Ce jour là, la D940 paresse sous un automnal soleil de plomb (d'alchimiste) si brûlant qu'il transforme le bitume en confiture de pétrole (le réchauffement dermatologique de la peau de planète vous donne, à vous aussi, la chair de poule ?). Le pot d'échappement de notre voiture dépasse La Chapelle-Taillefert et vient ensuite (trés légèrement) polluer la place de l'église de Sardent... 

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Nous ne le savons pas encore mais nous allons dés à présent vivre une longue séance de spiritisme... Nos pieds (qui raclent le sol de la place torride et commencent à lorgner avec envie la fraîcheur de l'église du 12ème siècle) nous mènent devant un monument dédié au Docteur Alphonse Vincent  (1880-1935) qui exerça à Sardent et y fut surnommé "le docteur des pauvres".

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Le monument voit le jour en 1937 grâce à une souscription des habitants de Sardent, lesquels tiennent à rendre hommage au généreux et populaire docteur. Trop populaire et trop généreux pour l'état qui, en 1942, fait retirer le buste en bronze du docteur Vincent  (mais pas les grands bas-reliefs) au prétexte que la France manque cruellement de métaux ferreux. 

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L'esprit du bon docteur plane toujours dans les airs quand nos pas nous entraînent à l'intérieur (délicieusement frais) de l'église. Plusieurs surprises nous y attendent et la plus visible se trouve sur le haut des murs où de vieilles fresques religieuses souffrent en silence et égrénent les années sur des murs suintant légèrement l'humidité (malgré la chaude chaleur !).

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Une voix nous interpelle alors (serait-ce un autre esprit ?)... sortant de l'ombre, une dame abandonne sa chasse aux toiles d'araignées pour nous offrir spontanément une visite commentée de l'église (qu'elle connaît admirablement bien). Nous apprenons ainsi que les peintures sont du 15ème siècle et elle nous en fait découvrir 2 autres (du 13ème siècle, mais quasiment effacées).

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Cette dame nous apprend encore que d'autres fresques (sur le bas des murs) ont été recouvertes de ciment (dans les années 1970, par les révolutionnaires giscardiens sans doute ?). Elle nous montre le bénitier (qui, dit-elle, est un support d'urne funéraire gallo-romaine) et des couvercles de tombes médiévales. Puis elle nous conseille d'aller voir la chapelle-ermitage de Saint-Pardoux...

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Nous prenons congé de notre guide bénévole et sortons. Outre celui du Docteur Vincent, nous percevons immédiatement que d'autres esprits circulent dans l'air brûlant de la place et, avisant les énormes lettres de granite sculpté, nous comprenons que ce sont ceux des tailleurs de pierre qui ont quitté l'Italie (dans les années 1920et un peu aussi le fascisme.

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Nous décidons de poursuivre notre séance (gratuite) de spiritisme et prenons la direction du village de Le Mont Sardent pour y découvrir l'endroit où saint Pardoux a vécu en ermite. Mais, une foi(s) arrivés là, un esprit (et un panneau) nous indique les Pierres Boutelines, où saint Martial  (qui venait là pour évangéliser les paysans) a vécu un divin miracle...

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Harassé par un trop long chemin, le saint homme (prénommé Martial, donc) commence à pester et... à douter de l'existence de Dieu (de plus, il meurt grave de faim) ! Fouillant dans son havresac, il n'y trouve que des miettes qu'il jette rageusement par terre. Alors (pour lui prouver qu'il existe), Dieu transforme les miettes en rochers (c'est ce que dit la pancarte, à côté des rochers).

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Là, vous râlez et réclamez "in petto" de savoir où se trouve la chapelle qui honore le séjour à Sardent de l'ermite saint Pardoux ! Pressés par votre demande, nous poursuivons donc notre route et, guidés par les esprits des 2 saints, découvrons le départ du chemin qui y mène. Nous garons notre (luxueux) véhicule et commençons (joyeusement) à descendre à pied... 

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Rapidement, ce 1er chemin croise un 2nd chemin (qu'il faut prendre sur la droite). Il mène à une grosse pierre où est sculpté (à l'évidence par des Italiens) "Saint Pardoux" et le tout est surmontée d'une croix. La "chapelle" est un peu plus haut, au bout d'un court sentier qui conduit à... 2 fontaines (sources d'un pélerinage qui a lieu tous les 7 ans, comme nous l'ont soufflé d'aimables esprits)

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Le trajet se fait (normalement) en une dizaine de minutes (à l'aller) mais nous sommes tombés en admiration devant le panorama (littéralement divin) qui se livra alors à notre regard avant d'aller se perdre sur les monts qui cachent jalousement, là-bas, la sauvage vallée du Thaurion (ensuite, pour assouvir notre faim, nous avons voulu croquer quelques cailloux : et bien, ce n'est pas bon !).

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