Grâce à la magie de MARCHOUCREUSE, vous vous retrouvez tout à coup à Compreignac 18 km au nord de Limoges, à l'ouest de la sortie 26 sur l'autoroute A20). Vous y admirez l'extérieur de l'église fortifiée du 12ème siècle puis, avant d'emprunter la D60 pour arriver à Chabannes, vous apprenez par MARCHOUCREUSE que le résistant Emile Jouandeau a été tué non loin de là.

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Votre premier contact avec le lac de Saint-Pardoux est donc la petite plage de Chabannes où des tables de pique-nique ont été installées sous un frais petit bois. Un bâtiment voisin contient un bataillon de douches mais pas de WC : il est plus haut et... payant (le mode d'emploi est traduit en braille mais n'indique ni le prix, ni que l'appareil ne rend pas la monnaie, ni que son utilisation est limitée à 20 minutes).

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A part celà, vous êtes heureux, paisible, assis face au lac, détendu (et bien voyant). Soudain, surgissant de nulle part, une cohorte de voitures déverse un essaim d'enfants et leurs VTT. Les insouciants bambins tourbillonnent et dérapent sur le parking en attendant leur animateur. C'est alors que, sur le parking voisin, arrive un autocar d'où jaillit une cinquantaine de turbulents adolescents !

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C'en est trop pour vous ! Vous enfourchez vos chevaux vapeur et taillez la route vers la célèbre plage de Santrop'. Vous dépassez la Maison du lac et vous vous garez sur un parking ombragé, à côté d'une batterie de plusieurs WC gratuits (ah, voilà qui est mieux, non ?). Vous descendez ensuite vers une superbe plage au dessus de laquelle a également été disposé un bataillon de douches.

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Décidément, quelqu'un semble vraiment vouloir inciter les baigneurs qui sortent du lac de Saint-Pardoux à se doucher ! Une  batterie de jeux pour grands enfants (que vous êtes encore) vous arrache à vos pensées soupçonneuses et vous essayez successivement le mat d'escalade, le skateboard-pendule, ainsi que le siège qui tourne sur lui-même et ne s'arrête jamais !

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Après avoir hésité à parcourir le chemin de 24 km qui fait le tour du lac en 6 heures (non-stop), vous choisissez de reprendre la Route du Haut Limousin. Avec la D44, vous traversez le village de Saint-Pardoux et parvenez (10 km plus loin) à l'entrée d'un antique pont roman qui enjambe la Gartempe. Là (du haut de ses 252,60 m. d'altitude), Châteauponsac vous contemple !

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Avant de vous engagez sur ce pont, vous remarquez sur votre gauche une piste pavée qui s'éloigne de la route : en effet, vous avez raison, il s'agit bien d'une voie romaine ! Et sur votre droite, là-bas, sur l'autre rive, un des nombreux moulins qui parsemaient la Gartempe expose devant vos yeux admiratifs son bel aspect, amoureusement entretenu et comme prêt à fonctionner encore.

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Bravement, votre véhicule vous hisse jusqu'à l'église de Châteauponsac. Un panneau vous invite à visiter un mystérieux Musée vivant de 18 salles. Que contiennent-elles ? Et que contient également la toute proche Maison du terroir ? Vous ne le saurez que si vous le demandez à la dame qui délivre les billets d'entrée (n'ayez pas peur : c'est certainement très intéressant !).

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Parmi les fantômes qui hante cette Route du Haut Limousin, vous verrez sans doute celui de Georges Perichaud et de ses compagnons. En 1940, il est fait prisonnier et est envoyé en Prusse. Il s'en évade et regagne la commune de Varnat (Haute-Vienne). Avec André Guillot et Maxime Aussudre, il prennent ensuite (en octobre 1943) le maquis en fôret de Rancon.

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Traqués par la milice, ils jugent préférable de rallier le réseau des résistants du pays de La Souterraine et, en février 1944, rejoignent Marc Parrotin, Raymond Gorre, Jean Grosset, Raymond Nicot, Raymond Jolivet et d'autres, à Bridiers. Hélas, le 17 mai, les FTPF de La Souterraine sont encerclés par la milice de Limoges (dans le bois de la Bonnelle) et ils se font décimer.

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Les cadavres de Georges Perichaud et de ses compagnons d'armes sont exposés au public, devant la mairie de Saint-Maurice-la-Souterraine. Ils sont ensuite sommairement enterrés dans une fosse anonyme. Le 20 mai, plus de 3000 personnes décident courageusement de leur rendre hommage et, brassard tricolore au bras, viennent déposer des fleurs sur leur sépulture provisoire.

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Un autre des fantômes de la Route du Haut Limousin est celui de René Frugier. Il travaille pour la COGEMA dans une de ces mines d'uranium qui ont été creusées, à partir de 1945, entre... Compreignac et Châteauponsac. Le 16 janvier 1995, il meurt d'un cancer. Son ami Thierry Lamireau promet à sa veuve de se battre pour honorer sa mémoire.

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Thierry Lamireau réalise alors le DVD documentaire "Uranium en Limousin". Son film raconte comment a été extrait l'uranium qui se trouvait dans les 200 km de galeries qui longent désormais l'autoroute A20, entre Bessines et Compreignac. Mais Thierry Lamireau rappele aussi que 50 millions de tonnes de résidus radioactifs sont stockés dans cette partie du Limousin.

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Ces "stériles", comme les appellent les professionnels, contiennent plus de 80% de la radioactivité initiale du minerai. Ils sont stockés à ciel ouvert et sans grande précaution et Thierry Lamireau affirme dans son documentaire qu'ils continuent de se répandre dans l'air et s'infiltrent dans l'eau du Limousin... Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Ben... Et si on allait se baigner ?

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