Nous sommes à la fin du 18ème siècle et la route qui relie Saint-Léonard-de-Noblat à Champnetery vient d'être rempierrée avec du quartz... dans lequel des traces d'étain sont découvertes ! L'Agence des Mines fait aussitôt des fouilles à l'endroit d'où vient ce quartz mais ne trouve rien. Puis, en 1812, un gisement est découvert à Vaulry, dans les monts de Blond...

St Léonard de Noblat


De Cressac, ingénieur en chef des Mines, tombe alors sur 400.000  m3 de déblais (et d'importants vestiges de travaux miniers datant du temps des Lémovices). Après analyse, les déblais s'avèrent contenir une forte proportion d'étain. Le gouvernement alloue alors 60.000  francs pour des recherches qui durent jusqu'en 1826 et permettent bien de trouver de l'étain mais...

Mortemart


Aucun filon exploitable n'ayant été découvert, le site est laissé à l'abandon. En 1856, la société Destrem-Godefroy décide toutefois de l'exploiter et reçoit la bénédiction d'Ernest Mallard, l'ingénieur des Mines de Haute-Vienne et de Creuse  (qui vient tout juste de prendre ses fonctions à Guéret)... et c'est alors que Destrem-Godefroy détecte des traces d'or à Vaulry !

François_Ernest_Mallard

 


Les exploitants font aussitôt analyser les alluvions des ruisseaux qui descendent vers l'étang de Cieux et ils y trouvent une belle proportion d'étain... et d'or ! L'ingénieur Mallard s'active de son côté et, en 1859, il explore la région de Soumans et découvre un filon de quartz (sur les hauteurs de Montebras) qui a, ici aussi, été exploité du temps des Lémovices

Lavaudfranche


Il est alors certain qu'il vient de trouver un ancien gisement d'étain. Fouille après fouille, Mallard met au jour toute une ribambelle d'antiques mines lémovices et gallo-romaines (au nord de Limoges, dans la région de Bénévent, entre Felletin et Aubusson et d'autres encore au sud de Limoges) et il est fermement convaincu qu'elles étaient toutes consacrées à l'extraction de l'or.

Benevent-panorama vers Lauriere


D'ailleurs, certains noms donnés aux bourgs voisins de ses trouvailles (Laurière, Aurière, Auriéras ou Aurance) le conforte dans son idée. En 1887, l'invention du procédé de cyanurisation de l'or révolutionne cette industrie pour ce qui concerne les nouveaux gisements et rend rentable l'exploitation des mines antiques où il reste encore de l'or et/ou de l'étain...

INSECTOR


Localement, c'est le début d'un désastre écologique : l'utilisation de cyanure, auquel vient s'ajouter l'emploi d'arsenic, va générer quelques dégats durables sur la faune et sur la flore du Limousin. Clémenceau et les dirigeants radicaux de la 3ème République ont alors, il est vrai, bien d'autres soucis en tête (du genre grève générale des ouvriers du bâtiment !).

armes de la 3eme Republique