L'antre discret de l'herboriste de Nouziers
Aujourd'hui, nous voguons pour Eguzon et sa "Fête de la châtaigne". Une étonnante chaleur fait vibrer le bleu ciel de ces derniers jours d'octobre. Les feuillages ont enfin fait crépiter les couleurs du feu. Les ors tintent, les fauves rugissent, les roux pètent et les oranges pelurent...
(MARCHOUCREUSE 23, c'est de la poésie avec de vrais morceaux à l'intérieur !).
Les berrichons d'Eguzon ont soigné la présentation : pancartes en châtaignier au dessus des "échoppes", bérets couleur châtaigne pour les organisateurs, affichettes châtaigne, etc... Tout est châtaigne ! Les tentes blanches des artisans de la châtaigne entoure l'église tandis que, plus loin, celles du salon de la rando s'étalent dans le parc de la Mairie.
Ici et là, de gros poêles sont chargés de griller 1 tonne de châtaignes en 2 jours. Une rumeur insidieuse se répand : cette année, elles sont plutôt véreuses. "Rapport à la chaleur climatique". L'animateur de Radio France Berry monologue sur son grand podium où il parait bien seul. Les enfants s'émerveillent du travail du tourneur sur bois (de châtaignier). Une autre magicienne, la maquilleuse, trace des arabesques sur les joues des petites filles et fait des têtes d'Halloween aux garçons... Même pas peur !
Sous leurs bérets châtaignes, les dames du jury du prix de l'inventivité notent les exposants. Ailleurs se déroule un concours de gâteaux et confitures à la... châtaigne, ouuui ! Quinze tonnes de pommes ont été pressées sur place et ont fourni quelques 5000 litres de cidre bien sucré. De quoi (attention) prendre de la bouteille ! Les Fruits de la Sédelle discutent avec Marie, de Crozant. Ensemble, nous nous étonnons de récolter des framboises en cette saison.
La banda "La châ...telaine" ouvre le salon de la rando en fanfare ! Les notables, après leurs discours, vont pouvoir boire un vin d'honneur. Village Vacances Famille nous affirme que la crise frappe déjà durement le tourisme et, notamment, la clientèle populaire des VVF. L'animateur de Bénévent-l'Abbaye et de son scénovision 3D gesticule et capte l'attention de tout un public fasciné. Face à lui, une impressionnante brochette de 6 animatrices de la Haute-Vienne mijote à l'étouffé.
Une belle salle d'exposition accueille les oeuvres du juif allemand Jacques Riby (1920-1970), ses radeaux aux pierres claires et ses esquisses poétiques. La veille, la randonnée nocturne (qui a drainée plusieurs centaines de personnes) s'est achevée par l'embrasement (volontaire) d'un de ses radeaux, sur un étang proche d'Eguzon.
Il est 12h.05... L'église sonne midi. Une foule très patiente fait la queue devant les grilles de La Marmite à Paulot. A côté, la boulangerie fait office de fast-food (en français dans le texte) et ne désemplit pas. Les vieux remparts cernent la Mairie. Une belle, enlunettée de noir, prend position pour faire le plein de cette douce chaleur. Hummm...
Là-bas, un si gentil pépère peste et râle parce qu'il ne trouve pas de place pour garer sa voiture. C'est bête de s'énerver par une si belle journée ! Si ça se trouve, dans quelques jours, il pleuvra, il fera froid et, comme le dit Jo : "le lac aura pris feu !"
MARCHOUCREUSE 23 A BEAUCOUP AIME :
CREATIONS LA BUENA ONDA 23160 SAINT SEBASTIEN
CERAMIQUES ORTEGA 36200 ARGENTON SUR CREUSE
MUSEE DE LA VALLEE DE LA CREUSE, PARC DE LA MAIRIE 36270 EGUZON
A une petite poignée de kilomètres à l'est de Guéret, la commune de Saint-Laurent a pris l'habitude d'organiser une fête annuelle des citrouilles, potirons, et autres cucurbitacés. Le très vaste parking ne suffit plus et les voitures stationnent partout le long des 3 routes d'accès. La manifestation, désormais trés célèbre, sert aussi de prétexte à la tenue d'une respectable foire commerciale.
Sur la place qui jouxte l'église s'étale une marée orange. La foule, joyeuse et familiale, consacre l'avénement populaire de la photo numérique en mitraillant les légumes. D'aguichantes adolescentes posent à côté des citrouilles géantes, des enfants turbulents et rieurs préfèrent les chevaucher. Les anciens discutent entre eux, ça et là, tout autour.
La foule n'inspire pas que les marchands de tee-shirts, de courges ou de saucissons : un autre vendeur, le député Jean Auclair, a quitté son fief d'Aubusson pour envahir traitreusement celui du député Michel Vergnier. Peut-être tente-il d'inventer une variante à la célèbre "méthode Chirac" (qui "tâtait le cul des vaches") en rendant visite aux citrouilles ? Le public, visiblement, reste indifférent devant la tentative.
Il faut dire qu'il y a des choses vraiment intéressantes à voir ici... De l'océan de potirons qui couvre les pelouses émerge une fontaine de citrouilles de 2 bons mètres de haut... Plus loin, de gracieux jets d'eau anime un bassin emplis de coloquintes... Mais les véritables "stars" de cette concentration sont les monstrueux potirons qui, tels des Sumos avant le combat, alignent fièrement leurs quelques 200 kilos de chairs végétales !
En face, des vendeurs de courges Butternut et de potirons galeux sont assaillis par les connaisseurs qui achètent en masse (le mot est tellement vrai qu'un va-et-vient de brouettes pleines sillonnent la fête jusqu'aux véhicules des acheteurs). La fanfare patrouille aussi, et les notes chaudes des cuivres éclaboussent musicalement les badauds.
Là-bas, une vaste tente abrite une armada d'artistans et de producteurs locaux. Le sculpteur de coloquintes avoisine le producteur-récoltant de miel, les maquilleuses (expertes et minutieuses) décorent de doux visages juvéniles, le jury du concours de confiture aux potirons dégustent et se concentrent. Dans l'église, convertie pour l'occasion en atelier, Françoise Vernaudon fait une démonstration de tissage de tapisserie d'art. Un forgeron et un tailleur de pierre, quant à eux, reste devant la porte.
Une seconde tente abrite, entre autres, une artisane qui propose déja des décorations de Noël en tissus. Elle cohabite avec la forte délégation des piégeurs de la Creuse qui étalent fièrement leur collection d'animaux sauvages empaillés... Dehors, des bénévoles de Les Journées Saint-Laurentaises se dépêchent de gonfler des ballons oranges : l'animateur de la fête a promis un lâcher de ballons dans un quart d'heure !
Alors, lorsqu'elle lèvera les yeux au ciel, la foule en profitera certainement pour admirer, en plus des ballons, le splendide clocher en châtaignier de l'église de Saint-Laurent... Amen.
Pour ce qui nous concerne, nous avons testé le pain au potiron : sa mie est jaune-orangée et il a le goût du... potiron. En tartines, nous l'avons marié avec de la gelée de pommes aux épices... Re-Amen.
