Savamment planifié et méticuleusement organisé, le massacre de la population d'Oradour-sur-Glane ne doit rien au hasard : les S.S. de la 3ème compagnie du régiment Der Führer savent exactement où il doivent se poster pour accomplir leur mission, à savoir rayer cette commune de la carte, tuer la totalité de ses habitants et faire disparaître les corps !

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D'abord rassemblée sur le champ de foire, la population est alors séparée en 2 groupes : les hommes sont parqués dans des granges, les femmes et les enfants séquestrés dans l'église. Tous sont ensuite abattus à la mitrailleuse, les blessés étant systématiquement achevés au pistolet. Puis, dans ces différents endroits, tous les cadavres sont soigneusement brûlés...

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Le samedi 10 juin 1944, les assassins du régiment Der Führer ont exterminé 642 êtres humains (585 dépouilles, trop fortement calcinées, resteront impossible à identifier). Avant d'incendier ensuite Oradour-sur-Glane (soit 323 constructions, plus 4 écoles et l'église), les S.S. pillent toutes les maisons et entassent dans un camion bijoux, argent, alcool, jambons, lapins, volailles, etc...

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Puis ils repartent, quittant l'âcre odeur de chair carbonisée, et ne laissent derrière eux que des ruines où rougeoient encore les braises. La colonne de leurs véhicules prend alors la direction de Nieul, un bourg situé à une dizaine de kilomètres d'Oradour. A bord, les S.S. sont dans un état second, sans doute produit par la barbarie qu'ils viennent de commettre...

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Du haut des camions, ils s'amusent à tirer des rafales avec leurs armes automatiques. A leur passage, apeuré, un adolescent de 15 ans prend la fuite. Il leur sert de cible pendant quelques secondes avant d'être abattu. Les chants des S.S. (qu'accompagne un accordéon, volé à Oradour) redoublent de plus belle. Puis, vers 22 heures, ils arrivent à Nieul et sautent des camions... 

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Les S.S. se répandent aussitôt dans les rues en poussant des cris d'excitation. Ne sachant rien de ce qui vient d'être perpétré à Oradour-sur-Glane, la population de Nieul est surprise mais reste calme et polie avec eux. Cette attitude provoque la méfiance des S.S. L'école est alors réquisitionnée pour servir de cantonnement aux quelques 150 hommes de troupe...

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Ils s'y installent et commencent alors à boire et à dévorer la nourriture qu'ils ont raflée dans les caves d'Oradour. L'alcool aidant, ils s'égosillent de plus en plus et se mettent même à brailler qu'ils vont tuer tout le monde et brûler Nieul aussi ! De leur côté, les officiers partagent une salle communale où ils restent sur le qui-vive, craignant une réaction des habitants...

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Le lendemain matin (dimanche 11 juin 1944), les S.S. ordonnent à des habitants de leur préparer des volailles (qu'ils ont amenés vivantes d'Oradour dans des sacs en toile). Sous le préau de l'école, quelques poulets ont été décapités vivants... Par jeu. Non loin de là, des bouteilles de vin vieux et des fioles de liqueurs gisent à terre... Vides évidemment.

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Dans la nuit, un commando de S.S. motorisés s'est amusé à aller incendier le château de Morcheval, voisin de Nieul. Au vu et au su d'habitants du bourg, des S.S. de la 3ème compagnie du régiment Der Führer, tranquillement installés dans des maisons, se partagent des liasses de billets (amenés d'Oradour) qu'ils retirent de 2 cantines militaires pleines.

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Le lundi 12, après leur départ, 2 bicyclettes neuves sont retrouvées, cassées et abandonnées par les S.S. : l'une des 2 porte une plaque d'identité comportant l'inscription "Barthélémy Oradour-sur-Glane". Des habitants de Nieul retrouvent également, dans l'étang de la commune, la moto d'un certain Leblanc, habitant d'Oradour-sur-Glane.

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Monseigneur Rastouil, évèque de Limoges, annonce qu'un service funèbre en hommage à la population d'Oradour-sur-Glane sera célébré le mercredi 21 juin, à 9 heures, dans la cathédrale. La police militaire allemande, qui veut minimiser les évènements du 10 juin, s'emploie aussitôt à tout faire pour que cette cérémonie ne puisse pas avoir lieu...

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Les policiers allemands répandent d'abord une rumeur affirmant qu'ils ont arrêté Mgr Rastouil et que, de ce fait, le service funèbre est provisoirement annulé. Puis ils font courir le bruit que des bombes ont été entreposées sous la cathédrale. Dans la nuit du 20 au 21, des coups de pioches sont alors entendus dans un sous-sol proche de l'édifice religieux...

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Le mercredi 21, à 8 heures, la police française inspecte en urgence les caves qui entourent la cathédrale et les inspecteurs découvrent alors qu'il s'agit de simples travaux nocturnes (qui ont été réalisés par une entreprise voulant rattraper son retard) : à  9 heures 25, la cérémonie funèbre peut enfin commencer. Elle se déroule bien, du moins jusqu'aux dernières oraisons...

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Le préfet fait parvenir un billet manuscrit à l'évèque où il lui demande d'abrèger d'urgence la cérémonie. Pour ne pas créer de mouvement de panique, Mgr Rastouil écourte le plus discrètement possible son discours. La cérémonie (légèrement raccourcie) s'achève donc sans drame... les allemands n'ont pas réussi à saboter le service funèbre dédié à leurs 642 victimes !

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 Puissent tous ces visages rester à jamais gravés dans nos mémoires !

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La liste complète des personnes dont les corps ont pu être identifiés se trouve dans le livre "Oradour-sur-Glane, vision d'épouvante" (de Guy Pauchou et Pierre Masfrand, aux éditions Charles Lavauzelle) qui est l'ouvrage officiel du Comité du Souvenir et de l'Association Nationale des Martyrs d'Oradour-sur-Glane.  

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