Portes (grandes) ouvertes au "Jardin Solidaire" !
Aujourd'hui, si vous le voulez bien, nous vous emmenons faire le trajet magique que parcoururent Maurice Rollinat et son ami le "père des impressionnistes", à savoir... Claude Monet (1840-1926) ! La commune de Fresselines (entre Crozant et La Celle Dunoise) a d'ailleurs bien fait les choses : d'artistiques totems de métal agrémentent le parcours et nous font partager les humeurs du célèbre peintre. Mais, assez de bavardages ! Allons-y de ce pas !
Vous partez de l'église pour emprunter la D44 (direction Nouzerolles) vers le manoir de Puy-Guillon (fortifié en 1444) et descendez jusqu'au cimetière. Une centaine de mètres plus bas, sur la gauche, commence le sentier. Il descend gentiment et les affleurements de rochers rendent aisée la plongée* vers la Petite Creuse. Vous arrivez ensuite à un antique et étroit pont qui la traverse. Une agréable aire de pique-nique a été aménagée sous les arbres de sa berge.
*Sauf s'ils sont mouillés !
Tout de suite après le pont, le chemin part sur la gauche, sous le taillis, et épouse un chambon (une courbe) de la Petite Creuse. Il longe ensuite la rive de près et offre, à qui sait regarder, la vision d'extraordinaires tableaux naturels, fait d'arbres noueux, de rochers à demi émergés et de reflets impressionnistes... Comme si le fantôme de Claude Monet avait peint la nature !
A peine vous êtes-vous remis d'avoir senti le souffle spectral de l'artiste sur votre nuque qu'une autre épreuve (physique celle-ci) vous attend : la traversée d'un passage à gué sur des plots ronds en béton ! Une chaîne, tendue d'une berge à l'autre, vous y aidera. Il est d'ailleurs plus que probable que, si le niveau de l'eau est assez élevé*, vous serriez très fort cette rassurante grosse main-courante en métal.
* Si les plots sont submergés, le courant est trop fort : il y a danger ! En ce cas, nous vous conseillons de ne pas traverser !
A la sortie du gué, vous partez sur la droite. Une allée d'inégales dalles rocheuses et de racines mélées suit la rivière, avant de se transformer en pelouse et d'arriver au pied du lit nuptial où Creuse et Petite Creuse s'unissent et se mêlent. Claude Monet tombe sous le charme de l'endroit et en peint plusieurs toiles. Et, aujourd'hui comme hier (en 1889), il est impossible à quiconque de nier que ce lieu est habité d'une imposante majesté.
Vous remontez ensuite le long de la Creuse, avant de vous en éloignez en gravissant un chemin boisé. En haut, vous apercevez Fresselines et son clocher, au pied duquel est garé votre rutilant véhicule. Face à l'église, la maison où Claude Monet a habité est ornée d'une plaque commémorative. Dans Fresselines, de nombreuses galeries d'artistes attendent votre visite. Accordez-leur un peu de votre temps : un futur Monet s'y cache peut-être !
"Cette rivière qui baisse, remonte, un jour verte puis jaune, tantôt à sec et qui demain sera un torrent (...)".
" (...) Ce que je craignais est arrivé, la Creuse a grossi et est toute jaune, ce qui va m'empêcher de travailler à certaines toiles (...)".
"Je suis terrifié en regardant mes toiles de les voir si sombres. Ça va être une série lugubre ".
(lettres de mars et avril 1889).
Et oui, la nature est capricieuse ! Mais elle est si belle... surtout ici, en Creuse !
N'est-ce pas ?
Petit rappel...
En cliquant sur les photos, vous les aggrandissez !
(A déguster sans modération !)
Aujourd'hui, nous voguons pour Eguzon et sa "Fête de la châtaigne". Une étonnante chaleur fait vibrer le bleu ciel de ces derniers jours d'octobre. Les feuillages ont enfin fait crépiter les couleurs du feu. Les ors tintent, les fauves rugissent, les roux pètent et les oranges pelurent...
(MARCHOUCREUSE 23, c'est de la poésie avec de vrais morceaux à l'intérieur !).
