Le viaduc de Busseau souffle ses 150 bougies !
Si vous avez manqué la "fête biologique et écologique de Creuse", nous vous en offrons ci-dessous un aperçu...
Quasiment à l'entrée, nous rencontrons le Député-Maire de Guéret, Michel Vergnier, en pleine discussion avec un administré.
Derrière lui, il y a le stand de Marie, horticultrice et mère de famille à Crozant. Au printemps, elle est présente sur tous les marchés ou elle vend ses plants bio (et du miel.)
Nous continuons et découvrons, enfin rassurés, le stand que nous cherchions. Il s'agit d'un producteur de vin (bio, évidemment).
D'appétissantes odeurs de saucisses (bio, toujours) nous titillent les narines. Il est vrai que l'heure tourne mais nous ne comptions pas nous attarder : la fôret de Chabrières nous attend pour un biau pique-nique !
Justement, une dame souriante vend des petits pains (bio...), qui au fromage, qui à ceci, qui à celà ... De quoi faire notre frugal bonheur ! Nous en prenons un échantillonnage, pour goûter ! Nous payons et partons.
(Ce ne sera qu'au moment du pique-nique que nous réaliserons qu'aucun de nous n'a pris le sac de petits-pains avec lui ! Dommage : nous ferons sans !)
Un panneau module solaire accroche notre regard. Nous nous approchons. Un vendeur nous accroche aussi et nous renseigne aimablement.
Un monsieur avec qui nous engageons la conversation nous dit que le Député-Maire de Guéret défend le service public avec la radiothérapie mais, par ailleurs, est hostile à un service public de l'eau dans la ville dont il est le Maire. C'est vrai ça monsieur Vergnier ?
A la boutique de Bio Creuse, nous achetons des chips bio. Les hollandaises qui sont avec nous éclatent de rire... La traduction en Néerlandais dit que nos chips bio sont cuites au "pétrole d'olive" ! C'est trop facile de se moquer ! Et puis, de toutes façons, ce sont des chips espagnols !
Tout à coup, nous rencontrons Frédérique (une voisine). Elle est lourdement chargée de victuailles (bio). Elle a raté la projection du film de Colline Serreau "Solutions locales pour un désordre global" au cinéma Le Sénéchal à Guéret (il était suivi d'un débat avec, théoriquement, la présence de la réalisatrice). Dommage, effectivement !
Avant de partir, nous achetons des tomates (bio). C'est pour récupérer des pépins, pour faire des plants.
Pour emprunter le chemin discret et cahoteux qui mène au champ de chanvre de Jacques Longchambon (actuel Maire de Crocq) la prudence est de rigueur...
Et quand nous parlons de prudence, c'est uniquement pour vous prévenir qu'il y a là des ornières assez profondes pour malmener durement un véhicule ordinaire.
Ce chemin plat est d'ailleurs aisément faisable à pied !
Après un kilomètre, vous trouvez sur votre gauche un pont de bois qui franchit la Tardes. Sur l'autre rive de cette timide rivière vous attendent (à votre droite) le champ de chanvre du Maire et (à votre gauche) l'antique moulin que ses amis et lui ont mis 10 ans à restaurer. Ayant cessé de fonctionner en 1905, le moulin était devenu un tas de pierre. Aujourd'hui, il est de nouveau en état de fonctionner et est un des 2 derniers moulins à chanvre de France.
Le moulin à chanvre "Chez Canard" ne se visite qu'une fois toutes les 2 semaines. C'est l'intarissable et sympathique Maire de Crocq qui fait lui-même office de guide auprès des groupes de personnes qui ont pris soin de réserver à l'office de tourisme de Crocq, sur place ou par téléphone (au 05 55 67 49 02). Le moulin à chanvre ne se découvre donc jamais en visite libre... C'est comme ça !
Bien. Il est temps désormais de vous dire à quoi sert ce chanvre, par ailleurs dépourvu de toute propriété hallucinogène (vous en doutez ? Demandez donc à la gendarmerie de Crocq !)... Les tiges sont déchiquetées et le meunier en extrait une filasse. Elle servira à réaliser, soit des cordages, soit du fil qui, après tissage, procurera une toile rugueuse et grossière...
