"En ce début de juin, ce n'est que verdure et fleurs. Dans les vergers les fruits sont formés. Les jardins familiaux, objets de soins incessants, offrent déjà fleurs parfumées et savoureux légumes. Enveloppant Oradour-sur-Glane de leur verdure aux tons nuancés qui ravissent les paysagistes, des bouquets d'arbres font de tout ce terroir un séduisant bocage".

Oradour avant


"Les 400 habitants sont presque tous des artisans et des commerçants qui travaillent dans leurs magasins et leurs ateliers. Point d'usine mais des dizaines de petites installations familiales où oeuvrent menuisiers, charrons, charpentiers, boulangers, maçons, bouchers, sabotiers, carriers, cordonniers, épicières, couturières, tailleurs, hôteliers et marchands de vin".

eglise avant


"Là est l'église, et aussi le cimetière. Là sont les 2 écoles, qui reçoivent presque tous les enfants de la commune. Sans avoir besoin de chercher au loin, on trouve 2 médecins, un pharmacien, un notaire, un bureau de poste, une petite gare. On a aussi des foires bien pourvues de bovins, de moutons et de porcs. On économise patiemment. On élève ses enfants avec tendresse".

boulangerie


"C'est un village limousin, un bon et sage village comme tant d'autres. Il a échappé au fracas de la guerre, il n'a subi ni mitraille ni bombardement. Les touristes s'arrêteront bientôt pour visiter l'antique église. Il y verront des exemples typiques de notre architecture nationale, la nef du XVe avec ses chapelles latérales, le clocher carré pourvu de 2 échauguettes".

eglise clocher apres


"Les visiteurs iront aussi au cimetière voir un petit monument médiéval, la lanterne des Morts, qui, depuis le XIIe siècle, a reçu la mission de rappeler aux vivants le devoir d'honorer les morts. Chaque samedi, de Limoges, le tramway électrique amène des parents, des amis. Un groupe de 50 lorrains, expulsés de leurs 2 villages, est installé ici depuis près de 4 ans".

rue principale


"Dans la paix champêtre, au milieu des jardins fleuris, qui penserait à redouter que les derniers jours de l'interminable guerre puissent apporter ici des souffrances que l'imagination n'oserait concevoir ? On vit, on espère... et la tuerie est là. De tout celà, demain, il ne restera rien".

(Franck Delage, président de la Société Archéologique et Historique du Limousin et auteur de l'ouvrage Oradour Ville Martyre, édité en 1945 par l'imprimerie Mellottée à Châteauroux).

bureau de poste Oradour


"Qu'il soit permis au représentant du Chef de l'Etat et du Gouvernement de la France d'élever la voix pour renouveler la protestation solennelle qui a été faite auprès de la puissance occupante. Quelle que soient les raisons invoquées, rien ne peut justifier le caractère effroyable de ce drame, contraire à la convention de La Haye, contraire aux lois françaises et allemandes".

ruines Oradour-sur-Glane


"Le sac d'Oradour-sur-Glane et le massacre de ses habitants révoltent la conscience qui demeure saisie d'épouvante. La langue française ne connaît pas de mots assez forts pour qualifier cet acte; mais celui qui s'y est livré à commis un crime même contre sa propre patrie. Adieu, habitants d'Oradour-sur-Glane, morts d'un supplice sans nom".

Oradour 2004-06 01


"Nous jurons sur vos tombes que nous ne reculerons devant aucun effort pour empêcher qu'à l'avenir d'autres subissent votre sort. Ce sera là toute notre raison d'être : que votre martyre serve à sauver les vivants !".

(extraits du discours prononcé le 21 juin 1944 à Oradour-sur-Glane par Freund-Valade, préfet régional du Limousin).

souviens-toi


Photos de 1945 : Lavaux, François, Mellottée, Pignol - Photos de 2004 : Marchoucreuse 23