Vous êtes partis de Guéret par la D942 et folâtrez vers Ahun... Sur votre droite, 3 kilomètres avant ce bourg, une (discrète) pancarte vous indique La Chezotte. En décidant d'emprunter cette minuscule route, il est possible que vous franchissiez l'ancien tracé de la voie gauloise (puis romaine) qui reliait Lyon à Limoges et traversait le pays des Lemovices...

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En effet, 2 bornes en granit ont été découvertes autrefois le long de cette voie disparue. Posées l'une de l'autre à une lieue gauloise (1km222), elles sont ornées chacune d'une inscription datant du 3ème siècle (à la gloire des empereurs Valérien et Gallien) et des chiffres 30 et 31 (qui indiquaient aux voyageurs le nombre de lieues les séparant encore de Limoges).

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L'une de ces 2 bornes aurait été utilisée pour attacher Saint-Martial avant qu'il ne soit fouetté par ses bourreaux romains. Une certitude cependant : les inscriptions gravées sur ces 2 bornes ont été déchiffrées par le Dr G.Janicaud (ancien président de la Société des Sciences de la Creuse). Maintenant, parlons un peu du somptueux château-fort de La Chezotte...

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Datant du 15ème siècle et haut de 3 étages, il a été étonnament érigé sur un replat qui se situe très loin de la vallée de la Creuse. Sa première défense reposait sur une modeste enceinte, dont il ne reste aujourd'hui que le portail. La seconde est la ceinture de douves remplies d'eau, qu'un pont-levis permettait de franchir (un pavillon fortifié défendait également l'accès à ce pont-levis).

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Pour finir leur assaut, les assaillants devaient franchir les hautes murailles (défendues par une garnison repartie sur le chemin de ronde). Mais revenons dans le temps, exactement au 10 décembre 1324 : le cartulaire des Ternes cite Jehan l'Evesque comme étant le garde du sceau (royal) pour les "chastellenies de Hun, d'Aubusson et de Pheletin"(sic)...

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Or, en 1569, le château de La Chezotte a pour seigneur Martial...Lesvesque ! Jean-Paul Audier, seigneur de la Cassière, en devient propriétaire en 1582. La famille Audier en gardera la possession (au moins) jusqu'en 1630, date à laquelle Simphorien d'Arfeuille (lieutenant de la garde du Duc de Guise) épouse Aymée Audier, fille de Jean-Paul Audier, seigneur de La Chezotte.

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Ce même Simphorien d'Arfeuille devait avoir pris possession du domaine puisqu'en 1640, il signe un bail de fermage (à un dénommé Moynard) sur une partie des terres de La Chezotte. A la renaissance, les tours rondes et carrées sont percées de larges ouvertures et munies de grandes fenêtres. Par la suite, une disgracieuse chapelle est accolée au château.

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En 1889, la seconde borne de la voie gallo-romaine est déplacée pour être installée sur la place de la Mairie de Le Donzeil (où elle aurait servi de support à un buste de Marianne). L'impeccable château, quant à lui, possède toujours ses 6 cheminées et a été classée Monument Historique le 15 juin 1926 (en même temps que la fontaine de la place de la Mairie d'Ahun).

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Pour ne rien vous cacher, les 3 fleurs de lys gravées sur le blason nous surprennent fortement (les armes de la famille Darfeuille n'en possèdaient qu'une et, par ailleurs, l'utilisation de fleurs de lys était exclusivement réservée aux membres de la famille royale...).

Pour finir, rappelons gentiment à nos respectueux lecteurs que le château et le parc ne se visitent pas.

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