitan est mort-né. L'occitan n'a pas eu l'occasion de montrer ce dont il était capable. C'est bien triste. Je me fais une raison"...
"Si Vercingétorix, à Alésia, avait cassé la gueule à Jules César, le français, cette langue tant jolie tant unique que si elle existait pas on ose pas imaginer comme ça serait triste, et bien, le français n'existerait pas. Je, tu, il, nous, vous, ils parlerions un machin celtique dans le genre bas breton dont on a du mal à imaginer à quoi ça ressemblerait, vu qu'il n'en est rien resté"...
"Rivarol aurait composé un immortel Discours sur l'universalité de la langue gauloise et on ne pleurerait même pas le français puisqu'il n'aurait jamais eu l'occasion de seulement commencer à exister. Tout ça pour vous dire que je ne suis pas près de me jeter dans la grande bataille pour la renaissance de l'Occitanie, ni des Bretagnes, des Pays Basques ou de tous ces charmants particularismes locaux que les vicissitudes de la politique, des hégémonies centralisatrices et autres péripéties historiques ont empêché d'avoir la place qui leur est, culturellement, due"...
"Tiens, je vais vous dire. Ca ira beaucoup mieux le jour où une langue universelle sera parlée dans le monde entier. Qu'elle soit artificielle comme l'espéranto ou impérialiste comme le basic english, je m'en fous"...
(dessin de Georges Wolinski-1972)
Extraits de l'article "J'aime le français", écrit par François Cavanna en 1974 et paru dans le journal Charlie Hebdo.
(François Cavanna, Foire du Livre 2005, Brive)
Le vertigineux rocher d'escalade de Jupille
Vous trouverez le village de Jupille dans la vallée des 3 lacs, entre Bourg-d'Hem et Anzème (à environ 15 km au nord de Guéret).
Les voies d'escalade sont équipées et portent mille et un noms charmants : grand toit, étrave, overdose (D), java, solfège, bolivienne...
Le marcheur aussi trouvera là son bonheur... sauf s'il éprouve de la répulsion à marcher ou à grimper sur des caillebotis et des échelles métalliques, suspendu à plusieurs mètres au dessus de la rive de la Creuse.
Une fois que vous serez parvenu au bout des passerelles, vous devrez impérativement les reprendre en sens inverse : il n'y a aucune issue au dessus du rocher ! (Il y en a bien une en dessous, mais réservée au bons nageurs non frileux... C'est un martin-pêcheur qui nous l'a dit).
INFORMATION
Il semblerait (?) que le site de Jupille ait été choisi par une espèce protégé de rapaces pour y faire des nids et s'y reproduire. Nous invitons donc les varappeurs tentés d'entreprendre une ou plusieurs voies au Rocher Jupille à se renseigner au préalable auprès de la Mairie du Bourg-d'Hem.
(octobre 2011)
A ce propos : avec les 3 barrages, l'eau peut monter brusquement et inonder l'accès aux passerelles. Pensez-y ! Évitez cette ballade (très pittoresque au demeurant) après une période trop pluvieuse !
Considérant avoir suffisamment mis en garde ses lecteurs (voir ci-dessous), MARCHOUCREUSE 23 décline toute responsabilité.
Cliquez sur cette photo, vous arriverez directement au sommet...
AVERTISSEMENT
La pratique de l'escalade requiert de bonnes connaissances techniques et une excellente condition physique.
Ce sport extrême impose le strict respect de règles de sécurité, voire la présence d'un professionnel agréé, permettant ainsi d'éviter des accidents parfois mortels.
quand les vaches manisfesteront, les poules auront des dents... et bien voilà !
Les problèmes des éleveurs de bovins n'ont pas disparus avec l'été. Un grave manque de fourrage pour les bêtes pourrait apparaître dans les semaines qui viennent dans certains élevages.
Par ailleurs, à ce jour, les nappes phréatiques restent largement en dessous d'un niveau normal pour cette saison.
Et les réserves de nourritures pour les humains ? Où en sont elles ? Il se dit, ici et là, que l'autosuffisance alimentaire de notre pays, actuellement, n'est que de quelques jours... Certainement des ragots !
"supprimez 141 municipalités en creuse !" demande le préfet
En Juin, le ministre de l'intérieur a demandé aux 3 préfets du Limousin de lui fournir une liste des communes qu'il serait possible de regrouper. Il veut réagir face à la diminution des populations rurales, à la difficulté de trouver des maires et des adjoints... et, par la même occasion, compte ainsi réaliser quelques belles économies.
