Les 3 et octobre 1960, un incroyable déluge de pluie s'abat sur la France et, à Aubusson, la configuration en cuvette de la ville y provoque d'effroyables évènements... à 17H30, les pompiers interviennent rue Jules Sandeau où le ruisseau Busserette s'est transformé en rivière et a dévasté le canal souterrain qui le contient habituellement... 

AUBUSSON CENTRE


A 20H00, cette "rivière" inonde désormais la Grand'Rue sous 20 cm d'eau et, la pente augmentant la vitesse du courant, plusieurs voitures ont été projetées sur des maisons. Vers 22H00, la Creuse atteint le haut du parapet du quai des Iles  (en 48 heures, son débit va passer de 60 à 163 m3 par seconde). Les 100 élèves de l'internat de filles sont alors évacuées en urgence.

QUAI-AUBUSSON

La place Espagne, traversée par un tumultueux torrent, est totalement inaccessible et des policiers interdisent également au public de traverser le Pont de la Terrade. A minuit, les soldats de la 35ème Compagnie Hollandaise arrivent du camp de La Courtine et ils portent secours au personnel des Postes et Télécommunications (lequel est bloqué dans 1,5 mètre d'eau).

CARTE


Les soldats néerlandais se dépêchent ensuite d'entasser des sacs de sable pour éviter que des réservoirs de propane ne soient emportés par la Creuse. Le 4 octobre, à 2 heures du matin, une trés lente décrue s'amorce mais, lorsque le jour se lève, les habitants découvrent que les quais, les jardins au bord de la Creuse et la place du Palais sont totalement inondés.

TORRENT CREUSOIS


Dans la rue des Tanneurs, un torrent de 15 mètres de large dévale toujours la pente. Le plan ORSEC  (Organisation des Secours) a été déclenché et les hélicoptères de la Gendarmerie, de la Protection Civile et de l'armée hollandaise sont en action. Les pompiers d'Aubusson  (épuisés) reçoivent des renforts de leurs collègues de Clermont-Ferrand.

POMPIERS AUBUSSONNAIS


Plusieurs brigades de gendarmes arrivent et, de leur côté, des militaires (français et hollandais) apportent du matériel lourd de La Courtine. Emprisonnés par les eaux, les 200 pensionnaires du Centre masculin d'Apprentissage sont ravitaillés par barque. Une grande partie des caves de la ville sont pleines d'eau, laquelle est montée jusqu'à 2,8 mètres dans la rue Franche.

EBOULEMENT


De nombreux magasins ont été sinistrés, des vitrines défoncées et de grandes quantités de marchandises ont été emportées par le courant. Un seul décès est à déplorer (un de trop dirons-nous). L'incroyable dévouement des pompiers, des gendarmes, des militaires et de plusieurs citoyens aubussonnais a sans aucun doute permis d'éviter d'alourdir ce triste bilan. 

RUE SANDEAU INONDEE-DOCUMENT SOCIETE DES SCIENCES CREUSE


Ensemble et dans le calme, ils ont réussi à secourir et à évacuer les personnes en danger, à ravitailler les victimes, à dresser des barrages de sacs de sable, à réorganiser la circulation routière, à maintenir l'ordre, à mettre en place des passerelles pour les piétons, à coordonner l'action des bénévoles et à veiller à l'indispensable mise en place de mesures sanitaires.

QUAI INONDE-DOCUMENT SOCIETE DES SCIENCES CREUSE


Par la suite, dans la rue Jules Sandeau, le canal d'écoulement du ruisseau Busserette a été refait et, cette fois, sa capacité a été doublée. Celui qui coure sous la chaussée de la totalité de la Grand'Rue n'en a pas eu besoin puisqu'il n'a pas été endommagé. Cependant, il convient de noter qu'il n'a pas suffit a contenir le débit de cette crue historique.

AUBUSSON ET LA CREUSE