La terre creusoise est si pauvre, en 1793, qu'elle ne permet pas d'offrir plus de 8 onces (soit environ 200 grammes) de pain par jour et par habitant. Les Creusois ont donc faim, surtout à Guéret où certains paysans et marchands profitent allègrement de la pénurie pour augmenter leurs prix. Mais, le 4 mai, la Convention Nationale réglemente celui de la farine...

PAIN


La Société Populaire de Guéret est chargée d'en surveiller l'application. Puis, le 22 septembre, la mesure est étendue à tous les aliments. Les paysans et les marchands organisent alors un blocus de la ville et plus aucune marchandise n'arrive à Guéret ! Un marché noir se met en place dans les campagnes et seuls les riches ont les moyens d'acheter.

FOUR A PAIN


La Société Populaire réagit rapidement : des commissaires sont postés sur les routes (pour démanteler le marché noir), des perquisitions sont effectuées dans les domiciles de riches Guérétois, des bons d'alimentation sont distribués par la municipalité et (pour avoir de quoi redistribuer aux plus pauvres) une taxe sur les objets vendus est instaurée (un ancêtre de la TVA donc).

VIN


Mais les commissaires se heurtent au manque d'empressement des marchands à payer cette taxe (les marchands de vin allant même jusqu'à fermer leurs caves). La Société Populaire expédie alors ses commissaires dans les campagnes, à la fois pour inciter les cultivateurs à venir vendre leurs productions à Guéret et pour leur demander de cultiver des pommes de terre. 

BOUCHER


A la force, la Société Populaire préfère privilégier la pédagogie. Cependant, le 22 novembre, un de ses membres demande que soit créée une armée révolutionnaire qui fasse respecter ses décisions afin que le peuple de Guéret puisse enfin manger à sa faim ! La Société rejette cette idée et préfère organiser une grande distribution gratuite de pains...

BOULANGERIE


Elle vient en effet de réussir à acheter 40.000 quintaux de farine dans la Vienne (dont elle facture le transport jusqu'à Guéret aux habitants les plus riches). Toutefois, malgré tous ses efforts, la Société Populaire ne parvient pas à faire disparaître la faim qui sévit à Guéret. Elle décide alors de faire appel aux dons (de ceux qui le peuvent) pour acheter à manger (pour les plus démunis).

GUERETOISE


Mais, en février 1794, le nombre d'affamés continue d'augmenter ! La Société décide alors que ses membres (pour montrer l'exemple) devront désormais déclarer sur l'honneur qu'ils payent bien leurs impôts. Puis, forte de ces documents, elle demande  ensuite à la Convention Nationale de lui allouer des fonds... censés servir à agrandir l'hôpital de Guéret.

PAYSANNE


Elle ordonne ensuite la réfection de la route Guéret-La Châtre afin de faciliter l'approvisionnement de la ville et propose que les biens des nobles émigrés soient découpés en lots de 500 francs pour permettre à un maximum de citoyens de Guéret d'accéder à la propriété. C'est alors que les malversations de certains membres de la Société sont découvertes...

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Un groupe de bourgeois de la Société Populaire (qui insistent pour que cette vente se fasse par lots) n'a en réalité qu'un seul objectif : que chacun d'eux puisse acheter pour son propre compte (et à moindre frais) les lots qui vont lui permettre d'agrandir sa propriété. Cette malhonnêteté ternit alors gravement l'image altruiste de la Société auprès de la population.

RICHE DEMEURE DE GUERET


Pourtant, la majorité de ses membres a toujours sincèrement eu à coeur d'éradiquer la faim des petites gens de Guéret. Car son but est aussi d'obtenir le soutien du peuple pour renforcer la Révolution républicaine ! Cependant, fidèle à sa philosophie "non-violente", la Société Populaire s'abstient de sanctionner la cupidité des bourgeois... pourtant issus de ses rangs. 

CHARRUE