En Juin, le ministre de l'intérieur a demandé aux 3 préfets du Limousin de lui fournir une liste des communes qu'il serait possible de regrouper. Il veut réagir face à la diminution des populations rurales, à la difficulté de trouver des maires et des adjoints... et, par la même occasion, compte ainsi réaliser quelques belles économies.
De Guéret, après mure réflexion, le préfet de la Creuse lui adresse en retour un courrier. Dans sa lettre, ce zélé serviteur de l'état affirme qu'il est "souhaitable de supprimer 141 municipalités en Creuse" (soit presque la moitié). Il ajoute qu'il aurait "bien voulu en proposer plus mais, pour les autres, c'est géographiquement impossible"...
Vous pensez qu'il s'agit d'un canular ?
Détrompez-vous ! Tout ceci est rigoureusement authentique ! Précisons toutefois que le ministre en question se nomme Lucien Bonaparte et que sa demande aux préfets date de 1800. La réponse du préfet de la Creuse date de 1801 et elle est toute aussi véridique.
Une fois connu, le projet déclenche une virulente protestation des élus et le gouvernement fait rapidement marche arrière. Finalement, 4 communes seulement sont rattachées à leurs voisines (en 1814). Mais le pouvoir ne désarme pas pour autant : en 1816, il revient à la charge. Le ministre de l'intérieur déclare qu'en cas de refus, les conseils municipaux récalcitrants seront dans l'illégalité !
Parmi les arguments avancés pour justifier les suppressions des toutes petites communes figurent la faiblesse de leurs ressources, la grande difficulté de trouver un maire sachant lire et écrire, et "l'impossibilité de s'opposer à l'envahissement des biens communaux". Mais les élus persistent : la quasi totalité des conseils municipaux creusois votent contre la disparition de leur commune !
Leurs contre-arguments sont que les finances municipales sont saines, que les bâtiments communaux sont bien entretenus et que, de toutes façons, le chef-lieu envisagé par l'état est trop loin ! Face à cette rébellion générale de la Creuse, les gouvernements successifs marchent sur des oeufs et ne suppriment QUE 31 communes.
Une trentaine d'années plus tard, en 1848, le suffrage universel est institué. Changement de stratégie ! Les gouvernants comprennent très vite qu'il est préférable pour eux de maintenir en l'état les très petites communes. Le clientèlisme politique, si prisé par leurs députés ruraux, y est plus aisé. De plus, les électeurs des campagnes restent majoritaires et il serait stupide de se les aliéner en voulant supprimer leurs Mairies, si petites soient-elles.
C'est pour toutes ces raisons que, dans la Creuse, les regroupements de communes cessent jusqu'au milieu du 20ème siècle. Les derniers datent de 1964 et 1973.
A contrario, 5 nouvelles municipalités sont créées dans le département : Pontcharraud, Puy-Malsignat, La Forêt-du-Temple, Lavaveix-les-Mines et La Villeneuve... mais c'est au cours des deux cent dernières années !
"Qu'est-ce que sera demain ? Le début ou la fin ?" (Yves Simon).
En ce qui concerne la tapisserie, la réputation de la Creuse est établie depuis plusieurs paires de siècles... En effet, les maîtres tisserands d'Aubusson et de Felletin oeuvrent depuis le moyen-âge et rayonnent dans tout le royaume. Ainsi, dans ses châteaux, la noblesse de France couvre les murs de ses salles avec de gigantesques (et coûteuses) tapisseries.
L'extraordinaire qualité des ouvrages réalisés dans les ateliers de la Marche fait que la demande perdure dans le temps. Au 16ème siècle, Felletin gagne en importance sur Aubusson : la couronne de France lui donne la préférence pour ses commandes car elle est restée fidèle au catholicisme, alors qu'Aubusson est devenue protestante. Cependant, les deux villes souffrent déjà de la concurrence grandissante des ateliers flamands.
En 1601, le protestant Henri IV interdit l'entrée du royaume aux tapisseries étrangères. Les manufactures de Felletin, Aubusson et Paris, libérées de ce poids, reprennent vite des couleurs. Cependant, en 1620, seule Aubusson, la protestante, est dispensée de droits de douane royale. Elle peut donc librement exporter ses fabrications à Paris. Survient ensuite l'année 1655 qui voit naître la Manufacture Royale d'Aubusson...
La qualité et la production font alors un spectaculaire bond en avant et les commandes affluent !
Environ 2000 ouvriers travaillent désormais à Aubusson. En 1689, Felletin obtient enfin les mêmes droits, mais doit se soumettre au contrôle de la Manufacture Royale... d'Aubusson.
Malgré cette contrariété pour Felletin, les affaires sont florissantes pour les 2 villes et elles vont jusqu'à partager les mêmes dépôts et magasins à Paris.
Les tendances et les styles changent petit à petit : les motifs religieux et bibliques sont délaissés. D'abord d'inspiration gréco-romaine, ils suivent ensuite les modes de Paris, notamment littéraires (en illustrant, par exemple, les fables de Jean de La Fontaine). Après cet "âge d'or" s'amorce un lent déclin. Cette fois, c'est carrément toute la tapisserie qui va passer de mode !
Après la seconde guerre mondiale, la tapisserie renaît un peu à Aubusson. Des artistes comme Fernand Léger et Jean Lurçat prêtent leurs concours et leurs arts à ce retour. Leurs "cartons", fidèlement reproduits par les lissiers, font jaillir quelques chefs d'oeuvres. Aujourd'hui, le 21ème siècle ne semble plus trop favorable à la tapisserie. Les rares ateliers qui fonctionnent encore se tournent progressivement vers le tourisme. Mais... ne jamais dire JAMAIS !
Les photos de tapisseries qui illustrent cette page proviennent de Guéret (de la Salle des ventes aux enchères de Maître Turpin, que nous remercions) et du château de Villemonteix. Afin de ne pas altérer les oeuvres, conformément à la demande du guide qui fait visiter le château de Villemonteix, elles ont été prises sans utiliser de lampe flash (nous remercions également ce monsieur).
Dans son chapeau (ci-dessus) MARCHOUCREUSE 23 vous promet des raids dans la jungle creusoise. "Des promesses, toujours des promesses"... Nous voici donc sur la D22, entre Bussière-Dunoise et Saint-Vaury. Nous vous attendons dans le Peyroux. Vous ne pouvez pas vous tromper : le chemin débute à l'unique intersection du bourg ! Vous laissez la route qui part vers la statue de Saint-Valéric derrière vous et partez à l'opposé.
Au bout de la placette, vous prenez le chemin de gauche. "C'est le moins engageant" ! Oui, mais c'est le bon. Cliquez sur le plan : celui de droite va à la Grande Siauve et vous fait rater toute la partie jungle. N'ayez pas peur ! Vous ne pouvez pas vous perdre ! La ballade est entourée de petites routes. Au pire, elles vous ramènerons à le Peyroux... sur les rotules. Maintenant, vous abandonnez votre dégustation de mûres, ou celle du panorama, et vous entrez dans la jungle !
Voilà ! C'est parti !