De Guéret, après mure réflexion, le préfet de la Creuse lui adresse en retour un courrier. Dans sa lettre, ce zélé serviteur de l'état affirme qu'il est "souhaitable de supprimer 141 municipalités en Creuse" (soit presque la moitié). Il ajoute qu'il aurait "bien voulu en proposer plus mais, pour les autres, c'est géographiquement impossible"...
Vous pensez qu'il s'agit d'un canular ?
Détrompez-vous ! Tout ceci est rigoureusement authentique ! Précisons toutefois que le ministre en question se nomme Lucien Bonaparte et que sa demande aux préfets date de 1800. La réponse du préfet de la Creuse date de 1801 et elle est toute aussi véridique.
Une fois connu, le projet déclenche une virulente protestation des élus et le gouvernement fait rapidement marche arrière. Finalement, 4 communes seulement sont rattachées à leurs voisines (en 1814). Mais le pouvoir ne désarme pas pour autant : en 1816, il revient à la charge. Le ministre de l'intérieur déclare qu'en cas de refus, les conseils municipaux récalcitrants seront dans l'illégalité !
Parmi les arguments avancés pour justifier les suppressions des toutes petites communes figurent la faiblesse de leurs ressources, la grande difficulté de trouver un maire sachant lire et écrire, et "l'impossibilité de s'opposer à l'envahissement des biens communaux". Mais les élus persistent : la quasi totalité des conseils municipaux creusois votent contre la disparition de leur commune !
Leurs contre-arguments sont que les finances municipales sont saines, que les bâtiments communaux sont bien entretenus et que, de toutes façons, le chef-lieu envisagé par l'état est trop loin ! Face à cette rébellion générale de la Creuse, les gouvernements successifs marchent sur des oeufs et ne suppriment QUE 31 communes.
Une trentaine d'années plus tard, en 1848, le suffrage universel est institué. Changement de stratégie ! Les gouvernants comprennent très vite qu'il est préférable pour eux de maintenir en l'état les très petites communes. Le clientèlisme politique, si prisé par leurs députés ruraux, y est plus aisé. De plus, les électeurs des campagnes restent majoritaires et il serait stupide de se les aliéner en voulant supprimer leurs Mairies, si petites soient-elles.
C'est pour toutes ces raisons que, dans la Creuse, les regroupements de communes cessent jusqu'au milieu du 20ème siècle. Les derniers datent de 1964 et 1973.
A contrario, 5 nouvelles municipalités sont créées dans le département : Pontcharraud, Puy-Malsignat, La Forêt-du-Temple, Lavaveix-les-Mines et La Villeneuve... mais c'est au cours des deux cent dernières années !
"Qu'est-ce que sera demain ? Le début ou la fin ?" (Yves Simon).
quand la tapisserie faisait la navette entre aubusson et felletin
En ce qui concerne la tapisserie, la réputation de la Creuse est établie depuis plusieurs paires de siècles... En effet, les maîtres tisserands d'Aubusson et de Felletin oeuvrent depuis le moyen-âge et rayonnent dans tout le royaume. Ainsi, dans ses châteaux, la noblesse de France couvre les murs de ses salles avec de gigantesques (et coûteuses) tapisseries.
L'extraordinaire qualité des ouvrages réalisés dans les ateliers de la Marche fait que la demande perdure dans le temps. Au 16ème siècle, Felletin gagne en importance sur Aubusson : la couronne de France lui donne la préférence pour ses commandes car elle est restée fidèle au catholicisme, alors qu'Aubusson est devenue protestante. Cependant, les deux villes souffrent déjà de la concurrence grandissante des ateliers flamands.
En 1601, le protestant Henri IV interdit l'entrée du royaume aux tapisseries étrangères. Les manufactures de Felletin, Aubusson et Paris, libérées de ce poids, reprennent vite des couleurs. Cependant, en 1620, seule Aubusson, la protestante, est dispensée de droits de douane royale. Elle peut donc librement exporter ses fabrications à Paris. Survient ensuite l'année 1655 qui voit naître la Manufacture Royale d'Aubusson...
La qualité et la production font alors un spectaculaire bond en avant et les commandes affluent !
Environ 2000 ouvriers travaillent désormais à Aubusson. En 1689, Felletin obtient enfin les mêmes droits, mais doit se soumettre au contrôle de la Manufacture Royale... d'Aubusson.
Malgré cette contrariété pour Felletin, les affaires sont florissantes pour les 2 villes et elles vont jusqu'à partager les mêmes dépôts et magasins à Paris.
