MARCHOUCREUSE 23 a décidé de prendre (sans filet) l'immense risque d'irriter plusieurs centaines de millions de creusois avec la phrase qui suit... Nous affirmons ici (roulement de tambour pour le scoop, s'il vous plaît) que, de tous les sites touristiques de Creuse, Aubusson est le plus intéressant ! (Humez-vous, mesdames et messieurs, ce petit fumet provocateur ?).

VIEILLE MAISON 2


Dans la foulée, sachez que nous nourrissons également de très vives craintes quant à la longévité de tous les "bijoux" que nous y avons vu et que nous vous proposons de découvrir maintenant (nous vous conseillons d'ailleurs d'aller rapidement visiter cette très vieille ville... avant que les merveilles qui s'y trouvent encore n'y disparaissent, victimes à leur tour des attaques du temps).

EFFONDREMENT2


Pour commencer, vous devrez trouver où garer vos limousines. Deux endroits devraient vous permettre d'y parvenir : à partir de la place Jean Lurçat, la rue Châteaufavier vous mène au parking de la place de l'Eglise. Mince : il est plein ! vous continuez (par la rue Châteaufavier) jusqu'à la place général D'Espagne puis au parking de la Place du Marché.

PLAN


Au dessus du parking de la place de l'Eglise (accrochez-vous, la visite commence...), la rue du Chapitre monte sur un éperon rocheux où se trouvent les ruines d'une ancienne forteresse. Vous y bénéficiez d'une extraordinaire vue panoramique sur tout Aubusson, rive droite + rive gauche ! Ce promontoire aurait été fortifié, à l'époque, par les gaulois...

VUE NORD A PARTIR DU CHATEAU


Une légion romaine de Jules César, qui stationnait au camp des Châtres 1 km de là), se serait emparée de cette place forte (mais il n'y a pas de traces qui permettent formellement de l'affirmer, non, non, non). Au 9ème siècle, un puissant seigneur germain y fait construire un premier château et, en 884, Ranulphe devient le 1er vicomte d'Albusiensis.

RUINES DU CHATEAU


Turpion, son frère, devient évêque de Limoges (z'avaient quand même de drôles de noms au 9ème siècle). La vicomté est alors rattachée au Limousin avant d'être, en 1260, vendue à Hugues X Lusignan, comte de la Marche. En 1262, notre Hugues 10 exempte la ville d'Abusso du servage... en échange du paiement d'un impôt annuel.

BOISERIE


La cour occitane d'Aubusson continue de faire bon accueil aux nombreux poètes et troubadours ("OC per totjorn, amb los trobadors, aquo va plan !", ce qui veut dire "Occitan pour toujours, les troubadours sont là, tout va bien !"). La forteresse résiste héroïquement à plusieurs sièges, avant de tomber (finalement) entre les mains des anglais, en 1357.

BORD DE CREUSE


Redevenue française, elle est remaniée à plusieurs reprises, avant d'être détruite (sur l'ordre du cardinal de Richelieu) en 1632... Les démolisseurs découvrent alors de nombreuses pièces de monnaie gallo-romaine dans ses fondations ! En 1686, la famille d'Aubusson prend possession de la vicomté et la garde jusqu'en 1789.

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Maintenant, chers frères et chères soeurs, redescendons ensemble jusqu'à l'église Sainte-Croix. Construite au 13ème siècle (sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem), elle a été agrandie par la suite à 3 reprises (en 1611, 1650 et 1760... pour le cas où cela intéresse quelqu'un). Son orgue de 1800 tuyaux (classé monument historique) a été restauré au 20ème siècle.

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Depuis ce temps là, les peintures de son merveilleux ciel (d'un bleu intense, richement décoré de mille motifs) continuent d'être rongées par les moisissures et s'effritent un peu plus chaque jour... Depuis ce temps là, la France fabrique de moins en moins de produits manufacturés (mais de plus en plus de milliardaires défiscalisés). Misère, misè-reuuuu !