Et c'est là qu'intervient le moulin... Et c'est là qu'intervient son propriétaire, le passionnant Jacques Longchambon, qui vous dira tout sur le bief, sur le foulage, sur l'argile mise dans la toile, sur le séchage dans l'herbe à la lueur blafarde de la lune... avant de devenir un robuste drap, un pantalon élégant ou une confortable chemise de chanvre.
Autant vous prévenir à l'avance : si la ballade que nous vous proposons ci-dessous ne comporte pratiquement aucun dénivelé, elle n'en fait pas moins une bonne douzaine de kilomètres, et en très grande majorité sur route. Nous vous DECONSEILLONS donc de lourdes chaussures de marche. Vous leur préférerez, sans aucun doute, une bonne paire de chaussures de course à pied (ou, en bon français, de jogging).
Vous garez (s'il vous plaît) votre voiture à la sortie de Chénérailles, avant la naissance de la D55, qui va à Lavaveix-les-Mines et Ahun. Muni de pique-nique et gourdes, vous empruntez assez vite la minuscule route qui part sur la droite, sous la forêt, en direction de Villemonteix. Avant le petit étang, sur l'aire de pique-nique*, un panneau indique "plage"... Gardez plutôt cette séduisante idée de baignade pour le retour. C'est juste un conseil, comme ça.
*Oui, éventuellement, vous pouvez aussi laisser votre auto à cet endroit !
Vos super rapides chaussures de course (et vous) cheminent de concert dans la forêt. Oh ! Vous voici déjà arrivé au château de Villemonteix (voir l'excellent article de MARCHOUCREUSE 23 qui en parle)! Là, un peu d'attention, s'il vous plait : vous devez prendre la petite route qui part sur votre gauche lorsque vous êtes FACE au château !
Vous ne le savez pas mais vous marchez en direction d'Ecurat. Les oiseaux gazouillent très fort, ce qui fait ruminer les vaches dans leur coin. A Ecurat, un panneau vous interpelle en silence... Entrez ! L'Atelier d'Art du Jardin est tenu par un couple charmant et très, très britannique. Selon l'heure, vous pourrez y prendre un rafraîchissement ou du thé (english, of course) avant de visiter le jardin et la boutique.
A la sortie d'Ecurat, vous retrouvez la D55. Vous la prenez en allant sur la gauche. Bien que ce ne soit pas une autoroute, n'oubliez-pas que vous n'êtes plus sur une minuscule route !
Allez, courage : il ne vous reste "plus que" 4 km. pour rejoindre votre véhicule et... à vous les joies de la plage et de la baignade dans l'étang !
Rendez vous à 20 km. au nord de Guéret dans un pays nommé "Les Trois Lacs". Nous sommes dans la vallée de ce que les gaulois nommaient "chroso" (rivière) et qui est devenu ensuite La Creuse.
Depuis des millions d'années, l'eau puissante a raviné la roche et tracé une gorge encaissée, bordée d'abruptes parois. A la sortie du défilé se trouvait une énorme roche au pied de laquelle "chroso" a creusé un trou de 6 m. de profondeur : c'est le gour Jonchère, en aval de Le Bourg-d'Hem.
Et puis, en 1982, le Barrage de l'Age est mis en service. L'eau domptée se calme et le mur de béton, haut de 20 m., transforme les gorges en un long fjord émeraude. La roche est noyée et le gour Jonchère sombre dans l'oubli des cartographes.
En amont du barrage, sur la rive gauche, juste sous le village de Cessac, 2 invisibles cascades enfantent un torrent qui se jette dans la Creuse. La seconde fait gronder l'eau qui se fracasse 8 à 10 m. plus bas...
Pour y accéder, 2 solutions (plus ou moins hasardeuses, nous vous prévenons) s'offrent à vous, aventuriers impatients !
1) Par bateau... TOUT D'ABORD, A AUCUN MOMENT VOUS NE FRANCHIREZ LES BOUÉES QUI VOUS INTERDISENT L'ACCÈS AU BARRAGE ! La cascade se trouve largement avant !