Au début, vous suivez le balisage jaune. Le chemin, facile, passe sous le couvert d'arbres menaçants et vous fait discrètement contourner le mont Maumont (615 mètres.). Vous continuez, gambadant gaiement dans cette ligne droite bordée de bruyères en fleur et de papillons quand, soudain, en contrebas devant vous, surgit une route... (C'est la partie la moins "jungle", nous vous le concédons).
Vous tournez à gauche et empruntez la route (malgré la croix de peinture jaune). Vous marchez prudemment sur le côté droit, pendant un petit kilomètre, jusqu'à ce que vous voyiez apparaître une maison. Tout de suite après un double poteau métallique, vous prenez le chemin qui monte doucement sur la gauche. Un peu plus loin, sur votre droite, vous devez voir une petite station de pompage d'eau. C'est bon ?
Vous poursuivez et arrivez jusqu'à un énième réservoir. Là, vous laissez la piste et le bois de sapins devant vous, et tournez sur votre droite. Vous devez rapidement (100 m. environ) vous engager sur la gauche et monter, jusqu'à voir une prairie au travers des arbres.
Ensuite, vous prenez le chemin de gauche, puis celui de droite. Vous montez courageusement. Vous devez toujours monter ! Lorsque celà ne montera plus, la route qui vous raménera à le Peyroux sera en vue. En partant à gauche, vous y parcourerez les malheureux 500 m. qui vous séparent de votre somptueuse berline. Une simple formalité ! Alors ? Heureuse/heureux ?
Avant de vous rendre sur place, pour vous mettre dans l'ambiance, repensez très fort à l'excellent film de J.J.Annaud : "Le nom de la rose"... A présent, allons-y ! L'abbaye de Prébenoit se situe entre Châtelux-Malvaleix et Boussac, (sur la D3, vers Bétête. Vous la quittez pour un court chemin, lequel mène à un parking de terre battue). Mais pour l'heure, que diantre, entendez donc l'histoire mouvementée de l'abbaye de Prébenoit...
L'endroit est proche de la Petite Creuse et, en outre, traversé par un ruisseau. Cela convient fort bien à ce groupe de moines venus de Dordogne, vers l'an 1140. Il décident donc d'y fonder une abbaye. Ils détournent le ruisseau, mettant ainsi en eau le fossé, ce qui les protège contre les brigands. Ce fossé entoure l'église en construction (laquelle contient aussi les logements des moines). En 1162, la jeune abbaye de Prébenoit est alors rattachée à l'ordre des cisterciens.
L'abbaye est sous la protection de la famille de Brosse (seigneurs de Boussac), alliée par mariage à celle de Déols (seigneurs de Châteauroux), ainsi qu'à celles des seigneurs de Malval, de Nouzerines et d'Ademar. Cousines et cousins berrichons donc, tous financent et font des dons à l'abbaye de Prébenoit. (On appelle cela l'alliance du sabre et du goupillon !)
L'abbaye, jusque là, a été épargnée par la guerre. Elle sera pourtant renforcée par un second fossé, plus grand et plus profond*. Les soldats, au retour des combats, ne seraient pas étrangers à cette mesure préventive contre les meurtres et les pillages. Par ailleurs, le seigneur de Malval ayant été fait prisonnier, l'abbaye participe au paiement de la rançon et subit ainsi une sévère perte de revenus.
*Il y en a même un troisième à 150 m. de distance.
Roger de Brosse, se sentant décliner, fait un don conséquent à l'abbaye et demande à être enterré dans l'église abbatiale. Ce sera fait en 1287, année de sa mort, et son cercueil est même placé devant l'autel. A Prébenoit, chaque jour, les religieux d'origine paysanne sont chargés de l'entretien des champs et ceux de noble extraction s'occupent des copies de manuscrits.
("Le nom de la rose", on vous dit !).
Pendant les guerres de religions, en 1590, l'abbaye tombe aux mains des protestants. L'année d'après, avant que les catholiques ne la reprennent, les vilains huguenots pillent et incendient les bâtiments, cassent les digues des étangs en amont, inondant ainsi les lieux avant de prendre la fuite. L'abbaye est en ruines. Elle reste ainsi, à l'abandon. Est-ce la fin ? Non, non, non, car...
En 1621, l'abbé Mathieu de Vertamont est nommé par le roi pour "relever" l'abbaye. Les moines s'attèlent à la tache, récupèrent des colonnes, des morceaux de chapiteaux et des ornements provenant de l'église abbatiale, ainsi que des pierres tombales, et les utilisent pour rénover la façade des bâtiments conventuels.
Les réparations se poursuivent bon an, mal an, jusqu'en 1715. La communauté des moines a quelques difficultés financières. En 1750, un comte achète l'abbaye de Prébenoit aux religieux et la convertit en exploitation agricole. Mais, après la Révolution Française, le domaine est de nouveau laissé à l'abandon.
Aujourd'hui, de l'église abbatiale, il ne reste que quelques pans de murs, des morceaux d'arc, un tronçon de tour et le fantôme de Roger de Brosse. Les bâtiments monastiques sont, quant à eux, en assez bon état. Les carrelages moyenâgeux et la sépulture de Roger de Brosse ont été mis à l'abri dans des musées. Une croix, provenant du mobilier de l'église abbatiale, a été identifié à Baltimore (USA).
Prébenoit est l'unique abbaye cistercienne de la Creuse qui soit accessible au public. Depuis 1968, des équipes de bénévoles s'emploient bravement à la restaurer. L'association Prébenoit en Marche (Abbaye de Prébenoit 23270 Bétête, tel : 05 55 81 07 26) y organise régulièrement des expositions, des concerts, des foires aux livres, ainsi que des visites guidées (les samedi et dimanche uniquement).
(Passage secret pour éviter le fantôme de Roger de Brosse...)
Nous remercions Christine et Jean-Philippe, de l'association Prébenoit en Marche, sans l'aide de qui nous n'aurions pas pu écrire une page aussi bien documentée. Qu'ils nous pardonnent si, malgré cela, nous proférons quelques âneries.
Enfin les vacances ! Au départ d'Amsterdam, au petit matin, vous avez mis le cap au sud pour le Roussillon et la mer. Vous avez roulé 11 heures dans les ralentissements et les embouteillages. A présent, vous avez dépassé Châteauroux depuis une bonne demie-heure.
La A 20 épouse les premiers reliefs du Limousin. Elle traverse maintenant une splendide vallée couverte d'arbres. Un panneau indique : Monts d'Ambazac. Subitement, vous craquez ! Vous dites à votre (compagne/compagnon) : "On sort !" et, joignant le geste à la parole, vous mettez votre clignotant et... sortez de l'autoroute !
Un immense étang borde la D5. "Défense de pécher et de se baigner"... Dommage ! Mais, n'ayez crainte, l'aventure vous attend plus loin ! Vous parvenez à Ambazac et dénichez la D44 qui vous emmène, à travers la forêt, jusqu'à Saint-Sylvestre, puis la D78 jusqu'à Saint-Léger-la-Montagne.
Là, à l'Auberge des Trois Clochers, vous attend un jeune et sympathique couple qui saura vous régaler et vous surprendre par la qualité de sa cuisine (formule tout compris, de l'apéritif au café inclus, pour un prix raisonnable).
