En l'an 1780 ("ouf !" soupirez-vous), le petit bourg d'Ahun comprend alors 110 foyers (quand Guéret en possède déjà 466). Sa population est d'environ 650 personnes (dont 7 fermiers, 3 maréchaux-ferrant, 6 cabaretiers, 3 bouchers, 5 chapeliers, 6 tailleurs, 6 tisserands, 2 serruriers, 3 menuisiers, 5 maçons, 3 notaires, 5 huissiers, 4 chirurgiens-dentistes, 1 médecin, 8 domestiques, 1 curé et 1 gouverneur).

FOYER PAYSAN


La noblesse d'Ahun se compose quant à elle de monsieur de Saint-Maur et de madame de la Fortillesse (auxquels il convient d'ajouter le commandeur de Chambereau, monsieur Pontevras, monsieur de Peyzat et le Contrôleur royal du dépot de sel). A côté de cette pincée de belles personnes, la moitié des chefs de famille d'Ahun est composée d'artisans, de boutiquiers ou d'hommes de loi.

MOUTIER D-AHUN


Ils pourvoient aux besoins des populations du bourg et des alentours, mais également à ceux des nombreuses personnes qui font halte quotidiennement à Ahun car, à cette époque, le moindre voyage est long et fatiguant, se fait souvent à pied, quelquefois en char à boeufs, à cheval ou en calèche pour les plus fortunés, et nécessite donc de faire des étapes.

AHUN


Les impôts à Ahun se situent dans une fourchette de 0 à 100 livres : 58% des contribuables payent moins de 5 livres et 30% (d'encore plus pauvres) doivent se priver de pain durant quelques jours pour en trouver 2. Donc, à Ahun (comme en d'autres lieux de Creuse) plus des 3/4 de la population perçoit des revenus dérisoires, vit dans la misère, et connait la faim.

TOMBEAUX


A l'inverse, 5 familles payent plus de 100 livres d'impôts. Il s'agit de celle de la veuve du seigneur Descollage, de celle du seigneur Seguy de Lavaud, de celle du seigneur Jaucourt (marchand à Aubusson), de celle de Jean Bellat (le plus riche des 3 bouchers d'Ahun) et de celle de François Pauly (qui exploite le domaine de Laffont avec ses enfants et ses neveux).

CIEL BLEU ET BLANC


En dehors de cette "élite", d'autres gens aisés sont présents dans une vingtaine de familles : des nobles, des bourgeois et des hommes de loi. Mais, 9 années plus tard, nous sommes en 1789 et (comme tous les Français de 7 à 107 ans le savent) la France est secouée par une révolution qui balaye (essentiellement) la noblesse et profite (essentiellement) à la bourgeoisie.

CIEL BLEU ET ROUGE