Les berrichons d'Eguzon ont soigné la présentation : pancartes en châtaignier au dessus des "échoppes", bérets couleur châtaigne pour les organisateurs, affichettes châtaigne, etc... Tout est châtaigne ! Les tentes blanches des artisans de la châtaigne entoure l'église tandis que, plus loin, celles du salon de la rando s'étalent dans le parc de la Mairie.
Ici et là, de gros poêles sont chargés de griller 1 tonne de châtaignes en 2 jours. Une rumeur insidieuse se répand : cette année, elles sont plutôt véreuses. "Rapport à la chaleur climatique". L'animateur de Radio France Berry monologue sur son grand podium où il parait bien seul. Les enfants s'émerveillent du travail du tourneur sur bois (de châtaignier). Une autre magicienne, la maquilleuse, trace des arabesques sur les joues des petites filles et fait des têtes d'Halloween aux garçons... Même pas peur !
Sous leurs bérets châtaignes, les dames du jury du prix de l'inventivité notent les exposants. Ailleurs se déroule un concours de gâteaux et confitures à la... châtaigne, ouuui ! Quinze tonnes de pommes ont été pressées sur place et ont fourni quelques 5000 litres de cidre bien sucré. De quoi (attention) prendre de la bouteille ! Les Fruits de la Sédelle discutent avec Marie, de Crozant. Ensemble, nous nous étonnons de récolter des framboises en cette saison.
La banda "La châ...telaine" ouvre le salon de la rando en fanfare ! Les notables, après leurs discours, vont pouvoir boire un vin d'honneur. Village Vacances Famille nous affirme que la crise frappe déjà durement le tourisme et, notamment, la clientèle populaire des VVF. L'animateur de Bénévent-l'Abbaye et de son scénovision 3D gesticule et capte l'attention de tout un public fasciné. Face à lui, une impressionnante brochette de 6 animatrices de la Haute-Vienne mijote à l'étouffé.
Une belle salle d'exposition accueille les oeuvres du juif allemand Jacques Riby (1920-1970), ses radeaux aux pierres claires et ses esquisses poétiques. La veille, la randonnée nocturne (qui a drainée plusieurs centaines de personnes) s'est achevée par l'embrasement (volontaire) d'un de ses radeaux, sur un étang proche d'Eguzon.
Il est 12h.05... L'église sonne midi. Une foule très patiente fait la queue devant les grilles de La Marmite à Paulot. A côté, la boulangerie fait office de fast-food (en français dans le texte) et ne désemplit pas. Les vieux remparts cernent la Mairie. Une belle, enlunettée de noir, prend position pour faire le plein de cette douce chaleur. Hummm...
Là-bas, un si gentil pépère peste et râle parce qu'il ne trouve pas de place pour garer sa voiture. C'est bête de s'énerver par une si belle journée ! Si ça se trouve, dans quelques jours, il pleuvra, il fera froid et, comme le dit Jo : "le lac aura pris feu !"
MARCHOUCREUSE 23 A BEAUCOUP AIME :
CREATIONS LA BUENA ONDA 23160 SAINT SEBASTIEN
CERAMIQUES ORTEGA 36200 ARGENTON SUR CREUSE
MUSEE DE LA VALLEE DE LA CREUSE, PARC DE LA MAIRIE 36270 EGUZON
A une petite poignée de kilomètres à l'est de Guéret, la commune de Saint-Laurent a pris l'habitude d'organiser une fête annuelle des citrouilles, potirons, et autres cucurbitacés. Le très vaste parking ne suffit plus et les voitures stationnent partout le long des 3 routes d'accès. La manifestation, désormais trés célèbre, sert aussi de prétexte à la tenue d'une respectable foire commerciale.
Sur la place qui jouxte l'église s'étale une marée orange. La foule, joyeuse et familiale, consacre l'avénement populaire de la photo numérique en mitraillant les légumes. D'aguichantes adolescentes posent à côté des citrouilles géantes, des enfants turbulents et rieurs préfèrent les chevaucher. Les anciens discutent entre eux, ça et là, tout autour.
La foule n'inspire pas que les marchands de tee-shirts, de courges ou de saucissons : un autre vendeur, le député Jean Auclair, a quitté son fief d'Aubusson pour envahir traitreusement celui du député Michel Vergnier. Peut-être tente-il d'inventer une variante à la célèbre "méthode Chirac" (qui "tâtait le cul des vaches") en rendant visite aux citrouilles ? Le public, visiblement, reste indifférent devant la tentative.
