Tandis qu'une poignée de creusois patriotes refusent d'accepter la politique de collaboration de Pétain et commencent à oser prendre les armes "pour faire renaître la Patrie et la Liberté", des centaines et des centaines de creusoises, paysannes, ouvrières, institutrices, chefs d'entreprises ou mères de famille, s'engagent elles aussi (dés 1940 pour certaines) dans la Résistance...

Femmes de la Resistance en Creuse


A Aubusson, Georgette Colson cache provisoirement des documents clandestins sous le lino du couloir de la quincaillerie familiale (avant de les faire parvenir aux maquisards). Le 14 mars 1944, la Gestapo vient fouiller la boutique pour trouver la cachette. Georgette reste debout dans le couloir et les S.S. la contournent sans jamais se douter que les papiers sont sous ses pieds.

Georgette Colson


A Villemonteix, Hélène Judet-Froment (propriétaire du château) n'hésite pas à aider le maquis. Le 17 juillet 1944, les résistants capturent un officier allemand et l'amènent au château. Le prisonnier est enfermé dans la tour et les maquisards repartent. Les allemands viennent libérer le haut-gradé et enferme Hélène à Bourganeuf mais, faute de preuves, ils la relâchent.

Helene Judet-Froment


A La Courtine, Léa Pailloux est la directrice de l'école. Ses sentiments socialistes sont connus et, en 1941, les pétainistes de La Courtine tentent sans succès de la faire remplacer. Elle adhère alors au réseau clandestin Armée Secrète et, bien qu'étroitement surveillée, parvient à recruter des réfractaires au S.T.O. dés 1943... avant d'entrer elle-même dans la clandestinité.

Lea Pailloux


A Nouhant, en juin 1944, Jean Debize et ses hommes parviennent à libérer les prisonniers politiques qui ont été internés à Evaux-les-Bains. Il confie alors à sa fille Anne-Marie Debize le soin de les répartir parmi les habitants de Viersat qui sont acquis à la Résistance. Il faut dire qu'Anne-Marie aide son père et les FTP de Nouhant depuis 1943, l'année de ses... 13 ans !

Anne-Marie Debize


Assurément une des plus jeunes résistantes de Creuse, Anne-Marie n'en réussit pas moins à accomplir de très dangereuses missions. Son cartable d'écolière attaché sur le porte-bagages de son vélo, elle achemine ainsi de faux-papiers aux réfractaires et aux juifs, livre au maquis des messages, des médicaments, de la nourriture et même des munitions et des armes.

Gilberte Petit et Paulette Fougerol


En 1939, l'époux de Marie Huguet (gardien du cimetière de Guéret) est mobilisé et c'est elle qui le remplace dans ses fonctions. En 1940, elle s'engage auprès du réseau Alliance et transforme le cimetière de Guéret en une "boite à lettres" secrète dans laquelle transitent des messages, des tracts et des armes, bien cachés dans des tombes ou des caveaux abandonnés.

Marie Leraud


A La Souterraine, Marie Leraud, employée du chemin de fer, communique les horaires des trains de marchandises pour l'Allemagne aux résistants et ceux-ci les font alors dérailler. Blanche Perrot, elle, y est téléphoniste de nuit. Elle intercepte pour le réseau Alliance les communications des militaires allemands (un secret absolu va entourer son activité jusqu'à la libération complète de la Creuse).

Blanche Perrot


Toujours à La Souterraine, des jeunes filles, élèves du couvent, tricotent en secret d'épaisses chaussettes pour équiper les maquisards soumis aux rigueurs de l'hiver. Sous l'impulsion de Ginette Brulé, Madeleine Nicot et Marcelle Bernard, nombre d'entre elles adhèrent aux Forces Unies de la Jeunesse Patriotique et aident activement les FTP de Creuse.

Les jeunes filles du couvent de La Souterraine


A lire : "Femmes de la Résistance en Creuse" (par Marc Parrotin, aux Editions Verso)