Les monts d'Ambazac dominent de très vastes étendues, couvertes d'abondantes et épaisses forêts qui disputent cet espace farouche aux gras pâturages du Limousin. L'itinéraire de petites routes que vous parcourez vous offre de merveilleuses vues panoramiques. N'hésitez pas à vous arrêtez pour les savourer !
Vaillant comme vous l'êtes, vous reprenez le volant ! La D50 vous conduit à la Jonchère Saint-Maurice où vous prenez la D 108 (puis la D8 et la D57) jusqu'à Saint-Goussaud.
Dans l'église de ce bourg, une petite figurine toute piquée d'épingles vous intrigue. Les demoiselles qui y plantent la leur sont persuadés que, grâce à ce geste, le saint trouvera un mari... à chacune d'entre elles (?) Plus loin, une lanterne des morts : jadis, elle éclairait la nuit de sa flamme funèbre. Puisqu'on vous dit que c'est l'aventure !
Après Saint-Goussaud, la D48 puis la D5 vous ramène dans le monde du matérialisme à Mourioux-Vieilleville (connu pour son gigantesque rassemblement annuel de véhicules anciens).
Quelques kilomètres plus loin, le bourg de Bénévent-l'Abbaye s'offre à vous : toute l'année, le Scénovision vous fait voyager dans le temps et vous raconte l'histoire de la liqueur Bénéventine. Une petite particularité devrait vous séduire : vous êtes dans l'histoire, assis dans le décor... si, si, c'est vrai !
Loin des hordes en chemises bigarrées, lunettes de soleil sur le front, sandalettes de marque en éventail et appareil photo saillant sur la bedaine, vous venez de découvrir des horizons et une culture paysanne que peu de touristes connaissent. Vous avez su voir et découvrir. Vous en êtes ravis !
Pourtant, la-haut, dans les grandes métropoles du nord, des clichés ridicules continuent de circuler sur la Creuse et sur le Limousin.
Alors, tant pis pour eux !
Et tant pis aussi pour ceux qui ne savent pas lire les paysages !
C'est le 29 juillet que tout a commencé : les historiens présents sur les lieux sont formels ! En attendant, lorsque nous arrivons, tout est encore calme. Sur le parking du moulin de Piot, les véhicules des participants à la première Université Libre de la Creuse (à Chéniers) sont sagement alignés. Une voiture de Gendarmerie stationne aussi parmi les berlines... Un représentant de la maréchaussée a été cordialement invité à l'inauguration et au pot d'accueil.
Nous gravissons discrètement les marches menant à la salle où une trentaine d'élèves de 20 à 80 ans écoutent déjà les savants orateurs (J.M. Dauriac et E. Bonhomme). Ces derniers vont longuement expliquer les différences dialectiques qui séparent les mots révolte, manifestation, peuple, lutte, révolution, etc...
"C'est intéressant !" "Oui, mais long !" "Oui, mais intéressant !"
"Oui, mais long !"...
Les phrases du jour : "Aujourd'hui, les révolutions sont devenues impossibles" (mais) "Nous ne savons pas jusqu'où peuvent aller les révoltes aujourd'hui". Une question dans la salle ?
Bref, le temps passe, et nous voilà rendu à l'heure du repas. Ensuite, projection du film de Colline Serreau "Solutions locales pour un désordre global" qui sera suivi d'échanges sanglants (car c'est là, comme chacun le sait, que le débat blesse) ! Pour l'heure, en contrebas, à côté du moulin, un groupe de musiciens rebelles chante et joue devant la terrasse et les clients du restaurant "Chez Tonton". L'endroit respire la fraîche guinguette, version 21 ème siècle.
Le lendemain, nous séchons les ateliers de "révoltes ouvrières, paysannes, urbaines et féminines", afin de garder toutes nos forces pour l'atelier de "révolte contre la chimie au jardin". Nous y apprenons que les produits chimiques sont présents dans tout ce que nous achetons, que ces produits y sont pour beaucoup dans les cancers, le diabète, la maladie de Parkinson, et que ce n'est vraiment pas la peine d'en rajouter (même pas un misérable gramme) dans son propre potager !
L'animateur (vice-président de l'association qui produit des légumes sans produits chimiques au JARDIN SOLIDAIRE de Chéniers) poursuit sa conférence en nous expliquant comment s'en passer. Il donne des dizaines d'astuces très simples, tel le paillage, les associations de plantes, la fabrication d'un bon compost, etc... Toutes ont déjà fait leurs preuves chez les jardiniers qui veulent manger (et faire manger) des légumes sains !
Dimanche, nous séchons les ateliers de "révoltes d'Amérique et du monde arabe" (oui, nous avons un peu honte, c'est vrai) afin de garder toutes nos forces pour la table-ronde-débat-public de "révolte des territoires en France", avec élus et représentants de l'état. Le clou de cette université populaire !
Les organisateurs remercient les courageux 3 élus locaux qui sont venus et déplorent qu'aucun représentant de l'état ne soit là pour expliquer une réforme qui prévoit pourtant de chambouler une grande partie des avancées de 1789*. C'est dommage que monsieur le ministre François Baroin n'ait pas pu avancer ses vacances en Creuse (?) de quelques jours ! Il serait venu, évidemment.
* C'est le début d'un truc qui s'appelle Révolution Française.
Le film de Fernando Solana "La dignité du peuple" nous a mené à la nuit tombante. L'heure était donc venu de descendre "Chez Tonton" pour partager le repas de clôture de ces trois jours. Découvertes mutuelles... Deux de nos voisins de tables cultivent leur petit potager en plein coeur de Bordeaux... Deux autres habitent dans un village vertical (un immeuble) à Saint-Denis (93) et envisagent d'aller s'installer dans le Périgord... Tout le monde est resté calme. Et, à l'heure du café, personne n'a cassé son gobelet en plastique !
Aujourd'hui, si vous le voulez bien, nous vous emmenons faire le trajet magique que parcoururent Maurice Rollinat et son ami le "père des impressionnistes", à savoir... Claude Monet (1840-1926) ! La commune de Fresselines (entre Crozant et La Celle Dunoise) a d'ailleurs bien fait les choses : d'artistiques totems de métal agrémentent le parcours et nous font partager les humeurs du célèbre peintre. Mais, assez de bavardages ! Allons-y de ce pas !
Vous partez de l'église pour emprunter la D44 (direction Nouzerolles) vers le manoir de Puy-Guillon (fortifié en 1444) et descendez jusqu'au cimetière. Une centaine de mètres plus bas, sur la gauche, commence le sentier. Il descend gentiment et les affleurements de rochers rendent aisée la plongée* vers la Petite Creuse. Vous arrivez ensuite à un antique et étroit pont qui la traverse. Une agréable aire de pique-nique a été aménagée sous les arbres de sa berge.
*Sauf s'ils sont mouillés !
Tout de suite après le pont, le chemin part sur la gauche, sous le taillis, et épouse un chambon (une courbe) de la Petite Creuse. Il longe ensuite la rive de près et offre, à qui sait regarder, la vision d'extraordinaires tableaux naturels, fait d'arbres noueux, de rochers à demi émergés et de reflets impressionnistes... Comme si le fantôme de Claude Monet avait peint la nature !
