L'ERMITE GONSALDUS DEVIENT LE PROTECTEUR DU BETAIL !
Imaginez : nous sommes en 799, vous vous trouvez dans une carriole et vous allez dans le Berry. Vous êtes arrêté par la Petite Creuse. Un gué vous permet de passer (quand les eaux et le courant le permettent)... Courageusement, vous traversez. Sur la rive nord, un chemin monte vers un éperon rocheux. Il est couvert de fortifications, faites de grossiers blocs de pierre. Cette barrière défensive protège l'accés au bourg de Alpo. Entre les fortifications et Alpo, un vallon abrupte porte le surnom que lui ont donné des voyageurs : Malla Vallis.
(Rappel : un clic sur une photo permet de l'aggrandir)
Quelques siècles se sont écoulés. En l'an de grâce 1038, Alpo se nomme désormais Malavallis. Le 13 février, Albert De Chambon, seigneur en son château de Malavallis, décide de la fondation d'un prieuré. Il sera construit dans le bourg, sera de forme rectangulaire et renforcé par 2 tours. Il sera placé sous le patronage de Saint Pierre-ès-Liens.
Le prieuré, par la suite, changera de patron et c'est Sainte Valérie qui prendra la relève. Les moines et leur prieur (jusqu'à la Révolution Française) reçoivent des offrandes et collectent des impôts auprès des paysans. Ils en isolent une petite partie, sous la forme de 200 boisseaux de blés, qu'ils donnent aux pauvres de Malavallis.
Une église a été commencée dans le bourg de Malval au 12ème siècle. Sa nef n'a jamais été construite et, sur le côté nord, une abside mal (re)bâtie s'est écroulé vers la fin du 18ème siècle. Dans cette église, classée monument historique depuis 1912, vous pourrez admirer un coffre funéraire. Il y est inscrit qu'il contient le coeur d'un savant du nom de B. De Salignacq, mort le 16 mars 1557... Il n'y est plus, inutile de vérifier ! A droite de ce coffre en pierre, vous constaterez qu'une colonne a été montée à l'envers. Etonnant, non ?
Aux alentours de 1223, le château de Malam Vallem est construit sur l'emplacement de l'ancienne motte féodale. Malmené pendant les guerres, il sera reconstruit et renforcé au cours du 14ème siècle. Des fossés, tout autour du château, sont creusés à même la roche. Une tour de guet et de défense, haute de 4 étages, renforce le point faible. Deux herses complètent les 2 ponts-levis (entrée et sortie), lesquels permettent le passage (obligatoire) des voyageurs... moyennant péage !
1370 : Louis De Malval fait allégeance à Charles V et rallie ses terres au royaume de France. Le chevalier Du Guesclin peut donc y séjourner, avec son armée, avant d'aller prendre Limoges et combattre les anglais en Poitou, entraînant du coup Louis De Malval à ses côtés.
"Si se bouta és châteaux du signeur de Malval qui estoit tourné François "
A la mort du Maréchal de France Jean De Brosse (1433), Marguerite De Malval installe ses petits-enfants dans le château. Elle entend ainsi récupérer le bien familial en les soustrayant au tuteurât de Louis De Culant. Ce dernier devra faire le siège de la forteresse pour obtenir la restitution des enfants.
Photographie A. De Nussac, prise dans les années 1910 (Archives Départementales de la Creuse).
Une querelle d'héritage éclate entre les membres de la famille De Bertrand, propriétaires du château. Nous sommes en 1679. Il s'en suit des combats et une occupation du château par des soldats (qui y causent quelques dégâts). Le château est, une nouvelle fois, réparé.
Au 19ème siècle, Mr Leyraud, qui en est le propriétaire, ne s'y intéresse guère. Il en vend même les plus belles pierres aux habitants de Malval, avant de le délaisser complètement. C'est pourquoi, aujourd'hui, vous pouvez admirer de vieilles maisons du bourg dont les façades possèdent de splendides sculptures ornées de visages ou de blasons. Il est même très probable que, depuis l'abandon du château, certaines bâtisses aient été en grandes parties construites avec les pierres du château et du prieuré.
