La charmante D5 quitte le sud de Dun-le-Palestel et vous confie (rapidement) à sa consoeur la D913 qui prend la direction de Saint-Vaury. Elle rencontre en chemin (sur sa gauche) la D 78 qui zigzague jusqu'à Saint-Sulpice-le-Dunois : voici donc situé l'endroit où va se dérouler notre récit. Il commence autour de la fontaine d'un village nommé le Mas Saint-Jean...

0157


Une légende locale affirme que son eau fait des miracles ! La maman paysanne dont l'enfant tarde à marcher vient y tremper (le jour de la Saint Jeanles langes de son bambin, les essore sans les détordre et les ramène en l'état dans sa chaumière. Dans les semaines qui suivent, le petit se met à marcher tout seul (et sa maman peut alors retourner aux travaux de la ferme).

SAINT SULPICE LE DUNOIS

 


La renommée de cette fontaine est si grande que le prieur d'Aureil (prés de Limoges) fait construire une chapelle à proximité. Une messe y est dite chaque année (le jour de la Saint-Jean) pour permettre aux bonnes chrétiennes de concilier magie et croyance avec foi. Très austère, la chapelle ne possède qu'une fenêtre (au dessus de l'autel) et quasiment aucune décoration.

6108


Peu à peu, les hommes assistent aussi à cette messe annuelle mais, eux, attendent du saint qu'il apporte toute sa protection à leurs... moutons. L'affluence de croyants attire alors des marchands, lesquels installent leur étal pour un jour. Un bal est organisé sous l'ombrage du gigantesque tilleul qui jouxte la chapelle et la Saint-Jean devient une fête !

ETAL DE MARCHAND


En 1948, le père missionnaire qui vient dire la messe annuelle innove en organisant une procession autour de la fontaine. Mais, l'année suivante, faute de participants, la messe n'a pas lieu. Toutefois, un prêtre fait un effort et vient réciter (pour la dernière fois) les évangiles devant une assemblée (extrêmement clairsemée) d'éleveurs de moutons.

SAINT GERMAIN BEAUPRE


Mais revenons au Moyen-Âge et parlons maintenant (à la demande générale) de la "pucelle d'Orléans"... Sur l'insistance de Jean de Brosse (son compagnon d'armes berrichon), Jeanne d'Arc vient lever des troupes (et des fonds) auprès des seigneurs du Berry et de la Marche en 1430. Elle commence à Crozant et va ensuite au château de Saint-Germain-Baupré... 

6113


Puis elle rallie la seigneurie de Dun-le-Palestel et se dirige ensuite vers les chatellenies de Saint-Vaury et de Montaigut. Arrivant à la hauteur de la chapelle du Mas Saint-Jean (jadis nommé Mas Chabot), la pieuse Jeanne d'Arc fait stopper le convoi pour venir s'y recueillir et y prier. Notez que seule la tradition orale (locale) a transmis cette anecdote...

CHAPELLE ET FANTOME JEANNE


En effet, les historiens ne possèdent aucune preuve écrite. Rien d'autre, en fait, que le nom des seigneurs donateurs et les dates de leurs engagements. Ils ont ainsi déterminé le trajet que le chef de guerre Jeanne d'Arc, fidèle serviteur du roi de France, a (peut être)  suivi... (et, si Jeanne d'Arc est bien passée par le Mas Saint-Jean, il est possible qu'elle y ait fait une halte).

CARTE