A peine vous êtes-vous remis d'avoir senti le souffle spectral de l'artiste sur votre nuque qu'une autre épreuve (physique celle-ci) vous attend : la traversée d'un passage à gué sur des plots ronds en béton ! Une chaîne, tendue d'une berge à l'autre, vous y aidera. Il est d'ailleurs plus que probable que, si le niveau de l'eau est assez élevé*, vous serriez très fort cette rassurante grosse main-courante en métal.
* Si les plots sont submergés, le courant est trop fort : il y a danger ! En ce cas, nous vous conseillons de ne pas traverser !
A la sortie du gué, vous partez sur la droite. Une allée d'inégales dalles rocheuses et de racines mélées suit la rivière, avant de se transformer en pelouse et d'arriver au pied du lit nuptial où Creuse et Petite Creuse s'unissent et se mêlent. Claude Monet tombe sous le charme de l'endroit et en peint plusieurs toiles. Et, aujourd'hui comme hier (en 1889), il est impossible à quiconque de nier que ce lieu est habité d'une imposante majesté.
Vous remontez ensuite le long de la Creuse, avant de vous en éloignez en gravissant un chemin boisé. En haut, vous apercevez Fresselines et son clocher, au pied duquel est garé votre rutilant véhicule. Face à l'église, la maison où Claude Monet a habité est ornée d'une plaque commémorative. Dans Fresselines, de nombreuses galeries d'artistes attendent votre visite. Accordez-leur un peu de votre temps : un futur Monet s'y cache peut-être !
"Cette rivière qui baisse, remonte, un jour verte puis jaune, tantôt à sec et qui demain sera un torrent (...)".
" (...) Ce que je craignais est arrivé, la Creuse a grossi et est toute jaune, ce qui va m'empêcher de travailler à certaines toiles (...)".
"Je suis terrifié en regardant mes toiles de les voir si sombres. Ça va être une série lugubre ".
(lettres de mars et avril 1889).
Et oui, la nature est capricieuse ! Mais elle est si belle... surtout ici, en Creuse !
N'est-ce pas ?
Petit rappel...
En cliquant sur les photos, vous les aggrandissez !
(A déguster sans modération !)
Pour emprunter le chemin discret et cahoteux qui mène au champ de chanvre de Jacques Longchambon (actuel Maire de Crocq) la prudence est de rigueur...
Et quand nous parlons de prudence, c'est uniquement pour vous prévenir qu'il y a là des ornières assez profondes pour malmener durement un véhicule ordinaire.
Ce chemin plat est d'ailleurs aisément faisable à pied !
Après un kilomètre, vous trouvez sur votre gauche un pont de bois qui franchit la Tardes. Sur l'autre rive de cette timide rivière vous attendent (à votre droite) le champ de chanvre du Maire et (à votre gauche) l'antique moulin que ses amis et lui ont mis 10 ans à restaurer. Ayant cessé de fonctionner en 1905, le moulin était devenu un tas de pierre. Aujourd'hui, il est de nouveau en état de fonctionner et est un des 2 derniers moulins à chanvre de France.
Le moulin à chanvre "Chez Canard" ne se visite qu'une fois toutes les 2 semaines. C'est l'intarissable et sympathique Maire de Crocq qui fait lui-même office de guide auprès des groupes de personnes qui ont pris soin de réserver à l'office de tourisme de Crocq, sur place ou par téléphone (au 05 55 67 49 02). Le moulin à chanvre ne se découvre donc jamais en visite libre... C'est comme ça !
Bien. Il est temps désormais de vous dire à quoi sert ce chanvre, par ailleurs dépourvu de toute propriété hallucinogène (vous en doutez ? Demandez donc à la gendarmerie de Crocq !)... Les tiges sont déchiquetées et le meunier en extrait une filasse. Elle servira à réaliser, soit des cordages, soit du fil qui, après tissage, procurera une toile rugueuse et grossière...
Et c'est là qu'intervient le moulin... Et c'est là qu'intervient son propriétaire, le passionnant Jacques Longchambon, qui vous dira tout sur le bief, sur le foulage, sur l'argile mise dans la toile, sur le séchage dans l'herbe à la lueur blafarde de la lune... avant de devenir un robuste drap, un pantalon élégant ou une confortable chemise de chanvre.
Bénévent-l'Abbaye, vous situez ? C'est entre La Souterraine et Bourganeuf ! Et bien, à 5 km. au sud de Bénévent-l'Abbaye, sur la D5, vous trouvez Mourioux-Vieilleville. Et, dans ce modeste bourg, l'évènement qui y est devenu majeur est, assurément, sa gigantesque Concentration de Véhicules Anciens. Elle se déroule chaque année le premier Dimanche de juin !
Il n'est pas encore 10 h. lorsque nous parvenons à Vieilleville. Par prudence, nous nous garons à l'entrée du bourg et en rejoignons à pied le centre. Deux places pavés acceuillent une maigre douzaine de voitures d'avant 1980. Nous sommes plutôt déçus. A quelques mètres, une succulente exposition de vieilles motos nous console un peu...
Et soudain, une horde de vieux chevaux vapeur surgit ! Il en arrive encore et toujours, de toutes les couleurs ! Nous dégainons et mitraillons tout ce qui bouge et se photographie. C'est un véritable défilé de marques, connues ou pas, où presque toutes les décennies du 20ème siècle sont représentées ! Nous jubilons comme des enfants tombés dans la hotte du Père Noël... au mois de juin !
A cent mètres de ce tumulte, un long chapiteau regroupe des milliers de véhicules miniatures. Les visiteurs y défilent dans une ambiance de cathédrale de toile plastique blanche. Deux perfides parents, à l'entrée, ordonnent à leur malheureux rejeton de mettre ses mains dans ses poches. Quelques secondes plus tard, devant une pièce rare, la mère lâche : "Oh ! Celle-là, je ne l'ai pas dans ma collection".
Dans les rues, de vieux monocycles, bicycles et tricycles circulent au milieu d'une foule admirative et débonnaire. Le groupe Icoranda exécute des danses folkloriques d'Auvergne et du Limousin. Les pas des danseurs nous entrainent dans un pré voisin où sont exposés des dizaines de tracteurs et autres engins agricoles hors d'âge.
Quand nous parvenons enfin à quitter Vieilleville, nos yeux restent longtemps emplis par les reflets brillants de ces centaines de belles carrosseries. Elles ont été créées à des époques où l'aérodynamisme comptait moins que l'esthétisme... Jugez en : regardez l'album "AUTOS ANCIENNES/OLD CARS".
Félicitations au Comité des Fêtes de Mourioux-Vieilleville, à Auto Rétro Limousin, à l'Amicale Creusoise des Véhicules d'Epoque, à Rétromobiles Limousines, au Club Autos Motos Anciennes Feytiat, à l'Automobile Club Limousin, à Américan Car Légend Limousin et à Tacots de Haute Corrèze !
Sur des photos datant de l'autre siècle (le 20ème en l'occurence), chacun peut constater que le clocher de Saint-Georges Nigremont ne possède que 2 cloches et que, à leur gauche, se trouve le cadran d'une horloge. "Rien, jusque là, de bien mystérieux !" pensez-vous si fort que nous l'entendons même à travers notre écran.