Aujourd'hui, en ce merveilleux 21ème siècle, Malval est devenue une des plus petites communes de France. Malgré les faibles moyens de la Communauté de communes, l'église est soigneusement maintenue dans son état actuel, les ruines du prieuré sont en plein chantier de stabilisation, et des pupitres pédagogiques informent les visiteurs. Et le château nous direz-vous ? Et bien... Comment dire ? Heu... les chèvres contiennent la végétation autour des ruines. Voilà !
Le site de Malval est occupé depuis l'antiquité par l'homme. Son sol et son sous-sol regorgent de précieux témoignages des différentes périodes de l'histoire de France. Pourtant, chaque jour qui passe, le château médiéval de Malval se dégrade un peu plus encore.
"Hey ! C'est le patrimoine historique de la Creuse qui fout le camp, m'sieur-dame ! Faudrait p't'ête bin réagir, non ?"
Ci-dessus, une des urnes funéraires gallo-romaine de l'antique bourg de Alpo.
Nous tenons à saluer l'enthousiasme communicatif de Jean-Philippe Benoist, érudit habitant de Malval. Nous le remercions de nous avoir éclairé sur la si riche histoire de ce site où, nous en sommes certains, tant de secrets restent à découvrir !
La petite Creuse vers le moulin, rénové il y a une soixantaine d'années par des jeunes venus du monde entier à l'appel de Charles Chareille (voir moulin de Piot).
Vous voilà, toujours fidèles au rendez-vous ? Celui que nous aurions pu nous fixer, sur le parking, face à la Mairie d'Anzème, à 12 km au nord de Guéret. Nous nous serions penché au dessus du muret et aurions gôuté le panorama sur les gorges. Ensuite, nous aurions demandé la clé en Mairie, aurions laissé une pièce d'identité en échange, et aurions admiré ensemble les boiseries et autres objets cultuels présents dans cette église dont le clocher a été bellement refait en bardeaux de châtaigniers. Puis, nous serions partis à l'aventure...
Celle-ci commence sur la D14 que vous descendez (sans nous) vers le Pont du Diable. Vous n'irez pas jusque là car vous quittez la route avant, dans le virage en épingle à cheveux, et dégoulinez sur une sorte de piste goudronnée qui se termine... dans la Creuse ! Pas de panique ! Sur la gauche, presqu'à contre-sens, un chemin longe la piste que vous venez de descendre et s'éloigne de la rivière en longeant un ruisseau nommé La Siauve.
Vous progressez tranquillement. Vos narines frétillent et vos yeux pétillent. Aprés une douce mais interminable montée, vous parvenez au village de Le Theil. Vous traversez la route et vous engagez dans un nouveau chemin, dans le même axe que votre grimpette. Vous laissez, du coup, une ferme sur votre gauche et le village sur votre droite. (Au sortir de ce chemin, nous vous autorisons à faire une pause et à vous désaltérer. Mais n'abusez pas, hein !) Vous continuez sur une longue ligne droite macadamisée qui vous laissera découvrir les sommets alentours avant de redescendre droit sur Courtille. Vous suivez toujours ?
Vous restez sur la route et, fiers piétons, remontez par le sens interdit dans Courtille. En haut, vous ne prenez pas la route à gauche mais, un peu plus loin, LE CHEMIN qui part à gauche. Il vous conduira à l'étang de Courtille... si, si ! Vous passez cet étang par la gauche et remontez en suivant les balises jaunes. Vous atteignez sans peiner Birat. Vous traversez le village et continuez tout droit.
Vous rejoignez alors un ruisseau que vous connaissez déja, La Siauve. Sans franchir son petit pont, vous pouvez emprunter le chemin qui va tout droit vers les cascades de Mouline. Vous reprenez ensuite le même itinéraire et, cette fois, franchissez le pont. Vous remontez alors jusqu'à la route que vous prenez à gauche. Un peu plus loin, sur la droite, naît un chemin qui vous conduira en douceur jusqu'à votre voiturette. Et bien voilà, c'est fait !
