"Les écoles primaires ont pour objet de donner aux enfants des 2 sexes l'instruction nécessaire à des hommes libres. Il sera établi une école par mille habitants. Les presbytères seront mis à la disposition des municipalités pour servir de logement aux instituteurs et recevoir les élèves pendant la durée des leçons. Chaque école sera divisée en 1 section pour les garçons et 1 pour les filles"...

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"Les instituteurs sont tenus d'enseigner les livres publiés par la Convention nationale. Le maître doit tout à tous les élèves. Le salaire national sera de 1200 livres pour les instituteurs et de 1000 pour les institutrices. Ils enseigneront d'abord à lire et à écrire, apprendront aussi aux enfants la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la Constitution de la République française"...

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"Egalement la morale républicaine, les règles de calcul simple, l'arpentage, la géographie et l'histoire des peuples libres. L'enseignement sera donné en langue française et les jeunes citoyens qui n'auront pas fréquenté ces écoles subiront un examen : s'ils n'ont pas les connaissances nécessaires à être citoyen français, ils seront écartés tant qu'ils ne les auront pas acquises"...

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Vous venez de lire un extrait de la loi du 27 brumaire de l'an III (1794). Dans les campagnes creusoises, cette loi loi se heurte (au mieux) à l'indifférence générale. Ainsi, dans le canton de Felletin, aucune école primaire rurale n'est créée car (parait-il) "il n'y a pas de logement vacant pour les instituteurs, pas d'argent pour les payer et aucun candidat pour enseigner".

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Le Directoire de Felletin adresse alors une circulaire aux municipalités rurales pour leur rappeler que "l'ignorance est le 1er ressort de l'esclavage et du despotisme féodal". De leur côté, les administrateurs du district de Bourganeuf constate que l'ignorance reste la même après la création des écoles car les enseignants "manquent des lumières nécessaires pour opérer le bien".

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Le faible montant des salaires des enseignants est désigné comme le responsable de cette situation. Les creusois qui défendent la loi de création de l'école primaire trouve cependant une petite consolation dans les bibliothèques des nobles en exil : elles leur permettent de récupérer plusieurs centaines de livres pour les écoles (dont des ouvrages de Voltaire et de Rousseau... youpi !).

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