L'histoire commence le 22 septembre 1943, durant l'occupation de la France par l'Allemagne : ce jour là (grâce à la complicité d'ouvriers du livre qui lui ont apporté clandestinement des caractères d'imprimerie), le résistant Alphonse Denis imprime (recto-verso) 8.000 exemplaires d'une feuille baptisée Valmy. Sur 2 pages donc, Valmy invite sans détour les français à résister à l'occupant...

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Les caractères d'imprimerie sont soigneusement remis en place après l'impression, si bien que la police de Pétain et la Gestapo sont toutes 2 incapables de localiser avec quoi et où a été imprimé le journal Valmy ! Un numéro 2 est ensuite imprimé à 16.000 exemplaires pour être diffusé dans les 3 départements du Limousin, ainsi qu'en Dordogne et dans l'Indre.

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Valmy va ainsi réussir à distribuer 19 numéros jusqu'au 25 octobre 1944, date à laquelle il quitte la clandestinité et devient quotidien sous le nom de L'Echo du Centre (trés proche du Parti Communiste Français). Pour ne pas disparaître (faute de moyens financiers), ce journal se marie, le 13 juillet 1946, avec le journal La Marseillaise (qui est, lui, trés proche du parti du général de Gaulle)...

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Bien évidemment, la guerre froide, la guerre du Vietnam et la guerre d'Algérie divisent les 2 rédactions... qui divorcent. L'Echo devient alors un pur produit du parti communiste et s'érige en porte-parole des mouvements ouvriers qui agitent la France (Limousin  compris) en 1947 et 1953, ainsi que les mouvements qui soulèvent les paysans du Comité de Guéret.

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Le Parti Communiste Français se charge d'éponger les déficits financiers du docile journal L'Echo jusqu'au 15 juin 1956. Après cette date, le PCF n'en a plus les moyens et les communistes du Limousin sont priés d'essayer de se débrouiller tout seul. L'Echo du Centre imprime alors des travaux commerciaux (histoire de faire rentrer un peu d'argent dans les caisses).

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L'Echo fait également souscrire des abonnements à ses lecteurs et s'ouvre désormais à l'information locale... histoire de parler d'autre chose que des conflits sociaux. Mais, le 20 octobre 1988, un incendie ravage l'imprimerie de L"Echo. Grâce aux dons des lecteurs et à la solidarité du journal Le Populaire (plutôt classé à gauche), L'Echo peut provisoirement continuer de paraître !

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Désormais en très grande difficulté, L'Echo est contraint de faire appel à de nouveaux actionnaires (tel le journal Le Monde, les groupes de presse Centre-France et Sud-Ouest), lesquels possèdent désormais 62% de son capital. Imprimé à 36.000 exemplaires, le journal L'Echo du Centre devient alors indépendant du parti communiste et poursuit sa route vaille que vaille !

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Puis, le 6 novembre 2019, après avoir vécu 76 ans, ce journal du Limousin (issu de la Résistance) édite son dernier numéro... après avoir été condamné à disparaître par ses actionnaires pour un impayé de 125.000 €. Mais le mort "résiste" : le 5 décembre 2019, jour de la 1ère manifestation contre la "retraite à points", un numéro pirate est imprimé à 5.000 exemplaires...

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Distribué gratuitement (et presque clandestinement), ce tabloïd de 4 pages a été réalisé par des info-graphistes bénévoles et par des salariés (licenciés) de L'Echo. Il a été baptisé Votre Echo et ses géniteurs anonymes espèrent qu'il deviendra la (miraculeuse) renaissance du 2 pages de son ancêtre Valmy. Pour ceux qui souhaitent les contacter... votre.echo@orange.fr

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