Et bien voilà... Le problème est qu'aujourd'hui le clocher possède 3 cloches ! Et ces trois cloches là, qui plus est, sont de 3 tailles différentes ! Alors ? Vous qui pensez si fort, dites-nous ? Cette 3ème cloche, elle sort d'où ? Et bien nous, MARCHOUCREUSE 23, après avoir mené une enquête approfondie, sommes en mesure de vous le dire !
Sachant qu'une bonne enquête doit commencer par le café du village, nous nous y sommes rendu. Là, un ancien élu de Saint-Georges Nigremont nous a fait des confidences... La 3ème cloche viendrait de l'école ! (Lors de travaux de réfections de toitures, la cloche de l'école n'aurait pas été remise en place. Par la suite, cet ancien élu aurait décidé de la faire installer dans le clocher de l'église). Ce ne serait qu'une fois mise en place que les habitants auraient réalisé que cette cloche là était minuscule et... terriblement ridicule !
Permettez-nous, derrière nos petits rideaux, d'être septiques ! En effet, comment un élu de la République laïc aurait-il osé détourner une cloche appartenant à l'école publique pour l'offrir au clocher d'une église concurrente ?
Non, non, c'est franchement inconcevable ! Et comme on le disait autrefois en Corrèze* : "Inutile de nous raconter des histoires abracadabrantesques !"
La vérité doit forcément être ailleurs...
*Département présumé innocent.
Avez-vous remarqué, par exemple, que les 2 cloches de droite n'ont pas la même taille ? Imaginez un instant que la plus grosse soit un mâle, venu de Rome, et l'autre une femelle ? Imaginez aussi que la troisième, qui est vraiment toute petite, soit en réalité l'enfant de ce couple bronzé ? Vous imaginez le "scoop" pour MARCHOUCREUSE 23 ? Vous imaginez ? Vous imaginez ?
Bon... Voilà... C'est tout pour aujourd'hui !
Autant vous prévenir à l'avance : si la ballade que nous vous proposons ci-dessous ne comporte pratiquement aucun dénivelé, elle n'en fait pas moins une bonne douzaine de kilomètres, et en très grande majorité sur route. Nous vous DECONSEILLONS donc de lourdes chaussures de marche. Vous leur préférerez, sans aucun doute, une bonne paire de chaussures de course à pied (ou, en bon français, de jogging).
Vous garez (s'il vous plaît) votre voiture à la sortie de Chénérailles, avant la naissance de la D55, qui va à Lavaveix-les-Mines et Ahun. Muni de pique-nique et gourdes, vous empruntez assez vite la minuscule route qui part sur la droite, sous la forêt, en direction de Villemonteix. Avant le petit étang, sur l'aire de pique-nique*, un panneau indique "plage"... Gardez plutôt cette séduisante idée de baignade pour le retour. C'est juste un conseil, comme ça.
*Oui, éventuellement, vous pouvez aussi laisser votre auto à cet endroit !
Vos super rapides chaussures de course (et vous) cheminent de concert dans la forêt. Oh ! Vous voici déjà arrivé au château de Villemonteix (voir l'excellent article de MARCHOUCREUSE 23 qui en parle)! Là, un peu d'attention, s'il vous plait : vous devez prendre la petite route qui part sur votre gauche lorsque vous êtes FACE au château !
Vous ne le savez pas mais vous marchez en direction d'Ecurat. Les oiseaux gazouillent très fort, ce qui fait ruminer les vaches dans leur coin. A Ecurat, un panneau vous interpelle en silence... Entrez ! L'Atelier d'Art du Jardin est tenu par un couple charmant et très, très britannique. Selon l'heure, vous pourrez y prendre un rafraîchissement ou du thé (english, of course) avant de visiter le jardin et la boutique.
A la sortie d'Ecurat, vous retrouvez la D55. Vous la prenez en allant sur la gauche. Bien que ce ne soit pas une autoroute, n'oubliez-pas que vous n'êtes plus sur une minuscule route !
Allez, courage : il ne vous reste "plus que" 4 km. pour rejoindre votre véhicule et... à vous les joies de la plage et de la baignade dans l'étang !
Vous voilà, toujours fidèles au rendez-vous ? Celui que nous aurions pu nous fixer, sur le parking, face à la Mairie d'Anzème, à 12 km au nord de Guéret. Nous nous serions penché au dessus du muret et aurions gôuté le panorama sur les gorges. Ensuite, nous aurions demandé la clé en Mairie, aurions laissé une pièce d'identité en échange, et aurions admiré ensemble les boiseries et autres objets cultuels présents dans cette église dont le clocher a été bellement refait en bardeaux de châtaigniers. Puis, nous serions partis à l'aventure...
Celle-ci commence sur la D14 que vous descendez (sans nous) vers le Pont du Diable. Vous n'irez pas jusque là car vous quittez la route avant, dans le virage en épingle à cheveux, et dégoulinez sur une sorte de piste goudronnée qui se termine... dans la Creuse ! Pas de panique ! Sur la gauche, presqu'à contre-sens, un chemin longe la piste que vous venez de descendre et s'éloigne de la rivière en longeant un ruisseau nommé La Siauve.
Vous progressez tranquillement. Vos narines frétillent et vos yeux pétillent. Aprés une douce mais interminable montée, vous parvenez au village de Le Theil. Vous traversez la route et vous engagez dans un nouveau chemin, dans le même axe que votre grimpette. Vous laissez, du coup, une ferme sur votre gauche et le village sur votre droite. (Au sortir de ce chemin, nous vous autorisons à faire une pause et à vous désaltérer. Mais n'abusez pas, hein !) Vous continuez sur une longue ligne droite macadamisée qui vous laissera découvrir les sommets alentours avant de redescendre droit sur Courtille. Vous suivez toujours ?
Vous restez sur la route et, fiers piétons, remontez par le sens interdit dans Courtille. En haut, vous ne prenez pas la route à gauche mais, un peu plus loin, LE CHEMIN qui part à gauche. Il vous conduira à l'étang de Courtille... si, si ! Vous passez cet étang par la gauche et remontez en suivant les balises jaunes. Vous atteignez sans peiner Birat. Vous traversez le village et continuez tout droit.
Vous rejoignez alors un ruisseau que vous connaissez déja, La Siauve. Sans franchir son petit pont, vous pouvez emprunter le chemin qui va tout droit vers les cascades de Mouline. Vous reprenez ensuite le même itinéraire et, cette fois, franchissez le pont. Vous remontez alors jusqu'à la route que vous prenez à gauche. Un peu plus loin, sur la droite, naît un chemin qui vous conduira en douceur jusqu'à votre voiturette. Et bien voilà, c'est fait !
Cette ballade, longue de 5 kilomètres environ et agrémentée de côtes aux dénivelés demandant une bonne forme physique, peut également se faire en une version plus longue qui "pousse" jusqu'au village de Le Vignaud, offrant ainsi une belle vue sur le site d'escalade des Rochers de Jupille. Si vous descendez voir le Pont du Diable, remontez demander des détails à l'Office du Tourisme de Champsanglard. Vous pourrez même leur donner le bonjour de MARCHOUCREUSE 23 !
