Sans Prudence (notre GPS, qui nous dit parfois de faire demi-tour avec... Prudence !) nous aurions dû interroger tout Clugnat pour trouver la maison d'Eliane et de Fanfan (son compagnon). Nous y entrons puis, assis au chaud autour d'un café, nos questions fusent aussitôt car nous voulons savoir si Eliane porte seule sur ses frêles épaules cette exploitation agricole... 

MUG AGNEAUX


Mais nous allons devoir patienter car Eliane et Fanfan préfèrent d'abord nous raconter l'histoire de leur ferme (l'équipe de Marchoucreuse ne fait pas toujours ce qu'elle veut, voyez-vous !). Cette histoire commence en 1953 : les parents d'Eliane, qui sont agriculteurs en Mayenne (où il n'y a plus de ferme disponibles), viennent s'installer en Creuse (où certaines sont délaissées)...

AGNEAUX


Ils louent d'abord une ferme à Clugnat, laquelle comprend (grosso modo) des bâtiments, quelques pâtures, 1 vache et 1 cheval "en souche". Comme eux, d'autres agriculteurs de Mayenne (qui sont appelés "les migrants de l'ouest" par les creusois) viennent reprendre des fermes dans la Creuse et y amènent avec eux leurs propres vaches... lesquelles sont des laitières !

LA CHOUCHOUTE


Face à une soudaine abondance de lait, des ramassages sont mis en place et la laiterie de Busseau est créée pour transformer cet or blanc en fromage (les fidèles lecteurs de Marchoucreuse ont déjà eu l'occasion de découvrir cette laiterie)... Par la suite, Fanfan et Eliane rachètent la ferme des parents de cette dernière et démarrent un élevage de moutons (et ron et ron petit patapon !).

AVANT LE SEVRAGE


Vers 1990, les petits producteurs agricoles de Clugnat se regroupent et s'organisent même en CUMA (Coopérative d'Utilisation du Matériel Agricole), histoire de s'en sortir (car être un petit agriculteur n'est pas une soirée de gala !). Aujourd'hui, Eliane s'en sort correctement et règne sur un harem de 350 brebis (et sur une belle brochette de béliers de races diverses et prestigieuses !).

BELIER


En hiver, seules 200 de ses bêtes peuvent trouver place dans la bergerie : elle doit donc pratiquer un roulement (pour ne pas faire de jalouses ?). Chaque brebis donne (en moyenne) un agneau. Eliane en sélectionne environ 1 sur 5 pour remplacer une partie de ses brebis. Son troupeau (qui se compose donc de plusieurs espèces) lui fournit des laines de différentes couleurs.

TROUPEAU


Avec ces laines, Eliane et sa maman tricotent artisanalement (oui, entièrement à la main) des pulls bien chauds, des bonnets douillets, de confortables chaussettes, de salvatrices écharpes, etc... (le tout dans des teintes naturelles, couleur mouton... comme vous l'avez parfaitement compris). Cette noble activité ne lui procure cependant qu'un petit 10% de ses revenus.

LA LAINE D-ELIANE


Comme l'heure tourne, Eliane nous propose d'aller voir les brebis et les agneaux dans la bergerie. Chemin faisant, elle nous explique qu'après 2 mois de nourriture mixte (complément en granulés et lait maternisé), elle a mis (la veille) les agneaux en sevrage. Ce qui veut également dire que les agneaux viennent d'être éloignés de leur mère (c'est la fin de l'enfance, snif !).

BEBE DORT


A l'oreille, même le plus ignare des citadins comprend aussitôt que ni les brebis ni les agneaux n'apprécient ce changement ! Pour notre part, nous découvrons l'incroyable vacarme que peuvent produire quelques 200 brebis et autant d'agneaux qui viennent d'être brusquement séparés les uns des autres (une toute 1ère rentrée des classes, en quelque sorte !)

MACHINE A BIBERONS


Eliane nous annonce alors qu'hier, elle a égaré son téléphone portable "quelque part" dans la bergerie. Muni de celui de Fanfan, elle appelle son propre numéro pour tenter de localiser la sonnerie... Mais, aprés de multiples essais, aucun de nous n'entend sonner son portable (bon, il faut dire que nous avons une sacrément bonne excuse : la gente ovine est intarissable !).

MOUTONS ET POULE

 


Nous passons ensuite dans l'autre partie de la bergerie (où le vacarme est tout aussi intense, rassurez-vous) et Eliane nous montre la machine à retourner les brebis pour leur tailler les sabots (surement très pratique). Têtue comme une bergère, elle continue d'appeler son portable et, soudain, l'entend (mais ne parvient pas à le localiser à cause du bavardage de ces pipelettes de brebis) !

MACHINE A RETOURNER LES BREBIS


Ne faisant ni une ni 2, Eliane ouvre grand la porte de la bergerie et fait sortir ce troupeau du plus vieil animal du monde (car, en effet, comme vous le savez toutes et tous, le mouton est lainé !). Dans le silence (relatif) qui s'ensuit, elle renouvelle son appel et finit (enfin) par retrouver l'appareil, qui dormait sous la paille (dans un endroit sans brebis piétineuses de portable).

LE TELEPHONE EST SAUVE


Nous finissons notre visite de nouveau assis bien au chaud autour, cette fois, d'un verre de jus de pomme maison. Nous découvrons à cette occasion les déjà vastes connaissances scientifiques d'un des petit-fils d'Eliane et Fanfan, qui est âgé de 4 ans et qui se montre incollable sur de nombreux sujets... Et dire qu'il n'a même pas fait sa 1ère rentrée des classes !

UN DES PETITS-FILS

 


CHAMPIONNAT 2019