La décision de construire un nouvel établissement thermal à Evaux-les-Bains est prise en 1831. Des travaux de déblaiement commencent alors à l'endroit qui a été jugé être le meilleur pour installer les bâtiments de cure. Les ouvriers du chantier se mettent à creuser mais, à peine arrivés à 1 mètre de profondeur, ils commencent à trouver des objets qui leur paraissent plutôt anciens...

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Le Conseil Général de la Creuse (qui est finalement mis au courant) vote alors une subvention pour payer les recherches. En contrepartie, les antiquités trouvés à Evaux-les-Bains devront être envoyés au musée de Guéret. Les travaux continuent jusqu'en 1847 mais (faute de surveillance de l'administration) beaucoup d'objets sont détruits ou récupérés par des particuliers.

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Les rares débris de sculptures ou d'éléments architecturaux qui sont envoyés à Guéret ne sont pas du tout étudiés scientifiquement mais sont simplement rangés dans une vitrine du musée. Aujourd'hui, nous savons qu'à cet endroit se trouvaient des thermes gallo-romains, construits sur l'emplacement de thermes gaulois... Des morceaux de colonnes et de corniches ont fini par parler !

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Un petit sanctuaire, du genre de ceux qui étaient assez couramment construits en Gaule ou en Italie, avait été érigé là. Sur un morceau de marbre se trouvent encore des caractères gravés. Des plaques de marbre, toujours recouvertes de marqueteries minérales, ont résisté aux outrages des siècles (ce qui, semble-il, n'a pas vraiment ému les terrassiers du 19ème siècle... comme vous allez le découvrir).

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Des piscines entouraient une cour intérieure au fond de laquelle se trouvait le petit temple. Ces bains antiques étaient bordés de gradins en marbre. Les ouvriers poursuivent leur besogne et trouvent de nombreuses baignoires (également en marbre). Mais, en les arrachant du sol, ils en cassent un grand nombre et les morceaux les gênent pour la poursuite des travaux...

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Qu'à celà ne tienne : ils se munissent de masses et réduisent le tout en petits morceaux ! D'autres objets plus petits sont très souvent emportés par des badauds, ravis de l'aubaine. Le musée de Guéret reçoit tout de même une statuette (incomplète), un buste de femme (cassé), une colonnette, un vase en verre (cassé) et quelques médailles en bronze (celles en or et en argent disparaîssent).

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En 1856, 3 coupes en cuivre et un masque en bronze sont découverts dans un puits gallo-romain. Le musée les réclame aussitôt mais les actionnaires de la société des bains répondent que, comme le Conseil Général ne subventionne plus les travaux, ils se considèrent désormais propriétaires des objets antiques qu'ils trouvent chez eux ("Ô tempora, ô mores !" qu'ils disaient à Rome).

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