Une ville, déjà importante, est nichée à la frontière sud-est du territoire de la tribu des lémovices. Puis, elle devient gallo-romaine mais garde son statut d'important centre de décisions politiques. Elle se trouve en un lieu nommé Chancet, aujourd'hui village de la commune de Saint-Georges-Nigremont. En 555, l'armée de Caribert et l'armée de Chramme s'y rencontrent...

SUBTERRANEA


Voilà, c'est tout ! L'histoire de la cité de Chancet s'arrête ainsi : elle ne deviendra jamais une ville creusoise car elle décline et disparait après 555 (ce sont les hasards de l'histoire, désolé !). Mais d'autres villes creusoises traversent allègrement les siècles et existent toujours... Voulez-vous connaître l'histoire et le nom de celle qui va devenir la plus importante du comté de la Marche ?

ANCIEN PONT LEVIS


A l'âge du bronze, un village peuplé de lémovices s'étale au sommet de la colline de Beaumont. Plus tard, des moines chrétiens arrivent et, sur l'emplacement d'un temple lémovice, construisent une belle église toute neuve. Au Bas Moyen-âge, le village grandit puis, en 1122, les comtes de la Marche font construire le prieuré du Moutier et, pour le défendre, le château de la Tour.

BONNAT


Du coup, le village devient rapidement un gros bourg où de nombreux négociants s'installent. Vers 1300, Felletin (et oui, c'est elle !) reçoit une charte de commune et a le droit de construire ses remparts. Au 16ème siècle, la lieutenance générale de la Marche s'y établit, le 1er collège de la Marche (religieux évidemment) y est fondé et la cité s'enrichit d'un véritable centre administratif.

AHUN


En effet, Felletin devient également le siège d'une châtellenie royale, accueille un tribunal de commerce et un grenier à sel. Au 17ème siècle, elle est la ville la plus peuplée de la Marche ! Une confrérie de moines pénitents s'y installe en 1606 et une seconde en 1612. La ville grandit sans cesse et, en 1775, Felletin abrite déjà quelques 3000 âmes !

LIMOGES


Enfants du 20ème (et du 21ème) siècle, vous vous demandez peut-être ce qu'il se passe alors à Guéret, à Aubusson et dans les autres villes de la Marche ? Guéret, celle qui va devenir la préfecture de la Creuse, naît sur un replat où sont regroupés des domaines agricoles et quelques minuscules villages gallo-romains. A côté, a été installée une nécropole où les morts sont incinérés...

AUBUSSON


Cette modeste agglomération s'appelle alors Waractus. Vers le 5ème siècle, une église (toute belle et neuve, elle aussi) est construite. Au 7ème siècle, un haut fonctionnaire royal y fonde un monastère. Guéret devra toutefois attendre l'année 1406 pour devenir une vraie petite ville et patienter jusqu'en 1434 pour être protégée par une rassurante enceinte de murs.

TOULX SAINTE CROIX


Mais Guéret végète encore ! Puis, en 1514, la sénéchaussée de la Haute-Marche s'y installe et la ville devient un important centre administratif. Enfin rassurées, des nonnes y fondent un couvent en 1616. Jaloux, des moines pénitents y installent une confrérie en 1626. Un Présidial y est également construit en 1635 et, en 1698, Guéret peut s'énorgueillir de ses 2300 habitants.

FRESQUE


Le développement d'Aubusson est trés diffèrent de celui de Felletin et de Guéret : les romains chassent les lémovices de l'escarpement rocheux stratégique qui surveille les vallées alentours et y installent leur camp militaire fortifié. Au cours des siècles qui suivent, les seigneurs médiévaux (qui ne sont pas plus bêtes que les militaires romains) se disent que l'endroit est super et ils y construisent un fort.

BOURGANEUF


Ce fort devient, dés le 10ème siècle, la propriété des vicomtes d'Aubusson, lesquels contrôlent ainsi le trafic commercial qui se fait dans les vallées. La ville, qui est née au pied du fort, se dote d'un consul dés 1229 et se voit accorder une charte communale en 1262. Des remparts sont alors construits et une chapelle castrale est érigée en contrebas du château.

CROCQ


La chapelle est, par la suite, transformée en église et en 1298, désormais église collégiale Notre-Dame, elle devient le siège d'une archiprêtrise. Peuplée de marchands, bien abritée derrière ses murs, rassurée par la présence du clergé et protégée par les troupes du vicomte, Aubusson va maintenant pouvoir se développer tranquillement, gentes damoiselles et damoiseaux !

LA SOUTERRAINE


La naissance de La Souterraine est beaucoup plus chaotique : à l'emplacement de l'actuel village de Bridiers se trouve une cité gallo-romaine. Dévastée par des invasions de barbares, elle est abandonnée vers le 3ème siècle. Au 11ème, collée à l'ouest des ruines de l'antique cité, une place forte en bois est construite sur 2 mottes castrales par les vicomtes de Bridiers.

BRIDIERS


Sur la colline de Subterranea, à 3 kilomètres à l'ouest de Bridiers, s'élève une autre motte castrale fortifiée : celle-ci  appartient à Gérald de Crozant. Ce dernier décide de donner le domaine agricole qui se trouve au pied de sa forteresse à l'ordre des moines bénédictins de Saint-Martial, établi à Limoges. Les moines construisent alors un monastère et une nécropole.

MAGNAT


Une église est bâtie à la place d'un tout petit lieu de culte plus ancien. Au 12ème siècle, tandis qu'un coquet donjon et des remparts en pierre sont ajoutés à la forteresse de Bridiers, Isambert, l'abbé de Saint-Martial, fait construire à Subterranea un prieuré entouré d'une enceinte protectrice. Les murs sont renforcés en 1226 et des habitants viennent alors s'installer à La Souterraine.

PARCHEMIN


Encore une petite pour la route ? A proximité du village de Villeville (non, nous n'inventons rien !) se trouve un immense quadrilatère où est installé un camp romain. A côté du camp, un domaine agricole gallo-romain est exploité par son propriétaire, un certain Boussacarius. Dans les siècles qui suivent, une église-mère y est construite : elle engendrera ensuite Boussac-Bourg.

PREBENOIT


Entre le 11ème et le 13ème siècle, le prieuré de Boussac et une chapelle sont ensuite édifiés à quelques kilomètres de distance, ainsi qu'une puissante fortification, juchée sur le promontoire rocheux qui borde la Petite Creuse. Cette forteresse, qui est une des 9 baronnies du Berry, appartient d'abord aux princes de Déols puis, par la suite, aux vicomtes de Brosse.

VIEIL AUBUSSON


Séparé de la paroisse-mère et administré par 4 consuls, la ville de Boussac grandit dans l'ombre de son château avant d'être, en 1427, pourvu d'une charte communale. Elle restera toutefois fort modeste, n'abritant au 17ème siècle que 6 ou 700 habitants quand les cités d'Evaux-les-Bains et de Felletin dépassent joyeusement les 3000 âmes.

VILLEMONTEIX


Renseignements picorés dans "Les origines de la vie urbaine en Marche" par Jean-Michel Desbordes

(membre de la Société des Sciences de la Creuse).    

www.ssnah23.org

VITRAIL