Au 18ème siècle, les comtes de la Marche trouvent encore des sangliers et des chevreuils à profusion dans les forêts du sud de Guéret. Après la Révolution, la chasse n'étant plus le privilège des seigneurs, les paysans s'y adonnent de bon coeur. Mais (à force de le tuer et d'abattre les arbres qui le cache), le gibier devient rapidement de plus en plus rare.

DRAGON


Pourtant, au 19ème siècle, dans les campagnes, le fusil trône partout sur la poutre de la cheminée. Le garde-chasse est surnommé "Saint-Hubert" par les chasseurs (dont la plupart refusent de payer les 28 francs qu'il faut acquitter pour avoir un permis de chasse). Et ainsi, le 12 juin 1849, 2 gendarmes de Boussac rencontrent 2 chasseurs à qui ils demandent leur permis...

MACHINE AGRICOLE


Les chasseurs prennent la fuite et les gendarmes les poursuivent jusqu'à l'entrée de La Verrière. Là, ils se retrouvent face à des habitants du village armés de bâtons. Un gendarme dégaine son sabre : il se fait aussitôt rosser mais parvient à blesser 2 de ses assaillants. Les chasseurs se retranchent alors dans le village, prêts à recommencer.

CHEVREUIL


Toujours en 1849, une pétition est remise par le député socialiste Jean Alexis Moreau au Conseil Général de la Creuse pour que l'ouverture de la chasse soit repoussée au 15 octobre, ceci afin de permettre que le blé noir puisse être récolté avant que des chasseurs indélicats ne le piétinent, comme chaque année au mois d'août.

LAPIN


E1915, la fureur de la guerre effraye des hordes de sangliers qui fuient le front de l'est de la France et viennent se réfugier dans le Centre, le Berry et la Creuse. Des "cochons sauvages" investissent alors les bois de Fayolle et certains d'entre eux font le bonheur des charcutiers-chasseurs de Guéret... et les délices de leurs clients.

VOLAILLE


Puis, le gros gibier se raréfie de nouveau et, dans les années 1940, la forêt de Chabrières est transformée en réserve de chasse pour permettre à la faune sauvage de se reconstituer. Autour, les chasseurs éliminent toujours leurs concurrents : le renard, à coups de fusil, et le blaireau (qui a le défaut d'être un redoutable chasseur de lapin), forcé dans sa tanière. 

RENARD


Les fines gâchettes creusoises des années 1950 s'adonnent au tir sur les nombreux perdreaux, grives, cailles, bécasses, vanneaux ou (à défaut) tourterelles et autres pigeons. Le gibier à plume se délecte alors des perles du gui (qui parasite abondamment les vieux pommiers) ou des baies du sorbier... il suffit donc aux chasseurs de l'attendre là !

MIGRATEURS


Dans ces mêmes années 1950, les demandes de permis de chasse augmentent d'une année sur l'autre et la chasse devient alors le sport N°1 (en Creuse comme dans tout le pays). Mais en 2016, elle céde sa place au football, au tennis, à l'équitation, au basket, au judo, au handball, au golf (et oui !), au rugby, etc... (elle est même désormais loin derrière les 20 premiers).

BASKET