BLASON-17EME

Parti de Chénérailles par la D4, le vaisseau de Marchoucreuse dérive sur l'asphalte en direction d'Auzances pour échouer dans le bourg de Mainsat (qui est désert). Nous nous retrouvons alors face à une imposante batisse au milieu de laquelle trône une tour carrée. Le porche d'entrée à été recouvert d'un bleu... qui jure autant qu'il crache ! 

PORCHE


Nous arrimons notre navire et déambulons dans les ruelles (richement chargées d'Histoire, comme nous le verrons ensuite). En cette fin de dimanche, nous avons la chance de croiser la seule âme qui sorte de chez elle : elle nous explique alors que, derrière le portail bleu, ce cache un château dont les extérieurs se visitent librement (à condition d'emprunter un itinéraire tortueux)

CHATEAU-ECURIES


Appliquant les consignes reçues, nous tortuons un peu, persévérons beaucoup, et finissons par atteindre un château de belle allure (bien qu'assez "biscornu"), un rigoureux jardin "à la française" et une allée arborée, plantée sur les robustes vestiges d'une partie des remparts de l'époque médiévale. Un silence étonnant plane sur l'endroit, presque inquiétant même...

ALLEE


Au 12ème siècle, un château moyen-âgeux est érigé là, centré sur un haut donjon qu'entourent de puissants remparts, renforcés par des tours défensives. Il est remanié au 15ème siècle (et sans doute encore par la suite, histoire de bien le défigurer). Le porche d'entrée (avec son joli portail bleu), l'aile qui est à sa droite et les 2 tourelles datent, quant à eux, du 16ème siècle.

TOURELLES


Un réaménagement du jardin a été réalisé à la fin du 19ème siècle. Celui qui est visible aujourd'hui nous offre donc un exemple de la mode qui sévissait (à cette époque épique) dans la haute bourgeoisie. C'est également à cet endroit que l'équipe de Marchoucreuse 23 a fortement ressenti la présence des vénérables fantômes qui hantent ce lieu...

CHATEAU


Et il y a du beau monde, ma p'tite dame : Renaud II de La Roche-Aymon, seigneur de Maenchac  (devenu Mainsat), y meurt en 1630. L'archevèque Charles-Antoine de La Roche-Aymon (qui va marier un certain Louis et une certaine Marie-Antoinette, en 1770 à Reims, et sacrer roi de France ce même Louis XVI en 1775, dans la même cathédrale de Reims) y nait en 1696... 

JARDIN

 


Encore quelques noms de fantômes ? Après la Révolution, la duchesse Antoinette de La Roche-Aymon finance l'agrandissement de l'église de Mainsat  (en 1836). Entre 1846 et 1900, le comte François de La Roche-Aymon, le marquis Renaud de La Roche-Aymon et le comte Guy de La Roche-Aymon sont tour à tour maires de Mainsat.

ANCIENNES DOUVES


Le comte François de La Roche-Aymon, maire de Mainsat, a également été député de la Creuse de 1871 à 1876... Vous connaissez maintenant les noms des fantômes qui, désormais, vaquent ou papotent en sirotant leur thé dans le parc du château. 

(une table et des fauteuils en fer forgé blanc ont même été délicatement mis à leur disposition, voyez-vous)

COIN DES FANTOMES


L'histoire politique de Mainsat est, par ailleurs, ponctuée d'autres dates intéressantes : la première école publique de la commune ouvre en 1855. En 1883, probablement insatisfaite de l'enseignement qui y est prodigué, la baronne de Monville fait alors construire une école privée catholique (qui fermera toutefois ses portes en 1926).

CHATEAU-DONJON


Pour finir avec les dates (dont nous vous avons sans doute trop abreuvé ici), en voici 2 petites dernières (après, on arrête ! C'est promis : juré, craché !)...

"L'arbre de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité" qui a été planté à Mainsat en 1791, pour commémorer la République, a été abattu en 1942.

PORCHE-INTERIEUR


Nous profitons de notre passage à Mainsat pour informer le CPIE de Creuse que les Renouées Asiatiques qui se sont installées autour de la mare de la ferme du château se porte admirablement bien ! La Renouée Asiatique est une plante invasive qui est en train de coloniser l'Europe... en détruisant toutes les autres plantes ! Vous ne la connaissez pas ? CLIQUEZ ICI

BAS-RELIEF-19EME