Il faut dire qu'il y a des choses vraiment intéressantes à voir ici... De l'océan de potirons qui couvre les pelouses émerge une fontaine de citrouilles de 2 bons mètres de haut... Plus loin, de gracieux jets d'eau anime un bassin emplis de coloquintes... Mais les véritables "stars" de cette concentration sont les monstrueux potirons qui, tels des Sumos avant le combat, alignent fièrement leurs quelques 200 kilos de chairs végétales !
En face, des vendeurs de courges Butternut et de potirons galeux sont assaillis par les connaisseurs qui achètent en masse (le mot est tellement vrai qu'un va-et-vient de brouettes pleines sillonnent la fête jusqu'aux véhicules des acheteurs). La fanfare patrouille aussi, et les notes chaudes des cuivres éclaboussent musicalement les badauds.
Là-bas, une vaste tente abrite une armada d'artistans et de producteurs locaux. Le sculpteur de coloquintes avoisine le producteur-récoltant de miel, les maquilleuses (expertes et minutieuses) décorent de doux visages juvéniles, le jury du concours de confiture aux potirons dégustent et se concentrent. Dans l'église, convertie pour l'occasion en atelier, Françoise Vernaudon fait une démonstration de tissage de tapisserie d'art. Un forgeron et un tailleur de pierre, quant à eux, reste devant la porte.
Une seconde tente abrite, entre autres, une artisane qui propose déja des décorations de Noël en tissus. Elle cohabite avec la forte délégation des piégeurs de la Creuse qui étalent fièrement leur collection d'animaux sauvages empaillés... Dehors, des bénévoles de Les Journées Saint-Laurentaises se dépêchent de gonfler des ballons oranges : l'animateur de la fête a promis un lâcher de ballons dans un quart d'heure !
Alors, lorsqu'elle lèvera les yeux au ciel, la foule en profitera certainement pour admirer, en plus des ballons, le splendide clocher en châtaignier de l'église de Saint-Laurent... Amen.
Pour ce qui nous concerne, nous avons testé le pain au potiron : sa mie est jaune-orangée et il a le goût du... potiron. En tartines, nous l'avons marié avec de la gelée de pommes aux épices... Re-Amen.
Dans son chapeau (ci-dessus) MARCHOUCREUSE 23 vous promet des raids dans la jungle creusoise. "Des promesses, toujours des promesses"... Nous voici donc sur la D22, entre Bussière-Dunoise et Saint-Vaury. Nous vous attendons dans le Peyroux. Vous ne pouvez pas vous tromper : le chemin débute à l'unique intersection du bourg ! Vous laissez la route qui part vers la statue de Saint-Valéric derrière vous et partez à l'opposé.
Au bout de la placette, vous prenez le chemin de gauche. "C'est le moins engageant" ! Oui, mais c'est le bon. Cliquez sur le plan : celui de droite va à la Grande Siauve et vous fait rater toute la partie jungle. N'ayez pas peur ! Vous ne pouvez pas vous perdre ! La ballade est entourée de petites routes. Au pire, elles vous ramènerons à le Peyroux... sur les rotules. Maintenant, vous abandonnez votre dégustation de mûres, ou celle du panorama, et vous entrez dans la jungle !
Voilà ! C'est parti !
Au début, vous suivez le balisage jaune. Le chemin, facile, passe sous le couvert d'arbres menaçants et vous fait discrètement contourner le mont Maumont (615 mètres.). Vous continuez, gambadant gaiement dans cette ligne droite bordée de bruyères en fleur et de papillons quand, soudain, en contrebas devant vous, surgit une route... (C'est la partie la moins "jungle", nous vous le concédons).
Vous tournez à gauche et empruntez la route (malgré la croix de peinture jaune). Vous marchez prudemment sur le côté droit, pendant un petit kilomètre, jusqu'à ce que vous voyiez apparaître une maison. Tout de suite après un double poteau métallique, vous prenez le chemin qui monte doucement sur la gauche. Un peu plus loin, sur votre droite, vous devez voir une petite station de pompage d'eau. C'est bon ?
