MARCHOUCREUSE PART A LA RECHERCHE DES TARNAQUISTANAIS DE TARNAC (EN CORREZE OCCIDENTALE DU NORD) !
Au confluent des 2 rivières Voueize et Tardes, en l'an 857, des moines de l'abbaye Saint Martial de Limoges viennent fonder un prieuré à Chambon-sur-Voueize. Au fil des siècles suivant, le bourg grandit autour de ce prieuré... Bon, comme nous sommes aujourd'hui quelques 12 siècles plus tard, nous allons essayer de vous la faire courte (l'histoire) !
En 965, le prieuré devient abbaye et reçoit les reliques de sainte Valérie*. Pendant la guerre de cent ans, en 1440, Xaintrailles (compagnon de Jeanne d'Arc et maréchal de France) assiège la ville de Chambon-sur-Voueize : elle a eut la mauvaise idée de prendre le parti du dauphin contre celui du roi Charles VII !
Bien, la visite continue... Les protestants pillent l'église en 1574 et, l'année suivante, les catholiques dévastent carrément la ville (match nul donc).
Trois châteaux défendaient l'ancienne capitale de la Combraille mais, désolé, il n'en reste rien. Par contre, au nord, sur la route qui va à Lépaud, vous pourrez voir les ruines de l'authentique château du richissime Barbe-Bleue.
L'église de Chambon-sur-Voueize mesure 88 mètres de long pour 16 de haut, mais c'est dans l'abbaye que vous verrez (dans une petite chapelle) le buste reliquaire de sainte Valérie*. En argent doré, il est orné d'un collier fait d'écus aux armes des donateurs : Charles V, Louis II et Jean I, entre autres.
Sinon, entre Chambon-sur-Voueize et Evaux-les-Bains, se trouve Le Châtelet. Cette mine d'or, fermée en 1953, en contient encore mais...
Entrée interdite !
Vous pouvez toujours essayer de tamiser les graviers de la Tardes, sait-on jamais !
Si vous trouvez un petit caillou fluorescent, c'est de l'uranium : jetez-le... loin ! Mais non, on rigole !
Vous pouvez également, belle jeunesse matérialiste, visiter les gorges pleines de promesses de la vallée de la Tardes et admirez l'impudique viaduc métallique qui, tel le soudard Xaintrailles le bien nommé, l'enjambe.
*Il existe 2 légendes au sujet de Valérie (Sainte autrefois trés populaire en Creuse) mais il est difficile de savoir laquelle est la vraie tant les 2 sont crédibles...
1) Une jeune fille (Valérie) s'était promise à un gouverneur romain de Limoges (Silianus). Soudain, Valérie renonce au mariage et décide de consacrer sa vie au monde du spirituel. De rage, Silianus l'a fait décapiter... Valérie est ensuite sanctifiée.
2) Une noble et riche dame (Valérie), au temps des derniers rois mérovingiens, obtient la faveur d'être enterrée auprès du saint évèque Martial, en échange de donations conséquentes à l'église... Dame Valérie est ensuite sanctifiée.
(Rappel : cliquez sur les photos permet de les aggrandir)
Louis d'Aubusson, duc de La Feuillade (par ailleurs maréchal des armées du roi) décide en 1700 (sans doute pour se changer les idées) de créer à La Feuillade (près de Faux-la-Montagne) une usine pour y fabriquer du fer. Le bois (pour alimenter la future forge) y abonde. Quant au minerai, il le fera venir du Berry ! Mais le duc réalise assez vite qu'il est totalement incompétent...
Il cherche alors à vendre sa forge (quasiment neuve). Un parisien nommé Charles Richer de Rhodes se dit intéressé. Il vient en août 1701 visiter l'usine, y rencontre le maître de forge de Saint-Pardoux (qui lui enseigne les rudiments du métier) et apprend qu'une mine de plomb existe non loin : c'est assez pour convaincre Simon Prieur (un ami investisseur, lui aussi de Paris)...
