Après plusieurs longues journées passées (dans notre blockhaus) à l'abri des tempêtes hivernales, nous consacrons les suivantes à regarder une pluie nourrie tomber en diagonale sous la poussée d'un vent viril. Jugeant sans doute que nous avons été assez punis de nos excés de gras, les forces de la nature décident alors d'un "cessez-le-déluge"...

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Nous (Marchoucreuse) en profitons aussitôt pour partir en virée et arrivons au bord de la Creuse, à Glénic. Un courant, impressionnant de vitesse, nous dissuade de toute fugace envie de baignade. Nous repartons alors à l'aventure et atteignons l'Hôtel restaurant Le Moulin Noyé où la piscine nous tend les bras mais (hélas) nous n'avons pas nos maillots !

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Nous ré-enfourchons donc nos chevaux-vapeur et mettons courageusement le cap vers le barrage de Champsanglard où nous imaginons que le "spectacle" doit être impressionant... Effectivement, il l'est : une petite foule de marcheurs à pied et d'automobilistes veut (après toutes ces journées de privation) faire comme nous (et réciproquement) ! Adieu donc la solitude !

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Ceci étant, tout le monde a eu raison de venir car la monumentale masse d'eau qui dévale du haut du barrage en grondant a de quoi rendre modestes les fourmis humaines que nous sommes. Pratiquement tout le monde filme ou prend des photos mais nous ne voyons personne faire d'égocentrique et imbécile "selfie"... chers creusois, nous vous aimons !

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Les poumons gorgés par des embruns d'eau boueuse à souhait et les yeux rassasiés par la vision de ces masses sombres (des troncs d'arbres) qui basculent à toute vitesse par dessus le barrage, nous décidons de poursuivre notre quête et, après un arrêt respectueux aux gorges de la Creuse, nous atteignons la sortie du village de Clavière...

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Nous y retrouvons une silencieuse solitude et avons alors l'exceptionnel privilège de pouvoir admirer un décor (pour l'heure encore inhabituel) peuplé de fantasmagoriques prairies que des nappes plombées inondent et où de lugubres squelettes d'arbres se reflètent sous le manteau miteux d'un ciel triste comme un dimanche de janvier. 

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Juste avant la nuit, nous rejoignons "Sam Suffy" (notre fidèle blokhaus, celui qui a si bien veillé sur nous pendant les tempêtes). Là, dans le crépuscule naissant, nous découvrons que le robinet à eau de la Creuse (qui a été installé dans notre 3ème sous-sol) est resté ouvert ! Nous l'avons aussitôt fermé et la Creuse va donc retrouver son lit... merci de bien vouloir nous pardonner !

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