Ceci étant précisé, vous accostez en amont du torrent. Vous amarrez solidement votre embarcation avant de remonter une forte pente de terre sur la gauche du gros ruisseau. Soyez bien chaussé : l'endroit est difficile et toujours glissant !
2) Par la voie terrestre... de Cessac, un chemin descend vers le barrage. Dans un virage en épingle à cheveux, une discrète sente animalière file sur la droite. Vous l'empruntez jusqu'à la cascade supérieure.
ATTENTION DANGER : VOUS ÊTES AU BORD D'UN A PIC ! NE QUITTEZ PAS L'ÉTROIT SENTIER !
Les plus téméraires tenteront de descendre au bas de la grande cascade en longeant prudemment le cours d'eau par le côté droit. Et n'oubliez pas : il vous faudra remonter par là où vous êtes descendu !
Restez prudents !
Si vous avez survécu jusque là, ne buvez pas l'eau du torrent ! La ferme qui se trouve au dessus pratique l'élevage d'un nombre conséquent de bovins et d'ovins. Ils vaquent dans les pâtures qui occupent les 2 rives du haut du cours d'eau.
Nous parvenons à l'entrée de Chénérailles, fébriles comme des baudets qui voient se dandiner sous leurs naseaux une carotte au bout d'une perche... Rendez vous compte : nous allons enfin découvrir la célèbre foire aux chevaux de Chénérailles !
Hélas, cela commence mal ! "Gilet jaune" nous détourne dans un étroit chemin cahoteux où nous nous retrouvons nez à nez avec une autre voiture (et 3 véhicules qui nous collent au train !). Le conducteur d'en face accepte de reculer et nous laisse passer. Quelle foire ! Nous nous garons vite dans l'herbe et partons à l'assaut de Chénérailles...
Nous sommes dans la rue qui longe l'église. Les étals qui la remplissent bruissent des incessants bavardages des poulettes, canetons, oisons et autres pigeons, entassés en plein soleil dans d'étroites cages bigarrées. La foule se presse. Beaucoup achètent et emportent à bout de bras des cartons cerclés de ficelle et percés d'ouvertures rudimentaires par où la volaille vendue passe un oeil inquiet.
Mais où sont donc les chevaux ? Nous commençons sérieusement à nous interroger... Ah, pour sûr, il y a de tout : des vêtements "baroques", des manèges, des spécialités auvergnates, de la maroquinerie africaine, des plants de légumes et de fleurs, des casse-croûte, des frites, un camelot* mais de chevaux... que nenni !
*un camelot qui nous donne-non-pas-1-ni-2-ni-3-ni-4-mais-5-de-ces-rutilants-ustensiles-oui-madame-qui-ôtent-avec-délicatesse-leurs-peaux-aux-légumes-le-tout-pour-10-petits-€-plus-le-presse-agrumes-en-véritable-plastique !
C'est au moment où nous envisagions la terrible possibilité qu'il n'y ait plus de chevaux à la foire au chevaux de Chénérailles que nous les apercevons enfin ! Ils sont en contrebas, masqués par le député Jean Auclair et une demie douzaine de gendarmes qui discutent avec lui, au beau milieu du passage. Comme nous sommes polis, nous ne nous mêlons pas à la conversation. Nous, tout ce qu'on veut, c'est voir les chevaux !
Nous circulons, sous les feux du soleil, au milieu de cet assemblage hétéroclite d'équidés de toutes tailles et de toutes couleurs, le poil terne ou luisant, la panse arrondie, autant les mâles taciturnes que les larges femelles musclées, calmes ou nerveux, en pleine forme ou amorphes. Quelques-uns des maquignons qui palabrent alentour ont subis, il faut le reconnaître, un étonnant et terrible mimétisme.*
*Désolé si, parmi nos nombreux lecteurs anglophones, certains ne saisissent pas tout le sel et la finesse des 2 phrases qui précèdent...
Mais il est grand temps pour nous de tenter de quitter Chénérailles pour aller déguster notre pique-nique au bord d'un des nombreux étangs qui cernent cette ville multi-millénaire !
