L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE GAGNE DU TERRAIN EN CREUSE...
Whaou ! Ce soir, séance cinéma dans la minuscule ville d'Aigurande ! Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, Aigurande possède toujours UNE VRAIE salle de cinéma (cette phrase surprendra sûrement ceux de nos lecteurs qui habitent dans de gigantesques mégapoles et n'ont que l'embarras du choix quand ils veulent se "payer une toile") ! Pour l'heure, c'est une séance spéciale qui nous attend : projection du film "Tous au Larzac" (de Christian Rouaud) suivi d'une rencontre-débat et, ensuite, d'un verre de l'amitié et buffet (avec les quiches, cakes et autres tartes que l'on nous a invité à apporter).
Auparavant, quelques mots sur l'histoire du Cinéma Moderne d'Aigurande... Il a été construit en 1950. Plusieurs fois renové, plusieurs fois fermé, il est aujourd'hui toujours héroïquement en activité ! Dans le hall trône l'ancien projecteur des débuts. La cabine en bois où sont vendus les billets est, elle, toujours en service. Le Cinéma Moderne poursuit aujourd'hui sa chaotique carrière grâce à la volonté farouche de bénévoles et du professionnel indépendant qui a repris l'exploitation de ce cinéma municipal de 350 places.
Ah, le film démarre ! Nous sommes en 1971. L'armée veut expulser les agriculteurs du plateau du Larzac pour en faire un camp. Les agriculteurs refusent et découvrent la solidarité. La bataille se déroule sur le terrain juridique et foncier mais le collectif paysan tient bon. Année après année, les combats pacifiques, les manifestations de tracteurs, les rassemblements monstres de sympathisants et les envahissement de Mairies à l'aide de moutons se succèdent. Hélas, les militaires prennent peu à peu l'avantage...
Arrive alors le mois de mai 1981 : François Mitterand est élu président de la République Française... Comme il l'a promis, il annule l'extension du camp militaire ! Après 10 ans de luttes, c'est la victoire ! Celles des agriculteurs nés sur le plateau et "catholiques qui votaient à droite", celle des maoistes, celle des bergers, celle des objecteurs de conscience, celle enfin de toutes celles et de tous ceux qui, par centaines de milliers, se sont mobilisés dans toute la France pour le Larzac.
La lumière se rallume dans la salle. Ni José Bové, ni François Hollande ne sont arrivés : le débat commence donc sans attendre. Un agriculteur affirme que son actualité est la lutte contre la disparition des terres agricoles. Le micro circule... Un autre intervenant regrette le manque de solidarité de nos contemporains. Le micro circule encore... Lui est un ancien maoiste qui a été manifester contre la suppression de la retraite à 60 ans. Un autre affirme (trop) fièrement qu'il est faucheur d'OGM. Une femme parle de l'espoir que fait naître en elle le mouvement mondial des indignés...
L'animateur propose ensuite que nous buvions le verre de l'amitié. Ah ! Enfin ! Il est tard, il fait faim ! Nous dégustons les quiches, les cakes et les gâteaux que nous avons apporté et mis en commun. Le cidre, le jus de raisin, la bière et le vin arrosent les discussions qui s'instaurent. Des parents nous racontent l'angoisse qui les tenaille : leurs enfants sont partis loin, à l'aventure, à la découverte du vaste monde... Si ça se trouve, ils n'ont jamais mis les pieds au Larzac ?
Moralité : longue vie au cinéma rural ! Quiche et pinard, même combat !
Ciném'A.J. tel : 02 54 06 47 63 mail : cinemaj@wanadoo.fr
La cabane du cantonnier
Le cantonnier casse des cailloux pour boucher les trous des chemins de pierre. Avec le pétrole, arrive le goudron. Son métier change et les cabanes, rendues obsolètes, disparaissent.
Le bois de charpente est taillé à la main. Les scieries fonctionnent à l'électricité (hydraulique) et se passent du pétrole.