Un des magazines anglais de Creuse signale à ses lecteurs la tenue du Salon de la Gastronomie et des Vins, à Saint-Vaury (near Guéret) du 20 au 22 mai. L'entrefilet précise même : "Free entry"*. C'est peut-être intéressant ? Allons voir ! Nous prenons donc la route pour Saint-Vaury, notre auto et nous...
*Ça veut dire "Entrée gratuite" !
Nous y sommes. Dans le hall d'entrée, se trouve un panier garni, à gagner en participant à une tombola. Bof !... Soudain, un gaillard surgit et nous annonce que l'entrée est à 1€, et que cela nous donne droit à un numéro de tombola gratuit (?). Nous sommes étonnés. Nous lui expliquons que nous avons lu dans un journal que l'entrée était gratuite.
En guise de réponse, il nous montre une affiche sur la porte qui parle d'une entrée payante et que, donc, nous n'avons rien à dire. De plus, de nos jours, "il n'y a plus rien de gratuit" nous dit-il ! Nous lui déclarons, avec diplomatie, que ses propos nous mettent mal à l'aise. Le cerbère rétorque sèchement qu'il n'y a pas lieu de discuter, et termine par plusieurs très inamicaux "au revoir" ! Donc...nous partons !
Et nous partons pour le Puy des Trois Cornes où nous découvrons, par le plus grand des hasards, un lieu véritablement idyllique ! Un champ entier de belles et grandes orchidées sauvages y mêle sa palette d'aquarelle à une herbe d'un vert velouté ! Les papillons vont et viennent, au gré de leurs envies. Là, justement, un couple aux couleurs de feu copule en tentant de voler vers le septième ciel (le célèbre baiser papillon).
Plus loin, un autre (un gastronome, assurément) s'énivre du nectar d'une fleur de chardon. A tel point qu'il ne fuit même pas devant notre objectif ! A quelques pas de nous, un beau rond d'herbes couchées nous offre son mystère. Est-ce là l'oeuvre de quelques chevreuils venus se reposer dans l'ombre... ou serait-ce un couple d'humains qui, comme les papillons roux, auraient cherché ici son paradis des sens ?
Voilà pourquoi, chères lectrices et lecteurs, vous ne verrez pas de photos de ce Salon de la Gastronomie et des Vins de Saint-Vaury. Mais vous conviendrez peut-être avec nous que, grâce à son attitude aussi peu gracieuse que possible, Monsieur le cerbère nous a, finalement, rendu service !
Pour vous remercier de votre "beau geste", Monsieur le cerbère, nous vous dédions ces quelques photos. Si, si, acceptez : c'est cadeau ! Et n'oubliez pas que, de nos jours, outre ces photos et le merveilleux spectacle de la nature, il y a encore beaucoup, beaucoup, de choses qui restent gratuites ! Hélas, il semblerait que vous l'ignoriez... Et, pour cela, nous vous plaignons ! Beaucoup.
Nous parvenons à l'entrée de Chénérailles, fébriles comme des baudets qui voient se dandiner sous leurs naseaux une carotte au bout d'une perche... Rendez vous compte : nous allons enfin découvrir la célèbre foire aux chevaux de Chénérailles !
Hélas, cela commence mal ! "Gilet jaune" nous détourne dans un étroit chemin cahoteux où nous nous retrouvons nez à nez avec une autre voiture (et 3 véhicules qui nous collent au train !). Le conducteur d'en face accepte de reculer et nous laisse passer. Quelle foire ! Nous nous garons vite dans l'herbe et partons à l'assaut de Chénérailles...
Nous sommes dans la rue qui longe l'église. Les étals qui la remplissent bruissent des incessants bavardages des poulettes, canetons, oisons et autres pigeons, entassés en plein soleil dans d'étroites cages bigarrées. La foule se presse. Beaucoup achètent et emportent à bout de bras des cartons cerclés de ficelle et percés d'ouvertures rudimentaires par où la volaille vendue passe un oeil inquiet.
Mais où sont donc les chevaux ? Nous commençons sérieusement à nous interroger... Ah, pour sûr, il y a de tout : des vêtements "baroques", des manèges, des spécialités auvergnates, de la maroquinerie africaine, des plants de légumes et de fleurs, des casse-croûte, des frites, un camelot* mais de chevaux... que nenni !
*un camelot qui nous donne-non-pas-1-ni-2-ni-3-ni-4-mais-5-de-ces-rutilants-ustensiles-oui-madame-qui-ôtent-avec-délicatesse-leurs-peaux-aux-légumes-le-tout-pour-10-petits-€-plus-le-presse-agrumes-en-véritable-plastique !
C'est au moment où nous envisagions la terrible possibilité qu'il n'y ait plus de chevaux à la foire au chevaux de Chénérailles que nous les apercevons enfin ! Ils sont en contrebas, masqués par le député Jean Auclair et une demie douzaine de gendarmes qui discutent avec lui, au beau milieu du passage. Comme nous sommes polis, nous ne nous mêlons pas à la conversation. Nous, tout ce qu'on veut, c'est voir les chevaux !
Nous circulons, sous les feux du soleil, au milieu de cet assemblage hétéroclite d'équidés de toutes tailles et de toutes couleurs, le poil terne ou luisant, la panse arrondie, autant les mâles taciturnes que les larges femelles musclées, calmes ou nerveux, en pleine forme ou amorphes. Quelques-uns des maquignons qui palabrent alentour ont subis, il faut le reconnaître, un étonnant et terrible mimétisme.*
*Désolé si, parmi nos nombreux lecteurs anglophones, certains ne saisissent pas tout le sel et la finesse des 2 phrases qui précèdent...
Mais il est grand temps pour nous de tenter de quitter Chénérailles pour aller déguster notre pique-nique au bord d'un des nombreux étangs qui cernent cette ville multi-millénaire !
Adressons, au passage, un aimable salut à nos voisins britanniques de
Les 2 foires annuelles aux chevaux de Chénérailles se tiennent le 2ème dimanche de mai et d'octobre !
Au sud de Gouzon et à l'est de Ahun, vous pouvez trouver la bonne ville de Chénerailles. Vous vous y retrouvez ? Bien, alors ne vous arrêtez pas car nous partons tout de suite (à quelques kilomètres seulement) pour le château de Villemonteix...
Villemonteix est un château fortifié du 15ème siècle qui est relativement bien conservé. Il a été un peu modifié au XVIIème et au XVIIIème siècle, période où il fut "modernisé". Pierre Lajoix l'achète en 1982 et, l'année suivante, en entreprend respectueusement la restauration. Il commence par le pigeonnier qui est à l'entrée et qui faisait partie (puisqu'à l'origine bordé de remparts) du système de défense.
Avant Pierre Lajoix, le précédent propriétaire (un médecin) loue le château à un fermier. Celui-ci, pendant des années, non seulement ne l'entretient pas mais, en bon agriculteur, y stocke du GRAIN et de la PAILLE ! Comme vous pouvez vous l'imaginez, les planchers et les boiseries murales supportèrent assez mal ce traitement !
