Fin 2009, Nadia et Nicolas démarre (dans un des villages de la commune de Chéniers) une modeste production de safran. Nous faisons leur connaissance en décembre 2013, dans la Boutique de Noël, à Chéniers. La récolte de safran 2013 étant terminé depuis 2 bons mois, nous convenons de nous retrouver chez eux pour celle de 2014...

LES CROCUS


Neuf mois plus tard, Nadia et Nicolas nous accueillent dans leur (vraiment) très discrète petite safranière. En guise de bienvenu, ce sympathique couple nous offre un délicieux thé vert au safran ("what else !" comme dirait l'ami Georges). Nous papotons pendant une petite heure avant d'accompagner Nadia qui s'est muni d'un cabas, d'un stylo et d'un mystérieux carnet.

LA CUEILLETTE


Nadia cueille les fleurs des Crocus Sativus Linnaeus de la 1ère planche et, en même temps, en compte la quantité (qu'elle note méticuleusement dans son carnet). Nicolas nous explique qu'ils surveillent ainsi le taux de multiplication des bulbes... Pendant les quelques 7 semaines que dure la récolte, ils cueillent (et comptent) jusqu'à 3000 fleurs par jour !

CHAMP DE CROCUS


Ensuite, sans attendre, ils coupent (avec des ciseaux à ongles) le bas de chaque fleur pour en récupérer les délicats pistils (pour la démonstration d'aujourd'hui, Nadia n'a cueilli QUE 150 fleurs). La trés légère quantité de pistils est alors mise dans un four où elle se déshydrate : il en ressort quelques grammes d'épice de safran (pur à 100% nous affirment Nadia et Nicolas).

LE SAFRAN


Chaque année, les bulbes des crocus remontent d'un centimètre. C'est pourquoi, au bout de 5 ans, Nicolas doit les replanter 15 cm les uns des autres). Les oignons de fleur peuvent alors recommencer à se multiplier, malgré les meurtrières attaques des micro-champignons et celles des larves de taupins qui en détruisent beaucoup.

PETALES DE CROCUS

 


Pour s'en protéger, Nicolas creuse des rigoles autour des planches, pour quelles ne baignent pas dans l'eau de pluie (pour ne pas favoriser l'apparition des micro-champignons), et installe des pièges à phéromones (pour éradiquer gentiment les taupins). Il a également constaté que ne pas trop désherber protège les bulbes des insectes (elle est pas belle la vie ?).

UN PIEGE A PHEROMONE

 


Nadia et Nicolas produisent ainsi un safran de très haute qualité. Celui-ci a désormais de fidèles acheteurs : des particuliers, mais aussi des restaurateurs de Creuse et de... Paris ! En effet, les grands chefs ont découvert le bel intérêt qu'apporte cette épice à notre gastronomie.

SIROP DE SAFRAN

 


Par exemple, il (vous et nous) "suffit" de faire infuser quelques pistils de safran (à hauteur de 1 ou 2 par convives) dans du bouillon, du lait ou de la crême (pendant 20 minutes) pour obtenir l'exceptionnelle sauce qui aurait, de son vivant, fait pâlir de jalousie Auguste Escoffier (grand chef saucier du Savoy) !

KIR AU SIROP DE SAFRAN

 


Nadia et Nicolas vendent leur safran pur (à partir de 0,2 g.) dans des petits flacons, ou alors mélangé à de la moutarde, du sirop (pour faire modérément des kirs ) de la confiture (d'orange, de pêche, de rhubarbe, de mirabelle, de kiwi...), ainsi qu'à du miel d'acacia du Limousin. Nadia réalise même des pâtisseries safranées !

SAFRAN DE CREUSE

 


Vous pouvez contacter la petite entreprise Safran de Creuse-Vallée des 3 lacs (de Nadia et Nicolas Rodier) en téléphonant au 06 40 06 28 91, en écrivant à safrandecreuse@yahoo.fr ou en surfant sur le site www.safrandecreuse.com (à la rigueur sur www.facebook.com/safrandecreuse).