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La Grande Rue (qui va de la place du général D'Espagne jusqu'à la place de la Libération) est une rue très commerçante. Elle a donc été particulièrement chouchoutée : toutes les maisons du 16ème siècle qui la parsèment ont été bichonnées, ripolinées et astiquées (comme des sous neufs). Non loin, l'étroite rue Vieille est (pour l'heure) moins chanceuse :

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Cette rue Vieille possède plusieurs superbes maisons anciennes et, si certaines ont été rénovées (l'Office du Tourisme, par exemple), ce n'est pas le cas des autres, bien au contraire ! Depuis des années elles sont à l'abandon et, aujourd'hui, des tuiles tombent de quelques toits (comme en face de l'Office du Tourisme... par exemple).

MAISON DU TAPISSIER


Parfois, des maisons entières s'écroulent (telle celle achetée il y a quelques temps par le Maire d'Aubusson). Aujourd'hui, les fortes pluies n'accordent que peu de pitié aux maisons délaissées. Hier, en 1988, c'est Philips qui, en fermant son usine et en mettant d'un seul coup 200 personnes au chômage, déclenchait un effondrement irréversible...

EFFONDREMENT1


Aubusson accuse alors le coup et descend sous la barre des 5000 habitants en 1990 : le travail y devient de plus en plus rare. La ville rachète l'ancien site de Philips pour 1 franc symbolique. Puis, saisi par l'inspiration, le conseil municipal budgète 40 millions de francs (environ) pour y créer une "vitrine des activités aubussonnaises"... Saperlipopette !

HOTEL DE VILLE


Sur les hauteurs qui enserrent étroitement la vieille ville se dresse une étrange tour nommée Tour de l'Horloge. Visible depuis la ville basse, elle est accessible (à pied) depuis plusieurs sentiers (fortement pentus, comme vous l'aurez certainement compris). Ancien beffroi d'Aubusson, cette tour, érigée au 16ème siècle, a été restaurée à la fin du 20ème.

TOUR DE L-HORLOGE


En contrebas de la Tour de l'Horloge, sur l'autre rive de la Creuse, le quartier du Pont de la Terrade a également profité d'un généreux plan de rénovation. Il exhibe désormais les belles façades fraîchement colorées de vieilles demeures (dont un atelier-musée des cartons à tapisseries) et des rues intelligemment pavées (manque plus qu'un ou 2 carrosses).

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Aujourd'hui, bon an mal an, ce sont quelques 50.000 touristes qui arpentent chaque année les rues d'Aubusson. Mais ils s'intérèssent avant tout à ce "patrimoine culturel immatériel de l'humanité" qu'est l'aveuglante tapisserie. Elle les empêche parfois de voir les autres fantastiques trésors qui sont disséminés dans cette ville âgée de plus de 1000 ans !

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Les aubusonnais ont largement pris le temps de choisir le nom de leur cité : étant gallo-romains, ils la nomment Albius-acum (domaine d'Albius). En 936, ils changent d'avis et l'appellent Albusiensis. Puis, re-changement en 1122 avec Abusso. Là dessus, ils inventent Agnés de Buchon en 1281 et  Castellania de Bussonio en 1388...

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En 1440, ils décident définitivement d'arrêter de fumer de la laine et choisissent le nom d'Aubuisson qui, par la suite, deviendra l'actuel Aubusson. Puis, en 1981, ils installent brusquement le Musée de la tapisserie dans les locaux du centre culturel Jean Lurçat, à côté de l'esplanade François Mitterand (voilà, comme ça, c'est fait).

RUE BASSE TERRADE1


Chères lectrices, chers lecteurs, les informations contenues dans les lignes qui précèdent sont rigoureusement authentiques. Elles n'ont pour seul but que de vous inciter à aller visiter la ville basse d'Aubusson. Par ailleurs, nous certifions qu'aucun neurone n'a été torturé pendant leur rédaction... Merci de votre attention.

MAISON DE 1763