Niché au bord du camp de la Courtine, le moulin à eau de Louzelergue fait partie des bijoux discrets du patrimoine creusois. Il se cache sur le territoire de la commune de Clairavaux et il vous faudra le trouver ! Arrivant de la Courtine par la D982, vous prendrez sur votre droite une route minuscule qui monte vers Bauvy et Louzelergue (juste avant celle qui va à Clairavaux). Courage !

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A l'endroit où cette étroite route devient chemin, laissez brouter votre véhicule sur le terre-plein et descendez à pied (mais si ! mais si !) par une très courte allée qui part sur la droite. Le moulin de Louzelergue, construit au cours du 19ème siècle, a été (conjointement) restauré par la commune de Clairavaux et par l'association Bati et Savoir-faire en Limousin.

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A sa construction initiale, les murs ont été érigés avec de grossiers blocs de granite, maçonnés entre eux par un mélange de terre et de sable (remplacé par de la chaux lors de la rénovation). Cette façon de faire, qui se nomme "limousinerie", était utilisée depuis le 15ème siècle. La charpente est de structure dite "courbe". Cette technique a été utilisée depuis le moyen-âge jusqu'à la fin du 19ème siècle...

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La fabrication de charpentes "courbes" a été abandonnée à peu près en même temps que les toitures en chaume (pour lesquelles elles avaient été conçues). Les restaurateurs du moulin, vu l'humidité du lieu, ont préféré recouvrir le bâtiment restauré avec de l'ardoise corréziènne. Une des autres raretés (mondiales) de ce moulin est sa roue : elle est horizontale et à cuillers (ou à godets si vous préférez).

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Une petite retenue stockait l'eau du ruisseau. L'eau était ensuite envoyée (selon les besoins) dans un étroit canal en bois au bout duquel elle poussait sur les cuillers, faisant ainsi tourner la roue. Un arbre commun relie la roue (en bas, dans l'eau) et la meule (en haut, dans le moulin). Ainsi, quand la roue tourne, la meule tourne aussi (en prise direct). Ça va ? Vous suivez ?

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La roue et son arbre sont en chêne. Les cuillers ont été sculptés un par un et assemblés ensuite pour former la roue. L'ensemble, qui gambade joyeusement au dessus des cent ans d'âge, semble être en parfait état. Prêt à repartir ! Il suffirait de remettre en état la retenue d'eau et son écluse et de refaire le canal en bois qui amènerait l'eau à la roue verticale... Il suffirait !

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Il suffirait... Oui mais ! L'Europe (via le Parc Naturel de Millevaches) et le Conseil Général de la Creuse ont déjà aidé financièrement pour que le moulin à eau de Louzelergue soit restauré. Il n'est pas certain, en ces temps de restrictions, qu'ils aient envie de remettre le couvert ! Et puis, à l'heure où l'on parle de supprimer les départements...

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