Dans la France de 1792, la Révolution française se durcit et la guillotine coupe court à tous les débats. A Guéret, les notables créent une Société Populaire dont le but est d'aider au bon fonctionnement de la République. Mais, se voulant modérée, elle refuse de cautionner les sanguinaires pratiques des "nouveaux principes révolutionnaires". 

LouisXVI


Le principal souci de la Société Populaire de Guéret est que chaque Guérétois mange à sa faim. Par ailleurs, si elle approuve la politique religieuse de la Convention Nationale (ainsi que la déchristianisation des citoyens) et si elle participe pleinement à la lutte contre les ennemis de la République (prêtres réfractaires ou nobles contre-révolutionnaires), elle se méfie aussi des excès.

EGLISE DE GUERET


Dans tout le pays, certains citoyens sont accusés de vouloir saper l'autorité du gouvernement révolutionnaire. Parmi eux figurent évidemment les prêtres et les nobles, mais également les "modérés" ! Ces derniers, soupçonnés d'une trop grande mollesse, sont accusés d'avoir un comportement qui affaiblit l'inflexible gouvernement révolutionnaire.

TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE


A compter du 21 mars 1793, chaque commune va devoir se doter d'un Comité de surveillance pour jauger le civisme des étrangers (et celui des habitants de sa commune). A Guéret, la modérée Société Populaire est chargée par la Convention national de "régler ces problèmes" : 12 volontaires forment alors un Comité de surveillance...

Comite de surveillance revolutionnaire


Le 18 décembre, le Comité guérétois de surveillance dénonce ses 1ers coupables : des "individus malveillants" qui ont arrachés les cocardes tricolores que de bons républicains avaient fixés sur leurs portes de maison ! Ouvrant systématiquement le courrier, le Comité de surveillance parvient ensuite à débusquer 34 suspects (en grande partie des parents de nobles émigrés).

GUERET


Cependant, la Société Populaire de Guéret se méfie de la radicalité du Comité de surveillance : elle examine elle-même les dénonciations et vote assez souvent la remise en liberté des citoyens arrêtés. La Société Populaire veille également à débusquer les dénonciations par vengeance, ou celles ayant pour but l'accaparement des biens d'autrui.

CONSEIL DEPARTEMENTAL-GUERET


Elle surveille aussi les dénonciations qu'elle juge contre-révolutionnaires, un sujet très important à ses yeux. C'est pourquoi, habituellement assez clémente avec les suspects, la Société Populaire de Guéret se montre systématiquement intraitable quand elle a affaire à des nobles, qu'elle considère comme le principal danger pour la révolution.

ECOLE NORMALE DE GUERET


Dirigée par des petits bourgeois (discrètement) modérés, ces derniers parviennent généralement à filtrer les idées révolutionnaires (venues de Paris) qui leur déplaisent. Mais, un jour, des représentants du gouvernement arrivent à Guéret à l'improviste et contraignent la Société Populaire de Guéret à instaurer certaines mesures gouvernementales...

REPRESENTANT DU GOUVERNEMENT EN MISSION


Après leur départ, la Société Populaire ne met en place l'épuration demandée qu'avec modération et refuse catégoriquement d'employer la violence. En 1 ou 2 ans, elle a ainsi permis aux Guérétois, au delà de leurs opinions et de leur rang social, de s'adapter en douceur au nouveau régime et de rester unis pour défendre une République cernée de toutes parts.

LA REPUBLIQUE INDIVISIBLE


Concernant la Révolution française, l'accent est parfois mis sur les excès qu'elle a produit. Cependant, n'oublions pas qu'un peu partout en France, elle a également permis à la parole populaire de s'exprimer librement, notamment au sein d'associations et de clubs... Or, ces innombrables associations, fruits de la révolution, restent aujourd'hui encore une vraie richesse en Creuse.

Club de femmes patriotes