Adressons, au passage, un aimable salut à nos voisins britanniques de
Les 2 foires annuelles aux chevaux de Chénérailles se tiennent le 2ème dimanche de mai et d'octobre !
Comme vous êtes grands amateurs d'étrangetés et de bizarreries, nous vous emmenons à Toulx-Sainte-Croix. Cette joyeuse commune, ancien sanctuaire gallo-romain, se situe à 655m. d'altitude, entre Gouzon et Boussac.
(Quittez la plaine et la D 997 pour montez par la D14 qui vous y conduira tranquillement).
Vous y êtes ? Bien. Voilà, c'est parti...
Vous garez votre Destructor 15 (pour les connaisseurs : 895 chevaux et 15 cylindres en V) sur le parking, en contrebas de l'église. Pour plusieurs raisons, elle est unique au monde (l'église) ! Sa construction, antérieure aux croisades, est datée du 11ème siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens monuments de Creuse. Le clocher est séparé du reste de l'église par un espace vide de 10 bons mètres : c'était là que se trouvait la nef... qui s'est écroulée au 16ème siècle (et n'a donc pas été reconstruite).
A l'intérieur du clocher, sorte de gros pâté surmonté d'un petit chapeau en bois, sont entreposés des sarcophages mérovingiens en pierre. Dans l'autre partie, là où la croisée du transept est restée debout, vous demeurerez muets d'admiration devant la polychromie des colonnes et l'architecture très largement inspirée par l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Entre les 2 "morceaux" d'église, trônent 3 lions sculptés. Protecteurs symboliques des vivants et des morts ou... héritages de l'occupation anglaise ? Le mystère demeure !
Dans le bourg de Toulx-Sainte-Croix, il faut aussi voir "la tour". Cette tour d'observation, en pierre de taille, est unique ! Un chemin d'une centaine de mètres, et parfaitement plat, vous y conduit. Même si vous ne grimpez pas en haut, le panorama reste exceptionnel ! Si la météo vous est favorable, vous y verrez la plaine du Berry, Bourges, le puy des Trois-Cornes et le puy de Dôme.
En théorie, sachant que plein nord, il n'y a aucun sommet qui vous en sépare, vous devriez aussi voir la Norvège... En tout cas, vous avez plus de chance d'en avoir le vent glacial ! Mais ce vent saura aussi vous charmer : en soufflant dans les tubes creux de la rambarde, au pied de la tour, il vous chantera une mélopée étrange ! Ceci est absolument véridique : nous l'avons entendue à chacune de nos visites !
Cette tour a été érigée entre 1932 et 1947 sous l'impulsion de 2 hommes : l'abbé Aguillaume, ancien curé de Toulx-Sainte-Croix, et le docteur Maurice Gaumet, ancien conseiller général de Boussac, ancien sénateur radical et franc-maçon de la Creuse... La cohabitation avant l'heure donc ! Récemment réhabilitée (la tour), elle a fait peau neuve grâce à la commune de Toulx, au Conseil Général de la Creuse, à la région Limousin, à l'Union Européenne et aux sous prêtés par le Crédit Agricole.
Sachez encore que cette tour, point géodésique de l'Institut Géographique National, a pour voisine une station sismique qui fait partie du réseau national d'alerte. En retournant dans le bourg, ne manquez pas d'admirer le bâtiment de la Poste qui date de 1912 et fait, lui aussi, partie de notre patrimoine. Ensuite, si vous avez un peu de temps à perdre, faites un saut aux toutes proches Roches Jaumâtres (elles auront toujours au moins le mérite d'être plus prés que la lointaine mais surprenante Rigole du Diable). Voilà, c'est tout pour Toulx !
"C'est tout pour Toulx... Non ! Ils ont osé le faire !"
Dans ces terres qui séparent la Marche du Berry, coulent les eaux beiges de la rivière Bouzanne. Et, perchée sur les hauteurs qui domine ce cours d'eau, le château de Cluis-Dessous veille toujours sur cette vallée, siècle après siècle.
En effet, les ruines de cette place forte sont, encore aujourd'hui, composé d'une enceinte de remparts, d'un donjon (du 12ème siècle), d'un corps de logis seigneurial et d'un châtelet d'entrée à pont levis (du 14ème siècle), le tout en un état rélativement convenable.