Le 1er janvier 1703, le sieur Prieur signe un bail de 10 ans avec le duc. Moyennant 15.000 livres par an, Richer de Rhodes et Prieur disposeront de la forge et du bois des terres de La Feuillade. Mais De Rhodes s'intéresse surtout aux mines et il obtient que le duc sollicite auprès du roi l'autorisation d'exploiter les mines "connues et inconnues" de La Feuillade...
Louis XIV accorde alors à Louis d'Aubusson un privilège royal de 30 ans qu'il étend aux provinces de la Marche, du Forez, du Limousin et de l'Auvergne. Le duc s'empresse d'en concéder une partie à Prieur contre une redevance de 25 sols pour 100 kilos de plomb et de 10 livres pour 100 kilos de cuivre obtenus, avec cependant une clause restrictive...
Il est en effet stipulé que, si De Rhodes et Prieur ne fabriquent pas 2 tonnes de métal par an jusqu'en 1705, Louis d'Aubusson retrouvera l'usage de son privilège. Les 2 entrepreneurs parisiens déménagent alors la forge et l'installent au sud de Limoges (dans la région de Saint-Junien) où ils font creuser des puits pour trouver du minerai...
Peu après, ils clament à qui veut bien l'entendre qu'ils ont découvert une mine d'acier pur à Pierre-Buffière. En présence du contrôleur royal des mines et de l'homme de confiance du duc, du minerai extrait est alors mis en fusion mais, au bout de 4 tentatives, aucune trace d'acier n'est décelée ! De Rhodes décide aussitôt de se retirer de l'affaire...
Simon Prieur s'associe alors avec des anglais qui (en lui rachetant 40 de ses 64 actions) deviennent actionnaires majoritaires du privilège minier concédé par le duc, ainsi que du bail de La Feuillade et de tout le matériel. En 1705, à la suite de nombreux impayés, les créanciers des anglais obtiennent du juge de Pierre-Buffière la mise sous scellés de tous ces biens...
Le duc cherche aussitôt à reprendre son privilège et l'affaire est confiée le 18 août à l'intendant royal de Limoges. Le 10 décembre, ce dernier ordonne l'abandon de la mine. Les dettes des anglais se montant à 12.000 livres, l'intendant exige du duc qu'il régle cette somme s'il veut retrouver son privilège, plus la mine (abandonnée) et le matériel d'extraction...
Louis d'Aubusson signe alors un nouveau bail avec un dénommé François Violette (investisseur... parisien) qui, pour 50.000 livres par an, aura le droit d'exploiter les mines du Limousin. Une année s'écoule et il ne se passe rien. Le 8 janvier 1707, le duc signe alors un nouveau bail, cette fois avec un certain Guillaume Barbier (investisseur parisien, lui aussi)...
Pour 60.000 livres annuelles, Barbier s'engage à reprendre l'exploitation minière et à rechercher de nouvelles mines. En cas de rupture du contrat, le duc recevra un dédommagement de 10.000 livres. Le 13 mai 1708, la forge est mise en marche et du plomb en sort ! Mais l'activité cesse le 12 octobre, après l'extraction de 32.434 kilos de minerai...
Ce minerai n'a permis d'obtenir que 9.191 kilos de plomb et, le 16 novembre 1709, Barbier abandonne officiellement (et paye 10.000 livres au duc). Le feuilleton (qui semble terminé) rebondit le 21 juin 1712 quand le duc se plaint auprès de l'intendant royal de Limoges que des rôdeurs entrent dans la mine pour y voler du minerai de plomb...
Le duc demande qu'une amende de 3.000 livres punisse chacun de ces voleurs (et que leur matériel soit confisqué !). A la surprise du duc d'Aubusson, l'intendant décide l'interdiction de l'exploitation de la mine de Pierre-Buffière. De plus, le privilège royal accordé au duc lui est retiré et il est même mis en demeure d'en payer les pertes financières...
Le contrôleur royal des mines écrit alors un mémoire dans lequel il remarque que "ceux qui sollicitent des concessions n'ont souvent pour seul objectif que de faire de l'argent avec le privilège qu'ils ont obtenu du roi, sans pour autant investir dans l'affaire, préférant recourir à des capitalistes usuraires" (et notre feuilleton historico-industriel s'achève donc ici !).