A partir d'Aubusson, la D988 vous mène à Bellegarde. Vous la quittez pour Lupersat et (à travers de plates étendues) vous ralliez alors Sermur. Devant vous se dresse une inattendue colline sur laquelle une église semble vous observer. Sur sa gauche, la silhouette massive qui se tient en retrait détient (elle aussi) des secrets peu connus de l'histoire de la Creuse...

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Construite par des Templiers du 12ème siècle, l'église initiale de Sermur se compose d'une simple nef et d'une abside semi-circulaire. Laissée à l'abandon, elle se dégrade siècle après siècle, si bien qu'en 1899 il est envisagé de la reconstruire entièrement. Une demande de subvention est alors adressée au ministre des cultes qui accorde 10.000 francs-or.

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Cette subvention vient s'ajouter à plusieurs legs (notamment ceux des familles Duvert et Ratinet), si bien que le projet dispose au final d'un total de 43.476 francs-or. En 1900, les travaux commencent par la démolition de l'église templière, dont une partie des pierres va être réutilisée dans la construction de la seconde église, laquelle se termine en 1902.

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Dans le bourg, au dessus de l'église, un panneau vous invite à monter jusqu'à la tour de Sermur. Un rude (mais confortable) chemin vous mène alors en haut du promontoire qui domine le pays du Franc Alleu... Là, les celtes érigèrent un "dunum" défensif qui fut ensuite remplacé par un "oppidum" gaulois, lequel céda lui-même la place à un château médiéval.

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Apparu aux alentours des 11ème ou 12ème siècles (la date de sa construction reste à ce jour inconnue), la pièce maitresse de cette forteresse était une impressionnante tour carrée de 7 mètres sur 7 pour une hauteur qui en avoisinait 20 (aujourd'hui, il n'en reste que 5). Cette tour colossale (érigée à même le rocher, à 721 mètres d'altitude) n'était accessible qu'à partir du 1er étage.

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Une enceinte fortifiée reliait ce puissant donjon à une tour ronde et à un robuste bâtiment de 20 mètres par 13. Le système défensif était renforcé par un double fossé et, à l'intérieur de l'enceinte, 2 points d'eau s'avéraient précieux en cas de siège pour étancher les gosiers de la garnison qui défendait ce château moyen-âgeux réputé imprenable...

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L'armée anglaise ne parvient d'ailleurs pas, en 1350, à s'en emparer. Mais, 7 ans plus tard, Renaud d'Albret, seigneur de Cubzac, prend le commandement de l'armée anglaise et, avec l'aide de sa propre armée, fait tomber la forteresse de Sermur. Renaud d'Albret s'y installe alors avec ses soudards et ils écument la région avec brutalité et avidité.

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Les états d'Auvergne, dont le Franc Alleu fait partie, s'en inquiètent et, en avril 1358, ils négocient un traité avec Renaud d'Albret : lui et sa bande s'engagent à rendre la forteresse de Sermur contre le versement de 3.000 pièces d'or ! Vers 1390, le château ayant durement souffert de cet épisode, Louis II d'Auvergne ordonne sa reconstruction... 

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Mais l'autorité administrative du Franc Alleu est subitement déplacée à Bellegarde et Sermur sombre alors dans l'oubli... Sermur (du latin "sine muro") dont le nom signifie (approximativement) "mur de la montagne" et dont le château était le verrou de l'Auvergne (la protégeant de la Combraille et du Limousin... avant que le Franc Alleu n'intégre finalement la province de la Marche).  

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