Au printemps 1943, Adolf Hitler et les nazis ont besoin de toujours plus de soldats allemands pour faire la guerre. Avec l'aide du gouvernement collaborationniste de Pétain, les soldats de la Wermacht envoyent les jeunes français en Allemagne où ils remplacent les allemands dans les usines du Reich. La Creuse n'y échappe pas et les jeunes creusois n'ont pas plus que les autres envie de partir...

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Des mouvements de résistance se sont organisés en France. Ils accueillent les jeunes réfractaires au Service du Travail Obligatoire qui découvrent ainsi la clandestinité, l'inconfort et les privations. Dix-huit jeunes creusois rallient le mouvement "Ceux de la Libération-Vengeance". Le colonel Leduc les confie à Amédée Peyrot, Yves Chabrol (père du cinéaste) et Georges Lévêque.

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Ils installent leur campement dans le bois du Thouraud, à une quinzaine de kilomètres au sud de Guéret, sur le territoire de la commune de Maisonnisses. Ce camp comprend un abri d'une douzaine de mètres-carrés et, en contrebas, un point d'eau. Leurs tâches suivantes consistent à creuser un second abri (pour de probables renforts) et à empêcher les livraisons de céréales aux allemands.

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Par dérision, ils se surnomment entre eux "la tribu des écureuils". Leur armement se compose de quelques 3 ou 4 pistolets et 1 carabine (pour 18 maquisards, ce n'est vraiment pas beaucoup). Des villages alentours, voire de Guéret, leur parvient de la nourriture. Tout va bien, l'été se termine doucement... Et puis, à l'aube du 7 septembre, une centaine de soldats allemands encerclent et attaquent le camp !

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Les rafales des pistolets-mitrailleurs crépitent et déciment en quelques minutes ces jeunes français sous-armés. Les blessés sont achevés et, au total, 7 cadavres sont jetés dans l'abri rudimentaire. Puis les soldats allemands, obéissants sans doute aux ordres de leurs supérieurs, balancent plusieurs grenades incendiaires sur les corps. Les 8 survivants présents partent tous en déportation.

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La violence excessive de ce massacre peut laisser penser que les officiers de la  Wermacht voulaient faire un exemple, afin de terroriser les creusois et de stopper ainsi la constitution d'autres maquis. Sur les 8 prisonniers déportés, 5 ne reviendront jamais. L'attaque de ce camp aura donc, au total, fait 12 victimes qui sont les 12 premiers résistants qui se soient fait tuer en Creuse.

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En vous rendant sur les lieux (entre Sainte-Feyre et Saint-George-la-Pouge, sur la D3, à la hauteur de Pétillat ou Maisonnisses), vous entrerez par un étroit sentier dans le bois du Thouraud et découvrirez le camp, quasiment tel qu'il était en 1943. Un imposant monument a été édifié en 1947, non loin de l'abri où dormaient les 18 jeunes maquisards creusois.

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Ce monument a été financé par 20 communes creusoises. Tous les ans, à la date du 7 septembre, une cérémonie se déroule à cet endroit afin de rendre hommage à la mémoire de ceux qui y ont perdu la vie. Le site, véritable musée en plein-air, est entretenu par la petite commune de Maisonnisses et l'Association pour la Mémoire des Victimes du Bois du Thouraud, Premier Maquis Creusois...

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Gabriel Brunet, Georges Cavarnier, John-Allan Collomb, Robert Janvier, Jean-Pierre Maître-Allain, Jacques Nouhaud, Bernard Verbeke, Emile Aureix, Henri Julien, Henri Pollet, Georges Van den Eden et André Vincent sont morts. Marcel Dubreuil, Marcel Guisard et Roger Riche sont revenus de déportation.

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