L'histoire qui suit est censée se dérouler à La Celle Dunoise (une agréable petite commune, nichée le long de la Creuse, entre Dun-le-Palestel et Bonnat, à quelques 25 km au nord de Guéret). Aux alentours de 1880 (?), un certain Léon (surnommé Le Nabot) vient de fêter l'arrivée de l'été à l'auberge du bourg (elle se trouve à côté du pont qui enjambe la Creuse et existe toujours).

AUBERGE1


Après plusieurs faux-départs, Léon décide de rentrer chez lui, là-haut, dans le village de Cessac. Fort heureusement Léon "Le Nabot", qui va devoir parcourir plusieurs kilomètres à pied, bénéficie de la belle lueur de la pleine lune. Il traverse le pont qui enjambe le ruisseau de Pradelle et remonte ensuite le chemin Canard. Léon commence à suer les dizaines de verres qu'il a bu.

CHEMIN CANARD


Puis, Le Nabot fait une pause, ouvre sa braguette, et s'allège d'un bon litre. Il reprend ensuite sa route par le chemin de la Vierge, lequel monte sèchement vers le ruisseau Chantadou. Une chauve-souris le frôle. Léon se met à rire : il imagine l'animal le confondant avec un papillon de nuit, lui qui mesure au bas mot 1,90 mètre et pèse plus de 100 kilos !

VIERGE


Son gros bâton de marche claque régulièrement sur les pierres du chemin, lequel longe désormais le Chantadou. Le bruissement régulier de l'eau qui dévale en contrebas monte jusqu'à lui et accompagne ses pas. Le Nabot fait un second arrêt et se déleste d'un autre litre. Puis il reprend sa marche, avançant vers le pont qui permet de franchir à pied sec le Chantadou...

SOUS LE PONT DU CHANTADOU


Dans les veillées, plusieurs histoires terrifiantes ont pour théâtre cet endroit. Oui, celui-là même qu'un petit bois sombre recouvre. Elles parlent du Diable ou de bêtes effrayantes qui seraient apparus là, surgissant de sous le pont. Le Nabot est un solide gaillard qui ne croit pas aux sornettes . En outre, sa grosse paluche tient fermement son solide bâton de marche... au cas où !

CHEMIN VERS LE CHANTADOU


Soudain, sous le couvert des arbres, il devine une forme blanche qui, sans bouger, attend sur le pont. La main de Léon se serre un peu plus sur son bâton. Il continue d'avancer. Il distingue désormais qu'il s'agit d'un homme, blanc comme un spectre, juché sur un cheval tout aussi blanc. "Qui va là ?" tonne Le Nabot. Le fantômatique cavalier se redresse alors sur son destrier...

CHANTADOU


"Tout doux ! Tout doux ! C'est moi, Jean, le meunier !" lui répond la tâche spectrale. En effet, c'est bien le meunier ! Et il explique à Léon qu'il remontait de l'auberge sur son cheval quand il s'est endormi à cet endroit (probablement à cause de la fatigue). Assis au bord de la piste de Cessac, les 2 hommes s'esclaffent alors de bon coeur.

AUBERGE2


Le Nabot donne une grande tape amicale dans le dos du meunier, soulevant ainsi un petit nuage blanc de farine. Léon et Jean décident de redescendre à l'auberge pour aller raconter à qui voudra l'entendre cette belle histoire de fantôme de cavalier blanc qui garde l'accès du pont du Chantadou... Qui sait, il y aura peut-être bien quelqu'un qui y croira ?

PONT


Ce sentier existe encore : balisé en jaune, il s'éloigne ensuite du Chantadou pour décrire une courbe de 5/6 km qui ramène au bourg... et à l'auberge.