Les tendances et les styles changent petit à petit : les motifs religieux et bibliques sont délaissés. D'abord d'inspiration gréco-romaine, ils suivent ensuite les modes de Paris, notamment littéraires (en illustrant, par exemple, les fables de Jean de La Fontaine). Après cet "âge d'or" s'amorce un lent déclin. Cette fois, c'est carrément toute la tapisserie qui va passer de mode !
Après la seconde guerre mondiale, la tapisserie renaît un peu à Aubusson. Des artistes comme Fernand Léger et Jean Lurçat prêtent leurs concours et leurs arts à ce retour. Leurs "cartons", fidèlement reproduits par les lissiers, font jaillir quelques chefs d'oeuvres. Aujourd'hui, le 21ème siècle ne semble plus trop favorable à la tapisserie. Les rares ateliers qui fonctionnent encore se tournent progressivement vers le tourisme. Mais... ne jamais dire JAMAIS !
Les photos de tapisseries qui illustrent cette page proviennent de Guéret (de la Salle des ventes aux enchères de Maître Turpin, que nous remercions) et du château de Villemonteix. Afin de ne pas altérer les oeuvres, conformément à la demande du guide qui fait visiter le château de Villemonteix, elles ont été prises sans utiliser de lampe flash (nous remercions également ce monsieur).
la jungle creusoise, c'est le peyroux !
Dans son chapeau (ci-dessus) MARCHOUCREUSE 23 vous promet des raids dans la jungle creusoise. "Des promesses, toujours des promesses"... Nous voici donc sur la D22, entre Bussière-Dunoise et Saint-Vaury. Nous vous attendons dans le Peyroux. Vous ne pouvez pas vous tromper : le chemin débute à l'unique intersection du bourg ! Vous laissez la route qui part vers la statue de Saint-Valéric derrière vous et partez à l'opposé.
Au bout de la placette, vous prenez le chemin de gauche. "C'est le moins engageant" ! Oui, mais c'est le bon. Cliquez sur le plan : celui de droite va à la Grande Siauve et vous fait rater toute la partie jungle. N'ayez pas peur ! Vous ne pouvez pas vous perdre ! La ballade est entourée de petites routes. Au pire, elles vous ramènerons à le Peyroux... sur les rotules. Maintenant, vous abandonnez votre dégustation de mûres, ou celle du panorama, et vous entrez dans la jungle !
Voilà ! C'est parti !
Au début, vous suivez le balisage jaune. Le chemin, facile, passe sous le couvert d'arbres menaçants et vous fait discrètement contourner le mont Maumont (615 mètres.). Vous continuez, gambadant gaiement dans cette ligne droite bordée de bruyères en fleur et de papillons quand, soudain, en contrebas devant vous, surgit une route... (C'est la partie la moins "jungle", nous vous le concédons).
Vous tournez à gauche et empruntez la route (malgré la croix de peinture jaune). Vous marchez prudemment sur le côté droit, pendant un petit kilomètre, jusqu'à ce que vous voyiez apparaître une maison. Tout de suite après un double poteau métallique, vous prenez le chemin qui monte doucement sur la gauche. Un peu plus loin, sur votre droite, vous devez voir une petite station de pompage d'eau. C'est bon ?
Vous poursuivez et arrivez jusqu'à un énième réservoir. Là, vous laissez la piste et le bois de sapins devant vous, et tournez sur votre droite. Vous devez rapidement (100 m. environ) vous engager sur la gauche et monter, jusqu'à voir une prairie au travers des arbres.
Ensuite, vous prenez le chemin de gauche, puis celui de droite. Vous montez courageusement. Vous devez toujours monter ! Lorsque celà ne montera plus, la route qui vous raménera à le Peyroux sera en vue. En partant à gauche, vous y parcourerez les malheureux 500 m. qui vous séparent de votre somptueuse berline. Une simple formalité ! Alors ? Heureuse/heureux ?





















































































































































































































































































































