Que tous ceux qui pensent qu'il n'y a pas grand chose en Creuse lisent les lignes qui suivent (si, si, on insiste car vous ne le regretterez pas !)... Vous partez donc de Pontarion par la D941 (en direction d'Aubusson) et, à Saint-Hilaire-le-Château, vous filez sur votre droite jusqu'à Vidaillat : le hasard fait bien les choses car c'est justement là où vous devez vous rendre !

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Vidaillat est si... "paisible" qu'il est difficile d'imaginer qu'avant la guerre de 1914, plus de 1000 personnes peuplaient ce bourg ! Aujourd'hui, il reste quelques maisons. Ecole et bureau de poste sont fermés mais Vidaillat a encore une mairie (qui héberge une "agence postale communale"). Dans les années 1940, la mairie a été incendiée (l'occupant n'aime pas la Résistance !).

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Vous vous demandez ce que vous faites là et remarquez (tout de même) une église trappue qui (extérieurement) semble dénuée d'intéret (si ce n'est un étrange clocher-porche qui en masque l'entrée). Pourtant, à l'intérieur (finissez d'entrer !) une superbe surprise vous attend... Les peintures originelles du 14ème siècle y ont été admirablement restaurées (à la fin des années 1980).

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Elles sont en train de disparaître quand Eric Radovitch qui (à l'époque) est en poste à Guéret comme Architecte des Bâtiments de France, décide de les sauver. Il doit batailler ferme face aux élus qui veulent restaurer les voutes sans se soucier des peintures du moyen-âge avant d'avoir gain de cause. Puis, 2 autres personnages prennent le relais...

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Main dans la main, Albert Carre (restaurateur des monuments historiques) et Joël Kurzeja (maçon à Vidaillat) bouchent les fissures (à la chaux)dégagent les anciennes peintures et leur redonnent une belle patine. Les voutes de la nef retrouvent leurs guirlandes de fleurs, les chapiteaux leurs coquilles, choux, feuillages et masques, dans les couleurs d'origine !

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Les colonnettes, après plus de 600 ans, retrouvent les teintes noirs, jaunes et rouges qui étaient couramment utilisées en ce temps là dans les églises creusoises. Outre les peintures, l'intérieur de l'église de Vidaillat semble (de prime abord) décevant : le mobilier se limite à une vierge à l'enfant, un bénitier et une sculpture romane...

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Cependant, une dernière surprise vous attend : pour la découvrir, vous devez lever les yeux vers la voute... Sur le plafond se trouvent 5 trous bien réguliers qui ont été conçus comme de véritables "pièges à sons". Ils ont été disposés (au moyen-âge) de manière à absorber une partie des ondes sonores (pour améliorer la qualité acoustique de l'église !).

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