Dans le tramaïl, on sangle les vaches et les bœufs pour les ferrer. Mais, avec le pétrole, arrive le tracteur qui fait rapidement disparaitre le tramaïl. Imaginez : une paire de bœufs coûte 90.000 F... et un tracteur coûte 75.000 F ! (en Francs de 1948)
Le charron fait face ! Il passe progressivement de la roue de charrettes à la roue d'automobiles !
Le sabotier, lui aussi, doit s'adapter ! Les brodequins effacent peu à peu les sabots.
Le charretier s'incline à son tour. Il regardera passer les véhicules à moteur et fera des jouets pour les enfants de paysans : modèles réduits, toupies...


Grâce au tracteur et au pétrole qui permettent de faire fonctionner la batteuse à grains, le travail se fait plus vite et avec moins de saisonniers ! Le patron gagne mieux, le saisonnier, lui,cherchera de l'embauche.
Cantonnier, charpentier, maréchal-ferrant, charron, sabotier, charretier et saisonnier se retrouvent parfois au café. Ils y sirotent des ballons. Ou, quelquefois, l'absinthe qui rend fou...
Le tonnelier, pour l'heure, s'en sort bien !
Sur des photos datant de l'autre siècle (le 20ème en l'occurence), chacun peut constater que le clocher de Saint-Georges Nigremont ne possède que 2 cloches et que, à leur gauche, se trouve le cadran d'une horloge. "Rien, jusque là, de bien mystérieux !" pensez-vous si fort que nous l'entendons même à travers notre écran.
Et bien voilà... Le problème est qu'aujourd'hui le clocher possède 3 cloches ! Et ces trois cloches là, qui plus est, sont de 3 tailles différentes ! Alors ? Vous qui pensez si fort, dites-nous ? Cette 3ème cloche, elle sort d'où ? Et bien nous, MARCHOUCREUSE 23, après avoir mené une enquête approfondie, sommes en mesure de vous le dire !
Sachant qu'une bonne enquête doit commencer par le café du village, nous nous y sommes rendu. Là, un ancien élu de Saint-Georges Nigremont nous a fait des confidences... La 3ème cloche viendrait de l'école ! (Lors de travaux de réfections de toitures, la cloche de l'école n'aurait pas été remise en place. Par la suite, cet ancien élu aurait décidé de la faire installer dans le clocher de l'église). Ce ne serait qu'une fois mise en place que les habitants auraient réalisé que cette cloche là était minuscule et... terriblement ridicule !
Permettez-nous, derrière nos petits rideaux, d'être septiques ! En effet, comment un élu de la République laïc aurait-il osé détourner une cloche appartenant à l'école publique pour l'offrir au clocher d'une église concurrente ?
Non, non, c'est franchement inconcevable ! Et comme on le disait autrefois en Corrèze* : "Inutile de nous raconter des histoires abracadabrantesques !"
La vérité doit forcément être ailleurs...
*Département présumé innocent.
Avez-vous remarqué, par exemple, que les 2 cloches de droite n'ont pas la même taille ? Imaginez un instant que la plus grosse soit un mâle, venu de Rome, et l'autre une femelle ? Imaginez aussi que la troisième, qui est vraiment toute petite, soit en réalité l'enfant de ce couple bronzé ? Vous imaginez le "scoop" pour MARCHOUCREUSE 23 ? Vous imaginez ? Vous imaginez ?
Bon... Voilà... C'est tout pour aujourd'hui !
Au sud de Gouzon et à l'est de Ahun, vous pouvez trouver la bonne ville de Chénerailles. Vous vous y retrouvez ? Bien, alors ne vous arrêtez pas car nous partons tout de suite (à quelques kilomètres seulement) pour le château de Villemonteix...
Villemonteix est un château fortifié du 15ème siècle qui est relativement bien conservé. Il a été un peu modifié au XVIIème et au XVIIIème siècle, période où il fut "modernisé". Pierre Lajoix l'achète en 1982 et, l'année suivante, en entreprend respectueusement la restauration. Il commence par le pigeonnier qui est à l'entrée et qui faisait partie (puisqu'à l'origine bordé de remparts) du système de défense.