La chapelle castrale, située à l'intérieur des remparts, serait d'origine romane. Cette forteresse faisait partie de la ligne de défense qui protégeait la frontière entre le royaume de France et, au sud, le Duché d'Aquitaine, acquis aux anglais au début de la guerre de cent ans.
En 1001, le seigneur de Cluis est le vassal de la puissante seigneurie de Gargilesse, puis de celle de Chateaumeillant. A l'époque, le château de Cluis-Dessous, de toute évidence, s'en est mieux sorti que celui de Crozant...
Et qu'en est-il aujourd'hui ?
Crozant est devenue une ruine "chouchoutée" pour le tourisme et la forteresse de Cluis, quant à elle, est régulièrement ébranlée par les tirs de mines de la carrière voisine...
Pour son malheur, il a été découvert, outre la présence de granit, que les sables rouges de la Bouzanne étaient riches en minerai de fer. Serait-ce un "remake" moderne de l'histoire du pot de terre contre le pot de fer ?
En ce qui concerne la tapisserie, la réputation de la Creuse est établie depuis plusieurs paires de siècles... En effet, les maîtres tisserands d'Aubusson et de Felletin oeuvrent depuis le moyen-âge et rayonnent dans tout le royaume. Ainsi, dans ses châteaux, la noblesse de France couvre les murs de ses salles avec de gigantesques (et coûteuses) tapisseries.
L'extraordinaire qualité des ouvrages réalisés dans les ateliers de la Marche fait que la demande perdure dans le temps. Au 16ème siècle, Felletin gagne en importance sur Aubusson : la couronne de France lui donne la préférence pour ses commandes car elle est restée fidèle au catholicisme, alors qu'Aubusson est devenue protestante. Cependant, les deux villes souffrent déjà de la concurrence grandissante des ateliers flamands.
En 1601, le protestant Henri IV interdit l'entrée du royaume aux tapisseries étrangères. Les manufactures de Felletin, Aubusson et Paris, libérées de ce poids, reprennent vite des couleurs. Cependant, en 1620, seule Aubusson, la protestante, est dispensée de droits de douane royale. Elle peut donc librement exporter ses fabrications à Paris. Survient ensuite l'année 1655 qui voit naître la Manufacture Royale d'Aubusson...
La qualité et la production font alors un spectaculaire bond en avant et les commandes affluent !
Environ 2000 ouvriers travaillent désormais à Aubusson. En 1689, Felletin obtient enfin les mêmes droits, mais doit se soumettre au contrôle de la Manufacture Royale... d'Aubusson.
Malgré cette contrariété pour Felletin, les affaires sont florissantes pour les 2 villes et elles vont jusqu'à partager les mêmes dépôts et magasins à Paris.
Les tendances et les styles changent petit à petit : les motifs religieux et bibliques sont délaissés. D'abord d'inspiration gréco-romaine, ils suivent ensuite les modes de Paris, notamment littéraires (en illustrant, par exemple, les fables de Jean de La Fontaine). Après cet "âge d'or" s'amorce un lent déclin. Cette fois, c'est carrément toute la tapisserie qui va passer de mode !
Après la seconde guerre mondiale, la tapisserie renaît un peu à Aubusson. Des artistes comme Fernand Léger et Jean Lurçat prêtent leurs concours et leurs arts à ce retour. Leurs "cartons", fidèlement reproduits par les lissiers, font jaillir quelques chefs d'oeuvres. Aujourd'hui, le 21ème siècle ne semble plus trop favorable à la tapisserie. Les rares ateliers qui fonctionnent encore se tournent progressivement vers le tourisme. Mais... ne jamais dire JAMAIS !
Les photos de tapisseries qui illustrent cette page proviennent de Guéret (de la Salle des ventes aux enchères de Maître Turpin, que nous remercions) et du château de Villemonteix. Afin de ne pas altérer les oeuvres, conformément à la demande du guide qui fait visiter le château de Villemonteix, elles ont été prises sans utiliser de lampe flash (nous remercions également ce monsieur).