La visite vous mène de salle en salle et, étage après étage, vous atteignez (peut-être) les créneaux de la tour carré, tout à fait en haut, au dessus de la salle des gardes. Ceux qui n'ont pas le vertige pourront admirer le paysage alentour et ses innombrables étangs.
Au premier et au second étage, vous découvrirez comment les médiévaux habitants faisaient leurs besoins assis au dessus du vide, mais aussi au dessus de ceux qui, dans la cour du château, avaient la mauvaise idée de passer là !
Notre guide nous expliqua que l'argent que nous donnions (pour la visite) au propriétaire de ce château PRIVE était sa seule source de revenus pour pouvoir le rénover. Il ajouta que ni le département ni la région ne lui donnaient de subventions PUBLIQUES.
Nous avons vite écrasé une grosse larme avant de continuer à admirer les collections (PRIVEES ?) de meubles d'époque, de bibelots précieux, de très anciennes tapisseries d'Aubusson et autres rarissimes service à vaisselle en porcelaine de Limoges ou de Sèvres (et vieux de plusieurs siècles), sans oublier le *billard Empire (?).
*Par contre, nous avons été PRIVE de voir le piano-double que mentionne la pancarte à l'entrée de la propriété !
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Dans le sud de la Creuse, entre Saint-Georges-Nigremont et Clairavaux, se trouve un bourg qui nous a laissé étrangement perplexe ! En effet, bien calé au nord du camp de la Courtine, Magnat-l'Etrange, par mille détails, semble être une agglomération où, dans les années 1960, le temps se serait mystérieusement arrêté... Mais, peut-être, ne s'agit-il là que d'un habile "parti-pris touristique" ? Saperlipopette, comment le savoir ?
L'affaire débute aux alentours de 742. Un prieuré existe à Magnat-l'Etrange mais, dans les années 800, il est détruit, ainsi que le bourg, par une razzia de pillards normands. Le Xème siècle voit débuter la rapide reconstruction d'une église, achevée 100 ans plus tard. Refaite au 16ème, son clocher double et perpendiculaire est aujourd'hui une surprenante (et rarissime) curiosité.
C'est sur les ruines du château féodal de la famille De l'Estrange que fut édifiée l'actuelle demeure seigneuriale... Voilà, voilà ! Le conseil général de la Creuse donna une subvention pour que soient restaurés les Estranges bâtiments... mais rien ne fut fait. Aujourd'hui, un arrêté interdit même de s'en approcher car il y a danger de chutes de pierres. Le château, hormis quelques tôles ondulées posées sur la toiture, semble à l'abandon.
Il n'y a plus de boulangerie à Magnat-l'Etrange. Les habitants achètent désormais leur pain à Saint-Merd. Le boulanger y fait chaque jour une excellente grosse tourte au seigle de 2,5 kilos... Artisanalement !
Ici et là, des objets des années 1960 se multiplient... comme par magie ! Vous dites étrange ? Comme c'est étrange ! Nous, devant l'importance que prend ce phénomène anormal, choisissons de quitter rapidement ce bourg. Nous craignons désormais que, par contagion, une subite envie de danser le twist s'empare de nous... L'horreur quoi !
Nous filons par la D18 et la D29 jusqu'à Saint-Agnant-près-Crocq. Là, nous sirotons paisiblement un Bougnat Cola (reconnu saveur de l'année 2011) dans l' Epicerie-Bar-Station service- Bureau de Poste. Ensuite, après ces aventures intemporelles, nous décidons d'aller nous recueillir devant le mur colossal de Murzeix*(façon "en pierres sèches cyclopéennes", s'il vous plait).
*Il est sur la D9, à mi-distance entre Bellegarde-en-Marche et Crocq.
De retour à la maison, nous nous détendons en regardant les informations télévisées du 21ème siècle : elles parlent d'insurgés, de rebelles, d'inondations, de tsunamis, de tremblements de terre, de glissements de terrain, de guerres civiles, d'accidents de centrales nucléaires et de nuages radioactifs faisant le tour de la terre...
Voilà, voilà !
A l'est d'Aubusson, sur la D9, se trouve la bonne ville de Crocq. Les habitants ont su mettre intelligemment en valeur, année après année, le riche patrimoine de leur vieille bourgade du pays Franc-Alleu. A l'origine, le nom de Crocq vient du celte "car" qui signifie "pierre". Car Crocq a été érigée il y a fort longtemps sur un éperon rocheux qui surplombe la vallée de la Tardes.
Un peu d'histoire ? Et bien voilà : le château-fort de Crocq est bâti en 1190 par Robert I, comte d'Auvergne. La place forte devient une pièce stratégique dans la ligne de défense du royaume de France. Les 2 tours ont 3 mètres d'épaisseur (à leur base) pour environ 20 de hauteur. Indestructibles !
En plus du robuste château, la ville est défendue par une ceinture de remparts derrière laquelle les serfs et leurs bêtes se réfugient en cas d'attaque... Elle a lieu en 1357, pendant la guerre de 100 ans : le "Prince Noir" (Prince de Galles) prend et ravage Crocq !
En 1426, la Dauphine de Montlaur obtient du roi Charles VII que la ville de Crocq soit exonérée d'impots pendant 8 ans, ceci afin qu'elle puisse redresser les fortifications détruites. Les contrées de Bellegarde et Crocq, ainsi mises en franchise fiscale, deviennent pays de Franc-Alleu. Les remparts de Crocq seront achevés en 1444.
Après le massacre de la Saint-Barthélémy en 1572, les chefs protestants se réfugient à Crocq, sous l'autorité de Henri de la Tour d'Auvergne, baron de Crocq. De là, en 1575, à leur tour, ils se livreront à des exactions contre les catholiques.
Des milliers de paysans se révoltent en 1592. Ils ne supportent plus la misère, l'insécurité et les lourds impots. Ils terrorisent le centre du royaume de France pendant des années, avant de se faire décimer en 1596. Le nom de "croquants" est donné à ces insurgés. Certains pensent qu'il est dû au fait que le mouvement est né à Crocq. D'autres affirment que c'est parce que les paysans en colère étaient armés de... crocs !
La chapelle Notre Dame de la Visitation est la propriété du comte Cornudet depuis 1796... Elle est offerte à la commune de Crocq en 1989 (pour le bicentenaire ?) par la famille Cornudet des Chomettes de Beauverger d'Indy. Le clocheton est l'ancienne lanterne des morts. La chapelle protège entre ses murs un trésor : le triptyque de Saint Eloi, daté du 16ème siècle et classé aux monuments historique.
Au moyen-âge, noisettes, noix et faînes étaient pressées pour en extraire l'huile. Le pressoir (comme le moulin ou le four à pain) était la propriété du seigneur. Les serfs avaient obligation de l'utiliser et devaient, pour cela, s'acquitter d'une taxe.
Marc Pouyet, habitant de Crocq.
L'association pour la Sauvegarde du Vieux Crocq et de son Environnement défend l'intégrité du patrimoine historique, culturel et artistique de la commune de Crocq.
mail : svce@orange.fr tel : 05 55 67 42 36 Rue Bardelle 23260 CROCQ
tourisme.hautpaysmarchois@orange.fr