Avant Pierre Lajoix, le précédent propriétaire (un médecin) loue le château à un fermier. Celui-ci, pendant des années, non seulement ne l'entretient pas mais, en bon agriculteur, y stocke du GRAIN et de la PAILLE ! Comme vous pouvez vous l'imaginez, les planchers et les boiseries murales supportèrent assez mal ce traitement !
La visite vous mène de salle en salle et, étage après étage, vous atteignez (peut-être) les créneaux de la tour carré, tout à fait en haut, au dessus de la salle des gardes. Ceux qui n'ont pas le vertige pourront admirer le paysage alentour et ses innombrables étangs.
Au premier et au second étage, vous découvrirez comment les médiévaux habitants faisaient leurs besoins assis au dessus du vide, mais aussi au dessus de ceux qui, dans la cour du château, avaient la mauvaise idée de passer là !
Notre guide nous expliqua que l'argent que nous donnions (pour la visite) au propriétaire de ce château PRIVE était sa seule source de revenus pour pouvoir le rénover. Il ajouta que ni le département ni la région ne lui donnaient de subventions PUBLIQUES.
Nous avons vite écrasé une grosse larme avant de continuer à admirer les collections (PRIVEES ?) de meubles d'époque, de bibelots précieux, de très anciennes tapisseries d'Aubusson et autres rarissimes service à vaisselle en porcelaine de Limoges ou de Sèvres (et vieux de plusieurs siècles), sans oublier le *billard Empire (?).
*Par contre, nous avons été PRIVE de voir le piano-double que mentionne la pancarte à l'entrée de la propriété !
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Un des magazines anglais de Creuse signale à ses lecteurs la tenue du Salon de la Gastronomie et des Vins, à Saint-Vaury (near Guéret) du 20 au 22 mai. L'entrefilet précise même : "Free entry"*. C'est peut-être intéressant ? Allons voir ! Nous prenons donc la route pour Saint-Vaury, notre auto et nous...
*Ça veut dire "Entrée gratuite" !
Nous y sommes. Dans le hall d'entrée, se trouve un panier garni, à gagner en participant à une tombola. Bof !... Soudain, un gaillard surgit et nous annonce que l'entrée est à 1€, et que cela nous donne droit à un numéro de tombola gratuit (?). Nous sommes étonnés. Nous lui expliquons que nous avons lu dans un journal que l'entrée était gratuite.
En guise de réponse, il nous montre une affiche sur la porte qui parle d'une entrée payante et que, donc, nous n'avons rien à dire. De plus, de nos jours, "il n'y a plus rien de gratuit" nous dit-il ! Nous lui déclarons, avec diplomatie, que ses propos nous mettent mal à l'aise. Le cerbère rétorque sèchement qu'il n'y a pas lieu de discuter, et termine par plusieurs très inamicaux "au revoir" ! Donc...nous partons !
Et nous partons pour le Puy des Trois Cornes où nous découvrons, par le plus grand des hasards, un lieu véritablement idyllique ! Un champ entier de belles et grandes orchidées sauvages y mêle sa palette d'aquarelle à une herbe d'un vert velouté ! Les papillons vont et viennent, au gré de leurs envies. Là, justement, un couple aux couleurs de feu copule en tentant de voler vers le septième ciel (le célèbre baiser papillon).
Plus loin, un autre (un gastronome, assurément) s'énivre du nectar d'une fleur de chardon. A tel point qu'il ne fuit même pas devant notre objectif ! A quelques pas de nous, un beau rond d'herbes couchées nous offre son mystère. Est-ce là l'oeuvre de quelques chevreuils venus se reposer dans l'ombre... ou serait-ce un couple d'humains qui, comme les papillons roux, auraient cherché ici son paradis des sens ?
Voilà pourquoi, chères lectrices et lecteurs, vous ne verrez pas de photos de ce Salon de la Gastronomie et des Vins de Saint-Vaury. Mais vous conviendrez peut-être avec nous que, grâce à son attitude aussi peu gracieuse que possible, Monsieur le cerbère nous a, finalement, rendu service !
