Ce que nous allons vous raconter ci-après nous a (carrément) fait tomber sur le derrière... Partis de Guéret, vous et nous roulons sur la D940 en direction de La Châtre et arrivons à Genouillac. A la sortie du bourg, une gentille descente nous mène jusqu'à la Petite Creuse : à cet endroit (le croirez-vous ?) se trouvait Port Marcibaud, un lieu "d'embarquement" du transport de bois !

la Petite Creuse


Ceux qui aiment se promener le long de cette modeste rivière auront (comme nous) du mal à imaginer qu'elle a charrié des convois de bois pouvant aller jusqu'à 15.000 stères. Le courant les emportaient jusqu'à la Creuse, puis jusqu'à la Vienne. Ils étaient alors récupérés au Port de Piles, dans le Poitou. Ce mode de transport (peu onéreux) était le seul possible à l'époque.

la Creuse


D'autres ports creusois existaient sur la Creuse Aubusson) et sur le Taurion Bourganeuf). Les bois mis à l'eau sur ces 2 rivières arrivaient tous à Limoges(après avoir séché) ils alimentaient les insatiables fours de l'industrie porcelainière de la ville. Le ramier du Port du Naveix y barrait la Vienne, laissant passer l'eau mais pas le bois qui était alors récupéré.

Limoges


Le bois était rassemblé dans les ports (au printemps et en été) pour être mis à l'eau vers la fin du mois de novembre (au moment où les eaux sont les plus hautes), aprés que les Préfectures aient donné leur accord. Sur les rives, des ouvriers munis de longues perches escortaient les convois. Ils devaient se méfier des courbes, des rochers, du courant et... de ne pas tomber à l'eau.

moulin


De nombreux moulins parsemant le lit des rivières, les meuniers avaient l'obligation de barrer leurs biefs avec des cables en acier. Moyennant finances, les ouvriers pouvaient se restaurer dans ces moulins. Les habitants du quartier du Port du Naveix étaient embauchés pour la récupération et l'empilage du bois. Lors des crues, leur travail devenait particulièrement pénible et dangereux.

Saint-Leonard-de-Noblat


Quand le chemin de fer arrive en Creuse, le flottage ne sert plus guère qu'à amener le bois jusqu'à la gare où il doit être chargé sur des wagons. Puis le transport du bois sur la Petite Creuse, la Creuse, le Taurion et la Vienne disparaît totalement et il ne reste désormais plus aucune trace des ports de Genouillac, de Bétête, d'Aubusson, de Bourganeuf et de Limoges (snif !).

Malval