Jusqu'à la révolution française de 1789, lorsque vous faisiez partie de la noblesse, le dernier chic pour être à la mode était, entre rubans, corset, jabot et tissus précieux, de porter une perruque. Les nobles de province comme les nobles de la cour du roi, tous, femmes ou hommes, arboraient de magnifiques chevelures. Les perruquiers y trouvaient leur compte et ne manquaient pas d'ouvrage.

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Mais d'où venaient donc ces quantités considérables de cheveux ? Entre autres lieux, de Creuse ! Dans les foires (de préférence à l'entrée, là où le passage est dense), s'installait parfois un drôle de camelot. Il attirait les curieuses en criant : "Lou piau ! Lou piau !" et en exhibant de chatoyantes étoffes. La passante, séduite par les splendides tissus, se trouvait alors soumise à une demande étonnante...

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Elle devait ôter sa coiffe et se montrer tête nue au marchand. Si ce dernier était intéressé par les cheveux de sa proie, il lui proposait d'échanger sa chevelure contre l'étoffe qu'elle aurait choisie. Une fois le marché conclu, il coupait une longueur du tissu pendant que les aides du filou coupaient les cheveux de celle qui, ravie de l'aubaine, n'était bien souvent qu'une jeune paysanne ou une servante.

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Lorsque la foire se terminait, notre "maquignon" emportait toutes les chevelures qu'il avait pu ravir aux naïves campagnardes et partait les vendre, à fort bon prix, à quelque heureux perruquier de sa connaissance qu'il fournissait régulièrement. Voilà comment s'écrivait l'histoire de la mode. Et inutile de râler après MARCHOUCREUSE : à cette époque, la photo n'avait pas encore été inventée !


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