Pour vous remercier de votre "beau geste", Monsieur le cerbère, nous vous dédions ces quelques photos. Si, si, acceptez : c'est cadeau ! Et n'oubliez pas que, de nos jours, outre ces photos et le merveilleux spectacle de la nature, il y a encore beaucoup, beaucoup, de choses qui restent gratuites ! Hélas, il semblerait que vous l'ignoriez... Et, pour cela, nous vous plaignons ! Beaucoup.
Avant d'être envahis par les romains, les membres de la tribu des Lémovices, comme tous les autres gaulois, n'ont jamais vu de pommiers ! Non, jamais ! Car ce sont les romains qui introduisent en Gaule le raisin (et le vin), la châtaigne et la pomme (entre autres) ! Ils rapportent les pommiers, alors inconnus en Europe, d'Iran ou de Turquie. Ils en répandent alors la culture dans tout l'empire romain, y compris en Creuse où ils s'adaptent très bien.
Les siècles passent et, au moyen-âge, des pommiers sauvages greffés se retrouvent dans les jardins des monastères et dans ceux des châteaux. Les paysans, quant à eux, les plantent dans les haies (pour ne pas perdre de place) ou tout prés de la maison (dans le Couder). Ainsi, de nos jours, nous voyons toujours des poiriers et des pommiers enrichir les haies des campagnes creusoises... L'habitude moyenâgeuse aura perduré !
Autour du 19ème siècle, le paysan se heurte, face aux mauvais état des chemins et des (rares) routes, à des difficultés insurmontables pour exporter ses pommes. Il se résigne et en fait du cidre. L'avantage du cidre est qu'il se conserve sans peine jusqu'à la fin de l'hiver, contrairement aux "pommes de table" (sauf la remarquable "Sainte Germaine", ou "Lestre", qui se garde jusqu'au mois d'avril/mai)... A l'époque, le Limousin est encore riche d'une cinquantaine de variétés de pommes. Elles ont pratiquement toutes disparues de nos jours.
Jusqu'à la première guerre mondiale, les habitants des campagnes se contentent de stocker les pommes, avec les châtaignes et les noix, au grenier. Parfois à la cave, avec les pommes de terre, pour la consommation familiale. Puis, le chemin de fer se développe et permet de vendre la "Lestre", la "Reinette Grise", la "Blandurette", la "Vigneronne", la "Court Pendu" et la "Belle fille de la Creuse" aux 4 coins de France. Dans les wagons, les pommes voyagent en vrac, protégées par de la paille...
Et soudain... tout s'écroule ! Dans le sillage des GI's américains, une "Pin Up" débarque en France : la "Golden" ! Elle arrive en Limousin dans les années 1950. Sa fine robe jaune, ses rondeurs appétissantes et sa chair dénué d'acidité séduisent les français. Les pommiculteurs du Limousin, eux aussi, tombent amoureux de la belle américaine. Ils délaissent les vieilles variétés locales et offrent leurs terres à la jeunette, à l'étrangère ! Mais la "Golden" s'avère de santé fragile : ils doivent la gaver d'engrais et de pesticides pour qu'elle reste désirable...
Pauvre consommateur !
A propos de pommes... "Adam avait-il un nombril ?" (Jacques Dutronc)
Association Les Croqueurs de Pommes du Limousin
Une recette d'Estouffade rurale :
Mettez, s'il vous plaît, 400 g. de lardons dans un wok, à feu doux, pendant quelques 2 minutes. Vous y ajoutez 4 pommes de terre (préalablement cuite à l'eau) découpées en cubes. Vous remontez légèrement le feu de cuisson. Remuez pour graisser les pommes de terre et laissez rissoler 5 minutes. Ajoutez y 4 belles échalotes coupées en deux et 4 pommes que vous découpez en quartier. Remuez et laissez cuire 2 minutes encore. Vous ajoutez à tout cela 24 châtaignes (blanchies à l'autocuiseur) et laissez cuire pour 2 minutes supplémentaires. Salez et poivrez avec parcimonie puis éteignez la cuisson. Vous versez le tout dans votre cocotte préférée, mouillez le fond avec du jus de pommes et couvrez. Ensuite, vous mettez à cuire à feu doux pendant 36 minutes.