Cette ballade, longue de 5 kilomètres environ et agrémentée de côtes aux dénivelés demandant une bonne forme physique, peut également se faire en une version plus longue qui "pousse" jusqu'au village de Le Vignaud, offrant ainsi une belle vue sur le site d'escalade des Rochers de Jupille. Si vous descendez voir le Pont du Diable, remontez demander des détails à l'Office du Tourisme de Champsanglard. Vous pourrez même leur donner le bonjour de MARCHOUCREUSE 23 !
Nous vous proposons de nous accompagner hors des terroirs de la Marche, à quelques lieues seulement à l'intérieur des terres du Bas-Berry. Quelques belles surprises vont récompenser notre légère infidélité commune...
Nous arrivons donc à Neuvy Saint-Sépulcre, entre Argenton-sur-Creuse et La Châtre. Impossible, dans ce bourg paisible, de rater l'église reliquaire de Saint-Etienne et sa monumentale rotonde, unique en France. Cet édifice est une réplique du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Elle a été édifiée au 11ème siècle, à la demande d'un seigneur qui revenait de croisade. Elle fut accolée, deux siècles plus tard, à une nef très classique.
Les voûtes de cette rotonde reposent sur 11 colonnes, surmontées de très belles sculptures. L'étage du dessus, en marge de la stricte obligation cultuelle de la loi de 1905, accueille chaque été une exposition d'art (?).
La nef héberge, dans sa partie droite, une chapelle qui contient 3 reliques : une copie d'un clou de la crucifixtion, un fragment du tombeau du christ et une fiole contenant un peu de son sang...
Cette église se situant sur une des routes qui mènent à Saint-Jacques de Compostelle, nous avons eu le loisir d'y rencontrer un pèlerin solitaire, en collants de joggeur et sac à dos kaki. Il se plaignit auprès de nous du peu d'accueil qu'il avait reçu jusque là.
Par pure charité laïque, nous avons discuté avec lui durant quelques minutes. Puis, nous avons aimablement salué ce fièvreux mystique avant de reprendre la route du retour vers les bucoliques et frais paysages de la Creuse
Mais avant de quitter Neuvy Saint-Sépulcre, nous avons rendu une petite visite à la "Maison de la Pomme" où, quelques rares jours par an, se tiennent des ateliers de greffe de pommiers.
A signaler : un vaste étang, entouré d'un parc paysager, accueille les pique-niqueurs aux beaux jours.
(Cliquez sur les photos pour les aggrandir)
Vous trouverez le village de Jupille dans la vallée des 3 lacs, entre Bourg-d'Hem et Anzème (à environ 15 km au nord de Guéret).
Les voies d'escalade sont équipées et portent mille et un noms charmants : grand toit, étrave, overdose (D), java, solfège, boliviano...
Le marcheur aussi trouvera là son bonheur... sauf s'il éprouve de la répulsion à marcher ou à grimper sur des caillebotis et des échelles métalliques, suspendu à plusieurs mètres au dessus de la rive de la Creuse.
Ami marcheur, une fois que vous serez parvenu au bout des passerelles, vous devrez impérativement les reprendre en sens inverse : il n'y a aucune issue au dessus du rocher ! (Il y en a bien une en dessous, mais réservée au bons nageurs non frileux... C'est un martin-pêcheur qui nous l'a dit).
INFORMATION
Il semblerait (?) que le site de Jupille ait été choisi par une espèce protégé de rapaces pour y faire des nids et s'y reproduire. Nous invitons donc les varappeurs tentés d'entreprendre une ou plusieurs voies au Rocher Jupille à se renseigner au préalable auprès de la Mairie du Bourg-d'Hem.
A ce propos : avec les 3 barrages, l'eau peut monter brusquement et inonder l'accès aux passerelles. Pensez-y ! Évitez cette ballade (très pittoresque au demeurant) après une période trop pluvieuse !
Considérant avoir suffisamment mis en garde ses lecteurs (voir ci-dessous), MARCHOUCREUSE 23 décline toute responsabilité.
Cliquez sur cette photo, vous arriverez directement au sommet...
AVERTISSEMENT
La pratique de l'escalade requiert de bonnes connaissances techniques et une excellente condition physique.
Ce sport extrême impose le strict respect de règles de sécurité, voire la présence d'un professionnel agréé, permettant ainsi d'éviter des accidents parfois mortels.