L'autoroute A20 lèche voluptueusement le nord-ouest de la Creuse (entre La Souterraine et Azerables). Posez-y vos 4 roues et remontez vers Châteauroux : une ribambelle de panneaux routiers vous indiquent alors la sortie (n° 17) pour Argentomagus, une cité gallo-romaine qui a été oubliée du monde (et même de Saint-Marcel) pendant des siècles...

TETE DE STATUE


A la fin de l'antiquité, Argentomagus devient une ville invisible : sur la rive nord de la Creuse, ses vestiges disparaissent peu à peu sous la terre du plateau des Mersans et sous le bourg médiéval de Saint-Marcel. Un paquet de siècles se consument avant que, en 1960, le hasard n'amène la commune à vouloir un lotissement... aux Mersans.

SEPULTURE D-ENFANT


Des objets gallo-romains y sont alors massivement découverts ! Sur les quelques 63000 m2 que la gigantesque cité d'Argentomagus occupait, les premiers 5000 m2 de fouilles mettent à jour rien de moins qu'une monumentale fontaine et un temple... Et en 1966, en labourant son champ, André Lagarde bute sur une jarre : elle contient 12 kg d'objets en bronze !

HACHES TROUVEES A ARGENTOMAGUS


Jacques Allain (directeur des Antiquités Préhistoriques de la Région Centre) estime alors que ces haches, ces faucilles, ces pointe de lances, ces morceaux d'épées et ces bracelets décorés ont environ 3000 ans (avant les romains donc). Incroyable ! Mais lisez donc la suite : en 1890, E.Benoist trouve un site à La Garenne (commune de St-Marcel)...

FOUILLE ANCIENNE


En 1946, Jacques Allain s'entoure d'une solide équipe de bénévoles et reprend la fouille de ce site préhistorique. Pendant une trentaine d'années, il découvre des quantités d'armes (en os de rennes, en quartz et en silex) qui ont été fabriquées entre 16.000 et 19.000 ans auparavant (elles feront par la suite l'objet d'une centaine de publications scientifiques).

VESTIGES PREHISTORIQUES


A partir de 1962, Jacques Allain et ses bénévoles viennent s'activer sur le site d'Argentomagus. Ils y découvrent des milliers d'objets, âgés d'environ 2000 ans. Jacques Allain fonde ensuite, en 1975, à Argenton-sur-Creuse, un laboratoire de restauration archéologique. Puis, dans la foulée, il participe à la création du Musée d'Argentomagus...

MUSEE


Pour quitter le 21ème siècle (et le parking), vous empruntez une aérienne passerelle qui vous porte jusqu'à l'entrée de ce musée. La visite dans le temps vous fait d'abord (grâce à une succession de scènettes et de vitrines pédagogiques) pénétrer dans la préhistoire. Puis, vous entrez dans l'intimité de foyers gaulois et romains, meublés d'objets d'époque.

FOYER DE DEMEURE GAULOISE


Le circuit en pente douce se poursuit et vous allez de surprise en surprise... Vous réalisez soudain que vous marchez à coté de la muraille qui protégeait la cité. Puis vous la franchissez pour vous retrouver dans d'authentiques ruelles d'Argentomagus, lesquelles vous conduisent dans le salon d'une villa romaine et, pour finir, devant un autel religieux...

INTERIEUR DU MUSEE


Argentomagus possède 4 temples celtico-romains du 1er siècle (dont 3 ont été retrouvés). Ils étaient destinés à recevoir des statues de divinités gauloises et romaines ou à servir de chapelles dans lesquelles les fidèles venaient déposer leurs offrandes. Une galerie de circulation entoure les salles carrées et délimite ainsi l'édifice religieux.

URNE FUNERAIRE


A présent, vous remontez à la surface en ascenseur, sortez du musée et poursuivez cette passionnante visite en vous dirigeant vers la grande fontaine (qui mesure environ 21 mètres par 13). Cette réalisation (rarissime en Gaule) date de la fin du 1er siècle. Deux côtés en escalier descendent au bassin central où 4 piliers soutenaient jadis un toit protecteur.

FONTAINE


L'eau d'une source (située à 5 km) arrivait dans une canalisation en bois. Des tuyaux en terre cuite évacuaient le trop-plein du bassin. Un quartier de la cité (en cours de fouilles) sépare la fontaine de la villa du riche Macrinus2 plaques gravées indiquent que Quintus Sergius Macrinus a généreusement fait construire (à ses frais) un des 4 temples d'Argentomagus.

FOUILLES EN COURS


L'une des pièces de sa maison possédait un chauffage par hypocauste. Les romains utilisaient couramment ce système de chauffage par le sol : un foyer, installé dans le sous-sol de la demeure, est prolongé par un canal où circule l'air chaud. Ce canal est recouvert de larges dalles en terre cuite, elles-mêmes recouvertes de... béton !

SYSTEME DE CHAUFFAGE GALLO-ROMAIN


Le béton est carrelé avec des mosaïques et, dans l'épaisseur des murs, des cheminées en briques creuses évacuent les fumées. Des pièces de monnaies ont également été massivement découvertes sur le site. Fabriquées à Rome, puis à Nimes ou à Lyon, elles ont été utilisées à Argentomagus aux alentours du 3ème siècle.

CRUCHE DECOREE


C'est justement à cette époque qu'est mise en service l'Argentomagensis armorum omnium qui est Argentomagus donc) l'une des 7 fabriques d'armes que l'administration de l'Empire romain installe en Gaule. Celle d'Argentomagus est cependant la seule à avoir le droit de produire tous les types d'armes qu'utilisent l'armée romaine.

BORNE INTERACTIVE


A quelques centaines de mètres du musée se trouvent les ruines d'un théatre de 83 métres de diamétre. Il date du 1er siècle. Les notables occupaient les premiers rangs, derrière eux s'asseyaient les commerçants et, tout en haut, s'entassaient les artisans. Sur la berge de la Creuse, des thermes romains ont également été découverts (en 1847).

THEATRE ROMAIN-MAQUETTE


A côté des thermes subsistent les 2 dernières piles d'un pont qui enjambait la Creuse de ses 110 mètres de long et permettait ainsi à une voie romaine d'aller d'Argentomagus à Augustoritum (Limoges). Sachez encore que ce pont a résisté pendant 15 siècles, jusqu'à la méchante grosse crue qui l'a emporté en 1530.

SERRURE


Renseignez-vous sur les horaires d'ouverture du musée sur www.argentomagus.fr (en cliquez ici ou en téléphonant au  02 54 24 47 31). Le parking est gratuit et une aire de pique-nique est gracieusement mise à votre disposition.