Cette Estouffade, bien que copieuse, a longtemps constitué, en tout et pour tout, le repas automnale des paysans creusois... Pas celui des Lémovices qui n'avaient pas de pommes de terre, pas de pommes ni de châtaignes... On vient de vous le dire !
Amie lectrice, ami lecteur, si vous n'avez pas épluché les pommes de terre, les oignons, les pommes et les châtaignes parce que nous ne l'avons pas écrit, vous risquez d'être plutôt déçus par cette recette.
(Il y a quelques temps, des fossiles de pommiers sauvages ont été trouvés dans la région frontalière entre le Kazakhstan et la Chine. Les datations effectués sur ces fossiles ont permis de définir qu'ils étaient âgés de 65 millions d'années. Les pommiers existaient donc déjà à l'époque des dinosaures !).
C'est l'histoire d'une jeune femme qui se rend à un entretien d'embauche. Elle s'endort dans le train et, évidemment, manque son arrêt. Dés que le train s'arrête, elle descend en catastrophe du wagon . Elle est en gare de
La Souterraine.
C'est là que tout dérape ! Et c'est là aussi que sa vie va changer !
En Juin, le ministre de l'intérieur a demandé aux 3 préfets du Limousin de lui fournir une liste des communes qu'il serait possible de regrouper. Il veut réagir face à la diminution des populations rurales, à la difficulté de trouver des maires et des adjoints... et, par la même occasion, compte ainsi réaliser quelques belles économies.
De Guéret, après mure réflexion, le préfet de la Creuse lui adresse en retour un courrier. Dans sa lettre, ce zélé serviteur de l'état affirme qu'il est "souhaitable de supprimer 141 municipalités en Creuse" (soit presque la moitié). Il ajoute qu'il aurait "bien voulu en proposer plus mais, pour les autres, c'est géographiquement impossible"...
Vous pensez qu'il s'agit d'un canular ?
Détrompez-vous ! Tout ceci est rigoureusement authentique ! Précisons toutefois que le ministre en question se nomme Lucien Bonaparte et que sa demande aux préfets date de 1800. La réponse du préfet de la Creuse date de 1801 et elle est toute aussi véridique.
Une fois connu, le projet déclenche une virulente protestation des élus et le gouvernement fait rapidement marche arrière. Finalement, 4 communes seulement sont rattachées à leurs voisines (en 1814). Mais le pouvoir ne désarme pas pour autant : en 1816, il revient à la charge. Le ministre de l'intérieur déclare qu'en cas de refus, les conseils municipaux récalcitrants seront dans l'illégalité !
Parmi les arguments avancés pour justifier les suppressions des toutes petites communes figurent la faiblesse de leurs ressources, la grande difficulté de trouver un maire sachant lire et écrire, et "l'impossibilité de s'opposer à l'envahissement des biens communaux". Mais les élus persistent : la quasi totalité des conseils municipaux creusois votent contre la disparition de leur commune !
Leurs contre-arguments sont que les finances municipales sont saines, que les bâtiments communaux sont bien entretenus et que, de toutes façons, le chef-lieu envisagé par l'état est trop loin ! Face à cette rébellion générale de la Creuse, les gouvernements successifs marchent sur des oeufs et ne suppriment QUE 31 communes.
Une trentaine d'années plus tard, en 1848, le suffrage universel est institué. Changement de stratégie ! Les gouvernants comprennent très vite qu'il est préférable pour eux de maintenir en l'état les très petites communes. Le clientèlisme politique, si prisé par leurs députés ruraux, y est plus aisé. De plus, les électeurs des campagnes restent majoritaires et il serait stupide de se les aliéner en voulant supprimer leurs Mairies, si petites soient-elles.
C'est pour toutes ces raisons que, dans la Creuse, les regroupements de communes cessent jusqu'au milieu du 20ème siècle. Les derniers datent de 1964 et 1973.
A contrario, 5 nouvelles municipalités sont créées dans le département : Pontcharraud, Puy-Malsignat, La Forêt-du-Temple, Lavaveix-les-Mines et La Villeneuve... mais c'est au cours des deux cent dernières années !
"Qu'est-ce que sera demain ? Le début ou la fin ?" (Yves Simon).