Quand les premières émeutes de la Révolution éclatent, en mai 1789, bon nombre de maçons migrants creusois se trouvent à Paris. Les chantiers s'arrêtent : ils n'ont plus d'argent mais ne peuvent pas rentrer en Creuse faute de permis pour circuler. Pourtant, là-bas, au pays, les hommes font cruellement défaut et de vilaines rumeurs commencent à circuler...

CHARPENTE


A ce que l'on dit, des hordes de brigands pilleraient et violeraient dans ces campagnes sans hommes ! Dans les villes, des hommes il en reste et, en décembre, la municipalité de Dun-le-Palestel peut ainsi organiser les élections : les citoyens de plus de 25 ans qui ont payé leurs impôts peuvent voter pour élire le maire et les conseillers généraux de la commune.

FILEUSE


Parmi les élus figurent Claude de Lafont de Bramant (notaire royal jusqu'en mai 1789), François Thomas (cavalier de maréchaussée jusqu'en 1791, puis gendarme ensuite), Charles Delafont (propriétaire bourgeois), François Aufort (aubergiste), Pierre Chenet (boucher), Sylvain Pericaud et Sylvain Genevoix, membres potentiels de la Société Populaire de Dun-le-Palestel.

INSTRUMENTS


En octobre 1791, les hommes de 25 à 50 ans doivent former une section de gardes nationaux chargés d'assurer l'ordre républicain. Ceux qui osent refuser sont aussitôt considérés comme des ennemis de la République... Le 11 mars 1793, la Société Populaire des Bons Sans-Culottes de La Souterraine fait arrêter une cinquantaine de "suspects".

TOMBEREAU


Le procureur de Dun-le-Palestel exige de tous les aubergistes qu'ils notent dans un registre les identités des étrangers qu'ils hébergent (faute de quoi ils seront considérés comme ennemis de la Révolution). Les 2 cordonniers de Dun sont réquisitionnés pour chausser les gardes nationaux et le suif des bouchers est confisqué pour en faire des bougies (une grande pénurie s'étend à toute la Creuse).

CHEMINEE


Le Louis d'or de 20 francs est retiré de la circulation et est remplacé par un assignat (une sorte de billet de banque). Mais, souvent, les commerçants ne peuvent pas rendre la monnaie car les petites coupures sont introuvables. A partir du 15 octobre 1793, la municipalité de Dun-le-Palestel met en place des centres de travail pour occuper les chômeurs et les plus démunis...

REMPAILLAGE


Les hommes y sont payés environ 20 sous par jour, les femmes 10 et les enfants 8 (une poule coûte 100 sous). En novembre, le Conseil Général de Dun annonce la réquisition de tous les chevaux et mulets pour aller chercher du grain dans la Vienne afin de faire du pain et, ainsi, de nourrir les habitants. En 1794, la grêle détruit les récoltes et les paysans demandent de l'aide.

CHARRETTE


A Paris, après la décapitation de Robespierre, le Club des Jacobins est dissous et, en province, les Sociétés Populaires cessent de fonctionner. Léonard Michel Texier, natif du Pays Dunois, fait alors libérer un grand nombre des creusois qui avaient été mis en prison par les jacobins. Dans les campagnes, les loups reviennent mais les armes ont été données aux gardes nationaux...

PORTE


A la fin de l'automne 1794, le district de Dun-le-Palestel demande pourtant aux communes d'organiser une chasse aux loups. Celui de La Souterraine juge quant à lui urgent d'envoyer 25 prisonniers de guerre à la commune de Dun-le-Palestel qui ne sait ni où les mettre, ni comment les nourrir ! Des bancs sont alors regroupés pour faire des lits (et, ainsi, éviter une dépense malvenue).

BARDEAUX


Le 28 juin 1800, après le coup d'état de Napoléon Bonaparte, le conseil municipal de Dun-le-Palestel décide de voter en urgence un arrêté qui interdit aux habitants de jouer aux quilles dans les rues sous peine d'une amende de 3 jours de travail... car plusieurs enfants de la ville ont déjà reçu des boules en pleine tête ! Le maire intervient à nouveau le 4 juillet...

MAS SAINT JEAN


Ayant constaté que ses administrés tuent des chiens et des chats, il leur interdit catégoriquement d'en laisser les cadavres à l'air libre. Le 6 août, toutes les communes du canton sont priées de rassembler assez de monde pour organiser 3 battues dans les bois de Dun, de Chabannes et de Jervelle (où des loups ont été vus). Puis, le maire de Dun-le-Palestel prononce un nouvel interdit...

W-C


Le 8 août, afin d'éradiquer la morve et le charbon, les paysans n'ont plus le droit de faire boire leurs bêtes dans l'unique fontaine de Dunet, celle-là même où les habitants puisent leur eau. Plus tard, au cours de la séance du 14 avril 1802, le conseil municipal décide de demander au Préfet de la Creuse l'ouverture d'une école publique pour instruire la soixantaine d'enfants de la commune.

CUISINE


Le 31 janvier 1804, Ribariu, prisonnier de guerre autrichien, obtient la permission de se marier avec une dunoise et d'avoir un foyer en Creuse. Par la suite, plusieurs autres prisonniers suivront son exemple.

SALON


Pour en savoir encore plus... http://www.ssnah23.org/