Né à Saint-Sulpice-les-Champs, Léon Clovis Eugène Jamot commence sa vie professionnelle à Ben-Aknoun (Algérie) où il est instituteur. Puis il revient en métropole et fait des études de médecine à Montpellier. Son diplôme en poche, il retrouve la Creuse et s'installe à Sardent, comme médecin généraliste. Mais, au bout de 2 ans, il s'ennuie...

La Chapelle-Saint-Martial


Eugène Jamot intègre alors le Corps de Santé des Troupes Coloniales Marseille). Il y étudie la médecine tropicale, avant de découvrir les colonies françaises d'Afrique noire. Il intègre ensuite l'Institut Pasteur de Paris où il s'intéresse aux parasites. Après 1918, il est nommé directeur à l'Institut Pasteur de Brazzaville.

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Là, au cours des 15 années qui suivent, il mène des recherches très poussées sur la trypanosomiase, la terrible "maladie du sommeil" (les personnes contaminées tombent en état de somnolence avant de mourir), et devient ainsi le plus grand spécialiste du monde de cette maladie propagée par la piqûre de la mouche tsé-tsé.

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D'effrayantes épidémies déciment alors les populations des colonies françaises d'Afrique noire. S'insurgeant contre l'incurie de l'administration coloniale, le colonel Eugène Jamot met sur pied un traitement médical efficace. Son équipe et lui vont soigner les malades jusque dans le moindre recoin de la brousse. Et ainsi, ils parviennent à enrayer l'épidémie !

campagne de depistage


A la suite de ce succès incroyable, André Maginot, ministre des colonies, félicite Eugène Jamot (qui reçoit également la Légion d'Honneur). La France propose même sa candidature pour le Prix Nobel de médecine ! Auréolé de gloire, son avenir s'annonce des plus radieux... C'est alors que le colonel Jamot est mis aux arrêts de rigueur.

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Le ministre l'accuse d'avoir fait une erreur dans un traitement médical qui a rendu aveugle quelques 700 indigènes ! En réalité, c'est un jeune médecin qui a pris seul l'initiative (désastreuse) de tripler les doses d'un médicament à base d'arsenic. Le colonel Jamot assume : en tant que chef d'une équipe de 458 personnes, il se considère seul responsable.

equipe medicale


Il doit abandonner la lutte contre la maladie du sommeil et est muté à Ouagadougou (où la bonne société blanche choisit de l'ignorer). Brisé par ceux qu'il nomme "les cloportes technocrates de l'administration coloniale", il décide de prendre sa retraite militaire. Il revient alors à Sardent, en Creuse, et y redevient médecin généraliste...

St-Georges-la-Pouge


Mais, dans la campagne creusoise, la rumeur parle de lui comme de "ce médecin qui a rendu aveugles des milliers d'africains !". Ses patients se font de plus en plus rares et, un an après son retour, Eugène Jamot se laisse mourir, à Sardent,le 24 avril 1937... Il était âgé de 58 ans.

Paysage de Creuse


Aujourd'hui encore, la méthode Jamot reste la plus efficace pour lutter contre la maladie du sommeil. Pour toute l'Afrique, il reste à tout jamais celui qui a sauvé la vie à des millions d'africains. L'hopital de La Souterraine et le lycée d'Aubusson porte son nom. A Saint-Sulpice-les-Champs, un Musée Jamot a ouvert ses portes en 2009.

musee E-Jamot


www.espace-jamot.fr(site du musée Eugène Jamot)

www.creuse-jamot.org (site de l'association Docteur Eugène Jamot)

fr.wikipedia.org/Intoxication_à l'arsenic (en savoir plus sur les dangers de l'arsenic)

stele E-Jamot a St-Sulpice-les-Champs