Le mercredi 7 juin 1944 à l'aube, les employés des P.T.T. désarment et ligotent les soldats allemands du service postal de Guéret. Au même instant, sous les ordres du commandant François, les maquis de la ville (appuyés par ceux de La Souterraine et ceux du pays dunois) entrent dans Guéret et progressent vers la place Bonnyaud. La garnison allemande se barricade alors dans 2 hôtels.

hotel


Les gendarmes français et les élèves de l'Ecole de la Garde se rallient à la résistance et, vers 7 h., des tirs nourris sont échangés entre les Forces Françaises de l'Intérieur et les allemands retranchés dans l'hôtel Saint-François et dans l'hôtel Auclair. A 9h., les maquisards envoient 2 bombes incendiaires dans l'hôtel Saint-François (place Bonnyaud), obligeant ainsi les allemands à se rendre.

plaque Ecole de la Garde


Le commandant des FFI adresse alors un ultimatum aux feldgendarmes allemands retranchés dans l'hôtel Auclair (avenue de la Sénatorerie)... Ils cessent à leur tour le combat. Sans subir la moindre violence, tous les soldats allemands sont alors enfermés dans la caserne de l'Ecole de la Garde. Pendant ce temps, les miliciens de Pétain se barricadent dans leur quartier général (rue de la Pépinière).

camionnette


Les résistants les encerclent et les combats font rage. Les FFI prennent le dessus et promettent la vie sauve aux miliciens s'ils se rendent. Ces derniers sortent sans armes et sont ensuite enfermés dans la prison (avenue de la République). Guéret (qui est désormais entièrement entre les mains des maquisards) devient ainsi la toute première ville de France libérée par la Résistance !

blason Gueret


L'écho du dernier coup de feu est à peine évanoui qu'une foule heureuse envahit bruyamment la place Bonnyaud. Quelques drapeaux tricolores apparaîssent et la Marseillaise gonfle les poitrines. Le Comité de Libération s'installe dans la Préfecture tandis que les résistants s'emparent de la nourriture et des armes que la Milice et les allemands entassaient dans leurs locaux.

charette


Le jeudi 8 juin, vers 11h., une colonne de camions allemands et une centaine de soldats s'approchent de la gare. Les maquisards en faction sur le secteur ouvrent le feu et repoussent les assaillants. Les FFI tuent 15 soldats allemands et perdent 2 des leurs (Pierre Camus et Jean Chapon). Mais, au matin du vendredi 9 juin, tous les résistants quittent la ville pour "rejoindre leurs campements".

locomotive vapeur


Les heures passent et la rumeur de l'arrivée d'une colonne de blindés de la SS Das Reich se répand dans la ville. Sur ce, 12 chasseurs allemands surgissent, mitraillent les habitants et lâchent des bombes sur les maisons. C'est la panique ! Les guérétois se terrent dans les caves. Vers 11h30, l'armée allemande entre dans Guéret sans avoir à ouvrir le feu.

eglise de Gueret


Les points stratégiques sont équipés de canons. Les SS fouillent les maisons et en font sortir tous les habitants qu'ils rassemblent sur la place de l'Hôtel de ville. Mr Arfeuillère, maire de Guéret, négocie avec les officiers SS et obtient qu'ils laissent partir les enfants et les femmes. Les hommes sont alors convaincus qu'ils vont être abattus. La tension devient terrible...

fontaine place Bonnyaud


Les officiers allemands informent ensuite le maire qu'ils ont reçus l'ordre de brûler la ville et de supprimer sa population. Mais, du fait qu'il n'y a eu aucune résistance à leur arrivée, ils accordent un sursis à Guéret. Mr Arfeuillère affirme aux SS qu'il pense que les résistants ont tous quittés la ville et il leur fait constater combien les guérétois sont dénués d'intentions hostiles à leur égard.

chapelle Providence


Le commandant allemand annonce alors qu'il accorde une grâce exceptionnelle aux habitants et à la ville... Guéret échappe donc au pire : être passée au lance-flammes, transformée en ruines, et voir sa population intégralement assassinée, réduite en cendres pour ne pas laisser de traces du crime (les SS se livrent cependant au pillage de la plupart des magasins de la ville).

hommage aux martyrs


Le samedi 10 juin, les guérétois restent terrés chez eux. Quelques courageux osent mettre le nez dehors le dimanche. Ils découvrent qu'une quarantaine de blindés stationnent sur la place Bonnyaud. Les miliciens, quant à eux, enragent de savoir que les SS ne veulent pas massacrer la population. Pommerat, leur chef, fait alors venir de Limoges un spécialiste nommé De Barry...

Reclames


Le dimanche 25 juin, venus en renfort de l'Indre et de l'Allier, 400 miliciens encerclent Guéret, arrêtent pratiquement toute la population et l'emmènent en camions à Limoges. Quelques habitants sont exécutés tout de suite, les autres attendent leur interrogatoire en cellule. Les jours et les semaines passent. Dehors, la forte poussée des alliés fait reculer l'armée allemande.

nuit creusoise


Les miliciens prennent alors la fuite et laissent tous leurs prisonniers (dont une partie a été torturée)... Par la suite, un document est découvert : il est adressé par De Barry au général allemand Gleiniger. Le milicien lui fait parvenir la liste des habitants à garder en otages et celle des détenus à fusiller. Il propose de les ramener à Guéret pour les assassiner devant le reste de la population.

voiture


Le zélé De Barry conseille également de nettoyer Aubusson dans la foulée, de procéder à des arrestations massives à Sainte-Feyre et de bombarder Lavaveix-les-Mines, Sardent et Fourneau. Pour Aubusson, il préconise de rassembler "toute la population mâle et femelle" sur le champ de foire et d'abattre tous ceux dont il fournit en annexe la liste.

Lavaveix-les-Mines


Le nombre de pertes importantes que les 3 divisions SS envoyés en Creuse font subir à la Résistance amène le colonel François, au début du mois de juillet, à donner l'ordre aux FFI de se disperser. Puis, le 25 juillet, un ordre de regroupement général est donné et, à partir du 2 août, le harcèlement de l'ennemi reprend et accentue ainsi la débacle de l'armée allemande.

BOURGANEUF


Les maquisards, avec l'aide de 33 parachutistes anglais, libèrent la ville de Bourganeuf. Un ultimatum est ensuite envoyé aux allemands et aux miliciens qui se trouvent en garnison à Guéret. Il leur intime de se rendre sans condition. Alors, dans la nuit du 24 au 25 août, les soldats allemands et les miliciens s'enfuient vers l'est... Cette fois-ci, Guéret est définitivement libérée !

Palais de justice


L'équipe de Marchoucreuse 23 adresse ici ses sincères remerciements à cette fille et à ce fils de résistant qui lui ont permis de retracer comment s'est déroulé cet épisode mouvementé de l'histoire de Guéret et d'une partie de la Creuse.