Parmi ceux qui connaissent un peu, beaucoup ou passionnément la Creuse, un beau nombre croit dur comme fer que l'eau coule en abondance sur l'ensemble de ce merveilleux département. Certains vont même jusqu'à affirmer qu'il pleut souvent sur ses verts paysages... Et bien, chères lectrices et chers lecteurs, sachez que tout ceci n'est qu'en partie vrai !

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S'il est exact que des précipitations arrosent généreusement (de quelques 1400 à 1500 mm. par an) les prairies, les tourbières et les bois du plateau de Millevaches, de Bourganeuf et de Pontarion, elles sont pratiquement 2 fois moins abondantes dans toute la moitié nord, notamment sur les contrées de Boussac, Chambon-sur-Voueize et Evaux-les-Bains.

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Il est vrai que les sources, les ruisseaux et les rivières de Creuse se comptent par milliers (à 1 ou 2 près) mais leurs débits sont plutôt faibles et, dés que survient la sècheresse estivale, les tracteurs avec citerne des éleveurs s'agitent très vite dans tous les sens pour apporter à boire aux bêtes z'assoiffées. "Oui mais, en dessous, il y a de l'eau ?" demandez-vous...

etang asseche


A vrai dire, à cause du sous-sol fortement granitique de la Creuse, l'eau ne peut pas s'infiltrer et les nappes phréatiques se comptent sur les doigts de la main (en se concentrant un peu). La plus importante de ces (rares) nappes se trouve sous la Tardes... à l'endroit précis où l'état entend autoriser l'extraction de l'or et des métaux précieux qui s'y trouve.

PANORAMIQUE SUR LAC VASSIVIERE


Cette industrie persiste, aujourd'hui comme hier, avec ses fâcheuses habitudes et veut utiliser du mercure pour récupérer ces métaux précieux (bien que, la main sur le coeur, elle affirme le contraire). Le risque de voir cette eau, aujourd'hui plus précieuse que jamais, être contaminée par ce poison fait toujours partie des catastrophes possibles (bien que, la main sur le coeur...).

cygne


Certaines rivières creusoises, à l'instar de la Sedelle, la Gartempe et la Petite Creuse, ont gardé leurs fougueuses eaux bondissantes. D'autres, comme la Maulde, le Taurion et la Creuse, ont reçu la visite de la fée électricité, laquelle a griffé leurs lits d'une ribambelle de barrages qui les ont engrossés d'autant de petits lacs bien paisibles.

LA SEDELLE


Ces lacs, bien qu'assujettis à la production de courant électrique, n'en constituent pas moins une importante réserve d'eau pour le département et, en période estivale, les vacanciers et les pêcheurs les apprécient. Dans notre aquatique inventaire, il convient bien évidemment de ne pas oublier les innombrables étangs et... les ruisseaux qui les alimentent.

PLAGE DE COURTILLE


En ce qui concerne la qualité de l'eau des rivières de la Creuse, elle est considérée comme moyenne, voire bonne. Cependant, tous les cours d'eau ne sont pas logés à la même enseigne : en 2005, la Sedelle et la Petite Creuse (dans leurs lits supérieurs), ainsi que la Tardes (dans son lit inférieur) étaient jugées comme ayant un état écologique passablement "dégradé".

LAC VASSIVIERE SITE PROTEGE


La proximité des villes de Boussac (pour la Petite Creuse), La Souterraine (pour la Sedelle) et Chambon-sur-Voueize (pour la Tardes) ne serait pas forcément étrangère à ces mauvais résultats. Mais c'était il y a 12 ans ! Maintenant, tout va mieux n'est-ce pas ? Quand à la proximité d'Aubusson et Guéret avec la rivière Creuse, apparemment tout est OK !

la Sedelle calme


Mais, gentes demoiselles et damoiseaux, revenons un peu sur l'amour que la Creuse nourrit envers les barrages et l'hydro-électricité... Peu de français savent que, grâce à la force de l'eau et à la volonté de l'ingénieur Desprez, la ville creusoise de Bourganeuf a été la 1ère en France (en 1886) a être équipée d'un éclairage public (ça, en général, ça en épate plus d'un) !

BARRAGE EGUZON


Pour répondre à la demande en électricité (notamment pour alimenter la ligne électrifiée du train Paris-Limoges), l'entreprise creusoise de Léon Chagnaud est chargée, en 1925, à Eguzon, de construire sur la Creuse ce qui sera (pour l'époque) le plus haut barrage d'Europe. Puis, au lendemain de la 2nde guerre mondiale, EDF en fait construire un sur la Maulde...

BARRAGE DE VASSIVIERE


Il donne naissance à l'un des plus grand lac de France, le lac de Vassivière. Dans la foulée, un autre barrage est construit non loin, sur le Taurion, qui fait surgir le sauvage lac de Lavaud-Gelade. En 1985, sur la Creuse, hauts de 20 m., les barrages de l'Âge, de Champsanglard et des Chezelles sont les derniers à être construits en France (donc les plus récents).

LAC VASSIVIERE


L'ensemble des barrages hydro-électriques du département de la Creuse produit 123 gigawatts/heure. C'est pas mal, hein ? Un passionnant Musée de l'électricité a été créé à Bourganeuf (forcément). Il retrace l'histoire de la naissance de l'électricité dans cette ville et en France (renseignements sur les horaires... Tel : 05 55 64 12 20 ).

CENTRALE HYDRO-ELECTRIQUE


Les "sources" et chiffres qui nous ont permis de rédiger ce billet ont été "puisés" dans L'Atlas de la Creuse (Edition 2005), publié par le Conseil Général de la Creuse et réalisé par une équipe de 33 personnes (maîtres de conférence, professeurs, cartographes, archivistes, conservateurs du patrimoine, responsables de musée, spécialistes de l'eau, agriculteurs, personnalités du Conseil Général de la Creuse, etc...).

Petite Creuse


 

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