Vous ne rêvez pas : vous avez bien lu le mot "guerre" (prudemment suivi toutefois d'un lâche point d'interrogation) ! Excès de langage de notre part penseront certains ? En tout cas, c'est le mot qui nous vient à l'esprit en circulant autour de Guéret, que ce soit au nord (vers Saint-Fiel, Glénic, Bussière Dunoise et La Celle Dunoise) ou au sud (aux alentours de Maisonnisses... et sans doute ailleurs).

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Plus nous avançons, plus le carnage devient patent : ici, ce sont des grappes de moignons déchiquetés (d'où saigne une sève poisseuse) qui dressent leurs blessures à un mètre du sol; là, autour de troncs ébranchés à ras (aux faîtes desquels ne subsistent plus que de maigres pinceaux de branchettes), quantité de branches maîtresses abattues jonchent le sol, fauchées par l'impitoyable machine.

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Ailleurs (de préférence au bord d'une route ou d'un chemin), des victimes de ce carnage ont été entassées en tas gigantesques (attendant d'être emportées pour on ne sait quel destin). Interrogés par Julien Rapegno (journaliste à La Montagne), Jean-Bernard Damiens (élu Europe Ecologie de Creuse) pense qu'elles sont sans doute destinées à être broyées pour nourrir une chaufferie (à Guéret ou à Limoges).

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Marchoucreuse n'a pas vocation à pointer du doigt quelque coupable que ce soit, organismes territoriaux, propriétaires terriens, agriculteurs ou entreprises de bûcheronnage (industriel)... mais les dégâts qui ont été commis seront inévitablement lourds de conséquences. C'est pourquoi nous partageons la colère de Jean-Bernard Damiens et celle des écologistes creusois...

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En effet, la destruction du couvert végétal ne sera pas effacée d'un simple claquement de doigt : il faudra du temps pour que ces terres, désormais exposées à la brûlure du soleil, soient de nouveau protégées ! Entretemps, l'humidité stockée dans les sols ombragés s'évaporera, les ronces s'étendront et une partie de ces arbres martyrisés (aujourd'hui) mourront (demain).

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Les rouges Limousines (et les blanches Charolaises), plus habituées au froid qu'au chaud, réclameront alors toujours plus à boire. Leurs propriétaires courront donc toujours plus, quêtant ici ou là une eau en passe de devenir aussi rare que précieuse (à titre de comparaison, il a été prouvé qu'une maison entourée d'arbres est -de plusieurs dégrés- plus fraîche en été que la même bâtisse... entourée d'un terrain nu).

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Que vous soyez responsables d'organismes territoriaux, propriétaires terriens, agriculteurs, responsables ou employés d'entreprises de bûcheronnage (industriel, nous insistons), il est grand temps que vous fassiez l'effort de comprendre la colère de citoyens (de plus en plus nombreux... et non-bobos) qui refusent désormais de devoir supporter des actes parfois aussi stupides que cupides.

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Il ne s'agit pas ici d'opposer une catégorie de population à une autre, par exemple les ruraux aux "urbains" (surtout en Creuse : ce serait ridicule), des agriculteurs (victimes "d'agribaching") à des non-agriculteurs... ou encore des éleveurs "en fermage" (qui se débarrassent de l'obligation d'entretien des terres louées sur des élagueurs peu scrupuleux) aux propriétaires des terres (ravagées par les engins).

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Non, en fait, ce qui importe vraiment pour quelqu'un comme Jean-Bernard Damiens (candidat aux élections municipales à Guéret) et pour quelques autres, c'est de constater que, lorsqu'ils consacrent leur temps à chercher des solutions pour tenter d'atténuer le dérèglement climatique, d'autres laissent leur outil de travail, leur pays, leur planète... partir en qu(en)ouille !

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