A la mi-novembre 2018, lorsque nous arrivons à proximité du lac de Vassivière, nous découvrons un spectacle (relativement) angoissant ! Nous pensons aussitôt au décor d'un assez mauvais film catastrophe... mais nous réalisons très vite que, non, ce n'est pas un décor, c'est la réalité vrai : le niveau du lac a vraiment baissé de plus de 10 mètres !

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Certes, cet été, les mois se sont désespérément succédés sans la moindre goutte d'eau... mais de là à voir la moitié de celle du lac de Vassivière disparaître, il y a tout de même de quoi s'interroger ! Et bien (figurez-vous que) c'est ce que nous avons fait et... toutes les réponses que nous avons recueillies ont été "C'est pour refroidir la centrale nucléaire de Civaux !"

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Bon, d'accord. Donc, c'est normal... Mais (nous nous sommes dit, à nous-même), et si (par hasard) la sécheresse persistait, que se passerait-il ? Et bien (figurez-vous de nouveau que) nous nous sommes mis à creuser la question et que ce que nous avons découvert nous a totalement rassuré, mais alors to-ta-le-ment ! Lisez donc la suite, joyeuses et joyeux lecteurs...

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Les faits sont les suivants : en 1950, les barrages de Vassivière et de Lavaud-Gelade sont mis en service. Il en nait le lac de Vassivière  (106 millions de m3 répartis sur près de 10 km2), alimenté par la modeste rivière Maulde (laquelle apporte 1m3/seconde à Vassivière) via le lac de Lavaud-Gelade. Notez bien ce chiffre : 1 mètre cube par seconde !

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L'eau qui sort du barrage de Vassivière redevient la Maulde, affluent de la Vienne. Cette dernière a le vilain défaut d'avoir peu d'eau en été... qu'à cela ne tienne : en 1997, EDF  (propriétaire du lac de Vassivière) construit à Civaux  (au bord de la Vienne, à 34 km de Poitiers et 114 de Guéret) une centrale nucléaire (Vassivière assurera... avec ses 106 millions de m3 !).

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L'eau de la Vienne  sert à refroidir le combustible nucléaire utilisé à Civaux. Avant de retourner dans la Vienne, l'eau est à son tour refroidie par des "tours aéro-rafraichissantes" électriques. Pour que tout se passe bien, la Vienne doit avoir un débit minimal de 13 m3 par seconde. En cas de sécheresse, c'est donc Vassivière qui doit compléter !

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En comptant 10m3 par seconde, EDF aurait donc, pour refroidir Civaux, envoyé dans la Vienne quelques 12 millions de m3 d'eau sur les 106 millions que contient (à son maximum) le lac de Vassivière (et ce entre fin Juin et mi-novembre, c'est à dire 4 mois 1/2 de sécheresse donc). Après avoir vu ce que nous avons vu, nous avons un peu de mal à admettre ces chiffres !

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La revue scientifique américaine Nature a publiée une étude qui fait ressortir que la production énergétique de la centrale de Civaux devrait baisser de 6% aux alentours de 2040, du fait du réchauffement climatique et de fortes sécheresses. Des milliers de foyers seraient alors privés d'électricité et des "accidents plus prononcés" seraient alors possibles...

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Impossible ? En 2001, des fissures dans le béton de l'enceinte de confinement provoquent un "défaut d'étanchéité" et, en 2007, c'est un incident de combustible du réacteur N°1 qui se produit. En 2012, du tritium (radioactif donc) est détecté dans les eaux souterraines qui se trouvent sous la centrale de Civaux  (toujours distante de 34 km de Poitiers et de 114 de Guéret).

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L'Agence de Sureté Nucléaire a, par ailleurs, publié un "avis d'incident", en 2018, pour des défauts qu'elle avait détecté en 2015 et en 2016. Des réparations ont été faites à la suite de cette publication. To-ta-le-ment rassurant donc. Nous nous permettrons cependant de penser (humblement) que la situation de la centrale de Civaux est... fragile.

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Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Civaux