Vous poursuivez et arrivez jusqu'à un énième réservoir. Là, vous laissez la piste et le bois de sapins devant vous, et tournez sur votre droite. Vous devez rapidement (100 m. environ) vous engager sur la gauche et monter, jusqu'à voir une prairie au travers des arbres.
Ensuite, vous prenez le chemin de gauche, puis celui de droite. Vous montez courageusement. Vous devez toujours monter ! Lorsque celà ne montera plus, la route qui vous raménera à le Peyroux sera en vue. En partant à gauche, vous y parcourerez les malheureux 500 m. qui vous séparent de votre somptueuse berline. Une simple formalité ! Alors ? Heureuse/heureux ?
Sir le châtelain de Crozant et sa dame, en ce beau mois d'août, ont convié leurs vassaux de la Basse-Marche, du Bas-Berry et de la Marche à venir festoyer et ripailler sur leurs terres "entouristées", durant deux jours et deux nuits...
Palsambleu ! Nous allons faire séant orgie de pitances !
Doit-on vous dire où se situe Crozant ? Oui ? Bon... soit : dans le Nord-Est de la Creuse, en partant de Dun-le-Palestel, vous galopez en direction d'Eguzon (sur la D913) pendant que nous vous expliquons...
En dehors de cette fête estivale, le bourg de Crozant est connu pour avoir accueilli, entre 1850 et 1950, une flopée de peintres impressionnistes de renom. Outre la splendeur des paysages, ils furent nombreux à y peindre les célèbres ruines de la forteresse médiévale... Nous y voilà ! Garez-vous là, nous finirons à pied.
Dans la rue principale flottent les étendards. Nous parvenons aux premières animations. Une échoppe abrite les loueuses de costumes (elles-même costumées, évidemment). A côté, un jeu d'échec géant connait un honnête succès tandis qu'en face se déroule le tournoi d'échec (de taille classique) dans une salle feutrée. Nos pas nous guident dans une ruelle adjacente peuplée de quelques marchands d'objets artisanaux. Une troupe d'animateurs de rue y joue une scène moyenâgeuse devant une pincée de spectateurs.
Vaguement dépités, nous remontons les escaliers qui mènent à la place de l'église. Ah, voilà ! Enfin du monde !* Des odeurs de viandes à la broche ! Des échoppes, des mendiants ! Des nobles et des manants en costume, partout, face aux ruines ! Et au bout, une scène vide pour l'instant. La sono diffuse doucement d'agréables morceaux de musique médiévale. Bonne ambiance !
*Nous nous demandons pourquoi ceux qui sont en contrebas, dans la ruelle, sont en quarantaine : peste ou choléra ?
Nous trainons en salivant autour du cochon qui rôti. Nous flânons, ici et là, quand soudain... nous remarquons que les costumés qui nous entourent parlent tous le britannique "language" ! Diantre ! Ils sont revenus ! Le grand duché d'Aquitaine a été repris et le château en est de nouveau la porte d'entrée ! Fichtre ! Et puis nous réalisons : l'histoire ne peut pas se répéter... la forteresse de Crozant est déjà en ruine ! Les anglais sont refaits cette fois ! Ah, ah, ah !
Comme les autres badauds, nous décidons de faire le tour des camelots et artisans de la place. Nous flânons, ici et là, quand soudain... deux cavaliers surgissent et lancent leurs montures sur un gueux qu'ils tancent vertement. Pour sûr, un malandrin ! Heureusement, la maréchaussée veille au grain ! Non loin, un croisé de retour d'orient conte ses exploits à deux péronnelles extasiées.
Sur le retour, nous nous attardons dans la salle polyvalente. L'exposition qu'elle abrite est très riche d'artistes qui devraient intéresser nos compères d'artistiCreuse23. Nous collectons un petit paquet de cartes de visites... N'oublions pas que nous sommes ici dans le berceau de l'école de Crozant !
Nous flânons, ici et là, quand soudain... Nous commençons à discuter avec un sculpteur sur bois ! Au bout d'une demi-heure, nous comprenons que c'était une erreur : il est terriblement bavard et... cette envie pressante qui nous tient !*
*Rassurez-vous, nous avons eu le temps de nous rendre aux toilettes.