Avant d'être "christianisé", le Limousin (comme toute la Gaule) honorait Bélen, le Dieu Soleil. Pour le remercier de ses bienfaits, nos ancêtres  le célèbraient au cours d'une fête printanière, ponctuée de feux de joie symbolisant sa puissance. Cette tradition, en Creuse, se nommait Trafoujaud (que l'on peut traduire par "à travers le feu de joie").

BELEN


La veille de la Saint-Jean (le 23 juin), les jeunes hommes partaient à la recherche d'un résineux d'au moins 4 mètres de haut (dont ils coupaient les branches à 20 cm. du tronc pour pouvoir y accrocher des fagots de bois). Les jeunes filles étaient chargées de cueillir des fleurs des champs dont elles faisaient une superbe couronne (qui était placée au sommet de l'arbre).

BOIS


L'arbre était ensuite solidement planté en terre et était maintenu par de grosses pierres. Les enfants, eux, allaient de maison en maison pour récolter des fagots de genets secs, de genévriers et de houx. En haut de l'arbre, un crapaud vivant (symbole de sorcellerie) était enfermé dans une cage en osier. Puis les fagots étaient entassés en pyramide au pied de l'arbre...

CRAPAUD


La légende dit que la jeune fille qui allumait le feu trouvait un mari dans l'année (souvent, plusieurs d'entre elles s'empressaient donc de jeter leur torche sur l'arbre). La fumée qui se dégageait du Trafoujaud avait (dit-on) la propriété de purifier le village. De plus, lorsque les flammes atteignaient le crapaud, ce même village était (dit-on) libéré des maléfices dont il était l'objet.

GENEVRIER


Quand le feu diminuait d'intensité, les jeunes filles et les garçons se prenaient par la main, faisaient un "cercle magique" et dansaient en tournant autour du feu (ça se précise...). Ensuite, lorsque le feu commençait à s'éteindre, de courageux couples sautaient par dessus le Trafoujaud ("à travers le feu de joie", vous vous souvenez ?) en se tenant symboliquement la main...

FEU-FOU


Ce rite était comme une promesse mutuelle de mariage (dit-on). Leurs parents, de leur côté, s'employaient à d'autres rituels, destinés à assurer l'abondance des récoltes, la santé pour les enfants ou (dit-on) à protéger la chaumière de la foudre. Le lendemain, les éleveurs faisaient passer leurs bêtes dans les cendres, pour les protéger des maladies...

COUCHER DE BELEN


"Ça ne coûte rien ! Et, en plus, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal !" comme on le disait, avec un petit sourire...malicieux, dans les fermes de la Creuse.  

CIERGES