Depuis des siècles (comme chacun le sait), la vie en Creuse est essentiellement rurale et paysanne. Nous allons l'exprimer ci-dessous en chiffres (grâce aux statistiques agricoles annuelles que la préfecture du département collecte depuis belle lurette). Pour éviter tout quiproquo, précisons que les chiffres qui suivent ne concernent que l'année 1895 !

(acré' vindiou... dans 5 ans, nous v'la rendu au 20ème siècle !).

STATISTIQUE AGRICOLE ANNUELLE


Au 31 décembre 1895, la Creuse est fière de possèder 16.235 équidés (dont 8.470 ânes, 7.670 chevaux et 95 mules ou mulets). Là, vous vous dites : "La traction motorisée est inexistante en France en 1895, donc tout ces canassons servaient à tirer les charrues et les charrettes !". Et bien, en fait, c'était surtout aux boeufs que l'on confiait ces tâches (voyez donc les chiffres qui suivent)...

TRAMAIL


En effet, la préfecture recense 16.250 "boeufs de travail" (contre seulement 4.620 boeufs élevés pour leur viande). Par ailleurs, 13.425 taureaux sont chargés d'honorer 105.290 vaches. Leurs saillies permettent ainsi à la Creuse de posséder un cheptel supplémentaire de 22.430 bouvillons, 33.258 génisses et 48.740 veaux de moins d'un an (soit un total de 223.143 bovins pour le département).

CHARRETTE


Outre leurs veaux, les vaches creusoises produisent 890.760 hectolitres de lait, lesquels sont vendus 10.689.120 francs (soit 12 francs les 100 litres). Ne partez pas, ce n'est pas terminé : en 1895, la Creuse possède aussi 6.320 béliers, 102.450 moutons, 390.740 brebis et 430.940 agneaux et agnelles (soit un cheptel de 930.450 ovins pour 223.143 bovins... donc 4 fois plus de moutons que de vaches !).

MOUTONS ET BERGERS


Parmi cette armée laineuse, 581.710 bêtes sont tondues (toujours selon la préfecture) : elles procurent ainsi 11.634 quintaux de laine brute qui rapportent 17.451 francs (soit 1,50 franc le quintal). En cette veille de 20ème siècle, les paysans creusois élèvent également 130.250 porcs, jeunes et adultes confondus, ainsi que 13.390 chèvres et autres boucs.

LAINE


Nos angoissés amis apiculteurs creusois du 21ème siècle seront sans doute intéressés d'apprendre que leur département possèdait 23.453 ruches en activité en 1895. Ces dernières permirent de récolter 93.692 kilos de miel (qui se vendait 1,20 franc le kilo et servait à sucrer les aliments) et 23.423 kilos de cire 1 franc le kilo, cette cire servait à confectionner des bougies et des cierges).

TUER LE COCHON


Nous notons donc que les animaux de la ferme creusoise de 1895 ont permis aux paysans de vendre de la laine brute à 1,5 centime de franc le kilo, du lait à 1,2 centime de franc le litre, de la cire d'abeille à 1 franc et du miel à 1,20 franc le kilo. Pas de mention de lait de brebis ou de chèvre. Concernant la viande, rien... le document n'évoque que les bêtes mortes de vieillesse, de maladie ou victimes d'accident (à savoir 29.749 bêtes sur 1.313.468, soit 2,26% de perte).

SIGNE PAR LE PREFET A GUERET